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mercredi 16 février 2011

Je revis!

Depuis samedi, j’ai dû me mettre aux tisanes : thym, tilleul, camomille à cause d’un gros "rhubbe" et sans doute un début de grippe : j’avais mal partout mais à peine 38°, ce qui n’est pas vraiment assez pour être envahie par le virus. Il m’a fallu renoncer à ma boisson préférée, je ne goutais rien. Et aujourd’hui, le bonheur retrouvé, il fait un beau soleil et j’ai eu envie d’un Bai Mu Tan, que je réserve d’habitude pour l’été. Mais cette belle lumière, et le chant des oiseaux, m’y ont fait penser et c’est avec gourmandise que je déguste tasse après tasse ce breuvage rafraîchissant qui m’a tant manqué ! Après avoir fait les courses pour remplir le frigidaire et préparé quelques petits plats pour mon mari que j’abandonne jusqu’à dimanche, me revoilà dans mon salon bleu-thé. J’avais envie de choisir cette théière que je n’ai pas encore inaugurée. Elle me rappelle une belle rencontre dans ce salon brugeois où à l’époque j’avais déniché le meilleur Matcha. C’est vrai que je ne connaissais encore ni Chajin ni Tamayura. Je n’ai rien trouvé à propos de Tony Carter, est-ce le fabricant, le créateur de cette théière anglaise ? Pour le baptême de cette belle, j’avais choisi un Darjeeling ; je ne l’avais pas encore employée parce que je trouvais le goulot trop étroit. Mais qu’elle ne fut pas ma surprise en l’ébouillantant de constater qu’elle coule ! Tant pis, elle restera la théière décorative qu’elle a été jusqu’ici. Qu’à cela ne tienne, j’ai d’autres ressources. Demain à cette heure-ci, je serai dans ce salon de thé, non pas au fond du jardin, ni sur la terrasse mais bien au chaud à l’intérieur de ce salon so british! Le thé qui se cache à l’intérieur est un Suancha, un Oolong de Thaïlande. Et comme ma "route du thé" recommence aujourd’hui, la théière ad hoc s’imposait. C’est avec beaucoup d’émotions – et pas que gustatives – que je sirote ce thé particulier à la saveur à la fois beurrée, florale et légèrement biscuitée, un régal d’autant plus appréciable après ces jours de disette. Et des visages m’apparaissent, ceux de ma famille du thé de là-bas : Nana, Laurent et Frédéric, Michel, et last but not least, Nikosan… En regardant les feuilles infusées, je repense à cette belle rencontre avec le producteur un certain 14 avril de l’année dernière au Thé des Muses merci Michel d’avoir organisé cela et à samedi)! Mais ce n’est pas tout cela, il faut maintenant que je procède à une chose beaucoup plus terre-à-terre, ma valise. Mon train part à 7h33, pas question donc de me lever à 5 heures pour la faire ! Mais après la corvée, 4 jours de bonheur m’attendent, j’ai hâte…Un dernier regard attendri à ces jacinthes qui auront tout donné à mon retour (encore merci chère Elise) et à cette jolie carte qui me vient de ma Cerise préférée et qui correspond bien à mon état d’esprit de ce jour, à demain ma chère Françoise-Ana.

mercredi 29 décembre 2010

Cela suffit maintenant!

Heureusement que pour moi Noël c’était le 21 grâce à Julien, parce que depuis…J’avais commencé la dégustation de mes fabuleux cadeaux (je ne te dirai jamais assez merci, Julien), et après je ne sais combien d’infusions j’ai décidé de laisser les feuilles toute la nuit dans la mère du thé. Le résultat a été vraiment impressionnant, aucune astringence, aucune amertume mais une incroyable douceur sucrée, et une fois de plus, une émotion gustative intense de boire un tel nectar au saut du lit. Et voici les feuilles qui ont maintenant tout donné, avec tant de générosité. Quand je pense que je me suis méfiée au début, il y avait pas mal de miettes, voire même de poussières, ce qui n’est en général pas bon signe. Mais je dois maintenant revenir sur terre, et ce que je vois me glace… Je dois pourtant absolument faire des courses, cela promet. Comment les fraisiers vont-ils résister à ce lourd et encombrant manteau blanc ? Je les ai paillés mais… Et puis, une jolie surprise, la visite d’une poule faisane qui trouve sous la mangeoire de quoi ne pas mourir de faim. Après avoir admiré ce beau spectacle, je prends ma voiture mais je dois rebrousser chemin, j’ai dérapé 2 fois dans la rue sur une route verglacée. Mon mari me propose de jouer chauffeur, il a des pneus neige lui. J’accepte mais je dois lui dévoiler le but de ma sortie, aller chercher de la laine pour lui tricoter un pull, c’est son anniversaire le 2, ce ne sera donc pas vraiment une surprise d’autant qu’il me l’avait demandé ; et ce fut l’erreur fatale : en revenant, il a roulé sur le bout de mon pied,j’étais coincée par les congères et n’ai donc pas pu reculer, j’ai poussé un hurlement, cela a limité les dégâts, "seulement" une fracture du gros orteil. Je ne savais pas que cela pouvait être à ce point douloureux, et il n’y a rien à faire que le solidariser avec l’orteil adjacent, ce que j’ai refusé de faire. Résultat de cette opération : immobilisation et de toute manière, je ne pouvais faire autrement, tellement la douleur était forte : impossible de mettre le pied par terre et même le couvrir était insupportable. J’étais assez désespérée, dans 2 jours c’est le réveillon et je n’ai rien, et serai incapable de faire quoi que ce soit. Mon mari me dit qu’il ira chez le traiteur, faible consolation. Mais le 24, il lui a été impossible de sortir d’ici, nous avons donc eu un très frugal repas de réveillon, j’étais triste pour lui, je m’étais tellement réjouie de lui concocter un petit repas en amoureux. Et inutile de préciser que j’ai bu très peu de thé, je ne peux pas poser mon pied par terre, et en préparer avec des béquilles, je ne vous dis pas le sport. Pour me consoler, j’ai pensé à toutes celles et ceux coincés dans les aéroports, dans les gares, sans compter les routiers et les automobilistes qui ont passé la nuit dehors. Mais cela ne m’a pas beaucoup aidée, mon moral est atteint : des nuits blanches, des journées interminables et sans thé ; pour la première fois, j’ai eu envie de quitter ici et regagner la ville… D’autant que le plafond de la loggia offre un spectacle navrant. Je n’ai plus envie de grand-chose, il me manque l’essentiel, la mobili-thé. Et hier, ENFIN, mon orteil a commencé à me faire un peu moins mal, je décide donc d’aller préparer des chicons au gratin, cela m’a pris du temps, travailler d’une main et tenir la béquille de l’autre, c’est pas gagné. Et ici, autre catastrophe, matérielle celle-là : le four se met en grève ! J’aurais pu pleurer, mais j’ai éclaté de rire, un rire nerveux évidemment. Je veux allumer une taque pour cuire le potage, idem ! Et rien à faire, j’ai appelé mon mari à la rescousse mais il est aussi bricoleur que moi, et avoir un technicien maintenant, on peut rêver. Mon rire se transforme alors en rage, et je donne un coup de béquille dans cet engin, je réessaye à tout hasard, si le four et 3 taques sont toujours morts, la plus petite chauffe. Nous continuerons donc à employer le four micro-ondes, que je n’utilise jamais que pour réchauffer les aliments. Je capitule, et vais me consoler dans mon salon, je n’y tiens plus, advienne que pourra. Je commence par admirer la carte et cette superbe boule. Jolis cadeau de notre petite-fille Elisa, devenue norvégienne pour un an. Elle est tombée dans une très sympathique famille et elle a de quoi occuper ses longues, très longues soirées d’hiver, pour le moment il commence à faire noir vers 14h30… Très brillante intellectuellement, elle a réussi ses examens alors qu’arrivée fin août, elle ne parlait pas un mot de norvégien, et très habile de ses mains également, elle est comme sa mère, tout ce qu’elle entreprend est toujours +++. Bravo ma Lili, moi qui suis une bonne tricoteuse, j’admire la minutie de ton travail, quel talent, un de plus ! Je te reconnais bien là, je vais boire un thé à ta santé, et à la réussite de ton beau projet norvégien. Et tricoter un pull pour l’anniversaire de Doudou, mais je doute fort de l’avoir terminé vu mon état actuel, tricoter étendue c'est vraiment une gageure! Et ce matin en descendant, encore une drôle de surprise : ô joie, l’humidité s’est fortement étendue.Cela vient de la terrasse du dessus et Xavier prend les grands moyens. Malgré le froid, il décide d’enlever la neige accumulée depuis 2 semaines au moins. Je participe à l’opération en lui préparant une boisson revigorante qui va le réchauffer. Il est sourd, du moins à ma demande d’arrêter, il continue de plus belle. Il me propose même un morceau de gâteau très spécial. Malgré ma réponse négative, il insiste, le bougre. Mais je n’ai pas cédé, j’aime la glace mais seulement celle que je prépare moi-même. Cette nuit, pour la première fois depuis ce qui me paraît un siècle, j’ai dormi correctement. Et ce matin, bonne surprise, mon orteil commence à reprendre une forme humaine et à retrouver sa couleur initiale, j’ai posé le pied par terre, c’est supportable et je vais pouvoir mettre … des sandales très découpées, tout à fait de saison ! Mais pas question pour autant de trotter, je dois garder le pied surélevé jusqu’à ce que l’œdème soit complètement résorbé dixit le garde chiourme qui me sert de mari… Pas question donc de « jouer à la "dinette" comme il dit. Je me contente donc de thé en grande théière, en rêvant de voyage. Ce Suancha me rappelle une superbe rencontre dans ce lieu que j’aime et qui est un incontournable chaque fois que je vais à Strasbourg, ce qui ne saurait tarder (voir le 14 avril)! Je pense aussi à ma Cerise préférée et à son mari partis hier aux USA voir leur petite-fille, j’espère qu’ils ne seront pas coincés dieu sait où. C’est elle qui m’a envoyé ce superbe cupcake avant de partir. Cette carte va rejoindre une série d’autres, je ne sais pas où elle les déniche mais c’est à chaque fois que du bonheur. J’ai besoin de me poser, de retrouver la sérénité que m’apporte le thé, les souvenirs heureux et cette musique est exactement ce qu’il me faut. Ne rien faire, mais par choix cette fois. C’est vrai que j’ai été très remuée ces derniers jours interminables, mais je me console en voyant ce pied, cela aurait pu être bien pire… Dois-je préciser que j’ai eu droit à un cours d’anatomie ? Pour tenir le coup, j’ai employé une très vieille technique de mon adolescence quand les cours m’ennuyaient : j’ai regardé mon mari droit dans les yeux, ce qui donne l’impression d’être pendue à ses lèvres, sauf que j’étais à des années-lumière de tout ce charabia. Je préfère regarder ces pieds-bonheur, souvenirs d’un merveilleux voyage, vivement le mois de mars ! Et à propos de voyage, J’ai reçu des tas de beaux rayons de soleil d’Argentine, merci ma Puce, et vive Outlook, le seul facteur qui passe partout par tous les temps…

mercredi 14 avril 2010

Au risque de me répéter...

J’annonce une 2e journée flamboyante, très dense, et ma famille du thé s’est encore agrandie. Je ne parlerai aujourd’hui que de ce qui concerne le thé et ses surprises. Pendant que ma sœur, férue de brocante, va y faire un tour, je vais découvrir un lieu mythique: Christian, un incontournable gourmand, raffiné et très cosy. On y accède en traversant une courette intérieure pour emprunter ce superbe escalier.Le salon se trouve au 1er étage. L’escalier continue mais une grille empêche de monter, quelle mystérieuse belle est-elle retenue ici ? A moins que... j'arrête ici de rêver. Je m’installe à l’une de ces jolies tables rondes mauve profond et or et j’examine attentivement la carte, la page de droite d’abord, une colonne réservée aux thés : nos crus d’origine et aux chocolats. Puis je découvre cet encadré, le choix est vite fait… Je choisis un Tamayokucha que je ne connais pas et ce fameux jus de rhubarbe. Je pensais m’arrêter là. Mais comment résister ? Devant toutes ces tentations, je pense à la pub sur les fromages belges, ne sachant que prendre, le client dit : "de tout, un peu"… J’ai finalement craqué pour une tartelette aux framboises posées sur une mousse de pistache, framboises et thé japonais se marient bien. Cette petite gâterie est un vrai régal ! Et le jus de rhubarbe ! J’ai hâte de voir pousser celle du jardin et de m’essayer à de nouveaux cocktails. Le thé par contre est, comment le dire gentiment ? Pas du tout au diapason du reste, le liquide s’oxyde à vue d’œil, quel dommage ! Ce qui ne m’empêchera pas de revenir dans ce lieu qui me fait penser à Demel (entre autres), une de ces Conditorei dont Vienne a le secret. Puis je rejoins ma sœur pour savourer ce Puits du Dragon tout neuf. Il y a Long Jing et Long Jing ! Nous voici à présent devant ce lieu que je veux lui faire découvrir. Beauté du geste. Beauté tout court. Si Claire a choisi une tisane Barbara (mélange de roses), je me suis laissé séduire par le thé des pluies : "Hommage à Erik Satie, pour ce Oolong au parfum délicat, les gouttes de pluie fine qui tapent sur les vitres de la chambre et les gymnopédies soulignent à souhait l’atmosphère particulière de ce thé".Et je peux vous dire qu’il se marie très bien avec ce qui l’accompagne. Sylviane, j’ai pensé particulièrement à toi en croquent avec gourmandise dans un scone badigeonné de crème et de ce miel +++. Nous y retournons demain. Mais le temps passe, la journée n’est pas encore terminée, un grand rendez-vous nous attend encore. Nous revoilà à nouveau au Thé des Muses, je ne présente plus Michel, le Maître des lieux ni Françoise, "la régionale de l’étape" dixit elle-même qui nous avait concocté un si beau programme il n’y a pas si longtemps. LA rencontre du jour est celle de Guy Heidelberger qui avec son épouse Somjit vit à Mae Salong et a créé ces 2 thés improbables que sont le Suancha et le Ban Mai ! Nous sommes pendus à ses lèvres quand il nous décrit le travail réalisé là-bas, il n’y a aucun doute, nous avons affaire là à un véritable chercheur parti de rien qui à force de travail et de grande patience a réussi un véritable tour de force, ces thés 100% bio. Et, joignant le geste à la parole, il nous montre la façon dont ses théiers sont traités ! Je ne vais pas tout dévoiler ici, j’en reparlerai plus tard en réinfusant ces 2 thés qui prennent aujourd’hui encore plus de valeur. Tout en voyageant avec Guy dans ces plantations si particulières, nous savourons un Ali Shan, cadeau reçu par Michel qui s’est empressé de nous le faire partager, c’est ça l’esprit du thé pour lui. Magnifiques perles assez volumineuses. L’infusion est jaune assez pâle et dégage une saveur de beurre noisette, très fleurie aussi. Et pour accompagner ce breuvage spécial, un cake de Françoise qui se marie bien à ces saveurs subtiles et fortes à la fois. Michel nous montre alors ces feuilles après une première infusion, et là premier étonnement : longues tiges, bourgeon et 4 feuiles. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Bourgeon et 5 feuilles ! Cela met à mal certaines idées reçues, le meilleur thé s’obtient avec le bourgeon et une ou deux feuilles, les feuilles basses sont juste bonnes pour les Lapsang Souchong… Les échanges se poursuivent, très riches, très vrais, empreints de joie, d’intimité et d’émotions, en un mot très thé comme nous le concevons. Puis sans nous en rendre compte, il est déjà 7 heures, nous nous quittons à regret. Merci Guy pour tout ce que tu nous as apporté et à toi Michel pour le partage de ton cadeau. Françoise, Claire et moi prologeons ces moments en allant souper alsacien à la Stub. Elles prennent toutes les deux une flammekuche, tandis que moi je commande ce que je croyais être une petite salade ! Encore des moments chaleureux sous l’œil de Madame qui n’en perd pas une… Il y a aussi des desserts typiques d’ici : un Kugelhof glacé. Et un délice de Pain d’épices. C’est ici que se termine ma journée, Françoise et Claire décident de prolonger la soirée, Dieu sait où… je leur ai quand même suggéré de s’amuser tout en restant sages et vertueuses… On verra demain.