mercredi 21 novembre 2018

J'ai encore tutoyé les étoiles... une montagne sacrée: bref, j'étais au NIRVANA

La vie est tellement belle quand le choix est aussi évident : remplacer ma femme de ménage malade vs consacrer ma journée à l'essentiel  Je suis une tout ou rien et une perfectionniste, comme je ne suis pas licenciée en tâches ménagères, je suis assez nulle et qu'en plus je déteste cela, j'ai décidé d'approfondir la préparation de certains trésors ... Pour me mettre dans l'ambiance, 
aérer très rapidement mon cocon, 2° et un ciel tout gris. 
Me projeter dans le berceau du thé en infusant ce superbe Yunnan Golden Pearls. Tout en le sirotant, j'imagine déjà comment mieux maîtriser celle du Pu Er mandarine débutée ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2018/11/je-ne-pouvais-plus-attendre.html
Je ressors donc cette vieille balance très précise pour y déposer 3g d'écorce de mandarine et 3g de
Pu Er
Après un rinçage instantané, l'eau bouillante les entraîne vers le ciel… 
Quelques secondes plus tard, je goûte ce breuvage que j'espère  équilibré, malheureusement si sa couleur donne envie malgré un parfum très (trop?) léger, la saveur est assez plate. 
Je sors donc ma minuterie et j'infuse 40". 
Equilibre douteux, c'est le
Pu Er qui prend toute la place, la mandarine fait de très furtives apparitions. 
Une minute à 95°, 
Déception, le tant pour tant n'est pas synonyme d'équilibre, ce n'est pas de la pâtisserie! Notes terreuses très présentes, la mandarine est absente. 
Comme j'ai utilisé la même théière en verre, peut-être est-ce dû à la porosité de la jarre ? Mais après seulement 4 jours, c'est bizarre. Comme ce curieux mélange n'a pas encore tout donné mais que j'ai envie de tester une autre façon d'infuser ces petites choses improbables, je le laisse reposer et le reprendrai tantôt ou demain ! 
Au tour de ce très petit agrume de 8,1g. Voici ce qu'en dit Katrin : 
"Les petits fruits anhydres s’appellent en chinois 小青柑 xiaoqinggan. Ils sont remplis de thé Pu’er (et l’étiquette du fruit à l’emballage vert précise même qu’il s’agit d’arbres anciens)". 
Mandarine ou citron ? Je dirais plutôt citron vu la taille. Je l'approche de mon nez et je ne détecte le parfum ni de l'un ni de l'autre mais bien ... celui des cristaux d'encens qui embaument certains étals d'une vieille ville chère à mon coeur, me voici momentanément revenue à Essaouira… 
Suggestion de Katrin :
"Pour les petits agrumes, tu peux soit les briser et infuser un peu de thé et un peu d’écorce (eau très chaude 95 -100 degré) soit plonger le fruit entier dans une petite théière et laisser infuser, en ajoutant de l’eau aussi souvent et aussi longtemps que tu le souhaites. Il m’est arrivé de faire plusieurs jours avec le même fruit. A la fin l’eau est juste légèrement parfumée mais ça reste agréable. Plus le fruit est brisé, plus le thé infuse et donne une liqueur plus concentrée"
Après un rinçage instantané, première infusion d'une minute. Saveur surprenante de ... champignons de Paris, très (trop) douce comme si les feuilles avaient quasi tout donné, oups. 
J'extrais délicatement l'agrume pour constater que les feuilles y sont emprisonnées. 
Je les libère pour qu'elles puissent se baigner à l'aise. 
Réaction immédiate, l'eau se colore instantanément ! 
Quant à la saveur, la voilà l'équilibre entre les deux composants du mélange : l'acidité du citron s'harmonise très bien avec les notes boisées du
Pu Er. Je fais une pause studieuse, je veux retrouver le fichier dans lequel j'avais noté le résultat de mes recherches Internet sur la fabrication de ces agrumes au Pu Er, notamment le pomelo que j'avais acquis à l'époque : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2013/06/un-long-week-end-comme-je-les-aime.html
J'avais à cette même époque fait sécher une mandarine (qui a pourri très vite) et un citron qui est devenu très léger (16g) mais ne dégage plus aucun parfum.
"Originaire de l'Himalaya et des contreforts Est de la Chine, le "Citrus sinensis", nom latin de l'orange,  est séché et consommé en Chine depuis la nuit des temps pour ses vertus médicinales. Les écorces d'orange sont utilisées par exemple, dans la cuisine chinoise pour dissoudre les graisses et faciliter la digestion. Les parties blanches de l'écorce renferment également différents flavonoïdes, des composés antioxydants pouvant agir dans la prévention des maladies cardiovasculaires et certaines maladies chroniques.
C'est donc une tradition en Chine de remplir de Pu'er l'intérieur d'agrumes évidés. Placés au soleil pendant environ une semaine, les fruits se dessèchent lentement et confèrent au thé une saveur acidulée très agréable. On peut ainsi utiliser toutes sortes d'oranges et mandarines, mais aussi des citrons, des pamplemousses ou des pomelos. Pour plus d'efficacité "thérapeutique", il est recommandé d'infuser le thé avec des morceaux d'écorce"
.
Rien n'est dit sur le contrôle de la dessication de l'agrume, pour éviter par exemple ni où on les fabrique. Une autre source m'apprend qu'"Après la post fermentation, les feuilles de Pu Er sont placées dans une peau de mandarine fraîche et non traitée. Le tout est séché au four"
Un dernier passage pour aujourd'hui donne une liqueur brillante et plus dense, ce sont toujours les notes boisées qui dominent mais en arrière-goût je retrouve l'acidité du citron. Les Belles sont loin d'avoir tout donné, elles vont se reposer jusqu'à demain. Moments précieux, un sentiment de bien-être profond, émotion intense devant le savoir-faire de celles et ceux qui transmettent si bien leur art particulier : passion et travail de l'Homme pour magnifier ce que la Nature nous offre. MERCI chère Katrin de m'avoir permis d'aborder de manière ludique cette autre façon d'infuser ces petits agrumes. 
Beau ciel couleurs pastel 
Envie de ce fameux Pu Er citron au saut du lit, une première!  
Après une nuit de repos, elles sont en forme, moi aussi... Après avoir vaqué à des occupations très terre-à-terre, j'ai voulu infuser pour la énième fois le
Pu Er mandarine qui reposait depuis hier dans la petite théière en verre mais en ouvrant le couvercle, une désagréable odeur en est sortie, cela sentait le moisi... En y regardant de plus près, je me suis aperçue que j'avais laissé un tout petit fond de liquide, je n'ai pas insisté, pas d'apéritif donc, mon mari a faim mais je me rattraperai cet après-midi. Je veux découvrir les gâteries de Katrin, à commencer par ce petit sachet vert. 
C'est un
Emei Xueya que Katrin a eu la gentillesse de traduire :

"峨眉雪芽 Emei Xueya : Le bourgeon des Neiges de Emei 
中国珍稀山林间茶  thé rare et précieux des forêts d’altitude de Chine 3 g
Chine - Emeishan (Mont Emei - une des quatre montagnes sacrées de Chine dans la province du Sichuan)"
Dès l'ouverture du petit sachet, c'est un parfum végétal très frais qui titille mes narines et les font frémir ! Les très fines feuilles font penser à des langues de moineau. 
Beau ballet aquatique. 
Liqueur jaune pâle pour les yeux, saveur d'asperges vertes pour le goût, émotion gustative intense, je suis à la fois loin du monde mais pleinement en communion avec cette nature si généreuse. 
Deuxième passage, ces bourgeons des neige se réchauffent lascivement. 
Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas servie des zhongs, dont la symbolique représente bien l'Essence du thé : la terre, le ciel et le travail de l'Homme… La liqueur donne à présent des notes d'artichaut… pour mon rudimentaire palais. La troisième infusion est assez amère, c'est la fin… 
En admirant ces jolis bourgeons qui ont maintenant tout donné, j'ai une pensée reconnaissante pour ces lointaines cueilleuses au doigts de fée et pour ceux qui l'ont manufacturé… 
Après le souper, retour dans mon cocon pour infuser ce
Pu Er au citron 
qui m'offre dans la tasse une belle harmonie entre l'acide de l'agrume, plus présent maintenant, et l'aspect plus boisé du
Pu Er. Et il n'a pas encore tout donné! Deux merveilleuses journées entre le Yunnan et le Sichuan, empreintes de sérénité, d'étonnement et la saveur si particulière de l'Amitié, MERCI LA VIE ! 

dimanche 18 novembre 2018

Un week-end lumineux

Après avoir flemmardé sous ma couette, voici le spectacle qui s'offre à moi : 
le charme complètement dénudé a perdu le sien. Déjà assez dégarni, une nuit de gel a achevé le travail, la sève s'est retirée, il est en dormance… 
Le sol de l'allée est recouvert d'un tapis, joli quand il fait sec, très glissant quand il pleut. Plus pour longtemps ! 
Le chêne juste derrière lui par contre reste assez flamboyant. 
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, mais pas seules, MERCI ma Puce. 
Elles ont changé de place et forment à présent un abri pour les hérissons dans le fond de la propriété. 
Il en a rêvé, il l'a vu mais il n'a pas aimé : entre un tracteur jouet et le monstre dans la vraie vie, il y a un monde pour un petit garçon de 3 ans ! 
Le tracteur est rangé, une photo souvenir et à la prochaine fois, petit Raphaël, tu es à croquer... Encore MERCI pour ce beau travail, ma Puce, et à très vite… 
Il y aura encore du boulot, avec ce bouleau entre autres ! 
Ce dimanche est aussi lumineux : des gelées blanches au sol mais un beau ciel bleu, 
la température par contre… 
J'ai l'antidote : tout ce que j'aime, une douce chaleur et mes rituels : choisir une théière et le thé qui la remplira : ce matin un
Darjeeling, la flamme d'une bougie, le doux parfum de l'encens et de la lecture. Pas n'importe laquelle, cadeau de mon mari : Un hosanna sans fin, LE livre posthume de Jean d'O publié par sa fille que j'ai entendue mercredi soir dans La grande librairie... Moments d'émotion intense. Je nai toujours pas lu le précédent, Et moi, je vis toujours , tant le titre m'avait bouleversée, et que dire du premier paragraphe de la quatrième de couverture : "Il n'y a qu'un seul roman – et nous en sommes à la fois l'auteur et les personnages : l'Histoire.Tout le reste est imitation, copie, fragments épars, balbutiement. C'est l'Histoire que revisite ce roman-monde où, tantôt homme, tantôt femme, le narrateur vole d'époque en époque et ressuscite sous nos yeux l'aventure des hommes et leurs grandes découvertes". J'étais alors trop préoccupée par des problèmes de santé pour avoir l'esprit suffisamment libre pour aborder dernier écrit d'un grand homme qui me fascine depuis si longtemps... En lisant le titre que J.d'O. 2 mots me viennent immédiatement : JOIE et ALLEGRESSE, deux mots qui chantent comme une espérance folle et infinie, que du bonheur donc. Ses beaux yeux bleus profonds et son sourire un rien énigmatique invitent à un autre voyage, plus intérieur. 
Que dire de plus, alors que tout l'est déjà ? RIEN mais une irrépressible envie de découvrir le message de ce "détective métaphysique" ! Je viens d'achever ces 139 pages, lues d'une traite, animée par cette indicible curiosité, certaine que j'étais que j'en sortirais éblouie !  Je les reprendrai une à une et en reparlerai alors mais je ne résiste pas à citer sa première phrase : 
"Grâce à Dieu, je vais mourir"... Et aussi une citation de Bossuet qui donne le ton : "Il n'y a que le temps de ma vie qui me fait différent de ce qui ne fut jamais". 
A quatre heures, goûter avec un petit Georges méconnaissable, quasi muet, boudeur, désobéissant. 
Et peu enclin à faire devoirs et leçons pour demain. Cela n'a pas plu à son grand-père et moi, je n'en suis pas encore remise... Pour me consoler, retour dans mon cocon avec l'envie d'infuser à nouveau le fameux
Pomelo mandarine. Mais encore perturbée, j'ai laissé tomber mon appareil photos, j'étais certaine d'avoir passé la custode autour de mon poignet pourtant ! Il n'a pas aimé et ne répond plus. Heureusement, il est encore sous assurance, j'irai l'échanger demain. Je pense que pour me calmer, je vais relire ce petit livre légèrement grainé, il me mettra du baume à l'âme, MERCI pour ces moments d'éternité hors du temps cher Jean d'O. !

vendredi 16 novembre 2018

Je ne pouvais plus attendre!

Le temps passe inexorablement, certaine jours lumineux, d'autres plus sombres qui permettent d'apprécier d'autant plus les premiers. Entre routine monotone - pour des activités inintéressantes et néanmoins nécessaires – et rituels pour ce qui fait mon essentiel… 
Ce matin, une chappe de brouillard pare la propriété d'un air très mystérieux, qu'y a-t-il derrière ? 
C'aurait dû être une journée du genre monotone, et pire encore : dentiste cet après-midi mais je n'y tiens plus, cela fait 3 jours que j'ai reçu ce précieux colis envoyé par l'auteure de l'EMPIRE DU THE. Dès que j'ai vu la photo de ces trésors, je lui ai envoyé un mail pour lui demander s'il était possible de se les procurer et quelques jours plus tard... Là, première belle surprise : quelques petits cadeaux, je reconnais bien là ta générosité chère Katrin ! Et aussi stupeur en lisant le commentaire sur le contenu des pomelos : "Le thé wulong à l’intérieur des pomelos est très compressé. Il te faudra sûrement utiliser un couteau à Pu’er. Pour l’infusion j’utilise des petits contenants (gaïwan ou petite théière de yixing) du coup, je fais des infusions plutôt courtes moins d’une minute. Mais ça marche aussi avec 3 à 5 minutes d’infusion si tu aimes une infusion plus forte. Tout dépend aussi si tu as « brisé » le thé ou si tu infuses des blocs ou le fruit en entier. C’est comme les touocha : il faut laisser le temps au thé de se développer. Pour une infusion plus concentrée il faut émietter". J'ai vraiment hâte de découvrir ce surprenant contenu dès que mon palais ne sera plus perturbé par le goût des soins dentaires! 
Ce matin, je vais redécouvrir ce
Pu Er mandarine qui m'avait impressionnée il y a 10 ans dejà, et que je n'ai plus jamais retrouvé depuis : ttp://la-theiere-nomade.blogspot.com/2010/10/une-experience-originale-et.html
Malheureusement ; en enlevant le cellophane, j'ai constaté que la mandarine s'était cassée, c'est visuellement un peu moins joli mais cela me facilite le travail. Au nez, je sens des notes d'agrume mais pas de feuilles, très petites. Je suis allée rechercher la traduction que mon amie Lingling m'avait envoyée :
"Voici la traduction selon l'ordre du haut en bas:
-marque : cheval doré
-type de the: the Tschi-pu (mélange de pu-rhe et tangerine)
-caractéristique et effet médicinal du thé: parfumé et légèrement sucré; faciliter l'évacuation du crachat, calmer la toux, bon pour la rate et le Qi (souffle, énergie)
-produit ayant obtenu un brevet
-Catégorie A
-8685 (je ne connais pas la signification de ce chiffre)
-producteur : Institut de recherche et d’exploitation du thé à la ville He-Shin (montagne des grues : dans la tradition chinoise, cet oiseau est un des symboles de la longévité)"
Après deux rinçages instantanés, 
seules les écorces de mandarine quittent les feuilles et vont se poser au-dessus de la théière. 
Dans le mélange feuilles, écorces, c'est le parfum de ces dernières qui domine. 
C'est pareil pour l'infusion, une saveur légère et assez douce, un peu acidulée même : j'avais le souvenir qu'à l'époque, c'était le contraire, je vais donc relire le billet. Très émue et impressionnée en lisant les commentaires des lecteurs, quelle érudition ! Je me rappelle une citation lue il y a un certain temps :
"Tout ce qui est écrit continue de vivre dans l'absence". Je ne me souviens malheureusement plus de l'auteur… 
Quatrième passage, la liqueur est beaucoup plus claire, la saveur comme atténuée mais un peu plus sucrée aussi. 
En regardant le mélange, je crois comprendre la différence entre les infusions d'il y a 10 ans et celles-ci : plus d'écorces que de feuilles ! Je veillerai à mieux équilibrer les prochains dosages, ici j'ai pris tout ce qui s'était répandu sur le feuille d'emballage, et il y avait plus d'écorces que de feuilles, il n'est pas normal que le
Pu Er soit si peu présent. MERCI chère Katrin de m'avoir procuré ces improbables trésors, je suis impatiente de découvrir la suite ! Ce soir les effluves des produits dentaires m'empêchent de continuer à boire ce nectar mais je vais relire qu'elle dit sur les Pu Er, une autre manière de savourer l'excellence ! Ma chère Cathy, j'ai pensé à toi, j'ai vu sur ta page FB que tu avais choisi cette saine lecture aussi...