Vendredi c’était le jour de l’Epiphanie, j’ai beaucoup pensé à mes amis grecs pour qui lἘπιφάνεια est une grande fête, elle ne célèbre pas les Rois Mages mais bien le baptême de Jésus.

J’avais rendez-vous ce matin avec Monsieur d’Ormesson et
"C'est une chose étrange à la fin que le monde". J’ai dévoré son livre dès sa sortie en 2010, mais comme je ne veux rien écrire dans la belle édition et que ce que je note dans mes carnets de lecture ne me suffit plus, j’attends qu’il paraisse en poche. C’est actuellement un de mes livres de chevet. Et pour accompagner ma lecture, un surprenant
Bi Lo Chun du Yunnan, découvert à la
Magie du Thé.

A midi, rendez-vous avec ma filleule au restaurant d’abord, plus facile quand on veut bavarder sans être interrompues par mes allers-venues à la cuisine.

Et puis, évidemment, LA galette. Si elle aime le gâteau, elle déteste "toutes ces fêtes commerciales" et m'en a fait part dans son langage fleuri qui se devine rien qu'à son rire. On aurait dû la partager avec mon mari mais il est occupé. Et en accompagnement, le fameux
Yamato Kabuse Sencha, elle ne veut plus rien d’autre, j’ai voulu pourtant lui présenter un thé fait pour cette occasion… Je ne peux lui donner tort, même si dans l’excellence, il y en a d’autres. Et elle a également envoyé un cadeau de saint Nicolas par Internet, ce que je ne fais jamais, je préfère le contact avec les vendeuses surtout dans les librairies, mais impossible de trouver le "jouet", j'ai donc eu recours à la Toile, le "je" est une figure de style... . Nous n’avons pas eu la fève, ouf elle ne voulait pas de la couronne. Après des échanges légers, nous avons abordé des sujets plus sérieux, plus existentiels aussi. Avec elle, rien n’est tabou, c’est ce que j’aime. Et aujourd'hui, on a parlé de la mort, cette dernière grande aventure, et surtout de la façon de l'aborder dignement.

A son départ, un peu de méditation sur la signification de cette fête en compagnie des Rois Mages, des grands santons de Provence. J'aime la symbolique de cette fête. Et je me suis préparé ce
Tribute, un thé noir parfumé aux amandes qui se marie bien avec la frangipane, il vient de chez
ThéOdor. Je ne le connaissais pas, mais quand j’en ai humé le parfum j’ai été séduite, je ne pensais pas le boire mais bien l’employer pour glace et gâteau et mousse au chocolat. Je l’ai essayé en infusion, et j’ai été vraiment séduite. Contrairement à ma filleule, je n’aime pas la galette, trop lourde, trop sucrée mais j’en aime le parfum, exactement celui de ce thé. Nous avons achevé ce gâteau spécial, comme dessert du souper, je me suis contentée de farfouiller dans mon morceau des fois que. Mais c’est mon mari qui a eu la fève et qui s’est sacrifié pour manger ma part.

Puis retour dans mon salon où j’ai envie d’un
Pu Er en gong fu avec ce matériel qui me rappelle mon voyage initiatique à Taiwan.

Et toujours le même rituel, choisir la brique du jour et en prélever de quoi me faire rêver. Il n’y a pas que les humains qui ont besoin de recharger leur batterie, les appareils photos aussi… J’enchaine les passages et comme toujours, je suis éblouie par l’évolution de ce thé si particulier, au départ, il tapisse mon palais de saveurs fortes, ici essentiellement boisées, très terreuses puis elles deviennent plus douces. Comme chaque fois, j’ai une pensée pour Vivien qui, le premier, m’a fait découvrir cette famille de thé. Je pense aussi à celle qui va découvrir ce thé, j’espère que cela va lui plaire (= message codé). Après 11 passages, ces feuilles ont tout donné, je leur jette un regard reconnaissant avant de les rendre à la terre. C’est sur ces émotions que se termine cette journée. Nous sommes maintenant samedi, j’ai envie de retrouver le juge Ti.

Et donc un thé de lecture. Ce sera un Oolong de lecture infusé dans cette théière "Simple yet Perfect" dont j’ai parlé ici :
http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/09/avant-la-suite-de-lhistoire-des-thires.html . Il faut la coucher pour infuser les feuilles.

Puis elle se relève pour nos offrir son travail, le filtre est suffisamment grand pour que les feuilles s’ouvrent sans être confinées.

Le Juge Ti maintenant… j’ai longtemps attendu avant de me plonger dans ses nouvelles aventures écrites par un nouvel auteur. J’ai été tellement transportée par les récits de Robert van Gulick que je me méfiais, c’est ma libraire qui m’a convaincue d’essayer. Je ne le regrette pas jusqu’ici, même si le début de ce récit me paraissait un peu lent, je ne suis pas très patiente. Le samedi, c’est un rituel, je goûte avec mon mari mais aujourd’hui, trop prise par ma lecture, je n’ai pas eu envie de descendre. Pas grave, dans la série "Si tu ne viens pas à Lagardère…", mon mari est monté jusqu’à moi.

A bien le regarder, il me fait penser à Jean Marais… Je ne regrette pas cet entracte chocolaté accompagné d’un
Milky Oolong tea, nous avons bien ri. Mais ce n’est pas tout cela, après un passage sur Face de Bouc (eh oui, tout arrive), j’achève
Le guide de survie d’un juge en Chine. Le bilan de ma lecture est mitigé, mais je ne veux pas définitivement fermer la porte, lundi, je retournerai à la librairie. Dimanche, grasse matinée puis balade en forêt, il y a un beau soleil et il ne fait pas trop froid. Puis, bonne nouvelle, pas de cuisine, mon mari m’invite au restaurant, l’envers de la médaille, il n’y a pas de thé, pardon il n’y a que des thés en sachet… ça va être long!

Et cet après-midi,
Darjeeling Singbulli en compagnie de Jean. J’ai relu cette partie intitulée "Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ?" Bonne réflexion...

Et ce soir, retour vers le Pu Er.

Les feuilles sèches dégagent déjà un parfum de sous-bois et de feuilles.

Qui se retrouvent dans les infusions successives, contraste entre la saveur de sous-bois, un arrière-goût "salé" prononcée et le "velouté" du liquide. Pendant les différents passages, je pense à mes petits-enfants : les 3 grands commencent leur session d'examen de janvier, ils sont prêts j’en suis certaine mais je croise quand même les doigts pour eux. A dans 3 semaines pour fêter vos résultats, je penserai très fort à vous.

Les feuilles infusées dégagent maintenant des notes marines, ??? Décidément, ce thé m'étonnera toujours. Quoi qu'il en soit, le cocktail lecture, méditation, thé est à consommer sans modération, il est synonyme de bien-être, de détente et de sérénité.