jeudi 16 mai 2019

Quand mes passions remplissent mes journées !

S'adonner à ses passions sans réserve et sans mesure est pour moi la définition du bonheur, elles me permettent de supporter ma très contre-nature sédentarisation forcée... depuis petite j'ai toujours été une nomade dans l'âme, ma mère m'appelait déjà à l'époque Julie vadrouille. Heureusement, certaines de mes passions sont aussi des voyages : le thé, la lecture, la musique. Quant à la Nature, elle m'est indispensable en me permettant de mettre à distance mes côtés plus sombres comme principalement la colère, c'est ma bonne Fée, elle me prend dans ses bras et m'apaise. 
C'est avec elle que je partage aussi mon bonheur et mes émotions comme quand le fleuriste est venu m'apporter ce merveilleux bouquet et des paroles d'Amour, c'était dimanche, jour de la fête des mères. Il fait encore trop frisquet pour rester dehors aussi après avoir enlacé mes arbres, c'est dans mon cocon où j'installe exceptionnellement mon PC et mon dictionnaire, que je reprends La péninsule aux 24 saisons de Inaba Mayumi pour rechercher dans le dictionnaire une quantité de mots inconnus, d'après le contexte, il doit s'agir de plantes, de légumes et de fruits mais aussi, péninsule oblige, de coquillages et de poissons mais j'ai assez vite arrêté cette fastidieuse tâche pour relire certaines phrases ou certains passages qui m'avaient touchée à commencer par Je me lève et je me couche au gré de mon humeur ce que je fais moi aussi depuis que je suis en vacances perpétuelles, je ne porte plus de montre, le donneur de temps n'est plus le cadran de cet engin, je l'ai remplacé, un vrai bonheur ! Ou encore : La forêt.(...) La certitude que je vais pouvoir me promener en forêt me fait sauter de joie. (...) De plus, mieux vaut pénétrer seule dans la forêt. Car le silence est souvent plus fécond que l'échange de propos. A se laisser emporter par la conversation, on risque de perdre de vue l'essentiel. J'ai la grande chance d'avoir la forêt dans la propriété, j'y vais chaque fois qu'il fait beau armée seulement de mes jumelles et de mon appareil photo, tous mes sens en éveil. Je pourrais en citer bien d'autres encore, je m'arrêterai à ce dernier passage, son ode à la lune et aux étoiles : Je fais brûler encens sur encens, et mon plaisir de chaque soir est de contempler depuis ma terrasse le mouvement de la lune et des étoiles. Je m'étends sur une chaise longue et je regarde d'un oeil nonchalant la voûte céleste. Alors un remous traverse mon corps de la tête aux pieds.Est-ce le tremblement de la rotation de la Terre ? J'éprouve une sensation inconnue qui m'enveloppe tout entière, comme si mon corps et le ciel étaient liés pour un instant.En même temps, sans se perdre, mon être reste attaché à la Terre, et j'ai l'impression,sans pouvoir me l'expliquer,que j'assiste à un miracle. Ce roman raconte douze mois de la vie d'une femme de la ville qui a décidé de quitter la vie trépidante de Tokyo à la mort de sa meilleure amie. Elle s'installe dans la maison de campagne familiale et découvre cette autre vie en contact direct avec la nature, l'occasion pour elle de faire le point sur sa vie. Elle retrouve les joies simples d'une vie rythmée par les saisons, le contact et l'entraide de quelques habitants. Aucune action dans ce roman atypique empreint d'une certaine poésie, celle de l'instant. Le fil conducteur est cet ancien calendrier qui découpe l'année en 24 saisons qui indique précisément ce qu'il faut planter, quand, et qu'en faire une fois récolté : des confitures, conserver les légumes et les fruits en pots, partage des récoltes avec les voisins. Ce sont ces gestes quotidiens, simples, répétitifs et ses longues promenades solitaires qui lui font retrouver l'apaisement et cette sérénité perdue avant de retrouver la ville et un nouveau départ. J'ai beaucoup aimé la suivre dans cette retraite loin de Tokyo, tant de points communs avec ma vie actuelle... MERCI chère Cathy, tu ne t'étais pas trompée ! 
En admirant ce ciel où la lumière flamboyante du soleil le dispute aux gros nuages noirs, j'ai eu envie d'aller faire le tour de mon domaine de prédilection, cette Nature source de vie... L'air est frais, toutes les nuances de verts printaniers ressortent différemment à la lumière tombante, les oiseaux, beaucoup moins visibles, se sont tus, je savoure cette quiétude. Aujourd'hui, ma première tâche est de changer l'eau de ces magnifiques fleurs, il faudra que je change de vase, je les trouve trop serrées maintenant que certaines s'ouvrent, je veux les garder le plus longtemps possible ! 
Rituel encore : choisir les feuilles, ici celles d'un Daehsan Nokcha, infusées et servies dans ce beau set coréen, je le savoure à la santé de mon généreux donateur en méditant sur la force de l'Amitié... Je n'aurai pas beaucoup le temps de lire aujourd'hui, j'attends deux amies chères, aussi ce sera quelques pages de cette brique Ecoute l'arbre et la feuille dont j'ai déjà parlé ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/03/lectures-palpitantes-face-aux-elements.html. INTERLUDE MITSUMATA. Et c'en est vraiment un, ou presque, l'auteur parle de la fabrication du papier à Echizen, et aussi d'une déesse : Kawakami Gosen. Cela m'a rappelé un lointain souvenir, une initiation à la reliure japonaise à une époque où le thé n'avait pas encore pénétré dans ma vie. Nous avions aussi fabriqué un papier spécial, assez rugueux, on y voyait encore quelques fibres de bois. 
Bien des années plus tard, j'ai trouvé un album avec les mêmes techniques, je l'ai utilisé pour illustrer le fabuleux voyage à Paris d'une petite fille qui pour son anniversaire a souhaité aller à Paris pour faire le tour des salons ... de thé, mais pas qu'un jour hein Nanny, c'était en 2004, cette année elle termine ses études universitaires, elle aime toujours autant le thé ! 
Ma promenade quotidienne sous un ciel bleu strié de lignes parallèles pour enlacer mes arbres avant l'arrivée de mes amies... Sauf que je les attends toujours, elles sont restées bloquées à Namur, un incendie à la gare du Nord de Bruxelles a mis tout le réseau chaos, on a reporté notre rencontre, et moi pour calmer ma colère, je me suis déchaînée au jardin, mes vieux os n'ont pas aimé et me le font savoir. Demain, ce sera repos complet pour être en forme jeudi ! Nuit difficile, cela m'apprendra à ne pas écouter mon corps et arrêter de le malmener, pourtant je n'ai pas réalisé la moitié de mon projet. 
Beau ciel bleu sans aucun nuage et douce température, propice à une balade mais ce ne sera pas pour moi aujourd'hui. 
Programme de la journée: thé infusé à froid, Once Upon a Time saveur fraise, jasmin, épice après un Keemun au petit-déjeuner, observation de la Nature, peut-être arranger la jardinière de la terrasse de la cuisine, et surtout lecture de cette brique de 309 pages largement illustrée : SHINRIN YOKU, L'art et la science du bain de forêt, écrit par la Dr Qing Li, paru aux éditions FIRST en mars 2018. 
A la fois fruité et fleuri avec une pointe d'épices, il est parfait pour la lecture par cette douce chaleur. 
La quatrième de couverture nous résume l'essentiel de cet ouvrage, à moi les détails à présent. J'ai pour l'instant parcouru l'ensemble de l'ouvrage, comme une promenade virtuelle en forêt en regardant les nombreuses photos légendées, 
je suis restée en arrêt sur celle représentant des bouleaux encore jeunes dans leurs habits d'hiver. "Le bouleau blanc est particulièrement efficace pour absorber les particules émises par les voitures". Berkenrode (verges de bouleau) est le nom de notre propriété, en hiver leur tronc blanc et marron donne un peu de couleur à cette saison triste. Ce sont ces arbres qu'il faudrait planter dans les villes au lieu des marronniers et autres platanes comme le montre cette expérience : "Au Royaume-Uni, des scientifiques ont mené une expérience dans les rues de Lancaster. Ils ont tout d'abord mesuré la quantité de particules entrant dans les maisons (en mesurant la quantité de poussière se déposant sur les téléviseurs). Ils ont ensuite planté une rangée de bouleaux blancs dans la rue.Au bout de deux semaines, les scientifiques ont étudié les feuilles des arbres à l'aide d'un microscope électronique spécial. Les feuilles sont tapissées de minuscules poils qui emprisonnent les particules émises par les voitures passant dans la rue.A la fin de l'expérience, les téléviseurs présentaient 50% de poussière en moins qu'au début." 
Si la journée il fait très doux, le soir la température baisse très fort, j'ai donc rallumé le chauffage pour écouter de la musique dans mon salon en commençant à rédiger mon billet mais j'ai oublié de le couper avant d'aller rejoindre les bras accueillants de Morphée. Résultat les fleurs ont eu très chaud et ma première action fut de leur redonner un coup de fouet en leur donnant plus d'espace et en coupant fortement celles qui avaient le plus souffert comme les gerberas. 
Suivent mes rituels : l'hommage à la Nature, je remplis mes poumons de l'air vivifiant du matin en admirant les nuances de verts tendres des feuilles printanières. 
Les azalées commencent à fleurir, les rhodos suivront bientôt.
Ce matin, ce délicieux thé vert vietnamien que je savoure avec émotion, mes pensées traversent l'Atlantique et s'envolent vers toi, chère Kris, comme je te l'ai dit, j'en boirai pour deux le temps qu'il faudra !... Je reviens des courses au village, ce midi, ce sera diner crustacés et saumon, 
mon thé d'apéritif est tout choisi : un Kabuse cha dont le portrait se trouve page 160. J'apprends que c'est un cousin germain du Gyokuro Même traitement que celui-ci mais période moins longue et cueilli mécaniquement. Dans la tasse (Kris, les deux premières sont pour toi, une pour chaque oeil...), belle couleur jaune légèrement trouble ; l'umami est bien présent, saveurs de légumes mais un peu amer, contrairement au Gyokuro, les feuilles infusées seront arrosées de sauce soja pour faire mariner les crevettes grises de l'entrée. 
C'est avec beaucoup d'émotion que je pénètre chez UNAMI, impatiente de revoir Jean-Benoit et Lydia Gautier venue dédicacer son dernier bébé Portraits de thés dont j'ai déjà parlé entre autres ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2018/10/portraits-de-thes.html. Comme thé d'accueil, 
Lydia nous offre une de ses créations sur un thé blanc du Népal, le Tea Estate Shangri-la, décrit page 213, auquel elle a ajouté un bouton de rose qui provient d'un petit producteur certifié bio. 
Infusée à froid, la liqueur est incroyablement douce, légèrement sucrée avec des notes fleuries, émotion gustative évidente... Il faut absolument que je m'en procure ! 
Le deuxième est un Pu Er shu infusé à chaud auquel elle a adjoint une grande fêve tonka que mon mari, quand lui ai montré la photo, a prise pour un scarabée, no comment ! 
Vous êtes rayonnantes, je suis si heureuse de vous voir ensemble. Vous êtes toutes les deux d'authentiques sommelières dont le savoir et la compétence n'ont d'égal que votre modestie, bien loin des autoproclamées qui sous prétexte qu'elles en savent un peu plus, ou le font croire, se donnent ce titre, ce qui est de la malhonnêteté intellectuelle et un sens moral quasi inexistant, au pays des aveugles les borgnes sont rois… 
A côté de sa valeur intrinsèque ce livre devient hors de prix grâce à la signature ! 
Une autre signature qui ravira celle à qui elle est destinée… Devant un public très intéressé, Lydia raconte la genèse de son livre, sa philosophie : privilégier le contact avec les petits producteurs, parle de ses coups de cœur gustatifs mais aussi a le souci d'encourager ceux dont les thés ne sont pas encore ce qu'on pourrait en attendre mais chez qui elle sent une véritable volonté s'améliorer. Et enfin, elle parle de l'avenir des plantations, du piège du bio auquel elle préfère le terme d'agriculture raisonnée, de permaculture, d'agroforesterie, en plus de sa formation d'ingénieure agronome, elle a un vrai don de pédagogue, c'est un vrai plaisir de l'écouter ! MERCI chère Lydia, j'attends avec impatience le prochain… 
C'est pas tout cela, mais il est temps de nous quitter, cher Jean-Benoît j'ai été ravie de te revoir et d'évoquer quelques souvenirs, j'ai hâte de me servir des trésors que j'ai ramenés, ce sera pour demain ! MERCI aussi à toi ma chère Carine, pour nos échanges toujours si riches, si vrais et ... pour l'eau gazeuse, je te revaudrai cela, mais pour cela il faudra que tu viennes jusqu'ici (= message codé). Ce sont des journées comme celles-ci qui aident à oublier les scories de la vie… J'en redemande!

dimanche 12 mai 2019

Après la pluie, le grand beau temps...

Le temps, la durée, notions complexes, contre lesquelles nous n'avons quasi aucun pouvoir, sauf celui de l'accepter mais certainement pas le subir... Il n'existe pas de mesure du temps contrairement à la durée. Ce serait donc tellement simple mais ce serait ne pas tenir compte de la perception qu'on en a : une minute parait durer une heure quand on est obligé de s'adonner à une tâche qu'on n'aime pas ou une seconde quand on partage des moments forts. C'est avec la mort, la dernière conversation échangée avec mon ami Daniel avant son départ vers les étoiles. Nous nous connaissions depuis près de 50 ans, nous avions beaucoup de passions communes : la musique, la nature, la lecture, les voyages, à l'exception notoire du thé qu'il n'a jamais aimé et de Chostakovitch qu'il a vainement essayé de me faire apprécier! Sa passion pour les voyages était de loin la plus forte, il a fait le tour du monde, plus comme un explorateur que comme un touriste mais il y a un an, il a fait un malaise important à la fin de son dernier voyage en Nouvelle Guinée : il a dû se faire opérer du coeur et l'avion lui a été fortement déconseillé sauf pour des petits trajets, ce qui ne l'intéressait pas vraiment, il s'est donc rabattu sur sa deuxième passion, la musique, c'était un fou d'opéra. Il y a un mois, son coeur a de nouveau lâché, il a su alors que son voyage sur terre touchait à sa fin. Il a rejoint les étoiles le 30 avril... De cet ultime voyage, nous avons aussi beaucoup parlé, nous partagions les mêmes idées à ce sujet... Même s'il vit en moi, comme tous ceux que j'ai aimés, je ressens encore un manque. Mais surtout de la colère envers sa famille qui n'a pas respecté ses dernières volontés : aucune cérémonie. Quand j'ai dit à sa soeur que c'était indigne - elle a eu le culot de me demander d'y participer – sa réponse fut "qu'il n'avait pas le droit de nous faire cela, qu'est-ce que les gens allaient penser".  J'étais hors de moi, un moment j'ai voulu y aller et le faire ce discours que cette hypocrite demandait, j'aurais dit que Daniel avait demandé expressément qu'il n'y ait aucune cérémonie plus quelques phrases choisies concernant le respect dû aux morts, mais c'était dans une église, c'est ce qui m'a retenue, Daniel qui était croyant n'aurait pas aimé je pense. Honte à cette famille bourgeoise catho. Adieu, Elan généreux, tu es retourné "à la maison du Père", tu aimais cette formule, si tu en as la possibilité, fais-moi signe... en tous cas, MERCI pour tout ce que tu étais et es toujours pour moi. Il m'a fallu dix jours pour digérer l'infamie, cela me rendait malade mais hier, je me suis sentie plus sereine, est-ce un signe ? J'y crois et j'ai donc décidé de sortir de cet état, il n'y avait qu'un lieu pour cela, ce petit coin du Japon à Anvers. 
Belle lumière sur ce quai de la gare d'Hoeilaart, pas un humain et seuls les roucoulements de deux pigeons amoureux troublent le silence. 
Bien installée dans le train, j'achève la lecture de ce livre que m'avait conseillé Cathy : "il te plaira certainement", tu as bien raison… En regardant l'illustration de la couverture, on pourrait penser que c'est une flore, quant au titre, très curieux. 
La quatrième de couverture lève le voile sur l'énigme, j'en reparlerai. 
Je n'ai pas vu le temps passer, plongée que j'étais dans ma lecture, me voilà déjà dans cette gare magnifique dont la verrière laisse passer une lumière grisâtre. 
C'est toujours avec émotion que je pénètre dans ce lieu empreint de zénitude, accueillie par une Cathy rayonnante qui au téléphone m'a dit qu'elle avait beaucoup de choses à me raconter, cela tombe bien, moi aussi et j'ai hâte. 
Ma table est réservée aux pieds de l'étang de ces grenouilles heureuses, je les verrais bien dans mon salon bleu-thé... Bravo l'artiste!
Comme thé d'accueil Cathy me propose un Sencha d'automne, aux grandes feuilles plates ou légèrement torsadées parsemées de tiges, beau camaïeu de verts. Je ne sais pourquoi elles me font penser au... tilleul ! 
La liqueur est assez pâle, jaune-orangé. En bouche, rien à voir avec ce que je connais des Senchas, pas du tout iodé, il est plus rond et dégage une légère note fumée, très belle et surprenante découverte quand Marseille s'invite à Anvers. Cathy ne tarit pas d'éloges sur celle qui la lui a conseillé avec tant de passion, Lorène de la Cave à thés. Et sa Cave renferme d'autres trésors, elle aurait bien tout ramené... comme je te comprends chère Cathy ! 
Premières petites gâteries : biscuit maison à base de farine de graines de potimarron + sésame, petites billes à base d'ume, petites prunes japonaises et * competo, seul ce dernier n'était pas à mon goût. Par contre j'ai adoré les petites billes mystérieuses, quand on a percé leur carapace, elles offre une sorte de sirop acidulé, un délice qui va très bien avec la mini galette, sans parler de ce thé… 
Vient ensuite le fameux bento accompagné de riz et de la soupe miso. 
MERCI Koji de m'offrir cette palette gustative qui titille mes narines par ces parfums subtils et me fait saliver. 
Petite salade printanière, petits morceaux de thon rouge cru et de saumon, 
Tofu et scampis grillé agrémentés de petits légumes. 
Saiches et légumes frits ; ah cette fameuse chapelure japonaise à la saveur subtile dont je ne me lasse pas, et ce n'est pas gras. 
J'avais le choix entre du lieu et des petites cailles, je n'aime pas trop le lieu, j'ai donc pris les cailles avec une pointe de honte très vite dépassée par la finesse de ce plat et sa sauce si subtile. Mine de rien, ces petits raviers sont copieux, j'ai laissé une bonne partie du riz pour avoir encore un peu de place pour le dessert : 
plaisir des yeux : un yokan de pamplemousse rose posé sur une base de chocolat noir et azukis + comme chaque fois, quelques fruits frais. MERCI cher Koji, en plus d'être un fin cuisinier, ton âme d'artiste ressort dans la présentation soignée de tes plats, je reviendrai ! 
Avant même de goûter ces grandes feuilles, je les ai reconnues, c'est le fameux Kyobancha très corsé découvert chez Azumaya il y a un certain temps déjà.
J'ai toujours aimé les thés fumés, celui-ci griffé La Cave à thés, eh oui est par contre très doux et pour l'illuster Cathy m'a dit qu'il ressemblait à celui de sa belle-mère, joli… 
Après les nourritures terrestres et les fortes émotions gustatives, celles de l'Amitié, ô miracle Cathy pas débordée pour une fois, pas comme ce jour-là... https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/04/une-fois-encore-jai-tutoye-les-etoiles.html! a pu me consacrer une partie de son temps pour une séance de papotage avec pour objet, entre autres, la littérature - une de nos passions communes - principalement japonaise à laquelle elle m'initie, j'ai toujours eu du mal à rentrer dedans, c'est comme pour les thés... http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/mon-premier-cha-no-yu.html, heureusement je me suis accrochée... Ce bon moment a passé comme des secondes, précieuses et si riches qui ont fait tant de bien à mon âme... : je suis arrivée, perturbée et j'en ressors plus optimiste et surtout apaisée, je ne te dirai jamais assez MERCI ma chère Cathy. Voyage de retour sans encombres et belle surprise en lisant mes mails : Lydia Gautier m'annonce sa venue à Bruxelles jeudi prochain chez Unami pour une séance de dédicaces de son dernier livre, on en avait justement parlé avec Cathy ! J'espère vraiment pouvoir y aller, ce sera pour moi l'occasion de découvrir ce nouvel endroit, je croise les doigts mais malheureusement, cela ne dépend pas que de moi… 
Ce samedi, premier jour des saints de glace, il fait gris, triste, pluvieux et froid... 5°, en contre-jour, c'est encore plus sinistre, saint Pancrace s'est à nouveau distingué. 
Cela n'entamera pas mon moral, l'énergie positive reçue hier et mes rituels me transportent dans cet espace hors du monde où n'existe plus que l'instant présent, un moment d'éternité : un Alishan noir, une musique de méditation envoûtante, je me retrouve dans ce temps hors du temps avant quelques heures passées avec ma filleule, merci ma Puce et à mardi. Il ne pleut plus, le soleil fait une timide apparition, je file à la Librairie de la Mazerine où m'attendent deux des livres commandés : 
Arbres, un livre pour la jeunesse magnifiquement illustré, MERCI chère Kris de me l'avoir recommandé, je penserai très fort à toi qui pendant un certain temps sera privée de deux de tes passions, la lecture et le thé, mais je lirai et boirai pour deux... et Shinrin Yoku que m'a recommandé mon amie Monique. J'ai réussi le tour de force de ne pas encore les ouvrir, ce sera pour demain. Coralie, son adorable petite-fille, m'a suppliée de lui expliquer son cours de statistiques auquel elle ne comprend rien, la pauvre. J'ai toujours trouvé ce cours assez suspect - on fait dire n'importe quoi aux stats - par contre je n'ai jamais eu de difficulté à ingérer ces notions, je vais donc me replonger quelques années en arrière... Et voilà, après 3 heures, Coralie est rassurée mais doit être moins exigente envers elle-même : toutes les cotes en dessous de 14 sont considérées comme médiocres voire carrément nulles! No comment... Je pense aussi à mes deux petites-filles qui sont déjà en blocus, courage mes chéries, on se verra en juin, je sais que vous allez cartonner comme chaque fois ! 
Avant de terminer ce billet, petit rappel pour toi ma chère Cathy : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/03/lectures-palpitantes-face-aux-elements.html, je te le prêterai dès que je l'aurai terminé, et j'attends le compte rendu de ta brique... Je vais aller me préparer un Kyobancha en me rappelant nos échanges, MERCI encore pour ton Amitié si précieuse… 

dimanche 28 avril 2019

Χριστός Ανέστη - Καλό Πάσχα

Aujourd'hui est célébrée la Pâque, la plus grande fête pour les orthodoxes. J'ai eu la grande chance d'assister à plusieurs reprises à la Pâque grecque, notamment à Parikia dans la belle île de Paros dont je suis tombée amoureuse il y a plus de 40 ans ! A l'époque, on y accédait uniquement par bateau à partir du Pirée. Après plusieurs heures de traversée, on apercevait les côtes de la capitale des Cyclades, ses maisons d'un blanc immaculé et les coupoles bleu vif des chapelles, le tout dans un paysage printanier verdoyant d'où émergeaient les bouguivillés, contraste frappant avec le paysage en été, brûlé par le soleil. J'ai découvert alors le logement chez l'habitant, je suis très bien tombée, le contact s'est fait très facilement malgré la barrière de la langue, quasi rien à voir avec le grec ancien. C'est grâce à cette famille très simple - lui pêcheur, elle femme au foyer - que j'ai vécu cette grande fête, j'ai été considérée comme la fille de la maison et j'ai pu tout partager avec eux et leur fille. J'aurais tellement aimé illustrer mon propos mais malheureusement, la semaine dernière quand je suis allée faire des fouilles au grenier,encore très troublée par l'incendie de Notre-Dame, j'ai égaré la clé d'une des bibliothèques que j'avais fermée, ce que je ne fais jamais, j'ai horreur des clés que je pers régulièrement... Comme il s'agit d'un meuble ancien, je n'ai pas voulu crocheter la serrure, c'est là que se trouvent aussi la plupart de mes albums photos, je vais mettre ma filleule sur le coup... La semaine précédant la Pâque est une semaine de jeûne marquée par le Jeudi rouge : les oeufs sont teints en rouge, la couleur du sang du Christ. 
Après une semaine de jeûne, le samedi saint à minuit, le pope annonce la résurrection du Christ dans la cour de l'église en prononçant CHRISTO ANESTI, les cloches sonnent à toute volée et les fidèles munis d'un cierge viennent l'allumer à celui du pope, le spectacle tant visuel que auditif est grandiose. L'assemblée s'embrasse en se disant Christos anesti puis chacun rentre chez soi le cierge allumé à la main. Arrivés à la maison, les cierges sont placés près des icônes et on passe à table pour déguster la maghititsa, la soupe traditionnelle. Une autre jolie coutume symbolique est le rituel des œufs : chacun frappe son œuf rouge contre celui de son ou sa voisine en le tenant entre le pouce, l'index et le majeur de la main droite en prononçant Christos anesti, le gagnant est celui qui parvient à conserver la coquille de son oeuf intacte, c'est un signe de chance. A midi, les rues sont envahies de la gourmande odeur parfumée de l'agneau rôti à la broche. Je garde des souvenirs encore très présents de ces moments de ferveur et de partage que la famille Alifieri m'ont offert avec tant de générosité ! Moi qui ai une passion pour les églises, j'ai été servie sur cette île que j'ai sillonnée en tous sens lors de mes nombreux séjours, je ne me souviens plus du nombre exact mais au moins 200 de la plus humble chapelle, très nombreuses, aux imposantes "cathédrales" telles celles de Parikia et Lefkès. 
Pour fêter ce grand jour, j'ai invité mon mari dans ce petit coin de Grèce, à la limite d'Overijse, une commune que je déteste parce que dirigée par des flamingants dont le slogan est Overijse, waar vlamingen thuis zijn  (Overijse où les flamands sont chez eux), vous avez dit ouverture d'esprit! Le ciel est bien d'ici mais à l'intérieur, c'est grand soleil et vrai accueil comme là-bas. 
Aetos, le voilà, je n'en ai jamais vu dans les îles mais bien au-dessus des Météores. Le soleil se retrouve aussi dans les plats, servis généreusement : 
pour mon mari, des calamars grillés 
et pour moi un mezze. 
En attendant les plats, 
petite balade en bord de mer… 
des côtelettes d'agneau pour Doudou, 
une souris d'agneau tendre et fondante pour moi. Dans les verres, de l'eau pour lui, du retsina pour moi, ce ne sera pas ma seule entorse… 
Un frappe pour Xavier, 
et pour moi, un hellenico caffe sketto ! Plus de deux heures de pur bonheur, loin de la froide grisaille d'aujourd'hui, il ne fait pas 10°!, on y retournera, c'est certain ! 
Retour à la maison où les verts tendres des feuilles nouvelles contrastent fort avec ce ciel trop gris, je reste en Grèce !