lundi 21 juillet 2014

Retour au Japon...


Ce matin le temps tout gris mais doux m'invite à profiter de la terrasse en attendant la traditionnelle drache nationale, 21 juillet oblige.
Au menu, lecture et thé, un Sencha griffé Tamayura, je veux me replonger dans ce livret qui contient des informations que je n'avais pas bien comprises avant la séance d'hier.
En admirant ce bol si vivant avant d'y plonger les lèvres, je suis d'autant plus touchée que je sais maintenant que ce bol raku a pour origine une simple tuile. Sen no Rikyu voulait trouver un bol qui ne brûle pas les mains et il s'est dit que les tuiles du toit servaient à protéger du froid bien sûr mais aussi de la chaleur ; il a contacté un artisan du nom de Chôjirô et lui a demander de transformer une tuile en bol, d'abord réticent, ce n'était pas son métier, il a fini par accepter et à "simplement" replié les coins pour donner à la tuile une forme arrondie, le premier bol à thé dans cette matière improbable était né. Quand Rikyu a vu ce travail, il lui a donné le nom de raku, qui signifie bonheur en hommage à Chôjirô, cet artisan de génie. Dans cette brochure on parle de ces bols comme étant des "pièces vivantes à l'âme sereine et profonde." J'en reparlerai dans un autres billet consacré à la symbolique des objets que nous avons découverte hier, j'en suis encore bouleversée...
Le bol est vide, retour au Musée de Mariemont.
Charles, le maître Urasenke nous explique que la séance se déroulera en 2 temps, d'abord une partie silencieuse : une personne volontaire, ce sera Cathy, est invitée à partager le thé avec lui dans le chashitsu, le pavillon de thé, (je ne sais pas la différence entre celui-ci et le tokoname, à creuser, j'espère que j'ai bien compris, Cathy à toi de m'éclairer...), ensuite un bol sera distribué à l'assemblée présente, une vingtaine de participants assis sur des chaises, il commentera alors ce qui s'est passé.
De ma place, j'observe la réaction de ceux qui m'entourent,
certains ne manifestent rien,
d'autres montrent des mimiques de perplexité, quant à mon voisin, il est littéralement séduit, il rayonne et manifeste son enthousiasme par des mimiques et des gestes très parlants.
La séance terminée, chaque participant reçoit un castela, ce petit gâteau typique à base d’œufs, de miel et de farine amené à l'époque par les Portugais.
Puis, nous recevons le fameux chawan, création d'une artiste belge, Bie Van Gucht résidant à Rumst. Cathy a droit à un second bien mérité après l'étuve du tokoname...
Ici aussi, Cathy et moi écoutons discrètement les commentaires des participants tout en observant leurs mimiques en trempant leurs lèvres dans ce breuvage, cela nous fait sourire et me rappelle qu'à l'époque j'avais très peu apprécié cette soupe aux épinards. Si au niveau des échanges et de l'ambiance plus chaleureuse, j'ai de loin préféré Hasselt http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2014/06/un-premier-juin-memorable-intenses.html dû à la beauté du kimono de Cathy et Staf, et à la disposition en U entre autres, j'ai été tout à fait impressionnée et séduite par la mine d'informations nouvelles données par Charles Van Overstijns, ce maître passionné et passionnant. Il a donné au sujet de cette cérémonie des informations historiques très pointues, il vivait ce qu'il disait, Cathy et moi étions pendues à ses lèvres (et nous n'étions pas les seules). J'ai ainsi appris que ce à quoi nous avons assisté se nomme Chakai qui signifie réunion de Thé, au cours de laquelle on sert du thé léger ou Usucha, qui est un thé fouetté. (Dans la voiture au retour Cathy m'a dit que le Koicha lui est un thé battu réalisé avec un Matcha d'une qualité supérieure, j'en saurai très bientôt plus, Staf m'en préparera quand ils reviendront ici, j'espère fin août !) Une dernière précision, ce qu'on nomme Cha no Yu est un terme générique et est plus relié à l'aspect technique, il prend plusieurs aspects dont les 2 principaux sont le Chaji et le Chakai. Mais ce qui m'a le plus interpellée, c'est tout ce qui concerne la symbolique des objets, surtout le lien avec les autres philosophies et religions.
Nous retraversons une partie du parc,
en jetant un dernier regard à cet arbre unique...
au nom qui l'est tout autant, d'habitude ce panneau concerne plutôt les chiens... 
Sur les conseils de Cathy, j'ai acheté ce livre, l'illustration de la couverture donne déjà une idée du contenu, ce sera ma lecture du soir, accompagnée d'une Tisane de l'Abbaye griffée ThéÔdor.
Je pensais d'abord lire ces petits fascicules mais j'ai changé d'avis, je suis trop impatiente d'en savoir plus sur la symbolique des différents objets. Encore MERCI chère Cathy pour ces moments uniques de partage et tes photos, profite bien de ton escapade londonienne et à très vite. Ici le ciel est toujours aussi gris souris mais on a échappé à la drache nationale, les traditions se perdent, et les plantes ont soif.

dimanche 20 juillet 2014

Les jours se suivent, si différents mais si riches

A commencer par vendredi et une grande première...
ce sont mes invitées qui préparent le repas, et quel repas !
Mais je me sens mal, je ne supporte pas de ne rien faire alors, tandis que Sarah émince les carottes, je coupe le ... tofu fumé en pensant à ma chère Cha Hua et à la rue des tofus de Taipei dont nous gardons un souvenir disons très odorant !
Mais quand je vois comment petit Dragon dévore cela, je m'y risque aussi, j'ai bien fait, premier pas franchi.
Encore une grande première, petit Georges ne veut pas manger, sa mimique est très claire, pourtant sa maman vient de me dire qu'ici il mange toujours très bien, il faut dire qu'avec le tofu en apéritif...
Mais avant le repas, à la demande du photographe de la famille végétarienne (ou presque), la photo-souvenir.
Et voilà le résultat de près de 2 heures de préparation, un pur délice, émotions gustatives fulgurantes, un bouquet de saveurs variées  et subtiles, même le tofu passe !
Xavier est enfin venu nous rejoindre, Sarah est aux petits soins
et petit Dragon mange à nouveau avec appétit.
Les plats sont vides mais Sarah sauce comme disent les Français tellement c'est goûteux. Je me suis régalée et c'est certain une nouvelle voie s'offre à moi, je vais pénétrer dans ce nouveau monde et je pourrais devenir aussi accro que pour le thé...
Je me suis quand même occupée du dessert : macédoine de melons jaune, blanc et pastèque : encore une découverte pour petit Georges qui apprécie, cela le change des myrtilles !
C'est pas tout ça,
il est temps de jouer.
Avec Sarah,
avec maman,
et maintenant que j'ai trouvé le truc, je recommence avec ma tata Sarah.
Passons à autre chose :
apprendre à ma tata à jouer au polo flamand avec une raquette de badminton et une balle de foot thaïlandais.
Puis un peu d'équilibre sur raquette
avec ma nanny,
suivi d'un équilibre frontal avec ma tata.
Il faut savoir doser sa force.
Ici je pleure, cela ne m'arrive jamais ici sauf quand je reçois cette balle sur la tête, je vous jure ça fait pas doudouce.
Mais rien ne vaut les bras de ma maman pour faire partir mon petit chagrin.
Dans le ciel, un grand oiseau bruyant me fait lever les yeux.
J'aurais bien voulu jouer encore mais il commence à faire noir, et je dois aller dormir, mes grands yeux se ferment et nanny m'a dit que le marchand de sable est passé.
Alors, je dis bye, bye parce que je parle aussi anglais... un peu. Encore une journée de tous les superlatifs même si j'étais un peu stressée, non seulement je n'ai rien fait mais les filles et leur mère, qui a servi de petite main pour l'épluchage, ont amené tous les ingrédients, encore une grande première, genre auberge espagnole... Merci à vous trois pour cette première initiation, j'ai (presque) tout à apprendre mais vous m'avez convaincue, et la prochaine fois, c'est moi qui régalerai !
Un ciel peu engageant ce midi, il pleut mais on a échappé aux orages jusqu'ici
et les zinnias pointent leurs premières fleurs, j'ai hâte.
Même si la calligraphie de Staf dit "assieds-toi et bois du thé ", nous mangerons aussi un repas, très frugal, des sandwichs concombre, saumon fumé-fromage de chèvre frais et poulet au chai accompagné d'un Genmaïcha.
Au moment du dessert Cathy traduit les inscriptions notées sur les mystérieux sachets sur lesquels on lit la graphie Cha mais qui n'en contiennent pas une feuille. J'apprends ainsi que cha en japonais veut aussi dire tout ce qui s'infuse. Il est temps de laisser le soba cha et le cha au ... salsifis, nous avons rendez-vous avec le vrai thé.
Nous voilà enfin rendues, malgré un GPS un peu fantaisiste.
Le lieu est chargé d'histoire et le parc recèle des espèces d'arbres rares.
Certains portent un nom très particulier : ici, arbre dangereux...
Voici le lieu qui nous a amenées dans ce cadre paradisiaque.
Et une mine de renseignements que je découvrirai très bientôt, je me les suis procurés.
Ce qui s'est passé
entre ces deux photos et les précédentes fera l'objet d'un autre billet, mais ce que je peux déjà dire c'est que nous avons vécu des moments très forts, hors du temps, et encore (beaucoup) appris sur cette cérémonie japonaise du thé. MERCI chère Cathy pour ce que nous avons partagé ensemble, il y aura une suite c'est certain. Et la prochaine fois que nous nous revoyons avec Chris et Staf, vous mangerez végétarien (= message codé...).
Ce soir le ciel est parsemé de petits nuages blancs moutonneux d'un côté,
de rose et gris de l'autre mais une heure plus tard, ni lune, ni étoiles, demain peut-être ?