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vendredi 25 juillet 2014

Une journée comme je les aime, surprenante et inattendue

Dimanche je recevrai des amies du thé, je serai donc très occupée ce samedi aussi je m'octroie une journée de détente aujourd'hui.
Il fait très doux dehors, un ciel tout bleu inondé de soleil, un soleil sur la terrasse sans oublier celui qui est dans mon cœur...
Encore tout imprégnée des émotions de dimanche, je me prépare un Sencha +++ un cadeau de Staf. En admirant ce merveilleux bol, un cadeau de Jipi, je me rappelle d'autres émotions, j'avais été tellement émue et pétrifiée quand j'ai vu l'exposition sur les raku au Musée Cernuschi à l'époque où je ne connaissais pas encore leur utilité ni le Matcha, et la même émotion ici http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2010/03/encore-des-moments-de-partage-tres.html , alors que je n'ai touché aucun de ces bols, j'avais l'impression qu'ils étaient vivants que je sentais l'âme de l'artiste et que j'allais voir travailler ses mains... Comme tous les objets faits à la main ils sont uniques et coûtent assez cher pour la plupart, l'artiste a pris du temps et y a mis son âme, c'est un temps de vie pour lui et il a aussi du respect pour celui qui l'achète parce qu'il a travaillé dur pour pouvoir s'offrir l’œuvre, c'est moins l'argent qui est important ici, mais cette notion de temps de vie. Pas étonnant qu'on y associe le kai, le respect de soi, des autres et des objets. Et une pensée très émue pour ma chère Framboise qui m'a tant appris sur ce pays où elle a vécu, que le Qi de ce Sencha partagé symboliquement avec elle contribue à lui faire retrouver son énergie...
C'est à tout cela que je pensais en savourant ce doux breuvage et j'admirais en même temps la jolie étiquette de ce thé dont l'écrin est vide à présent.
Après 3 kyusus, les belles vont maintenant entamer une nouvelle vie.
Et après avoir une dernière fois observé les butineuses, il est temps que j'aille faire les courses pour les préparations de demain.
Cet après-midi, malgré un ciel menaçant, je retourne sur cette terrasse que j'aime tant.
Au programme, lecture de ces petits fascicules qui vont m'en apprendre encore sur la culture de ce Japon énigmatique pour moi.
Et un Prune vert griffé Lupicia dans cette théière que j'affectionne tout particulièrement, merci cher Guillaume, ma première tasse sera pour toi en pensée. Ces petites brochures sont de vraies mines d'or, j'y ai trouvé de quoi alimenter en les complétant les informations reçues de Charles dimanche dernier à Mariemont, j'en ferai des billets prochainement.
Entre deux j'observe le ciel, si devant moi il reste menaçant, à ma droite il est tout bleu
et à ma gauche, il hésite entre les deux, j'aime ces contrastes...
Après 2 théières, le sachet de ce fabuleux thé est vide, les feuilles encore très odorantes vont rejoindre celles de ce matin.
Je n'ai momentanément plus soif sauf de lecture, encore une vraie "bible" et sans jeux de mots ! Merci chère Cathy de m'avoir conseillé cette lecture dont plus de la moitié est consacrée à l'hospitalité japonaise à travers le Chadô (la voie du thé), le Sesshin (la méditation) et le Sôdô (le monastère), nourritures spirituelles de haut-vol qui me donnent envie d'entrer en contact avec son auteur... d'autant que je connais ce monastère pour l'avoir fréquenté en son temps avec mon Ami Guy qui a rejoint les étoiles depuis longtemps déjà mais qui reste vivant à jamais dans mon cœur, il fait partie de mes grands Absents. 
A la fin de cette journée si riche en émotions, un bref retour sur ma terrasse pour admirer cette nature, les fleurs et les arbres ont très soif, j'espère qu'il pleuvra cette nuit.
Mais avant cela, j'ai envie d'écouter sa voix chaude, si vivante, et de me remémorer les moments intenses passés en sa compagnie, merci cher Guy pour ce que tu as été et est toujours pour moi... Je ne m'attendais pas à ce que cette belle journée se termine de si belle manière, merci à tous ceux qui ont initié cela sans le savoir, la vie est pleine de grands bonheurs !

lundi 21 juillet 2014

Retour au Japon...


Ce matin le temps tout gris mais doux m'invite à profiter de la terrasse en attendant la traditionnelle drache nationale, 21 juillet oblige.
Au menu, lecture et thé, un Sencha griffé Tamayura, je veux me replonger dans ce livret qui contient des informations que je n'avais pas bien comprises avant la séance d'hier.
En admirant ce bol si vivant avant d'y plonger les lèvres, je suis d'autant plus touchée que je sais maintenant que ce bol raku a pour origine une simple tuile. Sen no Rikyu voulait trouver un bol qui ne brûle pas les mains et il s'est dit que les tuiles du toit servaient à protéger du froid bien sûr mais aussi de la chaleur ; il a contacté un artisan du nom de Chôjirô et lui a demander de transformer une tuile en bol, d'abord réticent, ce n'était pas son métier, il a fini par accepter et à "simplement" replié les coins pour donner à la tuile une forme arrondie, le premier bol à thé dans cette matière improbable était né. Quand Rikyu a vu ce travail, il lui a donné le nom de raku, qui signifie bonheur en hommage à Chôjirô, cet artisan de génie. Dans cette brochure on parle de ces bols comme étant des "pièces vivantes à l'âme sereine et profonde." J'en reparlerai dans un autres billet consacré à la symbolique des objets que nous avons découverte hier, j'en suis encore bouleversée...
Le bol est vide, retour au Musée de Mariemont.
Charles, le maître Urasenke nous explique que la séance se déroulera en 2 temps, d'abord une partie silencieuse : une personne volontaire, ce sera Cathy, est invitée à partager le thé avec lui dans le chashitsu, le pavillon de thé, (je ne sais pas la différence entre celui-ci et le tokoname, à creuser, j'espère que j'ai bien compris, Cathy à toi de m'éclairer...), ensuite un bol sera distribué à l'assemblée présente, une vingtaine de participants assis sur des chaises, il commentera alors ce qui s'est passé.
De ma place, j'observe la réaction de ceux qui m'entourent,
certains ne manifestent rien,
d'autres montrent des mimiques de perplexité, quant à mon voisin, il est littéralement séduit, il rayonne et manifeste son enthousiasme par des mimiques et des gestes très parlants.
La séance terminée, chaque participant reçoit un castela, ce petit gâteau typique à base d’œufs, de miel et de farine amené à l'époque par les Portugais.
Puis, nous recevons le fameux chawan, création d'une artiste belge, Bie Van Gucht résidant à Rumst. Cathy a droit à un second bien mérité après l'étuve du tokoname...
Ici aussi, Cathy et moi écoutons discrètement les commentaires des participants tout en observant leurs mimiques en trempant leurs lèvres dans ce breuvage, cela nous fait sourire et me rappelle qu'à l'époque j'avais très peu apprécié cette soupe aux épinards. Si au niveau des échanges et de l'ambiance plus chaleureuse, j'ai de loin préféré Hasselt http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2014/06/un-premier-juin-memorable-intenses.html dû à la beauté du kimono de Cathy et Staf, et à la disposition en U entre autres, j'ai été tout à fait impressionnée et séduite par la mine d'informations nouvelles données par Charles Van Overstijns, ce maître passionné et passionnant. Il a donné au sujet de cette cérémonie des informations historiques très pointues, il vivait ce qu'il disait, Cathy et moi étions pendues à ses lèvres (et nous n'étions pas les seules). J'ai ainsi appris que ce à quoi nous avons assisté se nomme Chakai qui signifie réunion de Thé, au cours de laquelle on sert du thé léger ou Usucha, qui est un thé fouetté. (Dans la voiture au retour Cathy m'a dit que le Koicha lui est un thé battu réalisé avec un Matcha d'une qualité supérieure, j'en saurai très bientôt plus, Staf m'en préparera quand ils reviendront ici, j'espère fin août !) Une dernière précision, ce qu'on nomme Cha no Yu est un terme générique et est plus relié à l'aspect technique, il prend plusieurs aspects dont les 2 principaux sont le Chaji et le Chakai. Mais ce qui m'a le plus interpellée, c'est tout ce qui concerne la symbolique des objets, surtout le lien avec les autres philosophies et religions.
Nous retraversons une partie du parc,
en jetant un dernier regard à cet arbre unique...
au nom qui l'est tout autant, d'habitude ce panneau concerne plutôt les chiens... 
Sur les conseils de Cathy, j'ai acheté ce livre, l'illustration de la couverture donne déjà une idée du contenu, ce sera ma lecture du soir, accompagnée d'une Tisane de l'Abbaye griffée ThéÔdor.
Je pensais d'abord lire ces petits fascicules mais j'ai changé d'avis, je suis trop impatiente d'en savoir plus sur la symbolique des différents objets. Encore MERCI chère Cathy pour ces moments uniques de partage et tes photos, profite bien de ton escapade londonienne et à très vite. Ici le ciel est toujours aussi gris souris mais on a échappé à la drache nationale, les traditions se perdent, et les plantes ont soif.

lundi 2 juin 2014

Un premier juin mémorable, intenses rétrolfactions

J'aurais dû rédiger ce billet hier soir en rentrant mais la tête dans les étoiles (que l'on a coutume de dire de manière triviale tête en l'air), en faisant de grands coucous à Cha Yua qui m'a ramené de cette journée magique, j'ai raté une marche et je me suis étalée, mon dos n'a pas aimé du tout, moi non plus d'ailleurs... Je suis toujours coincée ce matin, cela ne va pas m'empêcher de me livrer à mes petites manies.
Première chose, aller voir l'étendue de ce massacre tonitruant.
Un des géants n'a pas résisté à la machine infernale.
Comme seule la position debout est confortable, c'est sur mon meuble coréen que je procède à mon rituel-santé : Essence de pollen de fleurs de thé et les 3 étrangetés en espérant que mon dos y réagira.
Je me prépare ensuite ce Matcha que j'aime tant, et pour cause...
comme une rétrolfaction sucrée de ce qui s'est passé hier au Japanse tuin d'Hasselt, j'y reviendrai.
Je le bats debout et donc ma table habituelle convient bien mais pour le savourer, je le transpose sur mon meuble et je le savoure en pensant très fort à ma chère Cathy dont c'est aujourd'hui l'anniversaire.
Le bruit dehors est de plus en plus assourdissant malgré la musique très zen.
 
Alors, pour me consoler, j'accompagne ce breuvage de ces deux petites gâteries, réminiscence d'hier soir
que 2 folles de thé (oui, oui plus que moi encore) m'ont généreusement offert en me disant "tu les mangeras demain en pensant à nous", c'est chose faite. Ceci dit cette photo vous donne déjà un aperçu de l'ambiance.
Je dois être un peu maso, je ne peux m'empêcher de tourner la tête, j'admire mon mari qui, stoïque, assiste de très au massacre, moi je ne peux pas, malgré le beau temps, je me calfeutre dans mon cocon. Je reviens donc au compte-rendu de la fabuleuse journée d'hier. "C'est l'espérance folle qui nous console de tomber du nid", c'est avec cette chanson dans la tête que je me suis réveillée en ce dimanche inondé de soleil. Certitude plus qu'espérance que cette journée sera flamboyante. Rituel-santé d'abord puis, pour me mettre dans l'ambiance,
ce Matcha fabuleux, cuvée personnelle de Guillaume,
et ces objets qui me rappellent d'autres beaux gestes d'amitié : la calligraphie de Staf, le bouddha de Cathy, que je retrouverai tantôt à Hasselt et pour méditer sur ce bonheur le CD de Lune que j'espère rencontrer dans ce jardin japonais de toute beauté.
Un deuxième passage pour le péché de gourmandise. Je savoure chaque gorgée de ce nectar en pensant à eux mais aussi à ma première expérience, heureusement que je ne me suis pas arrêtée là... http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2008/05/mon-premier-cha-no-yu.html , à l'attention particulière de Nadiejda et Marina à qui j'en ai parlé hier, la preuve que certains thés demandent à être apprivoisés. En toute grande forme après ce traitement-choc, le peaufine le dîner que nous devrons prendre tôt. Au programme, cha no yu à Hasselt où nous devons être à 3 heures. Mais la journée ne s'arrêtera pas là, au retour LA fête d'anniversaire de Source de lumière, un an déjà! http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/05/je-suis-allee-au-shangri-la-ou-jai.html. Mais rien ne s'est passé comme nous l'avions prévu. Sur l'autoroute vers Hasselt, gros ralentissement dû à des travaux, une bande sur les trois, on ne respecte même plus le jour du Seigneur dans cette Flandre réputée catholique pourtant. Nous sommes donc arrivés trop tard pour le Cha No Yu de 15 heures, heureusement il y avait encore de la place pour celui de 16h15, mais cela n'arrange pas la suite de mon programme, malgré la beauté du lieu, je ne suis pas très zen.
Passé le Tori pourtant,
la vue de ces paysages,
la magnificence de la nature,
le spectacle de ces koïs
ont sur moi un effet bénéfique;
je parviens à vivre intensément le moment présent.
Aujourd'hui dans cet endroit qui s'y prête bien sont organisées des activités par le Centre culturel japonais.
Parmi celles-ci, concert de musique et chants japonais,
calligraphie et
petits amuse-bouches typiques.
Je ne sais quoi penser de cette surprenante affirmation, si ce n'est que je déteste cette boisson dite nationale.
Il est tout doucement temps de nous diriger
vers la chambre de thé.
Un bref regard vers la partie droite de cette maison traditionnelle.
Ravie de retrouver Staf
et Cathy dans leur costume traditionnel.
Et tandis que Staf raconte l'histoire du thé japonais,
j'admire ces objets 
dans ce lieu dépouillé.
Sur le mur, une sobre calligraphie qui en dit long: Purifier le cœur.
La cérémonie commence,
les gestes précis,
lents et si harmonieux
appellent à la détente. Je n'en ai immortalisé que quelques-uns prise que j'étais par cette vraie magie et ce qu'elle provoque en moi.
Les hôtes découvrent cette poudre verte.
Et la façon de les transformer
en "eau chaude pour le thé" avant de pouvoir le savourer.
A commencer par l'offrande d'un biscuit réalisé par Staf.
J'ai hâte de découvrir la réction de cette superbe jeune fille japonaise.
Elle ne se fait pas attendre, elle rayonne.
Cathy continue à offrir le Matcha aux autres invitées, 3 très jeunes filles pour qui c'est la première fois tandis que Chris montre les gestes à avoir pour tenir le chawan et leur signification.
C'est à moi à goûter ce biscuit au Matcha.
Je suis émue en portant le chawan à mes lèvres.
Au tour de Christophe à présent
puis de Sophie.
Vont-ils connaître l'extase du thé?
C'est oui, assurément, j'en suis heureuse.
La séance touche à sa fin,
Staf procède au rangement des objets puis répond aux questions des participants
tandis que Cathy remet le matériel à sa place.
J'admire au passage le dos de son magnifique kimono.
C'est à regret que nous quittons cet endroit empreint de cette culture japonaise que j'ai appris à aimer.
Difficile d'en détourner les yeux.
 

Il va bien falloir pourtant.
L'élément eau est évidemment très présent ici.
Son clapotis participe en la complétant l'immense sérénité qui nous envahit dès l'entrée dans ce jardin.
Même quand il se tranforme en cascade,
on se croirait vraiment au pays du Soleil levant! Autre émotion, je m'imagine tenant la main de mon petit Dragon, lui faisant découvrir la beauté de la nature, et l'empêcher de plonger pour attraper les koïs... Message pas du tout codé!
Iris d'eau
que je ne suis pas la seule à admirer!
Que dire? Rien, admirer seulement
la prolifixion de cet arbre dont les branches croulent sur l'abondance de ses fruits.
Un dernier regard à ce Tori et il est temps de se remettre en route. Direction Bruxelles, malheureusement pas rue du Postillon, il est passé 19h, les festivités là-bas sont terminées. Elles vont se poursuivre dans ce petit coin du Tibet,
Place de la Petite Suisse.
Ici exactement, et Jing m'a appris que Dukhar signifie Xing Fu en tibétain, c'est-à-dire BONHEUR... tout est dit!
Je suis la première arrivée et en attendant mes compagnons du thé, je profite des derniers rayons de soleil en savourant une délicieuse infusion au gingembre et aux baies de goji. Un vrai délice que je referai à la maison. Je n'attendrai pas longtemps.
Ravie de revoir Géraldine, Nadiejda, Brigitte,
Cha Yua, Monica,
Jing, rayonnante comme toujours, Coralie, Sugi, Agnès
et moi... Papotages, partage et rires au menu de ce repas succulent et végétarien.
C'est le moment des desserts, leurs saveurs provoquent chez certaines
une hilarité certaine ! C'est dans cet état qu'elles m'ont généreusement offert ces gâteries dont j'ai parlé plus haut. Et pourtant, elles n'ont bu que de l'eau, à table du moins.
A la fin de ce repas homérique, certains prennent des tisanes, sur les conseils de Jing je goûte à ce mélange particulier composé de longan, dattes, baies de goji, écorce de citrons, abricots.
A boire et à manger quoi.
D'habitude, ce sont les amis qui offrent un cadeau à la jubilaire, mais ici c'est le contraire, nous avons toutes reçu un petit présent, MERCI du fond du coeur chère Jing bien sûr pour cela mais aussi et surtout pour tout ce que tu a apporté dans ce monde du thé, cet Esprit que d'autres ont oublié... C'est ici que se termine ce fabuleux dimanche plein d'émotions fortes dans cette ambiance si particulière que seule cette boisson mythique peut procurer. C'est grâce à ce week-end exceptionnel que je parviens à surmonter cette tristesse face à la disparition des arbres, j'ai l'âme en paix.
Même si cela continue de plus belle, façon de parler, 
la physionomie du fond du jardin est complètement modifiée, le seul avantage est la lumière intense qui s'en dégage maintenant, mais à quel prix! J'ai hâte maintenant que tout soit terminé, en principe, ce sera pour demain, il fait si beau et doux dehors, j'ai envie de retrouver ma terrasse et le chant mélodieux des oiseaux...