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vendredi 16 décembre 2011

La journée ordinaire d'une folle de thé

J’attendais la tempête annoncée avec impatience, j’aime le très grand vent qui fait danser les arbres et donne au jardin des allures de ballet en plein air.Pour accompagner le spectacle, un "Sencha Ariake", dont je sais depuis la lecture du Guide des thés verts japonais, qu’il s’agit d’un nom inventé par les occidentaux. Ariake désigne des algues. Le thé en provenance d’Ariake est appelé thé d’Ureshino (p.123). J’ai beau regarder par les fenêtres, du vent mais rien de bien fort, par contre la pluie est bien là. Je quitte le Japon pour la Thaïlande et je continue à vider mes boîtes, j’achève maintenant un Ban Mai, un thé vert thaïlandais du Thé des Muses et la théière de là-bas, achetée sur un marché près de Changmai (Puce, tu te souviens ?), émotion et nostalgie… J’accompagne cette dégustation de chants … grégoriens, cette musique me détend. J’ai bien de la musique thaï, mais en disque vinyle. Et toujours rien dehors. Cet après-midi, un petit voyage en Inde du côté de Sungma, je l’ai acheté primeur mais il a évolué, il est actuellement plus doux, plus rond et fleuri ; je ne l’aime pas jeune et fougueux, limite agressif. Et pour voyager la musique de Neil Diamond, Jonathan Livingstone le goéland. La tempête nous a oubliés alors cap vers l’océan indien. Envie de soleil et d’îles… Mais ne rêvons pas trop, c’est bientôt Noël, il faut que je songe à préparer un petit repas à deux, loin des classiques… J’espérais que le Pu Er et les cantates de Noël m’inspireraient… Mais que nenni ! Michelle m’a bien donné une idée, jen ai parlé à mon mari, et à son regard, j’ai vu qu’il avait un doute sur ma santé mentale. Merci, Mich pour ta suggestion de barbecue avec du boudin noir ! Je te pardonne cette fois parce que tu aimes le Pu Er... J’ai trouvé le dessert, par contre, c’est déjà ça. Une pensée pour ma Mimi : il neige ! Mais je suis rassurée, elle ne tiendra pas, désolée Mimi mais tu n’aurais pas pu en profiter, tu dois préparer tes exams… je croise les doigts. Ceci termine la journée ordinaire d’une folle de thé prête à hiberner.

vendredi 20 août 2010

Chaleur, au propre comme au figuré. Et thé, toujours

Ce matin, j’invite à nouveau mon mari dans mon salon bleu-thé. Il est 11 heures exactement, notre petite-fille Elisa s’envole à l’instant pour la Norvège où elle séjournera un an. Nous admirons la beauté du jardin sous un soleil chaleureux. Il fait tellement superbe que nous mangerons sur la terrasse, il faut en profiter. Sophie vient nous rejoindre en revenant de l’aéroport et le sujet de conversation est bien sûr le même. Cocktail au thé par ce temps, et plat froid, cela faisait longtemps ! Père et fille vont faire un tour de jardin pendant que je prépare un Sencha Ariake; même chaud, c’est très rafraîchissant. Xavier est allé vider la boîte aux lettres et vient de me donner une grande enveloppe blanche… piégée ! A l’intérieur se trouve une autre enveloppe et une consigne très dure ! Je vais me faire violence et la respecter, mais pour cela je la donne à Xavier sinon ce serait impossible. Mais pour rendre cette attente moins dure, un superbe essuie et une jolie carte. Je me prépare un autre Sencha que je bois à la santé de ma généreuse donatrice, ma cerise préférée. Encore une belle journée, à la fois douce et chaude, merci la Vie. Et les amis du thé...

dimanche 11 avril 2010

Une journée exceptionnelle, inoubliable

Ce samedi 10 avril est une date réservée depuis longtemps. Ma filleule, que je ne présente plus, m’a demandé si j’accepterais d’initier 2 de ses copains à ma passion. J’ai toujours eu la passion de la transmission, dans une autre vie, j’en avais fait mon métier, j’ai donc dit oui, d’abord parce que je ne peux rien refuser à ma Puce et puis parce que le thé m’a tellement apporté que c’est presque un devoir de faire partager ce bonheur… Rendez-vous d’abord dans cette maison de thé qu’elle ne connaît pas encore. Nous sommes arrivées un peu à l’avance, j’avais envie qu’elle me parle de son voyage, et avec elle l’Aventure n’est jamais loin. Nous commandons un apéritif, pour elle un classique thé glacé (noir au citron) et pour moi cette mousse de jade, une vraie "tuerie" comme disent les jeunes ! J'aime cette expression bizarre...Arrivent alors Jennifer et Joël, un jeune couple que j’ai trouvé d’emblée sympathique, amis de ma filleule est une bonne carte de visite... Présentation, choix des menus et des thés, et dégustation dans une ambiance qui allait très bien avec le lieu. Après le dessert, nous reprenons chacun un thé glacé, c’est le premier contact de Jennifer avec le Matcha, elle a adoré. C’est la première fois que ces trois-là allaient chez Cha Yuan, ce ne sera pas la dernière… Puis retour à la maison, et mon salon bleu-thé pour les dégustations : 2 thés verts un Long Jing et un Sencha Ariake. La révélation pour ces débutants, sensations fortes évidentes pour eux qui découvrent les thés nature. Je les observais, admirative face à leur réactions et à la spontanéité de leurs remarques si pertinentes pour des débutants. Vint ensuite le Tie Kwan Yin, infusé 8 fois en Gong fu sous l’œil attentif de mon crapaud, et pas que de lui d’ailleurs. Une petite pause avant la récréation passée au jardin, et pas que pour voir pousser les plantes (= message codé à mes 3 disciples… Un dernier thé les attend mais j’ai hésité avant de le leur présenter, pour une première fois peut-être ce thé si particulier qu'est le Pu Er est-il … trop particulier ? Pas du tout ! Ils ont été séduits, Joël particulièrement. Même si les émotions gustatives étaient présentes depuis le début, c’est celui-ci qui a provoqué le plus de réactions ! C’est la première fois que je tente ce genre d’expérience, je ne savais pas ce qu’ils attendaient réellement de cette séance, si ce ne serait pas trop spécial, trop différent de ce qu’ils connaissaient (thés parfumés). Quand cela s’est terminé, j’étais tellement émue que je n’ai pu rédiger ce billet à chaud : trop d’émotions liées sans doute aussi à des réminiscences de mon ancienne vie, quand en début d’année je découvrais de nouveaux étudiants avec lesquels je cheminerais : quel type de relations allions-nous entretenir qui dépendraient de ces premiers jours. Ici bien sûr, pas question de cours scolaire mais une initiation, un cheminement sur une même route, maître et disciples qui ont à apprendre les uns des autres. Cette route continuera puisque tous en redemandent ! Merci à vous 3 de m’avoir permis de vous transmettre cette passion qui m’anime : vous êtes des disciples comme je les aime, attentifs, très impliqués avec une sensibilité très dans l’esprit du thé. Moments intenses de partages, d’émotions. A très vite, et bonne voie du thé. Et merci pour ce petit cadeau que j’ai hâte de goûter, peut-être un jour le partagerons-nous là d’où il vient, dans ces montagnes que tu as aimées… En attendant, dégustation demain ici, mais seule...

lundi 15 mars 2010

Un week-end détesté, un lundi printanier

Déjà vendredi s’est mal terminé, une forte chute de tension. Samedi ce fut pire, un cœur qui s’est mis à battre la chamade, j’avais l’impression de ne plus pouvoir respirer et ce qui est beaucoup plus grave, envie de rien, même pas de thé ! Impossible de cuisiner non plus. Mon mari m’a alors proposé de m’emmener chez Cha Yuan mais rien n’y a fait, j’ai péniblement avalé une soupe Miso et un thé, sans plaisir aucun (un comble dans ce lieu!) tandis que lui se régalait, il faisait plaisir à voir ! Après une visite chez ma maman, nous sommes rentrés, j’étais épuisée… de n’avoir rien fait, je suis allée me coucher et ai dormi 14 heures… Le lendemain, cela allait mieux, ouf ! Un dimanche de nostalgie, d’abord je devais aller à un atelier thé chez mes amis Sanmao et Li-Ping mais j’ai dû décommander, heureusement une autre date est prévue. Et puis j’ai appris la mort de Jean Ferrat, une de mes idoles (même si je pense qu’il aurait détesté ce mot), et j’ai passé la journée à écouter ses disques. Des tas de belles images ont défilé devant mes yeux, humides je dois le dire… Ce matin, un beau soleil, printanier cette fois. Et un thé partagé aussi. J’aime ces moments intimes d’échanges. Et quand mon mari me montre son bol vide, en me disant qu’il boirait bien à ma santé, mais… J'ai compris, sa mimique aurait suffi d'ailleurs.Deuxième infusion de ce délicieux Sencha Ariake qui a le goût de l'amitié. Une pensée pour Josiane et Jean-Pierre. Maintenant Xavier boit à ma santé, mais tout va bien maintenant, un gros coup de fatigue. Et moi je pense à demain...

mercredi 10 mars 2010

Les goûts et les couleurs...

Hier, j’ai été en manque de thé, opération nettoyage "oblige". Nettoyage spécial évidemment : celui des théières qui ornent les appuis de fenêtre du living. Parce que je ne suis pas de ces ménagères qui, sentant venir le printemps, sont prises de ce genre très particulier de frénésie qui consiste à tout briquer, de la cave au grenier. Il m’est même totalement étranger, même si mon instit de 2e primaire m’avait baptisée "Marie frotte-frotte", il ne s’agissait alors que du tableau… Je continue ce matin à revisiter mes théières solitaires en commençant par Capricisieuse dans laquelle j’infuse un Assam en espérant que cette fois je me ferai à ce goût si particulier et même qu'il me plaira, mes essais précédents n'ont rien donné de bon. J’aime en hiver employer cette grande tasse épaisse, j’ai toujours les mains froides à cette époque et je les réchauffe de cette manière, c'est assez sensuel. Par contre, cet ennième essai sera le dernier, définitivement je n’apprécie pas ce thé, et ce n’est pas un caprice... Mais pourquoi cette théière a-t-elle été baptisée ainsi ? Tout simplement parce que très régulièrement quand je veux la rincer, le couvercle refuse de s’ouvrir, même quand je la fais lévither en la secouant énergiquement.Aussi est-elle reléguée momentanément au-dessus de l’étagère où elle restera jusqu’à ce que je puisse à nouveau l’ouvrir.Une autre théière l'a bien vite remplacée. Ce qui m'a donné l'occasion d'admirer une fois encore le travail de mon adorable filleule, re-re-re-merci ma Puce.Une autre théière a remplacé la récalcitrante. Et un délicieux Sencha Ariake qui va accompagner la lecture de ce livre plein d’enseignements et de sagesse, que je ne me lasse pas de relire. Moment très agréable, d’une douce chaleur aussi, celle du soleil qui réchauffe, et pour la première fois cette année, mon dos et mon cou, à travers la vitre évidemment. En voici un court extrait, parmi bien d'autres : "La philosophie du thé (…) est une hygiène, car elle oblige à la propreté ; c’est une économie, car elle démontre que le bien-être réside beaucoup plus dans la simplicité que dans la complexité et la dépense ; c’est une géométrie morale, car elle définit le sens de notre proportion par rapport à l’univers. Elle représente enfin le véritable esprit démocratique de l’Extrême-Orient en ce qu’elle fait de tous ses adeptes des aristocrates du goût".

mardi 23 février 2010

Pas un jour sans thé...

Tout d’abord un week-end très famille. Samedi, ma filleule affamée après son coaching de hockey, une de ses nombreuses activités, a d’abord pris une petite collation avec thé évidemment. Puis direction sa pièce préférée, et un délicieux Sencha Ariake (merci aux généreux donateurs : Josiane et Jean-Pierre). Entre Xavier et elle, c’est jamais triste ! Il est ébahi par son futur voyage : Inde, Népal et Tibet. Et dimanche, beaucoup plus calme, c’est ma petite mère que nous recevions, elle s’est mise au thé elle aussi. Et lundi, j'ai continué à tester les échantillons reçus de Fanou, encore un Pu Er. Les feuilles sèches sont superbes, cette palette de bruns m’impressionne, on dirait presque qu’il y a des pointes blanches. Et une odeur assez fruitée, peu commune pour cette sorte de thé. L’infusion (en théière d’un demi-litre) par contre a le goût caractéristique des sous-bois, mais il tient peu en bouche et à la deuxième infusion il a tout donné. Les feuilles, petites, sont très brillantes et ont une couleur plus uniforme. Aujourd’hui, le même thé préparé en Gong Fu, je sens déjà l’odeur d’humus. La couleur de l’infusion est plus acajou mais tout aussi transparente. Ce thé me donne soif, il a l’astringence de certains Darjeeling, pourquoi ? Après 3 infusions, le goût a pratiquement disparu mais j’ai encore plus la gorge sèche, c’est la première fois que je ressens cela avec un Pu Er, je ne comprends pas, quelqu’un a-t-il une explication ? Merci d’avance.

jeudi 4 février 2010

Une belle après-midi, chaleureuse et détendue

Mes amis du thé sont arrivés ici en même temps que le soleil. Même timide, il nous a fait penser au printemps: température clémente, belle lumière. Le bonheur de nous retrouver aussi. Et de partager le thé. C’est Jean-Pierre qui nous invite à le partager grâce au Gong Fu Cha simple. Comme chaque fois, ses gestes sont fluides et sa concentration influe sur nous. Offrande. 7 fois ce rituel simple mais prenant se reproduit. Puis c’est Josiane cette fois qui reproduit ce cérémonial. Ambiance très paisible.Et le beau geste d’offrande encore. Il y a une véritable communion entre nous, et comme chaque fois, je suis impressionnée et émue. Puis mon mari vient nous rejoindre et nous savourons un délicieux Sancha Ariake, cadeau de mes hôtes, dans ce service japonais raffiné. J’admire Josiane qui achève cette écharpe toute douce, qu’elle me destine ! Merci à vous deux pour ces moments si chaleureux que nous revivrons dès samedi à Poule… A demain sur le quai !