samedi 25 mars 2017

Voyage, voyages...

Le printemps a sur moi un effet très bénéfique : envie de sortir de la maison, de jardiner, de voyager, preuves que mes neurones sortent de leur léthargie hivernale. 
Mercredi, ciel bleu-soleil, départ pour la capitale de la Wallonie 
via Ottignies cette fois-ci. 
Sur la route de Compostelle, ce petit restaurant japonais qui d'habitude est plein 
mais aujourd'hui, j'ai de la chance. 
Menus tentants, je choisis le premier : 
gyoza aux parfums qui font saliver, 
puis le ramen aux saveurs subtiles et tellement équilibrées, un petit bémol, le porc... 
mais je me régale, copieux et succulent, le bol vide en est la preuve ! Le serveur me demande si je veux attendre un peu avant le dessert, j'accepte, j'ai de la lecture... 
Et une surprise, pas le
Houji cha évidemment mais sa provenance ! 
Joli bol, le contenu par contre est quelconque. Je suis vraiment ravie, ce petit restaurant à l'accueil chaleureux sera désormais un incontournable.
Deuxième station, 
le ton est donné, discussion enjouée, ambiance assurée. 
Martine me propose un
Dao Ren Maofeng qui me rappelle immédiatement un souvenir, je ne le savais pas aussi ancien déjà: http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2010/11/tricot-tricot-et-une-visite-surprise.html. Il sera mon thé de lecture mais je veux d'abord partager ma première tasse en pensée avec ma chère Martine, l'autre, en souhaitant qu'on puisse se revoir bientôt pour parler de ce monument... 
Après 3 passages, je ne suis pas certaine qu'elles ont tout donné mais ce que je sais c'est que je me laisserai tenter par cette bouilloire particulière, déjà samedi j'avais été tentée, mais je ne voyais pas (encore) où la mettre... :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2017/03/leprintemps-est-arrive-sors-de-ta.html.
Une petite parlote avec Martine 
qui s'apprête à décorer sa devanture, 
allure printanière et pascale. Tout doit être terminé ce soir pour l'atelier chocolat, et ses accord avec le thé. 
Il faudra que j'aille rechercher les miennes au grenier. 
Le temps a changé, il fait plus frisquet et le ciel est devenu tout gris. 
Ah oui, voilà pourquoi, j'ai dû retourner au
Fossé fleuri, je les avais laissé tomber sous la table... reste à faire réparer la branche qui a souffert.
Le lendemain, un ciel uniformément bleu-soleil que traverse un grand oiseau de métal tandis que les hôtes du jardin fêtent le renouveau en chantant.
La voilà, LA bouilloire, 
Graduée de 40 à 100°, à droite, 2 boutons, 1 petite et 1 grande tasse. 
Cet écrin qui contenait un fabuleux
Daehsan Nokcha est resté trop longtemps vide, en hiver ce n'est rien, je ne bois pratiquement pas de thé vert, mais samedi j'ai ramené de quoi la remplir. 
  Quel parfum en ouvrant la boîte ! 
Je vais infuser les Belles dans un verre comme ici:
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/03/un-premier-jour-de-printemps-flamboyant.html
que je transvase dans un autre verre. 
Tout en savourant ce doux nectar, j'admire le travail de l'artisan qui a décoré ce bel éventail en pensant avec reconnaissance à mon généreux donateur.
Les feuilles sont loin d'avoir tout donné, 
un deuxième passage, 
l'eau se colore doucement. 
Émotion gustative en portant ce deuxième verre à mes lèvres, c'est comme si je me promenais cheveux au vent dans une prairie d'herbes fraîches et odorantes. 
Une troisième infusion, encore très douce. Cette bouilloire sera bien vite amortie. Le reste de la journée est consacrée aux courses et préparation pour que mon mari ne meure pas de faim, je serai à nouveau en vadrouille demain. 
Il y a voyage et voyage, 
cette fois direction la Cité ardente. J'ai 9 minutes pour prendre la correspondance, sauf que mon train avait 10 minutes de retard, 
j'ai donc eu le temps de découvrir cette gare du Nord rénovée, il faut dire qu'elle en avait bien besoin, elle était sinistre et hideuse dans un quartier à l'époque assez mal famé.
Sur le quai, j'entends effarée une voix égrenant la litanie des trains en retard... 
Le mien est à l'heure, heureusement. 
3/4 d'heure de route, mais j'ai de quoi m'occuper, et me avec un
Gao Shan offert par ma chère belle-fille. 
Arrivée sans encombre à destination, 
direction cette exposition, impatiemment attendue. C'est la tête dans les étoiles que j'en ressors, entre fascination pour les prouesses techniques de l'époque et le savoir-faire des artisans, et sérieux bémol quant à la façon dont les ouvriers et esclaves étaient traités... 
J'ai ramené ce très beau catalogue, j'en reparlerai plus tard, mais ce que je peux dire, c'est que c'est très impressionnant et à voir... 
De l'ombre (l'exposition se passe dans la pénombre de ce mausolée reconstitué) à la lumière... 
pour admirer un des cadeaux du printemps.
Un peu moins emballée par la mégalomanie de cette gare, c'est peut-être une réussite architecturale mais cela ne me touche pas, question de goût personnel. 
Sur le quai, le toit est très lumineux, fait de métal et de verre. 
Mais une question me vient, comment fait-on pour nettoyer ces carreaux ?... J'ai retrouvé avec joie mon titre de théière nomade, et je compte bien le garder un certain temps, même si je ne peux m'éloigner trop de chez moi malheureusement. Heureusement, il y a le thé, une autre manière de voyager...

lundi 20 mars 2017

Il est là!

"Le printemps est arrivé, sors de ta maison", ça c'est ce que dit la chanson 
mais le ciel ce matin parle un tout autre langage... Et que faire quand il fait gris ? 
Choisir mon thé, un Orange Valley, griffé ThéÔdor et acheté chez Cha-Hû-Thé
Dès l'écrin ouvert, c'est un doux parfum fleuri qui me chatouille agréablement les narines.
Tandis qu'infusent les Belles, le son de la harpe, très doux, invite à la méditation. 
Plaisir des sens... en pensant à ce beau proverbe indien :
"Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester" et, comme chaque fois, pensée émue pour les cueilleuses. 
Depuis que j'ai dévoré
La Bible (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2017/03/lempire-du-une-semaine-de-pur-bonheur.html ), je pense aussi beaucoup à l'aspect botanique de cet arbre multi-millénaire, que j'ai lu et relu avec intérêt et fascination... 
C'est le moment de faire un retour aux derniers jours de l'hiver, même si le 12, il a fait printanier...
Le 4ème chapitre
Le théier, plante chinoise, traite le sujet complexe de cet arbre, d'habitude, je passe ces informations rébarbatives pour moi mais cette fois je me suis accrochée, et je ne le regrette vraiment pas, tellement ce que j'y ai appris m'a impressionnée. 
J'ai aussi eu un fou rire : sous le titre
Un arbre toujours vert, on peut lire "...) Ses fleurs, solitaires et petites, sont blanches. Ses fruits sont de petites capsules sphériques contenant deux ou trois graines. En certaines provinces de la Chine, on utilise l'huile que contiennent ces graines pour la cuisine et l'éclairage ; mais un estomac chinois peut seul admettre l'ingestion de cette huile, amère et nauséabonde" Ce que c'est d'être conservatrice... J'en avais acheté à Taïwan, et je peux certifier que, même si je ne me souviens plus de sa saveur, mon estomac l'a parfaitement supporté !  
Je ne vais pas trop détailler ce chapitre, seulement rendre compte de ce qui m'a le plus marquée, ainsi concernant les feuilles : 
" st la préparation de la feuille qui détermine le produit fini bien plus que les spécificités variétales, même si celles-ci conditionnent le choix du planteur ". Le chapitre V Cultiver le thé, de la graine à la feuille parle des meilleurs conditions pour une culture optimale : "e tous les facteurs du milieu, le climat est le plus déterminant pour la culture du thé : il faut qu'il soit chaud et humide ou tout du moins qu'il y ai un été chaud et humide et un hiver ni trop froid ni trop sec. Une insolation minimale de quelques heures par jour est en outre nécessaire"
Il faut aussi une longue patience et beaucoup de soins pour que la graine produise ce pour quoi elle est faite : "(..) On creuse des trous à +/- 1 mètre 50 de distance les uns des autres ; on y met quelques graines que l'on couvre de fumier. La plante commence à rapporter au bout de trois ans et dure fort longtemps (...)" J'avais à l'époque essayé de faire pousser des graines, les premières ramenées des Seychelles (eh oui, il n'y a pas que de la citronnelle là-bas) les autres venant d'une pépinière garantissant la germination. Taux de réussite 0% ! S'ensuivent des informations très précises entre autres sur les différents types de cueillette. Il se termine par un très beau texte en hommage au travail et à la patience des hommes : "La palette des arômes du thé doit son opulence au savoir-faire des jardiniers chinois, mais également à l'ingéniosité des façonniers qui ont su exploiter l'extraordinaire potentiel de cette petite feuille et percer tous les secrets de son alchimie. Il leur aura fallu des siècles de patience et de détermination, de génie et beaucoup d'amour pour découvrir, les unes après les autres, l'ensemble des techniques qui aujourd'hui encore permettent d'élaborer les thés verts, les thés rouges, les thés noirs, les thés blancs, les thés bleus, mais aussi les thés parfumés, les thés compressés, les thés en poudre, les thés instantanés, les thés en bouteilles... Tous les thés ! Des thés chinois que le monde entier va s'évertuer à copier". C'est avec des litres de ces feuilles magiques que page après page j'en découvre avec émerveillement leur magie ! 
16 juillet ? 16 août ? Que nenni, 16 mars sur ma terrasse, comme en été ! 
Mais il ne faut pas rêver, dès le lendemain... 
Un sursaut hivernal, plus pour longtemps j'espère. Je pense avec des frissons aux images de New York et cette offensive toute blanche, glaciale. Ma petite-fille Sarah qui y vit m'a rassurée :
Il a fait fort froid mais j’ai bien aimé, un beau petit blizzard et j’étais à l’intérieur avec un thé ... 
Ce samedi, direction Namur en partant de la gare de Hoeilaart, 
Mais pas en droite ligne, d'habitude je dois changer à Ottignies mais, travaux obligent, 
je dois passer par Bruxelles-Luxembourg. 
Arrivée sans encombres à Namur, je suis d'abord la route de Compostelle, ici rue Saint-Loup en pensant à ma jeune sœur qui commence aujourd'hui, son fabuleux périple, je me rappelle avec émotion de notre dernière rencontre :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2017/02/un-debut-dannee-du-coq-flamboyant.html
Et ici, une deuxième, rue du Président... La bruine a cessé, j'espère que le temps sera clément pour elle qui se tape les 32 premiers km, une paille pour elle ! 
Je la quitte ici, je suis arrivée... 
Le temps d'admirer cette jolie composition, et je rentre dans ce lieu de paix et d'excellence où j'ai rendez-vous avec d'autres folles de thé... J'ai hâte de revoir Martine, je compte sur elle pour me conseiller un thé, je suis en manque !
De ces célèbres montagnes, je ne connais qu'un seul thé le fabuleux
Da Hong Pao, que j'ai bu pour la dernière fois il y a un an déjà et en très bonne compagnie : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2016/02/8-02-2016-lannee-du-singe-de-feu.html.
Belles feuilles, assez grandes et torsadées, mais peu de parfum. 
Les Belles se réveillent doucement. 
Dans la tasse, belle couleur ambrée, mais je ne retrouve pas les saveurs si caractéristiques de ce thé à la belle légende. 
J'infuse à nouveau ces vieilles dames peut-être encore endormies mais malheureusement toujours aucune émotion gustative. Contrairement à ce que j'ai ressenti avec celui de 5 ans d'âge :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2010/04/encore-un-atelier-particuier-oxydations.html , encore de beaux souvenirs avec mes Amis de thé que je n'ai plus vus depuis belle lurette ! 
Je voulais les infuser une fois encore mais une bonne surprise : ma Grenouille préférée accompagnée de son mari et de belle-maman. Mich et Luc ont choisi leur Pu Er sheng préféré, je ne suis pas étonnée. Belle-maman m'a bien fait rire, un humour incisif qui lui va bien, c'est une femme de poigne, mais le thé pour elle, c'est pas son truc. Martine lui a suggéré
Une autre idée, une tisane qu'elle a aimé, ses enfants lui en ont pris une boîte, elle en a de la chance belle-maman... MERCI pour cette belle surprise mes chéris. J'aurais voulu papoter un peu avec Martine mais elle était très occupée.
En attendant mes copines, je ne suis pas venue les mains vides, et pour accompagner ma lecture, un
Tamaryokoucha. Je n'ai guère le temps de tourner les pages, Catherine vient d'arriver.
Elle choisit un
Milky Oolong et moi 
un
Dong Ding qui me rappelle ma visite dans ses plantation grâce à la famille de ma chère belle-fille. 
Dans la tasse, une liqueur beurrée, fleurie, lactée, un bonheur ! 
Les passages se succèdent tandis que nous papotons joyeusement, deux babeluttes ensemble, cela donne soif ! 
Les Belles se sont complètement développées mais donnent toujours autant d'ampleur et même de puissance à ce nectar. 
Marie-Urielle nous rejoint à son tour mais ne croyez pas qu'elles téléphonent, elles prennent seulement des photos...
A la tienne, Marie-Urielle tandis que Catherine continue à mitrailler... 
C'est vrai que le spectacle vaut la peine, Carine, hilare, compare son sachet de
Laponic noir à une souris dont elle tient la queue... Les thés défilent, les bons mots aussi. On papote, on papote en attendant Maryse qui n'est jamais arrivée, snif, snif. L'heure tourne, il est temps de passer aux achats 
mais que choisir ? 
De tout, beaucoup... Pour une fois qu'elles viennent ! Ton air en dit long Cath... 
Passage à la caisse, Martine a une aide très efficace et souriante, la relève sera peut-être assurée ! 
Comme il tombe des cordes, Carine nous propose de nous déposer en voiture à celle de Catherine, belle idée, MERCI Carine même si je vous ai retardée toutes les deux par ma distraction (= message codé.. mais cela finit bien, j'ai eu Martine au téléphone ce lundi et je retourne à Namur mercredi, quelle corvée... ) MERCI à vous trois pour ces moments si riches, à vos agendas, on se reverra le 23 avril. Ce dimanche, dernier jour de l'hiver. 
J'installe tout ce qui va faire ma journée : une phrase pour rêver en attendant de les réaliser,
une belle musique aux titres tout aussi poétiques que les thés entre autres
Le chant de loyauté, les oies sauvages se posent sur la grève, L'immortel des eaux, Le vol du dragon.
Un
Yunnan Golden Pearls
 et un long moment de méditation sur le bonheur... 
Puis je déballe les trésors ramenés hier, à commencer par le pot à thé du temple, cela fait longtemps que j'en avais envie, aujourd'hui c'est fait : 
sur le fond, un cachet, 
une belle forme arrondie 
et au sommet du couvercle, une tête de Bouddha hilare. 
 Elle va bientôt contenir cette fabuleuse brique de
Pu Er 1980
, ce qu'il en reste du moins.
La jarre est remplie, c'est tout juste. 
Elle a maintenant sa place dans cette alcôve, à côté de ma théière dragon que j'ai décrite ici :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2009/11/entre-lectures-et-partage.html. J'ai terminé mon billet, et j'ai soif, 
je vais tester ce
Matcha Découvert chez : je suis vraiment curieuse d'y goûter. 
La poudre est d'une belle couleur électrique. 
Ichi go ochi e
et l'étui de mon chashaku me rappelle la grande générosité de Staf, entre autres ici http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/05/wa-kei-sei-jaku.html.
Cette
mousse de jade est correcte mais est loin de la qualité exceptionnelle de celui reçu de mon généreux donateur ni de celui que Staf a préparé... Hanami n'est pas loin , je vais lancer les invitations pour, une fois encore, célébrer cette superbe fête. Un premier jour de printemps très gris dehors mais un grand soleil dans mon coeur grâce à ma drogue, chaleureuse et si douce !