dimanche 9 février 2020

Au jour le jour

Déjà deux mois et quatre jours que j'ai quitté mon paradis. Malgré mes craintes, Xavier s'est immédiatement adapté à ce nouveau lieu, il faut dire qu'il avait eu un coup de foudre pour le living inondé de soleil au point qu'il n'a pas visité les autres pièces beaucoup plus petites : ma chambre et mon salon de thé font la moitié de ce living, accentué encore par la hauteur des plafonds... La chambre, cela m'est égal, je n'y suis que pour dormir et regarder la télévision, ce qui revient au même, - elle est un excellent somnifère -, et je ne suis pas la seule... Deux copines que je ne nommerai pas ici, sont pareilles : on se téléphone pour entre nous conseiller l'une l'autre un programme et il est rarissime que nous puissions en parler ! 
Par contre, je peux parler d'un de mes rituels : regarder tous les jours le ciel 
et cette émotion qu'il provoque en moi... 
J'ai recommencé à consommer ma drogue mais principalement à l'occidentale, même si mon épaule "gelée" va mieux, elle fait encore des siennes, heureusement je n'ai cassé qu'une assiette à dessert et un verre à la cuisine. Je fais aussi beaucoup moins de photos pour la même raison, il est trop lourd pour ce bras droit. 
Et j'écoute de la musique, Je suis dans ma période Mahler, je pourrais y consacrer toute la journée, comme je crois l'avoir déjà signalé, c'est comme le
Pu Er une musique d'hiver ! Last but not least, la lecture. Ou plutôt la relecture et cela grâce une fois encore à LA GRANDE LIBRAIRIE, : Le 29 janvier dernier : un invité exceptionnel était l'invité principal de cette belle émission, 
il s'agit de
FRANCOIS CHENG
, c'était au-delà des mots, je suis depuis imprégnée de ses paroles, quelque chose en moi a changé profondément. Je veux ici lui rendre hommage, j'avais lu certains de ses livres que j'avais adorés mais je ne connaissais rien de sa vie : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2012/08/il-y-le-ciel-le-soleil-la-cuisine-la.html. Ce que j'ai entendu ce soir-là m'a éblouie ! Je n'ai ressenti une émotion comparable qu'une seule fois quand j'ai rencontré en vrai Jean d'O, lui non plus je ne le connaissais pas : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2017/12/15-ans-apres-une-merveilleuse-fete-avec.html. Avec une élégante gestuelle, principalement des mains et un phrasé particulier, assez lent et certaines phrases clés répétées, il nous parle de son histoire : né en Chine, il arrive en France à 19 ans, il se décrit comme un rebelle, il a eu son bac puis n'a plus rien fait, au désespoir de ses parents, a fugué . Je passe sur certains "détails" pour arriver à aujourd'hui, il a 19 ans... en verlan, poète – il a traduit en chinois les grands poètes français - , calligraphe, philosophe, écrivain, et académicien, immortel donc. Deux passages m'ont particulièrement bouleversée par la résonance qu'ils ont provoqué en moi: quand il a parlé de Notre-Dame (j'ai commandé son petit fascicule) et surtout quand il a parlé d'Assise. Ce qu'il en a dit, je l'ai ressenti exactement de la même manière quand en 1963 lors d'un pèlerinage avec les guides, nous montions la colline des Carceri (qui signifie les solitudes) pour arriver dans cette ville et pénétrer dans la cathédrale consacrée à mon patron... Il y régnait une atmosphère indicible : plus vraiment sur terre et pas encore au firmament. Ce grand homme a senti en lui une transformation, il a eu cette phrase : "C'est ici que mon exil prend fin". Je me suis alors souvenue que la plupart des thèmes qu'il a abordés ce soir-là se trouvaient esquissés déjà dans L'éternité nest pas de trop. Tout comme Au plaisr de Dieu, J'ai acheté ce livre pour le titre qui m'intriguait 
mais au premier abord, la quatrième de couverture ne m'a pas vraiment attirée, je l'ai donc mis dans ma bibliothèque, j'en avais déjà tellement à lire. Mais dès que je l'ai lu, j'ai été séduite, j'en reparlerai très bientôt. Le mois de février sera festif: le 2 fête de la Chandeleur et surtout 
SETSUBUN le 4, j'en ai déjà parlé entre autres ici :
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2017/02/un-debut-dannee-du-coq-flamboyant.html.
Malheureusement je n'ai pas pu crier Oni Wa soto ! Fuku wa uchi (dehors les démons, dedans le bonheur), je ne suis pas seule ici, mais je l'ai pensé très fort ! 
Et toujours ce ciel, jamais le même ici leur dessin m'a fait penser à un soleil 
et ici, plus de couleurs, entre bleu timide, derrière les arbres et gris foncé plus haut dans le ciel, dimanche et lundi on annonce une tempête violente paraît-il alors d'abord les indispensables courses ce samedi matin et cet après-midi, tandis que mon mari se repose je me retire dans mon salon blanc-thé, avec au programme méditation, 
et aussi du
Pu Er en gong fu cha, ici un Mengku Ye Shen 2005 en vrac, je ne devrai donc pas "gosser" la galette... (coucou Kris)
Dans cette petite théière ébouillantée, le fond du sachet ; pourtant correctement conservé, aucun parfum 
et quasi aucun goût après 5 secondes. 
Je pousse un peu les infusions suivantes mais je ne retrouve pas les saveurs que j'aimais, dommage mais le positif, je n'ai pas eu de problème avec mon bras droit, cela doit durer ! 
Un dernier regard sur ces vieilles dames trop fatiguées et je rejoins ma cuisine pour d'autres activités. Ce soir, je serai devant la télévision, je m'échapperai vers Taiwan, cette île que j'aime, émue d'avoir revu des endroits que j'ai aimé, Un peu déçue aussi du choix de certaines séquences, d'autres endroits étaient plus représentatifs. 
Il est 6 heures, elle est là
entourée de nuages poussés par un vent fort, et ce n'est que le début...
la Belle brille de mille feux pour honorer sans doute la
fête des Lanternes qui clôture les festivités du nouvel an. Je l'ai déjà évoquée ici :
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/02/quinzieme-jour-du-premier-mois-lunaire.html. Je crains fort que cette année, malheureusement,... "Les légendes relatant l'origine de la fête font état de la colère d'un dieu menaçant d'incendier la capitale le 15e jour du premier mois lunaire. Une personne astucieuse aurait alors eu l'idée de faire sortir tous les habitants dans la rue ce soir-là avec des lanternes rouges, et d'en accrocher à toutes les portes, afin que le dieu, croyant la ville déjà en proie aux flammes, se retire. 
Dans la version la plus populaire, la menace divine est un canular monté par un conseiller impérial au grand cœur afin de permettre à une jeune servante du palais de sortir et de revoir sa famille pour un soir. Une autre histoire raconte que sous la dynastie des Han (206 av. J.-C.-220), le bouddhisme s'est répandu largement en Chine. Après avoir appris que les moines avaient coutume le 15 du 1er mois lunaire de regarder les reliques du bouddha et d'allumer des lampes pour honorer les dieux, l'empereur a ordonné d'allumer aussi ce jour au soir des lanternes dans le palais impérial et les temples pour les honorer à son tour. Depuis lors, ce rite bouddhique est devenu progressivement une grandiose fête populaire en Chine"
.
Dehors, le vent souffle en rafales et c'est avec un peu d'inquiétude que je pense à notre invitée ! Malgré notre envie de la voir, je l'ai dissuadée de venir mais rien n'y a fait. Après u repas tout simple, nous voici à présent dans mon salon blanc-thé... 
pour savourer un exceptionnel
Anji tie kwan yin d'automne griffé Thés de Chine Ce camaïeu de verts odorant promet des émotions gustatives intenses ! 
La saveur très fleurie, beurrée et très douce nous emmène déjà au paradis, et ce n'est que la première infusion... 
Les passages se succèdent, nous pensons à ce cher Vivien et buvons à sa santé. Tout à coup, un bruit assourdissant vient de la cuisine, c'est la table qui s'est envolée pour atterrir sur un des arbres du jardin de notre adorable voisine du rez-de-chaussée, c'est son mari qui a grimpé pour l'en décrocher, et elle est en métal pourtant. Du coup on a rentré les chaises et tout ce qui s'y trouvait. 
Pendant cet intermède spécial, les belles dames se sont déployées pour nous offrir toutes leurs subtiles parfums. 
Quel air sérieux tout à coup, mais je sais qui tu veux imiter ! 
Nos échanges sont comme chaque fois riches et profonds, particulièrement aujourd'hui... 
mais aussi très drôles ! Après 8 ou 9 infusions, les dernières devenant plus fruitées, il est temps de nous quitter, le vent est de plus en plus violent ce qui provoque un désagréable concert de klaxons. 
Mais avant de partir, un petit devoir... 
J'admire ces feuilles qui ont maintenant tout donné mais je suis un peu inquiète, le vent souffle en tempête et ma chère Amie est sur la route... 
Merci ma chère Anne-Marie pour ces moments intenses, hors du temps où nous avons découvert l'âme de ce thé, j'attends avec impatience que tu m'annonce que tu es bien rentrée ! A très vite ! Comment va se terminer ce week-end? J'adore ce temps mais j'ai bien conscience qu'il est dangereux, j'espère que les arbres vont tenir le coup... 

mercredi 29 janvier 2020

Un coin lecture, enfin...

Je les attendais depuis longtemps, 
ils sont là, enfin ! Et quelle différence : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/11/un-mois-de-novembre-entre-tristesse.html 
Mon salon blanc-thé commence à me plaire mais je dois encore revoir son aménagement. 
Un passage sur ma terrasse pour admirer ce ciel multicolore avant de retourner dans ce qui sera un jour mon cocon je l'espère... Il manque une table pour ce temporaire coin lecture. 
En attendant ce soir, je reprends quelques passages de L'éternité n'est pas de trop, François Cheng, encore un de mes auteurs fétiches, est l'invité d'honneur de la grande librairie ! J'ai évidemment bu pas mal de thés mais je les ai immortalisés avec mon autre appareil qui n'avait pas sa carte mémoire... Comme quoi, il n'y a pas que le thé. A la prochaine, et une dernière pensée pour celle qui se reconnaitra !


samedi 25 janvier 2020

Adieu Cochon de terre, bienvenue au Rat métallique!

Aujourd'hui, 24 janvier, veille du nouvel an chinois : toutes les familles se préparent à cette grande fête, c'est certainement l'effervescence comme le 24 décembre chez nous ! Malheureusement pas pour des millions d'entre eux, obligés d'être confinés à cause d'un virus dont on ne sait quasi rien, mes pensées vont vers eux... Je veux consacrer ce dernier jour à boire, écouter de la musique et lire en pensant à ce soir. 
Dehors le temps est gris et la température frôle le 0° mais aucune trace de gelée blanche. 
C'est avec émotion que je sors pour la dernière fois mes petits cochons avant un long sommeil de 12 ans... Et dans l'abreuvoir, ce n'est pas de l'eau mais un Pu Er Mao Cha que j'aime particulièrement : le Lao Shen Tai 2014. Je n'ai pas retrouvé mes notes et ne l'ai pas trouvé dans ma Bible mais si je me souviens bien, il est issu de grands arbres sauvages à très faible rendement… 
Le même que je savoure aux sons mélodieux de ces instruments inconnus ici mais tellement harmonieux, forte émotion gustative autant qu'esthétique… 
Un thé d'apéritif à présent le Laponic vert très frais dont je ne perçois que la saveur épicée des baies de genévrier, bizarre. Après-midi, tâches ménagères, pas le choix… 
Nous voilà devant Bois Savanes pour fêter 
.... Surréaliste quand on sait que le nouvel an au royaume du Siam se fête en avril ! Mais je n'avais pas envie de m'éloigner trop mon petit mari, fatigué, n'a pas souhaité nous accompagner, pas comme l'année dernière ; https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/02/gong-xi-fa-cai.html . Je n'ai malheureusement jamais eu le bonheur d'assister à cette grande fête en Chine, par contre par 3 fois en Thaïlande, fête de l'eau : tout le monde s'asperge copieusement et beaucoup se peignent le visage avec de la farine dans une ambiance très festive. 
Sans oublier le rituel des enveloppes rouges, les étrennes des enfants... en principe parce que j'ai reçu la mienne aussi, je ne sais trop ce que je dois comprendre ! 
Repas très festif, succulent. excellente qualité / prix d'après un rat métallique...
Après l'entrée, face à l'impatience du petit monstre, ouverture du trésor…
Et voilà un autre rat métallique, très souriant à qui je souhaite le meilleur pour cette année particulière, MERCI pour tout ce que tu fais pour moi, je n'oublierai jamais ! 
Pour mon premier thé, cette théière RAT dont j'aime l'anse en forme de queue de rat… dans laquelle je fais infuser le reste de ce délicieux Lao Shen Tai 2014. Mais je n'ai guère l'esprit à fêter cette année du printemps, je pense aux plus de 50 millions de Chinois privés d'une de leur plus grande fête, cela me fait penser à une sorte de fin du monde… 
Mais je veux terminer ce billet sur une note moins triste... MERCI chère Françoise pour cette photo que je partage avec joie, on pourrait continuer la liste en oubliant le rat d'égout ou en l'éradiquant si c'est lui qui se cache derrière ce maudit virus !

vendredi 17 janvier 2020

Des hauts et des bas...

Les jours s'écoulent lentement avec des hauts et des bas, mes activités dépendent de mon épaule "gelée"... Double fête des rois, avec Doudou d'abord un jour à l'avance, et devinez qui a eu la fève… 
Puis 2 jours en retard, avec mon adorable Dragon et ses parents rentrés des sports d'hiver. 
L'air facétieux de petit Georges 
présage de la suite : 
c'est bien lui le roi du jour ! 
Après nous avoir pris en photo, 
place aux créations avec son compas tandis que les grands savourent des Bourgeons pourpres préparés et servis par ma chère belle-fille. Encore des moments très heureux, petit Dragon grandit bien... Les jours qui suivent, peu de thé, j'ai trop peur de la casse mais beaucoup de musique et un peu de lecture de magazines en retard qui m'intéressent de moins en moins, je vais donc me désabonner, ce sera ma seule résolution de cette année... Et tenue depuis hier ! 
Ce matin, un beau soleil illumine ce début de journée après une nuit égayée par un merveilleux rêve qui sera le fil conducteur de cette journée, nostalgie d'une merveilleuse rencontre : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2010/01/un-atelier-pu-er-tres-particulier-que.html. Dix ans déjà et je l'ai revécu comme si c'était hier, impressionnant d'avoir une mémoire aussi précise ! 
Göteborg, cette galette précieuse 
aux feuilles compressées irrégulières. 
Première infusion dans une théière ébouillantée, comment les belles vont-elles se comporter ? La liqueur est légèrement trouble avec une saveur camphrée et douce. 
Les feuilles se sont bien réveillées mais elles n'ont pas fini de me séduire. 
Il fait doux dehors, bien emmitouflée dans mes ailes papillon, je savoure ce nectar qui fait tant de bien à mon âme. 
Passage après passage, la nostalgie m'envahit, ces réunions de thé me manquent. 
Je me souviens de tout ce que ma Framboise m'a appris mais aussi la phrase de Cathy, dont c'était la première découverte de ce thé dont elle est devenue addict : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2010/02/le-jour-dapres-encore-que-du-bonheur.html avec les commentaires qui ont fait dire à Cathy que "Avec le thé, les cours d'histoire deviennent bien plus intéressants"... Après 8 passages, les feuilles deviennent très amères voire âcres et mon estomac se rebiffe, que se passe-t-il ? Serait-ce l'influence des médicaments que je dois ingérer pourque mon épaule se "dégèle"... Heureusement j'ai d'autres passions, je vais me plonger dans l'univers de Mahler avec délectation, cela faisait longtemps et j'ai toujours autant d'émotion en l'écoutant d'autant que je fais un parallèle avec le Pu Er que je ne bois qu'en automne et en hiver, c'est pareil pour les oeuvres de ce grand musicien, allez savoir pourquoi… 
un ciel tourmenté 
qui me donne envie de lire ce recueil de poèmes Pluies millimétrées qui porte bien son titre, quelques gouttes ce matin et maintenant du bleu et blanc au gris foncé. Page 47 :
"Juste vous et moi

J'attends son retour avec tant d'impatience

On écoutera tomber la pluie 
Le ciel effectivement se fait plus menaçant)
Du thé, des scones, des marmelades à étaler généreusement,
Un bouquet de lilas mauves et blancs

Et des souvenirs plein les yeux"
 Vous, c'est mon Amie Carine et le thé ! C'est elle qui l'a préparé, mon épaule refait des siennes, c'est un Gao Shan d'Alishan, qui emballe nos papilles : fleuri, miellé, beurré, d'une douceur à l'image de notre longue Amitié. Heureuses de nous revoir, nos échanges, toujours vrais même s'ils étaient plus sérieux cette fois... J'attends avec un peu de crainte ce qu'elle pense de ce salon blanc-thé auquel je ne me fais pas encore vraiment, ce qu'elle m'en a dit m'a fait du bien, l'âme du thé imprègne cette pièce même si je ne la sens pas encore vraiment… 
Une deuxième théière et toujours cette émotion gustative qui nous envahit. Merci les cueilleuses… 
Les feuilles n'ont pas encore tout donné qu'il est déjà temps de se quitter 
après un petit devoir… 
MERCI ma chère Carine, tes mots me vont droit au coeur. Sans toi, je n'aurais pas pu savourer ce nectar, ce matin, j'ai cassé une de mes petites théières... A très vite j'espère pour d'autres dégustations, d'autres échanges ! Je pourrais encore écrire tant d'autres choses mais taper à la main gauche n'est pas évident!