jeudi 21 mars 2019

Une belle semaine ensoleillée, et bien plus encore

Après quelques jours pluvieux et très venteux, une belle semaine ensoleillée s'annonce, 
à commencer par lundi, ce beau ciel à mon retour de LA librairie. 
où m'attendaient quelques trésors ! Je peux les qualifier ainsi parce que je n'ai pu résister à les feuilleter… 
Mais avant de les lire, je voudrais d'abord parler de ce fameux polar,
Et la mort elle-même ne peut rien contre moi... Je ne suis pas coutumière des romans policiers actuels parce que je ne peux imaginer mieux que ceux de la grande Agatha, je les ai tous lus et relus, j'en avais même fait à l'époque une mémorable tea party : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2009/05/encore-une-journee-flamboyante.html, j'ai aussi lu Conan Doyle et un peu Exbrayat, là s'arrête ma culture policière à l'exception notable de ces passionnantes enquêtes du Juge Ti de Robert van Gulick dont j'ai parlé ici entre autres: https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2009/05/vive-le-juge-ti-le-et-les-souvenirs.html. Je les relis régulièrement quand j'ai envie de voyager dans le temps et l'espace, en Chine sous les Tang... Revenons au présent: j'ai commencé la lecture par une nuit de vent tempétueux, et j'y ai passé une bonne partie de nuit, captivée par cette intrigue très particulière : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/03/lectures-palpitantes-face-aux-elements.html. La quatrième de couverture nous dit "(...) De suspects insaisissables en morts mystérieuses, Robert Wauthy tisse une intrigue captivante où se mêlent suspense, fausses pistes et rebondissements, recette réussie d’un polar original et glaçant !" Original par les ingrédients inattendus de l'intrigue où se mèlent l'astrologie, des références à la mythologie grecque entre autres. Glaçant par l'atmosphère que l'auteur parvient à créer, de plus en plus lourde autour du village d'Herbeumont, dans ce coin bucolique de l'Ardenne belge qui je connais bien pour y avoir fait des camps guides le long de la Semois. Le tout est d'une précision chirurgicale montrant la culture de Robert Wauthy dans des domaines aussi variés que les races de chien, les marques de voiture ou les grands crus classés, l'astrologie et la mythologie. C'est pareil pour la description des différents protagonistes de l'histoire, tout est tellement précis qu'un dessinateur pourrait en faire les portraits. Bref j'ai été séduite par l'agencement des évènements avec un tout petit bémol, un peu trop de sexe, que viennent faire ces moeurs un peu spéciales qui n'apportent rien à l'histoire... Quelle imagination cher Robert, je me suis prise au jeu de me mettre dans tes pas pour découvrir l'auteur solitaire de ces crimes mais je n'ai eu que des soupçons, la fin est inattendue et surprenante... A quand le suivant ? 
En cette veille de printemps, je me suis réveillée tôt, le soleil s'annonce lumineux 
mais il fait encore très frisquet. 
Un premier thé, un
Sencha, quelques morceaux de harpe, un peu d'encens de méditation, beau début de journée... Retour sur ma terrasse pour la nettoyer en espérant pouvoir très bientôt m'y installer à nouveau. A part cela, au programme : lecture, lecture et encore lecture, mon épaule ne me permet pas de faire autre chose, je suis retournée chez le médecin qui m'a rappelé le meilleur remède,la patience ou si c'est vraiment trop dur... Des infiltrations de cortisone ! Mais ça, pas question, j'avais fait cela à l'époque pour calmer la douleur de mon genou droit, - à l'époque j'étais encore très nomade -. J'ai cru au miracle parce qu'en effet, plus de douleur mais je me voyais gonfler à vue d'oeil et surtout j'étais dans un état d'excitation permanente qui m'empêchait de dormir, j'étais comme droguée ! Le jardinage attendra donc encore un peu, je me console en buvant et en lisant... Et j'ai de quoi ! D'abord Ecoute l'arbre et la feuille, cette brique qui me donne la chair de poule et des émotions si fortes... J'ai d'abord relu ces pages qui m'avaient fait tant vibrer, la suite par contre... J'ai souffert avec ces peuples de la forêt, en symbiose avec la forêt, quand des vampires se sont occupés du sous-sol regorgeant de pétrole. J'ai d'abord eu un sursaut d'espoir quand j'ai lu que le gouvernement avait proposé aux exploiteur un marché honnête afin de protéger leur forêt : "si la communauté internationale finançait le développement économique durable du pays à hauteur seulement de la moitié de la valeur du pétrole de l'ITT, l'Equateur pourrait définitivement cesser d'extraire son or noir du sous-sol", la réponse a été aussi directe que méprisable : "Si l'Equateur souhaite ne pas exploiter ses réserves pétrolières, qu'il supporte seul le coût de cette occasion manquée" C'est d'autant plus indigne que cela a provoqué de nombreux conflits pour savoir qui pourraient bénéficier des maigres dédommagements... C'est pleine d'amertume que j'ai terminé l'histoire de ce Ceibo. Il m'a fallu du temps pour digérer cela... Je reprendrai plus tard la suite de ces Arbres qui racontent une histoire millénaire… 
1h15... "Ce soir, la lune est belle"... Je sens en moi une telle énergie en regardant cette Belle de nuit, pleine et si brillante. J'écoute le silence avec passion et recueillement, il me parle de sérénité et de paix... Je l'ai déjà dit, j'ai dû être sorcière dans une autre vie, la force de la lune m'envahit et me transforme... Dormir est une perte de temps, je commence le nettoyage de printemps de mon salon jusqu'à ce que, terrassée par la fatigue, je me blottis dans les bras de Morphée en chantonnant Allez, allez mon troupeau
Il est 10h55, cela fait seulement 20 minutes que j'ai quitté Morphée et pour bien me réveiller, c'est l'heure d'un
Matcha frappé au lait de coco cette fois. 
Mon premier petit-déjeuner dehors, je dépose le verre aux pieds de Cupidon pour manger un yaourt au soja, histoire de ne pas avoir l'estomac vide, du
Matcha à jeun, vaut mieux éviter… 
Très belle mousse, en harmonie avec celle qui recouvre les pieds et la tête de l'ange protecteur.
Le ciel est bleu comme je l'aime, il fait très doux déjà. 
J'immortalise cette azalée japonica en fin de vie, lundi prochain un jardinier spécialisé viendra la tailler et voir s'il serait possible de sauver quelques branches. 
Une belle touche bleue dans ce jardin très vert. 
Les muscaris ont proliféré, quand ils seront fanés il faudra que je les sépare pour en mettre une partie dans les jardinières parce qu'ils écrasent les narcisses qui devraient déjà fleurir. 
Sur ma terrasse, le 21 mars, 21°... je sais où je passerai l'après-midi ! 
Mais avant cela, préparation d'un
Thé vert cerisier, cadeau de mon amie Fabienne, actuellement de l'autre côté de l'Atlantique. Quand elle reviendra, nous en boirons à l'ombre d'un cerisier du Japon, il sera planté lundi en huit, j'ai hâte… 
Savourer des feuilles infusées à froid par cette douce chaleur
"harmonie parfaite du thé vert et du parfum fruité évoquant les fleurs de cerisier". Le breuvage a en plus cette saveur si particulière de l'amitié, MERCI ma chère Fabienne ! Observer la Nature qui revit en écoutant les habitants qui la célèbrent par leurs chants variés, quel bonheur et quelle paix... Certains oiseaux sont maintenant en couples et 2 nichoirs sont occupés par des mésanges bleues, le printemps est là, signe évident de renouveau. 
C'est assez excitée que je regarde cette dernière plantation, un magnolia grandiflora qui, d'après le jardinier du
Long Fonds fleurira déjà cette année... Renouveau de la nature, renouveau du jardin. Espérons ! Lundi prochain il sera entouré nouvelles azalées, les nôtres sont atteintes par l'âge et ne fleurissent plus autant... Ce premier jour de ma saison préférée (suivie à un cheveu de l'été) s'achève dans l'allégresse, j'en attends beaucoup d'autres… 

dimanche 10 mars 2019

Lectures palpitantes face aux éléments déchaînés...

Depuis lundi, je connais le nom exact de la douleur persistante à l'épaule : déchirure du tendon + tandinite avec comme traitement Kiné, anti douleur et patience... comme chacun sait, ce n'est pas ma qualité dominante mais il faut que je l'exerce si je veux en être débarrassée au plus vite. Vu le temps, toute cette semaine je me suis retranchée dans mon univers avec pour compagnes la lecture et la musique. Et les Feuilles ! Jeudi, j'ai eu le bonheur de la visite de mon amie Fanou avec qui j'ai savouré un exceptionnel Baozhong, moments chaleureux et intimes. Comme chaque fois avec elle, j'en redemande , ils s'étaient faits tellement rares ces derniers temps... Ce week-end sera donc calme et réparateur. Ce samedi matin, opération courses (merci ma Puce de m'avoir si bien aidée, je te revaudrai ça = message codé). Entre autres passage à la librairie pour retirer ma commande. Pour le reste du temps, ce sera retraite dans mon cocon. 
Dehors le vent se déchaîne, les arbres dansent, les branches s'en donnent à cœur joie mais certaines, trop fragiles ou en fin de vie, ne résistent pas. 
Au programme, la lecture de ces livres tellement attendus ! 
A commencer par Ecoute l'arbre et la feuille de David G. Haskell. Accompagné évidemment d'un thé assorti à la couleur des feuilles de couverture, vert, bio et vietnamien. 
Déjà en lisant la quatrième de couverture, je suis en phase avec l'auteur, il y a quelques minutes sur ma terrasse j'ai joui de tous ces sons que le vent imprime aux arbres, et quand il pleut, c'est encore une autre musique ! Et le nom de Sylvain Tesson m'évoque un autre livre qui m'avait fascinée : Dans les forêts de Sibérie. Déjà MERCI chère Kris, c'est grâce à toi que je l'ai dans les mains aujourd'hui, je sais qu'il va m'enthousiasmer ! Après avoir humé et caressé sensuellement cette brique de 478 pages, tout encore imprégnée de l'odeur de l'encre et du papier, j'ai hâte de découvrir son contenu, résumé en sous-titre sur la page de couverture : Les arbres racontent une histoire millénaire. Si nous savions les entendre... Le livre est divisé en trois parties précédées d'une préface qui résume le contenu de chaque chapitre : "Chaque chapitre de ce livre est consacré au chant d'un arbre spécifique : la réalité tangible du son,sa génèse et nos propres réactions physiques, émotionnelles et intellectuelles. La majeure partie de ce chant se déploie à la limite de l'audible. (...) En tous ces lieux, les chants des arbres témoignent donc d'un univers de relations. (...) Nous ne pouvons rester en dehors de la musique de la vie. Elle nous a façonnés ; elle est notre nature même". Le style est fluide, épuré, les mots eux-même résonnent déjà comme une musique... Chacune de ces notes pénètre en moi et me vont droit au coeur comme ce breuvage mythique pénètre mon âme Le premier chapitre raconte l'histoire du majestueux CEIBO, le nom donné là-bas au KAPOKIER. C'est à pas feutrés que je pénètre dans cette petite partie de forêt amazonienne, "Près de la rivière Tiputini, Equateur 0°38'10,2"S, 76°08'39,5"0" surtout ne rien déranger, ne pas troubler ce équilibre parfait, mais mon coeur bat la chamade, je n'y suis jamais allée et pourtant je suis en pays connu, auquel j'appartiens. L'ode à la pluie achève de m'en persuader : "La pluie.Toutes les deux ou trois heures, qui parle un langage propre à cette forêt. La pluie amazonienne se dinstingue non seulement par le volume de ce qu'elle a à dire (...) mais également par son vocabulaire et sa syntaxe. (...) La pluie tombe en grosses syllabes, et ces phonèmes différent de ceux du langage saccadé parlé par la pluie su la plupart des autres territoires. Si nous entendons la pluie, c'est non grâce à sa chute, silencieuse, mais par le biais des multiples traductions fournies par les objets qu'elle rencontre. Comme tout langage, surtout un langage qui a tant à épancher, et par l'intermédiaire de tant d'interprètes, les bases linguistiques du ciel s'expriment dans une exubérance de formes : martèlement strident d'une averse sur des toits de tôle ; clapotis sirupeux sur les ailes de centaines de chauves-souris, chaque goutte explosant en goutelettes qui retombent dans la rivière sous leur vol rasant ; nuages d'épais brouillard suspendus à la cime des arbres,mouillant les feuilles sans qu'il en tombe une seule goutte – le son d'un pinceau encré sur une page". Je m'imprègne avec volupté de cette atmosphère si particulière comme une assoiffée après la traversée d'un lieu dévasté par un tremblement de terre. L'auteur continue de parler de cette pluie, cette eau bienfaitrice et sa musique et des barrages inventés par l'homme qui le rend sourd à son chant. Plus je chemine avec ce poète à l'observation si affutée traduite sur cette partition musicale, plus je me sens en phase avec ce milieu jusqu'au moment où, l'ayant vécu dans sa chair, il en constate l'hostilité comme autant de fausses notes.
J'ai besoin d'une pause pour digérer ce que je viens de lire : sur ma terrasse, le vent souffle de plus en plus fort et le ciel commence à s'assombrir. La forêt amazonienne ne ressemble donc pas à un paradis, la mienne bien ! Depuis le début de ma lecture, elle est en filigrane, cette inqualifiable, indicible Vallée de Mai sur l'île de Praslin aux Seychelles. 
Après avoir croqué cette gâterie thaïlandaise et découvert cette phrase à laquelle j'adhère évidemment, je vais rechercher mes nombreux albums photos pour me replonger dans ce lieu découvert au siècle passé mais qui reste présent en moi comme si j'en revenais…
La première fois que j'y ai pénétré, j'ai eu la sensation physique que je retrouvais ma première demeure ! Quand j'ai retrouvé l'usage de la parole, j'ai dit à mon mari que j'étais certaine d'être née là dans une autre vie, d'y avoir vécu, je le crois toujours fermement ! Tout était surdimensionné, la lumière à certains endroits ne pénétrait pas tant l'enchevêtrement de ces géants cachaient le ciel. J'étais fascinée par la beauté démesurée de cette nature sauvage mais si protectrice. Mon mari qui mesure pourtant plus d'1M80 avait l'air petit adossé à ces véritables piliers. Chaque fois que nous sommes retournés dans ces îles paradisiaques, c'était notre première étape. A côté des craquements provoqués par le vent, des cris d'oiseaux et au loin le bruit contenu d'une cascade nous offrait un concert unique. Mais ici aucun animal dangereux, nous ne risquions rien. Un jour cependant le vent s'est mis à souffler plus fort et il a commencer à pleuvoir, de ces pluies tropicales violentes qui ne durent pas, les craquements se sont faits plus forts et mon mari voulait qu'on sorte très vite, ce qu'il a fait moi pas, j'ai seulement mis mon K-way. C'est dire que l'extrait qui suit me parle : "Tout ce que l'homme a inventé pour se protéger de l'eau est inefficace et rend l'ouïe confuse. Les imperméables repoussent certes les gouttes mais leur plastique rend la chaleur tropicale encore plus accablante et on mijote vite dans sa sueur"C'est dans cette forêt que poussent les palmiers géants endémiques qui donnent les fameux cocos de mer… 
Le ciel s'est éclairci à nouveau, j'ai besoin d'aller prendre un bain de forêt et enlacer mes arbres, shinrin-yoku , ce qui ne manquera pas d'apaiser le maehlström d'émotions fortes qui m'habitent à la lecture de ce livre et aux souvenirs éblouis qui l'ont fait ressurgir... Chère Kris, encore une fois MERCI mais je ne pense pas avoir été une Waorani dans une autre vie, leur forêt pour grandiose qu'elle soit est aussi hostile, je te cite : Chère Francine, j'ai très souvent pensé à toi en lisant ce livre, "Écoute l'arbre et la feuille", dans lequel il n'y a pas de thé, pas plus que dans les Tea Tools d'Agnes, qui ne produisent que des infusions. Tu devais être une Waorani dans une de tes vies. Bonne lecture! Par contre, je le confirme, je suis née et j'ai vécu dans cette vallée de Mai ! Après le souper, changement radical de registre, je vais passer la soirée avec Et la mort elle-même ne peut rien contre moi un livre écrit par Robert Wauthy, un ancien collègue professeur de français. Je ne savais rien de ce livre mais le titre m'intriguait, il m'a fait penser à un de mes auteurs préférés, Jean d'Ormesson et à son dernier ouvrage posthume, Un hosanna sans fin qui est toujours sur ma table de chevet. 
La quatrième de couverture m'a d'abord laissée sans voix, un polar ! Mais connaissant un peu l'auteur, je sens que l'intrigue ne se laissera pas dénouer si facilement, hâte de découvrir cela ! 
Avant cela, créer l'ambiance et choisir un thé de lecture, il sera noir ce sera Scandale, un Pu Er parfumé à la cannelle. J'y ai passé une bonne partie de la nuit, autant la télé est pour moi un puissant somnifère naturel, autant la lecture... J'aurais tant de choses à dire déjà, à commencer par un choc dès la première page, un mot de vocabulaire qui m'est totalemnt inconnu, mais ce sera une autre histoire... Ce dimanche, horaire décalé donc, j'ai été réveillée en sursaut vers 11 heures par un bruit violent venu de ma terrasse, une bourrasque de vent a renversé une chaise pourtant très lourde. Le spectacle de cette Nature déchaînée m'a enchantée, Fille du vent et de la tempête, je ne peux qu'être comblée. Cela m'a rappelé la tempête de la fin du siècle passé, j'étais allée dehors, portée par le vent dans le dosjusqu'au bout de la propriété mais pour revenir... j'ai dû me mettre a quatre pattes et même ainsi cela n'a pas été commode, mon poids aurait dû m'aider pourtant... Mon mari, qui avait son cabinet avenue Churchill, a mis près de 3 heures en voiture pour rentrer à la maison. Aujourd'hui, je ne m'y risque pas d'autant que la pluie s'est mise de la partie. Je vais rédiger la première partie de mon billet en admirant ce qui se passe dehors, je continuerai mes lectures plus tard. 

dimanche 3 mars 2019

HINA MATSURI

Depuis hier, c'est le printemps météorologique, Février s'en est allé bien tristement dans la grisaille et le froid après tant de journées lumineuses. Et d'évènements heureux, à commencer par le début de l'année du Cochon de Terre qui jusqu'ici m'a porté chance et énergie ! 
Question temps, ce week-end sera du même acabit : un ciel tout gris, lourd de nuages prêts à s'effondrer mais la Nature a besoin d'eau, c'est donc bien ainsi. Et comme mon plan B me réussit, je continuerai à le suivre... Sur ma terrasse, premier rituel de la journée, j'ai eu envie – idée plus que saugrenue - d'un... Pu Er , à 8 heures du matin, ce n'est pas banal. 
Dans le bol, un Langhe Menghai Sheng Bing 2013 en vrac. Les 3 premières infusions m'ont parues assez agressives, trop brutes, il faut dire qu'un Pu Er à jeun, c'est pas banal. C'est même violent et j'ai failli abandonner pour un nectar plus chaleureux 
mais dès la suivante, changement radical, des notes bien plus douces et même légèrement sucrées, on aurait peine à croire que ce sont les mêmes feuilles, un vrai grand écart.
L'infusion qui était d'un bel acajou orangé se fait plus sombre, la saveur devient plus boisée, et même fumée. J'aime ces thés qui racontent leur histoire, jamais exactement la même mais suffisamment proche pour qu'on les reconnaissent, le fond reste le même, tout est dans la nuance. Monde magique, raffiné et surprenant… 
Merci les Belles, une heure en votre compagnie : ma journée a bien commencé. En préparant mon petit-déjeuner composé d'un porridge au lait d'amande, banane, kiwi j'ai ressenti de fortes crampes d'estomac, j'ai trop bien connu cela dans un temps lointain, au siècle passé, j'ai immédiatement pensé à ce que j'ai considéré à l'époque comme une catastrophe : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/mon-histoire-avec-le-th-transfert-des.html et le début de mon histoire d'amour avec cette mythique boisson : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/mon-histoire-avec-le-th-suite-mais-pas.html et https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/la-rvlation-au-retour-de-giverny.html . Emotion en relisant ces vieux textes... mais je suis certaine qu'il ne s'agit pas d'un ulcère seulement de mon erreur d'aller boire du Pu Er à jeun et en grande quantité. Plus de thé aujourd'hui, il me reste la lecture ! 
Et avant cela, une petite balade tant qu'il ne pleut pas, mais en voyant la température, un bol d'air sur ma terrasse me suffira. 
Je viens de terminer le tome 2 relatant la vie de cette grande dame, je suis bouleversée tant par sa volonté de fer, son caractère très fort, son jusqu'au boutisme effréné que par sa fin de vie, à près de 101 ans, après une agonie de 18 jours à des années lumière de sa vie, assistée par sa fidèle "Tortue". Et que dire de sa devise : "Marche comme ton coeur te mène, et selon le regard de tes yeux" extraite de l'Ecclesiaste. J'ai commencé le dernier tome de cette incroyable vie mais je n'en ai lu que quelques pages intitulées Voyage post-mortem. Je voulais voir ce que me réserve le contenu de ce dernier tome , il reste le chapitre sur son enfance atypique et les 2 derniers sur l'Inde où elle a vécu, la toute petite phrase de la dernière page annonce une Suite et fin dans le tome 4, (Kris, si tu me lis…) j'attendrai donc mais je veux absolument trouver une biographie de celle qui a fait rêver l'adolecente que j'étais. Et bien sûr, relire et lire certains de ses livres... Cette journée qui s'achève m'a fait vivre et revivre des émotions fortes où passé et présent se sont mêlés dans une belle valse de sentiments forts et doux à la fois. Ce dimanche tout aussi gris et pluvieux va me faire voyager, au Japon cette fois. En effet, c'est HINA MATSURI,

qui signifie la fête des poupées, elle célèbre les filles (celle des garçons, KOI-NOBORI a lieu le 5 mai). J'apprends très vite, je vais donc rester prudente et ne pas boire de thé à jeun, ce que je fais pourtant chaque jour, 
mais j'installe déjà de quoi me mettre dans l'ambiance, un peu de nostalgie en pensant à cet univers qui m'a passionnée enfant, que j'espérais retrouver avec mes petites-filles, malheureusement la grande préférait les jeux de construction et les 2 autres les barbies, et cela, ce n'était pas du tout mon univers, j'en ai parlé ici: http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2016/03/aujourdhui-cest-hina-matsuri-la-fete.html 
Je me replonge avec délectation dans ce petit fascicule qui dit tout sur cette belle fête qui n'a me semble-t-il pas d'équivalent chez nous : " LE Hinamatsuri, festival des petites filles, se fête le 3 mars. Les familles célèbrent cet évènement afin de souhaiter du bonheur à leurs filles. Cette fête s'appelle aussi MOMO NO SEKKU, ou festival des fleurs de pêchers. Indissociable du Hinamatsuri, ces délicates fleurs roses, momo, sont le symbole d'un mariage heureux. Cette tradition, originaire de Chine, est très ancienne : à l'époque les gens faisaient des poupées en papier qu'ils jetaient ensuite dans une rivière. Ils croyaient ainsi se protégéer du mauvais sort et des maladies en les transférant sur ces poupées."
Avant de poursuivre cette intérressante lecture, je me prépare un thé de circonstance le J.C. Absolu oolong à la note dominante de pêche, léger et très doux, mon estomac ne risque rien. En le savourant, j'admire l'extrême finesse de la porcelaine, le bol est quasi translucide, encore un savoir-faire japonais! S'ensuit la description des poupées (et leur signification) posées pour l'occasion sur un hôtel en gradins que Cathy a reproduit ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2017/03/cetait-hier-anvers-jai-une-fois-encore.html. J'aime découvrir la culture de ce pays aux traditions si riches et symboliques mais je ne vois pas en quoi consiste celle originaire de Chine, je n'ai rien trouvé, je demanderai donc à ma chère belle-fille quand ils rentreront des sports d'hiver. Après le dîner, retour dans mon cocon pour achever la lecture de Les dames de Kimoto. Conseillé par ma libraire, la quatrième de couverture m'a emballée, on y fait allusion à une relation forte entre une petit-fille et sa grand-mère... J'ai par contre eu du mal à rentrer dans cette histoire, même écrite dans un style sobre très agréable, le rythme était lent et le poids des traditions dans cette société très codifiée, immuable me donnait une désagréable sensation d'oppression... J'ai pu heureusement la dépasser assez vite, je croyais l'achever cette nuit avant de dormir mais le sommeil a eu raison de mon envie. 
Mon thé de lecture sera un Hojicha quasi sans théine mais très goûteux, avec lui je ne risque rien... J'ai terminé ma lecture mais la fin m'a mise mal à l'aise, pas à cause de la fin de l'histoire mais bien de ce qu'elle évoque, l'horreur de la guerre et ses conséquences... Et une chanson me vient à l'esprit, celle de Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois :
" ... Quand les hommes vivront d'amour, Ce sera la paix sur la terre, Les soldats seront troubadours Mais nous, nous serons morts, mon frère "... 

dimanche 24 février 2019

Balade, musique, thé et lecture à défaut de jardinage, un superbe plan B !

La super lune a eu sur moi a eu sur moi un effet énergisant que je n'avais plus connu depuis un certain temps. Plus le soleil, je débordais d'énergie que j'ai consacrée à des balades en forêt mais aussi au jardinage avec malheureusement une conséquence douloureuse : une douleur de plus en plus marquée à l'épaule droite que je contrais avec du dafalgan, j'ai dû me résoudre à aller consulter mon médecin qui m'a diagnostiqué une tendinite "du sus épineux", épineuse chose... Et molo sur les antidouleurs qui la masque mais risque d'aggraver le mal. Peut-être, et même certainement que si j'avais mis la pédale douce... mais ça, ce n'est pas mon genre ! Cela dit, j'ai heureusement un autre dada que je peux assouvir dans ma librairie préférée... J'y ai donc fait une petite razzia et commandé 2 autres livres, un conseillé par Kriss : Ecoute l'arbre et la feuille qui me parle avant même de l'avoir lu, et l'autre dont l'auteur est un ancien collègue, éminent prof de français et astrologue et dont le titre m'intrigue : Et la mort elle-même ne peut rien contre moi... Ce dimanche sera donc entièrement consacré à mes deux passions principales, le thé et la lecture. 
Ce matin, l'astre du jour émerge dans un ciel uniformément bleu. 
Il fait encore un peu frisquet mais l'air est vivifiant. 
J'immortalise cette image de printemps précoce tandis que mes oreilles s'emplissent du chant des oiseaux déchaînés ce matin. 
J'observe quelques instants leur va-et-vient, ils ont enfin retrouvé le chemin de la mangeoire. 
Au programme ce jour ! 
Mais avant cela, rituel quotidien : thé, ce matin, il est vert et vietnamien, musique : Mozart, concerto de flûte et harpe, et méditation. 
Pendant qu'infuse une deuxième théière, je découvre cette BD que je n'ai même pas feuilletée à la librairie, le titre m'a suffi, j'ai découvert, adolescente, cette grande dame en lisant, fascinée, Voyage d'une parisienne à Lhassa… 
La quatrième de couverture me donne envie... ce sera pour cet après-midi, avant cela balade au jardin, tout y est si paisible, la température est très douce, mes neurones se gorgent de soleil.. 
Sur ma terrasse, il fait 19°, bientôt 20, c'est le moment d'un thé froid, Sans doute fruité où dominent des notes de fraises. 
Je ne suis pas du tout BD (j'en suis restée à Tintin, Alix l'intrépide et Blake et Mortimer...) et j'ai eu beaucoup de mal à apprécier les dessins, je me suis donc intéressée au texte qui raconte la rencontre avec Marie-Madeleine, la jeune pied-noire qui a partagé les dernières années d'Alexandra. Plusieurs fois j'ai interrompu cette lecture de peur d'abîmer l'image de celle qui m'a tellement fait rêver... Le soleil qui a caressé mon dos, mon visage et mes bras m'y a aidée, j'ai finalement terminé le premier tome. Ceci dit, cela m'a donné envie d'aller visiter sa demeure à Digne… 
J'ai par contre beaucoup aimé le récit de son histoire illustrée par des photos, ici jeune fille,
puis avec son fils adoptif qui mourra avant elle, 
et la photo d'elle et de Marie-Madeleine, très loin de la caricature de la BD. J'aborderai plus tard les 2 autres tomes, j'ai d'abord envie de relire certaines de ses œuvres qui reposent dans une des bibliothèques du grenier. 
Un thé de lecture, du Hojicha pour commencer Les dames de Kimoto, un livre conseillé par ma libraire. 
De la quatrième de couverture, je n'ai retenu que cette main de petite-fille serrant celle de sa grand-mère, j'ai hâte de découvrir la relation qui les unit, elle me rappelle des souvenirs très heureux, la mienne a rejoint les étoiles il y a près de 45 ans mais vit toujours en moi, tout ce que je possède de pur et de bon vient d'elle. J'ai commencé la lecture mais ne suis pas allée très loin, mon mari voulait qu'on passe du temps ensemble, je ne pouvais pas le lui refuser.... Une merveilleuse journée, pleine de douceur et de sérénité s'achève, un plan B très réussi !