lundi 24 avril 2017

Une tea party, et pas que...

Ce samedi, "veille du lendemain", je passe la journée dans ma cuisine au son de la pluie sur les vitres, et pour une fois cela m'arrange, j'ai encore beaucoup de travail et ce temps ne m'invite pas à aller me promener ! 
Il est 15h30, dehors le ciel est plus souriant et je m'accorde une pause 
avec ce Gyokuro que je savoure en admirant une fois encore cette belle calligraphie signée Staf : cha za kissa assieds-toi un moment et prends un thé, souvenir d'une mémorable journée, merci aussi à Cathy pour le Bouddha heureux et à Chris pour les origamis, on va se revoir très vite, reste à trouver une date !... 
Ces Belles ont tout donné, ou presque, mais à quoi vont-elles encore servir ? Réponse demain ! La récréation, trop courte mais intense est terminée, retour en cuisine... 
Il est encore tôt ce dimanche matin, j'ai encore quelques préparatifs à réaliser pour ce midi 
mais sans ma drogue douce, je suis peu efficace.
C'est en écoutant Greame Allright que je savoure ce
Orange Valley en pensant à ma chère Carine qui aujourd'hui va ravir les papilles de ceux qui viendront écouter le récit de son voyage dans l'Himalaya, vivement jeudi ! (= message à peine codé). La théière est vide, je coupe les belles paroles de ce chanteur que j'aime, je dois m'affairer en cuisine si je veux être prête. 
Tout juste, mes invitées sont là. Comme apéritif, un cocktail orange/
Hanami impérial que j'aurais voulu servir dehors,mais justement on n'y est pas encore, on se croirait plutôt début mars ! Voilà à quoi ont servi les feuilles de Gyokuro, marinade au soja et vinaigre japonais + yuzu dans laquelle j'ai laissé des langoustines s'imprégner quelques heures. 
Ravie de vous revoir les filles, il y avait si longtemps...
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2017/04/un-week-end-de-paques-plein-de-surprises.html. Et cette fois, les feuilles sont passées, il y a progrès ! Quant au cocktail n'en parlons pas, la carafe est vide mais je savais qu'il ne pouvait en être autrement. 
Pendant qu'elles papotent avec Xavier, je mets la dernière main à la table. 
Cinq sandwichs au menu : saumon-beurre manié au
Genmaïcha, œufs au Lapsang Souchong dont j'ai déjà donné la recette entre autres ici : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2009/05/la-tea-party-cote-cuisine.html, concombres-aneth, j'ai coupé très finement le concombre et je l'ai laissé dégorger toute la nuit avec du Laponic vert, premier essai transformé ! Il en restait et mon mari en a redemandé aujourd'hui... ainsi que celui au roquefort- Laponic noir et poire : la veille, j'ai infusé du Laponic noir assez corsé puis j'ai épluché la poire que j'ai coupé en très fines lamelles que j'ai plongées dans le thé infusé... J'ai ensuite écrasé le roquefort avec un peu de crème épaisse et je l'ai tartiné sur le sandwich au beurre manié au Laponic noir sur lequel j'ai disposé les lamelles de poire. Un peu audacieux mais ici l'audace a payé ! Le dernier : poulet à l'indienne- noix de cajou- raisins noirs. Mais comme je n'avais plus de Bollywood, j'ai utilisé du ... Me Faltas. Pour la cuisson du poulet se référer au billet cité précédemment, le reste était différent. 
Dans la tasse, soit du
Hojicha soit du Nuo Mi Cha ce thé surprenant dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises, entre autres ici http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2011/01/entre-beaux-souvenirs-et-un-moment-de.html, vous pourrez d'ailleurs lire les commentaires d'Olivier, très éclairants comme toujours... 
Les commentaires vont bon train, les assiettes se vident, 
les théières aussi aussitôt remplies. Et puis LE couac : une invité complètement indésirable s'invite à table, Catherine reconfigure à sa demande la tablette de mon mari et lui fait découvrir
la voix : SIRI. Je passe sur cette longue parenthèse surréaliste qui a eu le don de me faire sortir de mes gongs : parler à une machine, v'la autre chose. Revenons à l'essentiel, notre rencontre... Maryse et moi débarrassons la table pour pouvoir prendre les desserts réalisés par Catherine, très douée en pâtisserie ce que je ne suis pas, pas assez disciplinée ! 
Tartelettes au citron, meringue italienne et
Matcha,
financiers au
Matcha, et scones particuliers. 
Je n'ai pas eu le temps d'aller chercher de la clotted cream que j'ai remplacée par de la crème épaisse. Très agréable ce contraste entre le suret et la confiture légèrement sucrée. 
Une vraie tuerie que cette tartelette, émotions gustatives intenses, tu es un chef ! 
Pour accompagner les desserts, j'ai proposé un
Matcha au lait de coco, je ne désespère pas de convertir mes copines, et c'est bien parti, les tasses sont vides. Pendant que Xavier parle à SIRI, qui n'est vraiment pas douée « je ne comprends pas votre question » entre autres, et j'en passe. Nous nous retrouvons dans mon salon bleu-thé. Catherine, Maryse et Carine choisissent un J.C. Absolu Oolong, Marie-Urielle et moi un Milky Oolong.
Que nous réserve ces fortune cookies ? 
C'est toujours assez surprenant de le découvrir. A part cela, nous parlons thé et cuisine, thé et fromages. Je sens que ce sera au menu de notre prochaine rencontre... Et merci Carine pour ta proposition de dénicher ces fromages particuliers. Le temps passe trop vite comme chaque fois que le thé et l'amitié sont au menu, MERCI à vous trois pour ces moments chaleureux et si vrais, j'en avais besoin, et j'en redemande ! 
Pour prolonger le bonheur, comme d'intenses rétrolfactions... 
En lisant tes mots chère Catherine, du moins la dernière phrase, une citation de mon insolente (mais adorable) filleule me revient : "
Marraine, c'est bon que je t'aime sinon je te détesterais"... No comment ! La vie est pleine de grands bonheurs. Chère Maryse, j'ai beaucoup pensé à toi aujourd'hui, tu sais pourquoi...

lundi 17 avril 2017

Un week-end de Pâques plein de surprises...

Dimanche de Pâques, il fait 3° dehors, le soleil se lève,
il offre sa lumière mais pas sa chaleur ! C'était à prévoir, Noël au balcon, Pâques au tison... Si on en croit la sagesse populaire, un hiver doux ne présage rien de bon. 
Mais j'ai de quoi me réchauffer. 
Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester, Chaleur de l'infusion, chaleur des voix, méditation sur le bonheur de connaître de telles émotions... La théière est vide, la musique s'est tue, 
il est temps de déballer mes trésors... 
Quelle beauté! Comme un ciel étoilé ou plutôt couvert de petites météorites. 
En attendant son baptême, il va rejoindre ses frères et ses cousins. Et à propos, il reste une place pour l'autre... s'il est encore au
Fossé fleuri. Mon mari m'invite au restaurant, je vais donc commencer à rédiger mon billet. 
Je garde précieusement ce billet inutilisé, je sais ce que je dois faire pour être remboursée Retour en arrière. Vendredi après-midi, je reçois un coup de fil de Catherine la tentatrice me proposant de nous voir ce samedi au Fossé fleuri, comment résister ?!? Ce samedi au petit-déjeuner mon mari m'annonce qu'il y a un incendie à la gare centrale et que la jonction Nord-Midi est coupée ! Je m'empresse de téléphoner aux renseignements et là on me dit que cela n'impacte pas les lignes que je dois emprunter, ouf ! C'est donc par un froid de canard, une petite pluie fine qui colle à la peau que je prends mon billet, mon premier train est à 10h34, la correspondance pour Namur 25 minutes plus tard. A 11 heures, toujours pas de train, à 11h22, l'annonce faite pas à Marie mais aux voyageurs transis, le train de 10h34 est annulé ! Comme si la voie 1, les trains circulent, je me précipite pour prendre celui de 11h24 pour Ottignies, à midi toujours rien, je suis enragée, je fulmine contre ces fonctionnaires qui une fois encore ont montré leur incapacité à gérer autre chose que la routine ! Retour à la maison pour téléphoner à Catherine et lui annoncer la nouvelle, c'est ici que s'arrête la cauchemar... Elle me dit qu'il n'est pas question que je ne vienne pas, elle va passer me prendre dans ½ heure! Je me prépare vite du pain perdu, j'avais tellement froid que je me suis plaquée contre le radiateur quand j'entends le téléphone, le temps d'aller décrocher pour m'entendre dire que c'est une erreur, qu'en revenant à la cuisine, tout est cramé ! Plus le temps de recommencer, Catherine va arriver, sauf qu'elle me retéléphone pour me dire que la sortie La Hulpe est fermée pour cause de travaux, qu'elle est passée par le ring et qu'il y a une file interminable, qu'elle n'est pas prête d'arriver ! Il y a des jours comme cela où il vaudrait mieux pas se lever... Mais tout est bien qui finit bien, on roule sur une seule bande vers Waterloo, pour cause d'abattage d'arbres, mais ce qui me fait le plus sortir de mes gongs, c'est la raison, leur entretien coûte trop cher, c'est vrai que quand on paie des incapables des mille et des cents pour ne rien faire, il n'y a plus de budget pour le reste, il n'y a pas qu'en France qu'il y a des magouilles, il y a bien une commission d'enquête pour éclaircir cette gabegie mais... LA phrase qui restera dans les annales émane du bourgmestre de Liège qui interrogé sur son degré d'implication en tant que chef de parti (cumulard en plus!) répond : tout travail mérite salaire mais je pense que tout salaire mérite travail ! Ces nuls se sont réunis moins de 3 fois par an, un journaliste a donc calculé non pas le montant horaire des rémunérations mais le montant minute : 500 Euros... Et un des plus mouillés dans l'affaire crie au scandale face à "ce tribunal d'exception" ! C'est ce dont on a parlé entre autres pendant le trajet. Heureusement, il n'y a pas eu que ces coups de G... et c'est sans encombres (sauf pour le parking!) que nous voici rendues. 
Martine, revenue du Japon il y a seulement 2 jours, nous propose de découvrir ses trésors. 
Je choisis ce surprenant
Gyoku-Jin
Première infusion quasi instantanée, très douce avec, très discrète, cette saveur particulière qu'est l'unami. 
Je me concentre sur la deuxième infusion et là l'unami est très présent 
tandis que mes copines papotent... 
Les passages se suivent, les mini-aiguilles se sont complètement transformées et après avoir savouré cette liqueur 
je déguste les feuilles de ce thé particulier dont seules le sommet de la feuille est éjecté par la manipulation du tamis, si j'ai bien compris... 
Ce samedi, 
comme chaque année, 
  avait lieu la journée du folklore 
et des traditions. 
Je connaissais déjà le
Thé du Loup, pas celui de fer ! 
L'occasion de le découvrir 
Mais aussi
ce jeune couple souriant, bien conservé... 
Un fou rire 
en découvrant le très petit Feu de Bouge... 
Un incontournable, à consommer avec modération, à condition de connaître la signification de ce mot ! 
Un des nombreux géants de la ville. 
Jamais entendu parler de cette fleur,
Miche, je compte sur toi pour éclairer ma lanterne !
Que recouvre cette surprenante appellation ? 
Marche entraînante mais j'arrête ici, j'ai froid et surtout soif !
En rentrant dans la chaleur de ce lieu de perdition, mon regard est attiré, et pas que, par ces chawan, ils sont magnifiques tous les deux et j'ai encore de la place dans mon étagère où reposent déjà les autres... Sur le côtés deux boîtes noires qui referment cette poudre précieuse...  Je veux les goûter, 
accompagné d'un mochi, c'est le bonheur, j'aime cette douce amertume. Et je suis bien la seule ! Les filles, ce thé demande à être apprivoisé, je vous rappelle ma première expérience :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2008/05/mon-premier-cha-no-yu.html,
Je veux aussi tester le deuxième, 
Martine qui a enfin quelques minutes de libres, propose de le préparer devant nous.
En l'observant faire, j'admire cette couleur vert fluo du printemps,
c'est à cet instant que je décide qu'un des chawan sera bientôt mien ! Ainsi d'ailleurs que ce
Matcha, plus puissant que l'autre. 
C'est bientôt l'heure de nous quitter,
mais pas avant de nous arrêter dans LE magasin. 
Je me demande bien ce que Maryse a encore trouvé, elle est pire que moi, oui, oui, c'est possible ! Peut-être va-t-elle ouvrir une mini boutique chez elle... 
J'en ai autant pour Catherine... Mais je suis certaine qu'elle n'a pas (encore) craqué pour un chawan, tandis que moi c'est fait ! MERCI les filles (et particulièrement à toi Catherine), pour ces moments magiques dans ce lieu qui l'est tout autant, à dimanche ! 
En sortant du restaurant, j'ai envie de me promener au bord d'un Lac assez secoué par le vent, j'ai envie d'enlacer les arbres pour qu'ils me communiquent leur énergie renouvelée. 
Ô surprise, l'avenir est assuré, 
les petits sont très surveillés par des parents attentifs. 
"Auprès de mon arbre"... Heureusement que cette balade m'a rendue très zen, et je le suis restée malgré la conversation surréaliste entre le préposé de la gare de Braine-l'Alleud qui dans un premier temps m'annonce que pour être remboursée, je devais me présenter le jour-même! Heureusement je lui ai dit que j'avais 15 jours pour le faire. Il ne m'a d'abord pas crue mais mon calme olympien, très rare et inattendu, a fini par le convaincre que peut-être... Il téléphone alors et après 20 minutes, il me fait remplir un formulaire, le 280 en me disant que j'avais eu raison d'insister... Cela a duré exactement 32 minutes ! Je serai remboursée "au plus tard dans 4 semaines". Et ils ont intérêt à respecter ce délai! Merci Doudou d'avoir patienté.
Accueillis par notre "oie du Capitole" … 
Et un beau ciel tourmenté, je me précipite dans mon cocon.
Tout est prêt pour LE baptême. 
C'est en tremblant un peu que je pose délicatement cette poudre qui me fait déjà saliver.
L'eau se colore déjà en dessinant des bulles qui me fait penser à une grenouille, verte évidemment, qui a déposé ses œufs...
Le mochi, une gâterie sucrée au riz gluant fourré d'azuki, est servi au début du
Chanoyu, pour contrebalancer l'amertume du Matcha
Il est prêt à être consommé. Émotions gustatives intenses + le souvenir d'hier, j’atteins l'extase. 
Je contemple le décor, avec cette superbe calligraphie de Staf, encore des souvenirs émus
Ichi go ichi e, et son chashaku dans son étui en bambou http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/05/wa-kei-sei-jaku.html, je revis intensément ces moments à jamais gravés dans mon cœur... Merci la Vie


Le chawan est baptisé, 
il resservira bientôt... Je repense à ce superbe texte intitulé Hymne à la lenteur, une ode à l'instant :
"Ne te hâte pas.
Lorsque tu prépares le thé, le temps t'appartient.
Que le thé soit un refuge, un changement de rythme absolu.
Faire le thé, c'est déjà le boire, et le boire est une partie de ta vie.
Laisse le thé couler en toi et t'inciter à méditer sur la façon dont la plus infime des choses communique avec l'Infini". Tout est dit... Ce lundi matin, il tombe des cordes et il fait froid, un temps à rester sous la couette mais j'ai autre chose à faire, 
renouer avec cette tradition : préparer la Tea party de dimanche prochain. C'est avec une certaine excitation que je me replonge dans ces livres de recettes 

avec un thé de lecture so British, le Phuguri... Deux théières plus tard, le menu est rédigé, mais je n'en dirai pas plus, je veux réserver la surprise à mes invitées. La journée se termine en beauté, les vacances aussi. Bon dernier trimestre aux élèves, leurs instits et professeurs, vous faites le plus beau métier du monde, vous êtes des éveilleurs d'intelligence...