dimanche 19 avril 2015

J comme Jungpana, douce jeune fille... et comme Jubilation


C'est le premier jour où je peux me poser dans mon salon bleu-thé en laissant les contraintes du quotidien, un vrai bonheur retrouvé. Et je vais en profiter ! Toute la semaine, j'ai évidemment bu ce breuvage sans qui je ne peux pas vivre, mais je n'avais pas vraiment l'esprit libre, aujourd'hui c'est différent. Et je retrouve mes rituels.
Dehors, un beau ciel bleu pâle donne des couleurs douces à la nature qui explose.
Le deuxième sera de choisir mon thé... J'entends d'ici les mauvaises langues dire qu'il est terminé le temps où j'avais décidé de vider mes écrins. Eh bien non, je tiens toujours mais ce sachet a une histoire. J'ai conduit hier mon mari à Waterloo et pendant qu'il vaquait à ses occupations, je suis allée chez Cha-Hû-Thé pas du tout pour acheter du thé, seulement pour féliciter le nouveau papa. Mon mari a voulu découvrir ce lieu, j'y suis donc retournée en sa compagnie. Et c'est là que le "drame" a eu lieu, il m'a demandé si je ne voulais pas l'un ou l'autre thé, "je te l'offre". Comme je suis très polie, j'ai dû accepter, on ne refuse pas un cadeau ! Et voilà comment ce Jungpana s'est retrouvé ici. Pendant que Xavier allait se choisir des mugs, j'ai demandé à Timothée son avis, ce qu'il m'en a dit m'a décidée.
J'ai cependant attendu ce matin pour ouvrir cet écrin d'où se dégage un doux parfum frais que je ne peux définir... En rentrant hier, je me suis infusé d'autres feuilles, celles du Jardin des coeurs heureux dont il ne me reste que 158 grammes.
Joli camaïeu parsemé de pointes blanches.
Tout est prêt pour cette découverte. Sur les conseils de Timothée, je choisis une infusion multiple en petite théière de porcelaine. Cela me rappelle un moment hors du temps où pour la première fois j'ai savouré des Darjeeling de cette manière : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/05/une-journee-magique-comme-je-les-aime.html, souvenirs, souvenirs !
Vais-je être transportée ? Je dois avouer que je n'ai jamais gouté qu'une seule fois le Jungpana, je ne l'ai pas aimé du tout : son astringence agressive m'avait écorché les lèvres et asséché tout le palais, comme si j'avais fait une marche forcée pendant des heures dans un lieu hostile... Même l'eau que j'ai bu en quantité juste après n'avait pas fait disparaître cette très désagréable impression. Telle fut ma première histoire, très courte, avec ce thé. La couleur jaune orangée qui me fait penser au soleil me donne envie d'y gouter. Et là, magnifique surprise, une vraie émotion gustative, cette tasse contient une douce saveur et le parfum des jeunes filles en fleur...
qui ont commencé à s'épanouir.
Et elles vont continuer.
Le soleil des contreforts de l'Himalaya dans ma tasse.
Et dans cette théière en fine porcelaine blanche, tout le travail méticuleux de ces cueilleuses aux doigts de fée. Je pense à elles chaque fois que j'infuse les feuilles pour leur rendre un hommage muet.
Troisième passage,
et toujours cette saveur si douce sans aucune astringence ! Je ne perçois pas les saveurs fruitées ou plutôt je ne les reconnais pas, je me contente seulement d'apprécier chaque gorgée comme un grand cadeau de la nature et du labeur humain.
A la quatrième infusion, les saveurs se sont estompées, il reste en bouche les notes sucrées.
J'ai du mal à mettre le mot fin sur ces moments d'éternité, je verse une dernière fois de l'eau, après le diner, je viendrai voir si ce dernier bain a encore magnifié les Belles.
Promenade apéritive pour admirer l'avancée des delphiniums et des pivoines qui grandissent presque à vue d'œil, mais je pense qu'elles ont soif, je les arroserai dès que le soleil s'en ira vers son couchant.
Par contre les azalées... Elles semblent encore être dans la dormance de l'hiver et ne semblent pas se presser d'en sortir, il le faudrait pourtant pour... le 17 mai pour un autre hanami (= message codé) !
Retour dans mon cocon où une autre tasse m'attend : que va donner cette belle couleur après 2 heures d'infusion? Une douce amertume, de celle que j'aime sans aucune agressivité, impressionnant ce qu'elles ont encore donné ces "douces jeunes filles". Encore de l'émotion. J'ai souvent infusé le Tumsong à froid en y adjoignant des framboises, cet été je ferai pareil avec celui-ci.
Merci les Belles de m'avoir permis de renouer avec l'extase du thé, vous avez enchanté ma journée, vous bercerez bientôt mes rêves. Je vais maintenant aller voir la description qu'en fait l'Insolent parisien :  "Son nom poétique Jungpana, douce jeune fille en tibétain, laisse présager la finesse de son nectar, l’élégance de sa robe. Un arrivage par avion en quantité limitée en provenance du jardin de JUNGPANA niché dans l’Himalaya, bénéficiant d’une exposition situé au Sud Est de la région de Darjeeling à plus de 2200m d'altitude, au nord-est de Darjeeling Town. Petite plantation initiée par des Ecossais, puis entretenue par des Népalais, produisant un cru avec un magnifique bouquet de printemps, fruit de l’équilibre d’une agriculture organique. De belles feuilles élégantes exhalent un parfum qui s'exprime avec équilibre dans une infusion vert pâle à la fois fruitée et sucrée. Des notes légères, très aériennes, harmonieuses, évocatrices et d’un parfait équilibre entre les parfums du miel d'acacia, de muscade d'une grande souplesse, légèrement acidulées et de fruits tel que la figue, de muscat." Tout est dit, et de quelle jolie façon, je n'ai pas encore tout à fait quitté l'Hymalaya, j'ai encore appris et je connais maintenant un mot de tibétain. Je terminerai ce beau voyage par cette citation d'un grand Indien : Rabindranath Tagore : "Venez, vous qui avez soif de thé et qui ne connaissez pas de repos, la bouilloire frémit, bouillonne et chante comme une musique..." En rangeant mes ustensiles, j'ai jeté un dernier regard au drapeau de ce pays dont le centre est le Ashoka chakra bleu.
il m'a fait penser à ce magnifique bol dont les dessins m'y avaient déjà fait penser le jour où j'ai reçu ce cadeau : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/04/encore-dintenses-retrolfactions-et.html.
Il fait merveilleux dehors,
je vais infuser ces petites feuilles à l'ancienne.
Petites, elles l'étaient mais après 3 arrosages... Face à cette nature, il est très facile de méditer. Et cela fait un bien fou. Mais il commence à faire frisquet, il est temps de rentrer, un merveilleux dimanche s'achève dans une sérénité retrouvée.
Et un autre bonheur :
Quelques clichés du petit Dragon.
Celle-ci m'a particulièrement touchée, quelle concentration ! C'est vrai qu'il est plongé dans l'univers du livre depuis sa naissance... Bravo les parents.
Et une petite dernière parmi bien d'autres. Merci Claude, tu as l'art de saisir des attitudes impressionnantes de ton petit Georges. Bon voyage en Corée. Les vacances de Pâques sont terminées, j'ai une pensée pour les écoliers et leurs instits, les étudiants et leurs profs qui entament les dernier trimestre de cette année scolaire, une de plus. Et en beauté j'espère.

dimanche 12 avril 2015

D'un week-end à l'autre


Après un week-end de Pâques flamboyant, la semaine qui l'a suivi l'a imité. Le ciel bleu et blanc et une superbe lumière continuent à revigorer mes neurones et me promettent une après-midi au soleil
Je reprends mes rituels en commençant par un O Bancha griffé ThéÔdor
Un thé "commun" mais aux mille vertus cependant et placé sous le signe de l'insouciance, tout un programme ! Voir sur le mur FB de ThéÔdor.
Ce sera mon thé de lecture de la matinée.
Pour la terrasse, c'est un peu compromis : petit vent frisquet et nuage gris.
J'avais tout prévu en préparant à froid le même
O Bancha. Il n'est pas écrit qu'il ne se boit qu'au soleil...
Même fanées, ces petites boules embaument encore et illuminent la pièce tandis que se tournent les pages et se vident petit à petit le verre. Plaisir des sens. Les jours se suivent, les rituels aussi.
Par ce début de journée très lumineux, un
Yunnan white tea Moonlight dans ce bel écrin.
Sérénité de l'instant, et souvenirs très présents:
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2014/12/encore-et-encore.html.
Préparation d'un mélange maison : un
Organic Myazaki oolong tea infusé à froid avec des bâtons de gingembre. Je n'avais vraiment pas aimé ce thé infusé à chaud, il n'avait ni le caractère iodé des thés japonais ni les saveurs typiques des oolong peu torréfiés, j'ai imaginé ce mélange en espérant que le gingembre donnerait du corps à ce thé bizarre.
Belle réussite que ce mélange insolite qui allie fraîcheur des feuilles et piquant de la racine que j'aime tant. Je me plonge dans ce magnifique livre pour chercher de nouvelles idées d'arrangement de parterre et jardinière, les Anglais sont très créatifs et à vrai dire imbattables dans l'art des jardins.
Le soleil brille et fait monter le thermomètre, mes neurones lui disent merci !
Pas question de planter de nouveaux arbres ici
je veux seulement essayer de percer le mystère du nom curieux de cet if. Je n'en sais toujours pas plus, mais d'autres souvenirs magiques de ce lieu qui l'est tout autant sont encore très présents:
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/04/encore-dintenses-retrolfactions-et.html.
Un nouveau jour prometteur...
Comme le contenu de cet écrin.
Et musique toujours. Plus légère cette fois.
Plaisir des yeux, plaisir des papilles, plaisir des oreilles, savourer l'instant.

Préparer les plaisirs futurs.
Balade digestive pour voir sortir de terre ce qui bientôt comme chaque année donneront des fleurs magnifiques.
Illuminer mon salon bleu-thé de mille petits soleils.
Me poser pour continuer à recharger mes batteries et chercher l'inspiration pour des repas futurs. Au fil des saisons infusé à froid, fruité, très désaltérant, inspiré d'une magnifique exposition me rappelle des souvenirs très chaleureux de mon dernier séjour à Paris, il y a longtemps déjà, trop longtemps : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2014/11/retrolfactions-souvenirs-proches-et.html.
Il fait vraiment estival, temps du paréo et du transat
pour continuer à laisser vagabonder mes pensées. C'était sans compter avec l'effet des rayons de l'Astre du jour, je me suis endormie... Le réveil fut brutal, peau brûlée ; les homards m'auraient certainement prise pour l'une des leurs. Et moi, je sais maintenant ce qu'ils ressentent quand on les jette dans l'eau bouillante ! Le début de la nuit fut pénible, j'ai fini par employer le SEUL remède efficace : enduire les régions douloureuses de yaourt grec, testé là-bas à l'époque grâce à Anna Alifieri, la dame chez qui j'avais loué une chambre. Effet immédiat, ce produit miracle bouche les pores, l'air ne passe plus, la peau peut se refaire. Un petit inconvénient cependant, l'odeur forte qui s'en dégage et qui me reste dans les narines malgré le lavage.
Heureusement dans mon cocon, le parfum des freesias compense vite cette impression désagréable.
Je continue à vider mes boites en achevant ce Hong Lao Ying – Aigle rouge griffé Source de Lumière. Et tandis que j'infuse ce thé improbable, je me rappelle avec émotion, ma première rencontre avec lui : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/12/encore-un-week-end-fabuleux-qui-en.html. Moments précieux de méditation.
En voyant le ciel de ce samedi, je ne serai pas tentée d'aller dehors. D'autant qu'il fait vraiment frisquet.
Après le thé de méditation, un Temi griffé Thé-Tea-Cha.
Tout en le savourant, j'écoute ces suites pour violoncelle seul de Bach. Emotions gustatives, émotions esthétiques... Le violoncelle est mon instrument de musique préféré et un moment j'ai imaginé m'y mettre quand je serais en vacances perpétuelles. J'ai depuis laissé tomber cette idée saugrenue, j'ai dû abandonner la guitare en 1974 après une commotion cérébrale, je ne parvenais plus à l'accorder et cela ne s'est pas arrangé depuis. Place à la lecture à présent. Tandis que je prépare un Hojicha, j'installe la table et c'est ici que commence le cauchemar, impossible de retrouver le livre que je compte achever aujourd'hui, il s'agit du Secret du Maitre de Thé. J'ai cherché partout, de plus en plus incrédule, je suis très distraite depuis toujours mais JAMAIS en ce qui concerne mes livres. Même mon mari, touché par mon désarroi, s'y est mis mais rien n'y a fait. C'est épuisée que je me suis couchée après avoir visité les coins les plus improbables mais je me suis réveillée mille fois en sursaut pour retourner voir encore et encore ce que j'avais déjà vu des dizaines de fois. J'ai même été voir dans la poubelle. Qu'est-il arrivé ? J'ai aimé Le mystère de la chambre jaune, je déteste le mystère du Secret du Maitre de Thé, j'espère que l'éclipse n'y est pour rien : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/03/un-premier-jour-de-printemps-flamboyant.html !
Je suis épuisée et complètement obnubilée par cette disparition inquiétante au point que même ce ciel bleu-soleil me laisse indifférente, un comble ! J'ai besoin d'un thé qui me tiendra éveillée pour reprendre les recherches, ce sera un Matcha très concentré.
Mais en avalant la première gorgée de ce grand thé si symbolique, je ne le reconnais pas, il est amer ! Quasi imbuvable, que se passe-t-il ?
A part la place dans mon cocon, la musique zen, l'ambiance et les ustensiles sont les mêmes. C'est moi qui suis différente, trop préoccupée, je ne parviens pas à vivre intensément l'instant, mon esprit est ailleurs. Je vais faire un tour au jardin pour essayer de me décentrer et retrouver la sérénité malgré mon obsession. Retour dans ce havre où j'espère retrouver mes marques,
je reprends les ustensiles habituels et tandis que se forme la mousse, mon esprit se calme. C'est en réécoutant la musique zen que je porte le chawan à mes lèvres, et cette fois ce Matcha, cuvée spéciale de mon généreux donateur, a enfin cette saveur si particulière, faite de force, de douceur sans oublier celle de l'Amitié. Je veux rester dans cet état d'esprit et je retourne au jardin pour admirer cette nature qui explose. En rentrant, mon mari me rappelle qu'il m'invite au restaurant ce midi, je n'en ai pas vraiment envie mais c'est la veille d'un jour difficile, je ne veux pas refuser.
C'est vrai que le cadre est reposant. Pendant le repas, LE sujet de conversation fut bien sûr, l'incompréhensible disparition. Au moment où mon mari m'en reparle, je lui ai dit que le SEUL endroit où je n'ai pas regardé est la bibliothèque de mon salon bleu-thé parce que je ne range JAMAIS le livre en cours de lecture avant de l'avoir terminé. Le reste du repas fut enjoué et détendu.
Au retour, le bois-joli a enfin fleuri, la nature est en retard cette année, d'habitude, les fleurs apparaissent avant les feuilles et bien plus tôt : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2009/03/attendu-avec-impatience.html. Mon mari s'étonne que je ne me précipite pas dans mon cocon, j'y monte donc, certaine de ne rien trouver.
Ah les certitudes, dire qu'il était à ma portée  ! Cet acte fou est sans doute dû au soleil qui a tapé trop fort sur un crâne encore fragilisé par le long hiver... N'empêche que je suis vraiment soulagée, j'ai été prise d'un long fou rire, l'histoire se termine ici. Et le livre restera là où il est jusque demain !
Hier, c'était plutôt parapluie, aujourd'hui c'est à nouveau parasol. Il faudra sans doute que j'en installe un sur ma terrasse en haut, comme cela je ne risquerai plus le traumatisme du homard.
pour l'instant, le soleil tape encore trop, c'est donc à l'intérieur que je savoure ce Thé du Jardin des coeurs heureux en écoutant Les Chants de la Terre.
Tantôt, j'irai sur ma terrasse et je prépare déjà mon thé infusé à froid, un Fraicheur du désert, un Oolong aromatisé griffé Magie du Thé.
Le ciel est bleu-soleil, il est 16 heures, je quitte les chants de la terre pour ceux des oiseaux.
Avec ce thé-lecture rafraichissant et L'éloge du Rien, carrément zen. Cela fait un certain temps que je ne l'avais plus relu et avant de l'ouvrir, la quatrième de couverture donne déjà le ton : "Le maître monta en chaire et, au moment même où il allait commencer son sermon du jour, un rossignol se mit à chanter. Quand l'oiseau eut fini de chanter, le maître dit : "C'est tout ce que j'avais à vous dire". Puis il prit congé". Ce n'est pas le chant du rossignol que j'entends à cette saison mais celui des mésanges, des sitelles, le "hennissement" du pic-vert sans oublier les corneilles, les ramiers et même les choucas, un vrai concert qui me permet de retrouver ma sérénité.
J'ai ouvert ce petit traité de zen au hasard et voilà ce que j'ai trouvé page 82 : "Une fois que vous demeurez spontanément dans cette paix et pouvez l'utiliser d'une manière accomplie et pénétrante, alors vous êtes libre de toute activité contrainte et de toute préoccupation obsessionnelle". C'est ici que se refermera se billet et momentanément ce blog, demain je revêtirai à nouveau mes habits d'infirmière, le thé restera mon Essentiel mais j'aurai moins le temps de m'en occuper. Belle semaine à vous. Et à très vite.