mercredi 19 septembre 2018

Voyage, de la Chine au Vietnam

"Il y eut un soir, il y eut un matin" C'est avec cette chanson que je me suis réveillée ce matin après une nuit trop agitée, j'ai regardé hier soir un reportage sur DAESH, une horreur… 
Le ciel ressemblait encore un peu à celui d'hier soir mais j'ai hâte de voir le soleil pour chasser mes idées noires. Et me réveiller... une douche ne suffit pas mais mes rituels vont aussi m'y aider : 
un décor d'abord, ce reportage GEO magnifiquement illustré :
Aux sources du thé sous le regard malicieux de Lu Yu : de beaux souvenirs... : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2010/03/sur-les-pas-de-lu-yu-premier-maitre-du.html . Tandis que l'eau chante dans la bouilloire, j'écoute ces airs joyeux : The colorfull Yunnan rhythm, je retrouve mon monde. 
Dans la tasse, un
Yunnan Golden Pearls aux notes chaudes et pleines de force de ce terroir que j'aime tant, une main de fer dans un gant de velours comme dit si bien Olivier Scala. Au 8ème siècle, il y a eu Lu Yu et son Classique du thé, 13 siècles plus tard il y a Katrin Rougeventre et L'Empire du thé cette Bible extraordinaire que les passionnés férus d'histoire consulteront encore pendant des siècles, elle est la digne descendante de celui qui a écrit le premier livre sur le thé, j'en ai déjà parlé entre autres ici : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2017/03/lempire-du-une-semaine-de-pur-bonheur.html  ! Emotions fortes et reconnaissance, j'éprouve toujours le même bonheur chaque fois que je le consulte. Je me sens maintenant bien réveillée et prête à effectuer des tâches que toute bonne femme d'intérieur se doit d'accomplir... même si ce n'est pas vraiment ma tasse de thé ! 
Un merveilleux soleil dans un ciel bleu profond en ce début d'après-midi 
et un temps toujours estival malgré des rafales de vent qui font pleuvoir les feuilles jaunies, c'est le moment de partir au Vietnam 
pour découvrir ce thé vert encore sous vide, le Dàc Sàn. 
C'est l'occasion de découvrir ce set de dégustation offert il y a quelques temps déjà par le petite-fille d'une amie que j'avais aidée à préparer son examen de math. 
Dès l'ouverture du sachet, mes narines se sont mises à frétiller, je suis étendue dans une prairie de vert gazon printanier. 
Assez curieusement, les feuilles sont plutôt grisâtres, mais comment vont-elles se comporter dans l'eau ? 
Lire d'abord les conseils de préparation. 
J'aurais dû les infuser en zhong mais je n'ai plus confiance dans ma main droite, elle a provoqué assez de casse!, une théière transparente me permet de voir danser les feuilles.
J'aime beaucoup la petite théière verte décorée qui accueille l'infusion, très claire. Dans la tasse, la liqueur me rappelle à la première gorgées les saveurs subtiles du
Bi lo Chun. Mais aussi des notes d'asperges avec petit à petit une légère et douce astringence mais aussi celle si particulière de l'Amitié, émotions gustatives garanties. Le petit paravent est aussi de l'artisanat vietnamien, je l'ai déniché dans une petite boutique près de l'opéra il y a un bail. 
Je tente un deuxième passage en doublant le temps d'infusion, elle a beaucoup moins de saveur mais comme mon palais garde celle de la première infusion, cela reste agréable. 
Au fond de la théière, les feuilles ont bien grandi et dégagent un parfum de... noisette, du moins c'est ce que je sens. A vérifier avec quelqu'un qui a une meilleure mémoire olfactive ! Encore une magnifique journée estivale dont j'ai savouré chaque moment avec bonheur et gourmandise, j'en redemande ! Malheureusement demain et vendredi, visites médicales pour contrôle, j'espère avoir de bonnes nouvelles !... 

mardi 18 septembre 2018

Voyage en... Mandchourie sous un soleil éclatant

 Un ciel tout bleu, des arbres qui commencent à changer de couleur, est-ce l'automne ? 
Que nenni, il fait 29° sur la terrasse, le soleil tarde ses rayons. bienfaisants, c'est le retour de l'été, été tout court depuis que j'ai appris que sous nos latitudes, on ne pouvait pas parler d'été indien (mais je n'ai pas retenu le nom qu'on lui donne ici en septembre et en octobre...) Retour des thés verts donc. 
Et particulièrement ce cadeau de mon petit-fils ! 
Je ne savais rien de ces feuilles d'un beau camaïeu de verts si ce n'est que, pour les avoir testées, infusées ces belles donnaient une liqueur assez amère. Mais maintenant, je sais tout et grâce à Katrin à qui j'ai écrit pour connaître le nom de ce thé énigmatique, j'avais essayé de trouver dans sa Bible son nom chinois et sa traduction mais en vain, je sais pourquoi maintenant. Mais avant d'en dire plus, je veux l'infuser à nouveau. 
Beau jaune soleil dans la tasse 
et taille impressionnante des feuilles après un seul passage de 3 minutes à 75°. 
Voyage en ... Mandchourie avec ce Jingchiang cha, MERCI pour ta carte et pour tes informations, toujours si précises et très documentées !
"La Chine nous réserve toujours des surprises : ce thé vient de Mandchourie, tout au nord de Pékin, au nord de la Corée du Nord , c’est dire si c’est au nord !!! 

Je n’imaginais pas que le thé pouvait pousser aussi haut !  Il vient précisément de la province de Jilin (située entre le Liaoning au sud et le Heilongjiang au nord - province côtière de la Sibérie ! ) 
C’est une région de montagne, aux sols particulièrement riches, le pays d’origine de la dernière dynastie chinoise, les Qin , qui étaient Mandchous. 
Ton thé pousse aux alentours de la ville de Baishan, qui est probablement l’une des villes les plus froides de la province, avec un été très court et arrosé, et une hiver long et sec (et très froid). 
J’imagine que la variété de ce camellia est à très petites feuilles épaisses. 
Il s’appelle Jingxiang cha. Je ne connais pas : est-ce le même genre que le Gujing cha, très amer ? 
La matière première est le Jingxiangye : la feuille au parfum de clou (clou de girofle ? ) - je doute fort que les girofliers poussent dans cette région. En revanche c’est le terroir du Ginseng et de plein d’autres plantes médicinales"
Deuxième infusion, les feuilles sont immenses et débordent presque de la théière. 
Dans la tasse, la couleur a légèrement foncé et la saveur est encore plus amère, elle me fait penser à quelque chose que j'avais reçu d'un ami, c'était de fines tiges qu'on rajoutait au thé, elles étaient employées en médecine traditionnelle chinoise, sensées donner plein de bienfaits mais à l'époque je n'avais pas du tout aimé et comme les inscriptions étaient en chinois... Je sais juste que la boîte qui les contenaient était vert foncé et cylindrique. Je devrais aller faire des fouilles au grenier parce que comme je ne jette rien, malheureusement, je devrais sans doute la retrouver. Quant au clou de girofle, chère Katrin, tu as raison, si les feuilles s'en étaient imprégnées, cela se goûterait ! 
Quant aux feuilles, immenses, elles sont épaisses et coriaces. En tous cas mille MERCIS de m'avoir éclairée, j'ai hâte que tu puisses en goûter pour avoir ton avis. Quant à moi, je ne pense pas que j'en referai souvent mais je crois que cette infusion apporterait un plus à du risotto par exemple. A tester ! 
Cette merveilleuse journée s'achève dans l'allégresse et, s'il fait aussi beau demain, je partirai au Vietnam pour tester un thé vert de là-bas reçu début septembre, déjà merci Tuan... J'en connais une qui va avoir de la lecture ce soir = message codé à ma Grenouille préférée !

jeudi 6 septembre 2018

Il est revenu le temps du PU ER...

L'automne météorologique est bien là avec ses brumes matinales, un fraichissement de la température et une faible lumière . Pour le moment, j'en suis ravie ! Il est revenu le temps du Pu Er, de ses parfums et de ses saveurs improbables : pour faire court, les sous-bois, les champignons, les fruits cuits mais il faut être dérangée pour aimer le goût du cuir, de l'écurie, de la ferme, comme celui des vieilles caves ou des greniers. Cela tombe bien, c'est tout ce que j'aime par ces temps frisquets, humides et sombres. Après le petit-déjeuner, retour dans mon cocon. 
Un ciel tout gris encore mais sans les brumes matinales. 
Beaucoup d'émotions en installant le matériel qui me rappelle des très beaux souvenirs avec la découverte de ce thé surprenant, il y a près d'1/4 de siècle chez
Thés de Chine. Un vrai coup de foudre... qui dure toujours ! C'est à ma chère Cathy que je dédie ce billet (+ message codé) … 
J'ai choisi ce
Yi Wu 1998, un village cité dans La Mémoire du Thé
Réveil des feuilles d'abord, 
mais je ne me résous pas à jeter cette première infusion, très douce et incroyablement sucrée après quelques instants seulement. 
J'allie à présent la dégustation de ce breuvage mythique et des citations de ce roman qui ne me quitte plus.
"Le goût doit être légèrement amer quand le thé entre dans la bouche, puis vient la sensation fraîche, mentholée qui s'attardera sur les côtés de la langue et ouvrira la poitrine suivie par un parfum qui remontera de la gorge". 
Les tasses se suivent et toujours les émotions gustatives qui les accompagnent. Mais j'ai évité un drame, le pot de réserve m'a échappé des mains et à cogné la tasse à boire sans dégât heureusement. Les deux sont irremplaçables, le pot de justice fait partie du set créé en 2002 pour les 10 ans de
Thés de Chine et la tasse vient du Musée du Thé à Musha. J'ai eu chaud mais Lu Yu veillait! 
Par précaution, j'ai préféré continuer avec un pot de justice en verre. 
Les saveurs évoluent, même compressées et âgées les Belles continuent à développer de nouveaux goûts :
"J'espère voir émerger des arômes et des goûts spécifiques : orchidée, lotus, camphre, abricot ou prune (...)"
La couleur devient plus ambrée, aux notes de fruits cuits succèdent maintenant des notes plus boisées et de camphre aussi. Plaisir des sens, je suis en paix, mon âme est comblée. Mais le temps passe, je dois regagner la terre, et retourner chez ... le dentiste. J'espère pouvoir garder ma sérénité. 
Je laisse les Feuilles se reposer et, si je ne garde pas dans la bouche le goût laissé par le dentiste, je continuerai les infusions ce soir pour retrouver
"le huigan, sensation de bouche et goût de retour".
Il ne faut pas rêver, impossible de les faire disparaître, elles passeront la nuit bien à l'abri, il me reste les souvenirs… 

lundi 3 septembre 2018

Pu Er dans la tasse, Pu Er dans les pages, Pu Er dans mon coeur...

Ciel un peu gris pour la rentrée des classes, certains écoliers : enchantés de retrouver les copains et les bancs de l'école, d'autres, sans doute plus inquiets, vont commencer la grande aventure des apprentissages. J'ai un pincement au cœur chaque année à cette période et une pensée émue pour eux tous et pour leurs instits qui, malgré la difficulté , ont choisi le plus beau métier du monde ! Dans une autre vie, je leur disais qu'ils étaient des éveilleurs d'intelligences... chaque enfant apprend à son rythme et donc pas question de proposer systématiquement le menu du jour mais bien celui à la carte pour certains... grande responsabilité ! J'ai gardé jusqu'à la fin de mon autre vie la passion de la transmission, je leur souhaite à eux aussi une carrière très riche… Je veux moi aussi aujourd'hui une journée studieuse. Retour dans ce village perdu au finfond du Yunnan. Une visite, celle d'un riche étranger, va bouleverser la vie de Li-yan et de sa famille. Monsieur Huang, arrivé en voiture avec son jeune fils, vient de Hong Kong, voudrait goûter de leurs thés en vue d'en acheter. La jeune fille, seule à parler mandarin, servira d'interprète sous l'oeil méfiant voire hostile de sa famille. "Tout ce que je veux, c'est acheter du thé, vous en avez ici n'est-ce pas ? Buvons-en mais fait avec de l'eau de source. Avez-vous de l'eau de source ?" Etonnement de la jeune villageoise : "Quelle autre sorte d'eau existe-t-il ? L'eau de pluie ? L'eau du ruisseau ? L'eau de la mare ?" Encore un quiproquo lié à deux mondes différents. "Notre village s'appelle Source de printemps" Le premier thé ne plaît pas au visiteur : "Cela doit être du thé de buissons en terrasses, il aura un arôme monocorde de la première à la dernière infusion. Il n'a pas de Qi, pas de force vitale, pas de richesse".Deuxième thé : "Ecimer les arbres ne donne pas des racines fortes, car elles poussent latéralement en miroir de ce qui est au-dessus du sol.On obtient un arôme doux, mais vide. Je cherche du Pu Er. Vous connaissez le Pu Er ?" Terme inconnu pour eux. Mais quand l'homme parlé d'un thé âgé spécial, amusés les hommes lui proposent alors le thé des vieux arbres de la parcelle du troisième frère, considéré comme sans valeur. Père et fils apprécient : "C'est mieux. Quand les arbres poussent à partir de graines, les racines principales s'étendent sans fin, créant autant de hauteur sous terre qu'au-dessus du sol. J'ai toujurs entendu dire que le thé du mont Nannuo a des caractéristiques spéciales : il est plus floral, son goût en bouche est moyen. Je sens une teinte d'abricot avec une notes de tabac est modérée". Il en extrait quelques feuilles de la théière : "Regarde Fils. L'infusion a redonné aux feuilles leur aspcct originel, souples et épaisses".Père et fils mâchent alors une feuille : "Ce thé brut n'est pas mal, mais j'attends toujours de goûter votre thé âgé. (...) Je possède moi-même des galettes de thé vieilles de 30 ans mais certaines sont encore plus vieilles. Ce sont des antiquités mais elles sont toujours vivantes." 
Avant d'aller plus loin, je veux me préparer du Mao Cha qui dort depuis un certain temps dns cette jolie jarre en porcelaine ramenée de chez Long Jing à Lyon. http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/12/th-et-bouddhisme-lyon-le-1er-jour-de-la.html souvenir, souvenir… 
Forte odeur un peu acre d'écurie à la fois des feuilles sèches 
accentuée après une infusion instantanée pour réveiller les Belles endormies. 
Belle couleur assez pâle mais la saveur... pour être brute, elle est brute ! Un peu trop acre mais surtout sans nuance malheureusement. 
Peut-être ont-elles besoin d'être plus infusées ? Ou auraient-t-elles préféré une théière en terre? 
Deux passages plus tard, toujours aucune amélioration, je renonce à continuer, peut-être ont-elles mal vieilli ? Par contre, pour faire cuire du riz sauvages, cette saveur forte apportera-t-elle un plus ? A essayer. 
Je goûte aussi les feuilles mais je les trouve amères et coriaces. Un tour de jardin pour enlacer mes arbres me fera du bien, comme une récréation. Il fait un peu frisquet, temps d'automne, temps du
Pu Er Je ne vais cependant pas en choisir un autre, ce Mao Cha me reste sur l'estomac... Une dernière citation aussi avant de refermer momentanément ce livre, c'est le père d'abord et un des fils ensuite, amusés, voire moqueurs qui répondent à propos des galettes: "Qui boirait une chose pareille ? (...) Nous cueillons nos feuilles, nous en traitons quelques-unes pour la famille, et elles sont buvables au bout de trois jours. Si nous abandonnions du thé pendant six mois, nous le donnerions à manger aux cochons." La suite plus tard, mais c'est ici que commence vraiment la transformation de la culture du thé, une nouvelle façon de faire qui apportera beaucoup à tout le village et plus encore à Li-yan! 

vendredi 31 août 2018

Emotions retrouvées, vive le PU ER !

Après avoir dévoré Filles de Shanghai et Ombres chinoises, je me replonge dans La mémoire du thé. Lors de ma première lecture, j'ai coché tout ce qui concerne la culture Akha mais aussi ce thé des minorités, le fameux Pu Er. Je compte transcrire ici par petites touches ce qui a trait à ce thé que je vais retrouver avec bonheur dans ma tasse vu le temps... Cela ne m'avait pas réussi jusu'aujourd'hui, il faisait trop chaud :http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2018/08/la-memoire-du-the.html
Je choisis cette fois un fabuleux Pu Er 1980 dont les parfums qui se dégagent déjà dans cette théière ébouillantée me donnent des frissons  
D'abord réveiller les Belles, endormies depuis près d'un an : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2016/09/en-ce-jour-dautomne-cest-le-retour-du.html
et jeter la première infusion instantanée, après l'avoir goûtée pour préparer mon palais. 
C'est avec beaucoup d'émotion que je contemple 29 février que j'ai osé réutilisée malgré une main droite défaillante et des souvenirs heureux me reviennent, le beau geste d'Amitié de mon généreux donateur, son baptême et tout ce qu'elle m'a déjà procuré de bonheur... : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2013/09/les-jours-se-suivent-comme-je-les-aime.html. Mon coeur bat plus vite, mon âme se remplit des saveurs subtiles et très prenantes de ces vieilles Dames encore si toniques malgré leur grand âge… 
Elles ont encore tant à donner mais je les laisse reposer pour reprendre ma lecture. La famille de l'héroïne (dont les ancêtres étaient nomades) s'est établie dans la préfecture de Xihuangbanna à côté du mont Nannuo. Un jour sa A-ma l'emmène dans la montagne pour lui montrer un endroit particulier : "Ce jardin de théiers appartient aux femmes de ma lignée depuis que les Akhas sont arrivés sur cette montagne voici trente-trois générations. Les arbres-soeurs étaient encore jeunes à l'époque mais l'arbre-mère était déjà vieux. Ma grand-mère m'a dit qu'il devait avoir vécu plus de cent générations. Et il a toujours été utilisé pour faire du thé". Ce lieu mystérieux, central dans le roman, est interdit aux hommes qui le considèrent comme maudit. Ce sera l'héritage de Li-Yan mais à 10 ans elle s'en soucie peu et est même très déçue de ce cadeau maudit, sans valeur. Interrompue par un coup de fil, petit Dragon rentre de la mer et voudrait venir ici, autre retrouvaille, autre bonheur… 
Direction ses plantations, je lui explique pourquoi ces belles fleurs jaunes s'appellent des tournesols et je lui chante la chanson de Nana Mouskouri Mais ce petit monstre me dit qu'il préfère… As-tu vu la vache !
Le soleil fait une brève apparition, les abeilles arrivent en nombre butiner le cœur des fleurs. 
Mission pour maman, planter les pépins de pommes germés tandis que père et fils font le tour du jardin. 
Séance photos. Pashmina devant la bouche, je me suis cassé un dent sur un noyau d'abricot ce midi, elle n'est pas dévitalisée et l'air aggrave la douleur, dentiste en vue, quelle horreur. "J'en ai fait beaucoup Nanny mais tu peux les... DELETER" Le choc ! Pas question d'accepter ce mélange des genres, je lui dis donc EFFACER, et la réponse fuse : "C'est la même chose Nanny" que répondre à cela ? Et à propos de l'école, dans 5 jours c'est la rentrée, je lui énonce tout ce qui va se passer, revoir ses copains, apprendre à lire, à écrire et à calculer, la réponse me sidère : "tais-toi Nanny, j'ai pas envie d'entrer au CP, je veux aller au collège". No comment, mais il faudra qu'il attende un peu! Après le souper, je passe la soirée dans mon cocon. 
Bonheur de retrouver ce rituel qui m'a tant manqué et les émotions gustatives intenses que me procurent ces vieilles Dames : après toutes ces infusions, ce sont de douces notes camphrées qui prédominent, me revoilà avec Li-yan et son A-ma :  "Regarde au-dessus de nous, Fille. Tu vois comme les camphriers protègent l'arbre-mère et le cachent aux esprits ? L'odeur du camphre est apaisante pour nous, mais elle éloigne aussi les insectes et les nuisibles (...) ". Les infusions se suivent, appelant des souvenirs forts : mes premiers pas dans le monde de ce thé si particulier, c'était chez Thés de Chine au siècle passé, Vivien me racontait la fabrication du Pu Er qu'il m'avait conseillé, il m'a aussi initié à sa préparation. J'ai encore en moi sa voix chaude et ses yeux pénétrants, sa grande modestie aussi... Je suis partie de là, la tête dans les étoiles, et ma valise pleine du matériel nécessaire à préparer ce thé pour lequel j'ai eu un véritable coup de foudre ! 
Une dernière tasse, la quantième je ne sais, je me sens tellement bien, le Qi de ce vieux thé est si fort qu'il envahit mon âme et m'apaise au-delà des mots, je suis au cœur de l'Esprit du thé, je retrouve avec beaucoup d'émotion cette Paix que seule cette boisson mythique me procure. Ma dernière pensée avant d'aller me blottir dans les bras de Morphée est pour ma filleule adorée dont c'est aujourd'hui l'anniversaire, à dimanche ma Puce ! Ce matin, je comptais continuer la lecture mais avant cela, je vide le contenu de 29 février, les Belles y ont passé la nuit et je suis certaine qu'elles n'ont pas fini de m'éblouir… 
Malheureusement, un mal lancinant quand j'ai porté la tasse à mes lèvres me l'a fait lâcher, et le livre a été baptisé... Malgré la douleur, j'ai eu un fou rire, nerveux il faut le dire. Baptisé au Pu Er, cela reste dans le thème! 
J'ai un remède très personnel pour calmer le mal, FUMER... oui, oui, mais pas n'importe quoi évidemment, des kretek, cigarettes indonésiennes au clou de girofle, cette épice endort la dent malade pour un certain temps, mais surtout elles dégagent des parfums assez forts et cela me rappelle un épisode assez rigolo http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2012/01/encore-une-journee-bizarre.html. Ma chère Fanou, je te réserve la dernière mais viens très vite ! (= message codé...) Je reviendrai bientôt pour cette lecture qui me passionne toujours autant. Une belle fin de mois d'août, de beaux souvenirs aussi. J'ai hâte de construire les suivants !