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lundi 24 juin 2019

Que dire et surtout comment ?

Après un premier week-end flamboyant, les choses ont commencé à se gâter : inquiétude pour la santé de mon mari et ce stress intense que je ne peux contrôler malgré les dérivatifs qui me font tant de bien pourtant : thé, musique, lecture, jardinage… 
Et une visite, trop rare, 
celle d'un petit cycliste venu de Bruxelles à vélo avec son papa tandis que sa maman suivait en voiture. 
Toujours aussi facétieux, le petit monstre... adoré, 
il mange ses kroepoeks en trempant ses doigts dans le verre de bière de sa maman et trouve cela très drôle, son grand-père beaucoup moins... C'est là que j'ai vu qu'il n'était vraiment pas bien. Les jours qui ont suivi ont été chaotiques : pluies violentes, grand vent, j'ai adoré craignant quand même pour les pivoines et les delphiniums. Je n'avais pas tort, plus aucun delphinium, 
les pivoines ont résisté mais j'ai constaté avec horreur que sur les 12 plants, 
il n'y avait que 2 boutons ; après les rhododendrons, les pivoines, mes fleurs préférées à cette époque, que se passe-t-il ? 
Deux jours plus tard, elles étaient en fleur 
mais j'ai constaté avec horreur que les feuilles étaient maculées de taches noires, je n'ai aucune idée de ce que cela peut être mais cela ne me dit rien qui vaille... Cela c'est pour le jardin, cela m'a mis un coup au moral et ça ne s'est pas arrangé, je me suis payé une intoxication alimentaire qui a duré, plus rien ne passait même pas le thé, après 3 jours j'ai réessayé mais cela ne m'a pas réussi, je suis au régime eau depuis, pour combien de temps ? Last but not least, un coffret contenant un merveilleux petit service japonais, cadeau de mon amie Chantal, que je venais d'ouvrir m'a échappé des mains, il ne reste que des morceaux ! Et là, j'ai craqué, j'avais l'impression d'être rentrée dans un tunnel sans fin dont je ne ressortirais plus... Plus envie de rien, je me sentais au bout du rouleau avec l'horrible impression que tout m'échappe, que je ne contrôle plus rien. 
Même le ciel s'y mettait, une pluie diluvienne s'est abattue sur le jardin détrempé, j'ai assisté, impuissante, à la fin des deux pivoines. 
J'ai devancé la limace 
pour sauver cette si belle fleur en la cueillant ainsi que l'autre. 
Et le ciel a enfin retrouvé les couleurs que j'aime, 
c'est bon signe à la veille de l'équinoxe d'été. J'ai repris espoir. 
Un beau ciel uniformément bleu, sans aucun nuage avec seulement la lune venue saluer le jour le plus long. 
Il fait très doux, les oiseaux s'en donnent à coeur joie et moi je profite pleinement de l'instant. 
Dans mon cocon retrouvé, je vais savourer mon premier thé depuis trop longtemps... Joie d'un rituel retrouvé. 
Chaque gorgée de ce doux Daehsan nokcha pénètre en moi comme autant de forces de vie. Retour dans le monde des saveurs et des émotions gustatives, mon âme exulte enfin, je veux que cela dure, il faut pour cela que je retrouve mes forces physiques morales, être plus à l'écoute des signaux de danger, les apprivoiser pour accepter mes limites, ce ne sera pas le plus facile pour la tout ou rien que je suis... Une phrase me revient : Non pas ne rien faire, ni laisser faire, mais plutôt ne rien forcer. En un mot savoir faire juste ce qu'il faut pour que les choses se fassent d'elles-mêmes. Je l'ai copiée dans un de mes carnets de lecture mais je ne me souviens plus d'où elle est extraite mais les cinq points d'exclamation que j'avais ajoutés en disent long sur ce que j'en pensais alors… 
Ciel gris souris pour l'après-midi de ce jour le plus long, lecture et musique mais sans thé, mon estomac n'a pas supporté celui de ce matin, patience donc... Moments intenses : La musique donne une âme à nos coeurs et la lecture des ailes à la pensée. En allant me coucher, je suis inquiète, pourquoi je ne supporte pas ma drogue, je n'ai pourtant pas abusé aujourd'hui, je suis même très loin de mes doses quotidiennes ! Sommeil perturbé malgré ma grande fatigue. Les pluies intenses de ces derniers jours ont transformé la pelouse en savane, j'avoue que j'aime assez, je n'ai jamais apprécié les pelouses domestiquées au point qu'elles paraissent artificielles, mon mari par contre... Il va donc être content, tout va rentrer dans l'ordre, le sien du moins ! 
Petit-déjeuner en compagnie de l'écureuil-oiseau définitivement adopté par la gente ailée. 
Bleu pâle et blanc au ciel, 
sur terre les herbes folles ne résisteront pas longtemps, MERCI ma Puce, le parfum des herbes folles coupées me donnent envie d'un Sencha je l'ai savouré seule, ma filleule est comme moi, quand elle travaille elle ne fait rien d'autre... Trois longues heures plus tard, le gros est fait, restent le fignolage, ce sera pour demain. J'en suis restée à un thé, même constat qu'hier : mon estomac fait de la résistance... Et même nuit perturbée du coup. 
Ce dimanche sera particulier, c'est la dernière fois que je verrai mon petit Dragon... avant le mois de septembre, ils partent en vacances à Taiwan et en Thaïlande toutes les vacances d'été, ce sera très long pour moi, beaucoup plus court pour petit Georges, très excité de retourner dans la Belle Île... Toujours les mêmes rituels, loin d'être lassants me mettent en joie dès que j'ouvre les yeux : admirer cette nature généreuse et apaisante sous un ciel bleu tout doux d'abord. Puis dans mon cocon, choisir un thé, ce sera un "vieux" Long Jing 2018, et une théière qui accueillera les feuilles, faire chauffer l'eau qui les réveillera 
et enfin savourer ce nectar au son d'une musique seychelloise, tous sens en éveil. Mon esprit vagabonde dans ces îles luxuriantes où la nature est vénérée. Et que dire de cet océan indien, Homme libre, toujours tu chériras la mer. Merci Baudelaire... Magnifique journée que j'ai voulu relater en commençant par transférer les photos sauf que je n'avais pas inséré la carte-mémoire dans l'appareil, aucune trace donc de ces moments toujours si particuliers avec un petit Dragon, comment n'ai-je pas vu cela ? Grande tristesse mais des tas de souvenirs dans mon coeur... Je me sens trop lasse ce soir, le billet sera pour demain. 

jeudi 16 mai 2019

Quand mes passions remplissent mes journées !

S'adonner à ses passions sans réserve et sans mesure est pour moi la définition du bonheur, elles me permettent de supporter ma très contre-nature sédentarisation forcée... depuis petite j'ai toujours été une nomade dans l'âme, ma mère m'appelait déjà à l'époque Julie vadrouille. Heureusement, certaines de mes passions sont aussi des voyages : le thé, la lecture, la musique. Quant à la Nature, elle m'est indispensable en me permettant de mettre à distance mes côtés plus sombres comme principalement la colère, c'est ma bonne Fée, elle me prend dans ses bras et m'apaise. 
C'est avec elle que je partage aussi mon bonheur et mes émotions comme quand le fleuriste est venu m'apporter ce merveilleux bouquet et des paroles d'Amour, c'était dimanche, jour de la fête des mères. Il fait encore trop frisquet pour rester dehors aussi après avoir enlacé mes arbres, c'est dans mon cocon où j'installe exceptionnellement mon PC et mon dictionnaire, que je reprends La péninsule aux 24 saisons de Inaba Mayumi pour rechercher dans le dictionnaire une quantité de mots inconnus, d'après le contexte, il doit s'agir de plantes, de légumes et de fruits mais aussi, péninsule oblige, de coquillages et de poissons mais j'ai assez vite arrêté cette fastidieuse tâche pour relire certaines phrases ou certains passages qui m'avaient touchée à commencer par Je me lève et je me couche au gré de mon humeur ce que je fais moi aussi depuis que je suis en vacances perpétuelles, je ne porte plus de montre, le donneur de temps n'est plus le cadran de cet engin, je l'ai remplacé, un vrai bonheur ! Ou encore : La forêt.(...) La certitude que je vais pouvoir me promener en forêt me fait sauter de joie. (...) De plus, mieux vaut pénétrer seule dans la forêt. Car le silence est souvent plus fécond que l'échange de propos. A se laisser emporter par la conversation, on risque de perdre de vue l'essentiel. J'ai la grande chance d'avoir la forêt dans la propriété, j'y vais chaque fois qu'il fait beau armée seulement de mes jumelles et de mon appareil photo, tous mes sens en éveil. Je pourrais en citer bien d'autres encore, je m'arrêterai à ce dernier passage, son ode à la lune et aux étoiles : Je fais brûler encens sur encens, et mon plaisir de chaque soir est de contempler depuis ma terrasse le mouvement de la lune et des étoiles. Je m'étends sur une chaise longue et je regarde d'un oeil nonchalant la voûte céleste. Alors un remous traverse mon corps de la tête aux pieds.Est-ce le tremblement de la rotation de la Terre ? J'éprouve une sensation inconnue qui m'enveloppe tout entière, comme si mon corps et le ciel étaient liés pour un instant.En même temps, sans se perdre, mon être reste attaché à la Terre, et j'ai l'impression,sans pouvoir me l'expliquer,que j'assiste à un miracle. Ce roman raconte douze mois de la vie d'une femme de la ville qui a décidé de quitter la vie trépidante de Tokyo à la mort de sa meilleure amie. Elle s'installe dans la maison de campagne familiale et découvre cette autre vie en contact direct avec la nature, l'occasion pour elle de faire le point sur sa vie. Elle retrouve les joies simples d'une vie rythmée par les saisons, le contact et l'entraide de quelques habitants. Aucune action dans ce roman atypique empreint d'une certaine poésie, celle de l'instant. Le fil conducteur est cet ancien calendrier qui découpe l'année en 24 saisons qui indique précisément ce qu'il faut planter, quand, et qu'en faire une fois récolté : des confitures, conserver les légumes et les fruits en pots, partage des récoltes avec les voisins. Ce sont ces gestes quotidiens, simples, répétitifs et ses longues promenades solitaires qui lui font retrouver l'apaisement et cette sérénité perdue avant de retrouver la ville et un nouveau départ. J'ai beaucoup aimé la suivre dans cette retraite loin de Tokyo, tant de points communs avec ma vie actuelle... MERCI chère Cathy, tu ne t'étais pas trompée ! 
En admirant ce ciel où la lumière flamboyante du soleil le dispute aux gros nuages noirs, j'ai eu envie d'aller faire le tour de mon domaine de prédilection, cette Nature source de vie... L'air est frais, toutes les nuances de verts printaniers ressortent différemment à la lumière tombante, les oiseaux, beaucoup moins visibles, se sont tus, je savoure cette quiétude. Aujourd'hui, ma première tâche est de changer l'eau de ces magnifiques fleurs, il faudra que je change de vase, je les trouve trop serrées maintenant que certaines s'ouvrent, je veux les garder le plus longtemps possible ! 
Rituel encore : choisir les feuilles, ici celles d'un Daehsan Nokcha, infusées et servies dans ce beau set coréen, je le savoure à la santé de mon généreux donateur en méditant sur la force de l'Amitié... Je n'aurai pas beaucoup le temps de lire aujourd'hui, j'attends deux amies chères, aussi ce sera quelques pages de cette brique Ecoute l'arbre et la feuille dont j'ai déjà parlé ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/03/lectures-palpitantes-face-aux-elements.html. INTERLUDE MITSUMATA. Et c'en est vraiment un, ou presque, l'auteur parle de la fabrication du papier à Echizen, et aussi d'une déesse : Kawakami Gosen. Cela m'a rappelé un lointain souvenir, une initiation à la reliure japonaise à une époque où le thé n'avait pas encore pénétré dans ma vie. Nous avions aussi fabriqué un papier spécial, assez rugueux, on y voyait encore quelques fibres de bois. 
Bien des années plus tard, j'ai trouvé un album avec les mêmes techniques, je l'ai utilisé pour illustrer le fabuleux voyage à Paris d'une petite fille qui pour son anniversaire a souhaité aller à Paris pour faire le tour des salons ... de thé, mais pas qu'un jour hein Nanny, c'était en 2004, cette année elle termine ses études universitaires, elle aime toujours autant le thé ! 
Ma promenade quotidienne sous un ciel bleu strié de lignes parallèles pour enlacer mes arbres avant l'arrivée de mes amies... Sauf que je les attends toujours, elles sont restées bloquées à Namur, un incendie à la gare du Nord de Bruxelles a mis tout le réseau chaos, on a reporté notre rencontre, et moi pour calmer ma colère, je me suis déchaînée au jardin, mes vieux os n'ont pas aimé et me le font savoir. Demain, ce sera repos complet pour être en forme jeudi ! Nuit difficile, cela m'apprendra à ne pas écouter mon corps et arrêter de le malmener, pourtant je n'ai pas réalisé la moitié de mon projet. 
Beau ciel bleu sans aucun nuage et douce température, propice à une balade mais ce ne sera pas pour moi aujourd'hui. 
Programme de la journée: thé infusé à froid, Once Upon a Time saveur fraise, jasmin, épice après un Keemun au petit-déjeuner, observation de la Nature, peut-être arranger la jardinière de la terrasse de la cuisine, et surtout lecture de cette brique de 309 pages largement illustrée : SHINRIN YOKU, L'art et la science du bain de forêt, écrit par la Dr Qing Li, paru aux éditions FIRST en mars 2018. 
A la fois fruité et fleuri avec une pointe d'épices, il est parfait pour la lecture par cette douce chaleur. 
La quatrième de couverture nous résume l'essentiel de cet ouvrage, à moi les détails à présent. J'ai pour l'instant parcouru l'ensemble de l'ouvrage, comme une promenade virtuelle en forêt en regardant les nombreuses photos légendées, 
je suis restée en arrêt sur celle représentant des bouleaux encore jeunes dans leurs habits d'hiver. "Le bouleau blanc est particulièrement efficace pour absorber les particules émises par les voitures". Berkenrode (verges de bouleau) est le nom de notre propriété, en hiver leur tronc blanc et marron donne un peu de couleur à cette saison triste. Ce sont ces arbres qu'il faudrait planter dans les villes au lieu des marronniers et autres platanes comme le montre cette expérience : "Au Royaume-Uni, des scientifiques ont mené une expérience dans les rues de Lancaster. Ils ont tout d'abord mesuré la quantité de particules entrant dans les maisons (en mesurant la quantité de poussière se déposant sur les téléviseurs). Ils ont ensuite planté une rangée de bouleaux blancs dans la rue.Au bout de deux semaines, les scientifiques ont étudié les feuilles des arbres à l'aide d'un microscope électronique spécial. Les feuilles sont tapissées de minuscules poils qui emprisonnent les particules émises par les voitures passant dans la rue.A la fin de l'expérience, les téléviseurs présentaient 50% de poussière en moins qu'au début." 
Si la journée il fait très doux, le soir la température baisse très fort, j'ai donc rallumé le chauffage pour écouter de la musique dans mon salon en commençant à rédiger mon billet mais j'ai oublié de le couper avant d'aller rejoindre les bras accueillants de Morphée. Résultat les fleurs ont eu très chaud et ma première action fut de leur redonner un coup de fouet en leur donnant plus d'espace et en coupant fortement celles qui avaient le plus souffert comme les gerberas. 
Suivent mes rituels : l'hommage à la Nature, je remplis mes poumons de l'air vivifiant du matin en admirant les nuances de verts tendres des feuilles printanières. 
Les azalées commencent à fleurir, les rhodos suivront bientôt.
Ce matin, ce délicieux thé vert vietnamien que je savoure avec émotion, mes pensées traversent l'Atlantique et s'envolent vers toi, chère Kris, comme je te l'ai dit, j'en boirai pour deux le temps qu'il faudra !... Je reviens des courses au village, ce midi, ce sera diner crustacés et saumon, 
mon thé d'apéritif est tout choisi : un Kabuse cha dont le portrait se trouve page 160. J'apprends que c'est un cousin germain du Gyokuro Même traitement que celui-ci mais période moins longue et cueilli mécaniquement. Dans la tasse (Kris, les deux premières sont pour toi, une pour chaque oeil...), belle couleur jaune légèrement trouble ; l'umami est bien présent, saveurs de légumes mais un peu amer, contrairement au Gyokuro, les feuilles infusées seront arrosées de sauce soja pour faire mariner les crevettes grises de l'entrée. 
C'est avec beaucoup d'émotion que je pénètre chez UNAMI, impatiente de revoir Jean-Benoit et Lydia Gautier venue dédicacer son dernier bébé Portraits de thés dont j'ai déjà parlé entre autres ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2018/10/portraits-de-thes.html. Comme thé d'accueil, 
Lydia nous offre une de ses créations sur un thé blanc du Népal, le Tea Estate Shangri-la, décrit page 213, auquel elle a ajouté un bouton de rose qui provient d'un petit producteur certifié bio. 
Infusée à froid, la liqueur est incroyablement douce, légèrement sucrée avec des notes fleuries, émotion gustative évidente... Il faut absolument que je m'en procure ! 
Le deuxième est un Pu Er shu infusé à chaud auquel elle a adjoint une grande fêve tonka que mon mari, quand lui ai montré la photo, a prise pour un scarabée, no comment ! 
Vous êtes rayonnantes, je suis si heureuse de vous voir ensemble. Vous êtes toutes les deux d'authentiques sommelières dont le savoir et la compétence n'ont d'égal que votre modestie, bien loin des autoproclamées qui sous prétexte qu'elles en savent un peu plus, ou le font croire, se donnent ce titre, ce qui est de la malhonnêteté intellectuelle et un sens moral quasi inexistant, au pays des aveugles les borgnes sont rois… 
A côté de sa valeur intrinsèque ce livre devient hors de prix grâce à la signature ! 
Une autre signature qui ravira celle à qui elle est destinée… Devant un public très intéressé, Lydia raconte la genèse de son livre, sa philosophie : privilégier le contact avec les petits producteurs, parle de ses coups de cœur gustatifs mais aussi a le souci d'encourager ceux dont les thés ne sont pas encore ce qu'on pourrait en attendre mais chez qui elle sent une véritable volonté s'améliorer. Et enfin, elle parle de l'avenir des plantations, du piège du bio auquel elle préfère le terme d'agriculture raisonnée, de permaculture, d'agroforesterie, en plus de sa formation d'ingénieure agronome, elle a un vrai don de pédagogue, c'est un vrai plaisir de l'écouter ! MERCI chère Lydia, j'attends avec impatience le prochain… 
C'est pas tout cela, mais il est temps de nous quitter, cher Jean-Benoît j'ai été ravie de te revoir et d'évoquer quelques souvenirs, j'ai hâte de me servir des trésors que j'ai ramenés, ce sera pour demain ! MERCI aussi à toi ma chère Carine, pour nos échanges toujours si riches, si vrais et ... pour l'eau gazeuse, je te revaudrai cela, mais pour cela il faudra que tu viennes jusqu'ici (= message codé). Ce sont des journées comme celles-ci qui aident à oublier les scories de la vie… J'en redemande!

dimanche 7 octobre 2018

Et maintenant, jamais 2 sans 3 et même beaucoup d'autres encore!

 Quel contraste ce matin, un ciel gris sinistre, 
et même la lumière est triste, un temps de Toussaint alors qu'hier, c'était le retour de l'été… 
J'ai le remède bien sûr, mes rituels : choisir un thé, ici un Milky Oolong, infusé comme il se doit, de la musique, la voix vibrante de Kathleen Ferrier. Plaisir des sens…
Cinq passages plus tard, la voix s'est tue, les Belles ont tout donné, 
elles vont retourner à la terre pour l'amender, et moi je vais rédiger le billet pour mon blog, ce ne sera pas triste !

Retour sur 3 jours d'émotions gustatives et esthétiques intenses… 
Jeudi 4 octobre, jour de la fête de mon patron, saint François d'Assise, en sirotant mon Yunnan Golden Pearls, je me demande comment convaincre mon mari d'aller découvrir le nouveau restaurant asiatique du lac de Genval ouvert depuis une semaine. Nous avions adoré le Shangri La où nous allions très régulièrement, c'est là que nous avons fêté les 2 ans de mon petit Dragon d'eau : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2014/09/suite-de-la-fete-de-la-lune-petit.html peu avant qu'il ne ferme définitivement… 
Aïe, les inscriptions sur la façade ne me disent rien qui vaille : Brasserie, quel rapport avec l'Asie ? Une brasserie est un lieu où on brasse la bière et par extension un établissement assez populaire où l'on vend des boissone et de la petite restauration basique. On est très loin du Shangri La qui signifie Paradis en mandarin. Peut-être vais-je rencontrer Miss Kang à l'intérieur, elle pourra m'en dire plus ? 
Il n'est pas tout à fait midi, j'ai donc la chance de découvrir ce lieu très épuré, un peu japonisant au premier abord un peu froid. Il faut dire que j'aimais le charme un peu désuet et très kitch du
Shangri La... C'est peut-être cela le concept de brasserie asiatique ? Ce qui me frappe, ce sont les disques lumineux au plafond, qu'est-ce qu'ils sont originaux et d'une sobre beauté!
Quant à miss Kang, la voilà, peinte sur un mur, magnifiquement vêtue mais je crains qu'elle ne soit très bavarde… 
De grandes baies vitrées permettent d'admirer les eaux calmes du lac. Et dans le ciel se reflètent ces incroyables luminaires. 
Rien qu'en lisant la carte, on voyage déjà, beaucoup d'intitulés nous sont connus, venus de Thaïlande, Chine, Japon, Vietnam. Peu de plats mais suffisamment variés, garantie de fraîcheur certaine. La carte annonce que tout est fait maison. Je salive déjà et dis à mon mari que je ne parviens pas à choisir, sa réponse est brève et très claire :
nous reviendrons, je ne savais pas encore que ce serait à ce point, lui qui était si réticent… 
Comme potage, un Tom kha kaï, et nous voilà transportés au restaurant de
l'Oriental au bord du Chao Praya, nos papilles frétillent, émotions gustatives intenses… 
Comme entrée, je choisis l'assiette
Miss Kang 
et mon mari des rouleaux de printemps, ici aussi, explosion de saveurs aussi subtiles que variées… 
Mélange de scampis et calamar au gingembre et basilic thaï 
servi avec du riz, j'ai adoré, mon mari un peu moins, il n'est pas très légumes… 
Arrive la carte des desserts et là, LE CHOC, 2 thés chinois et un japonais aux noms très précis, je ne prends d'habitude pas de thé au restaurant mais ma curiosité me fait changer d'avis, mon mari choisit le thé au jasmin. 
Et là, STUPEUR, ils sont servis en vrac dans de jolies petites théières en fonte. Un bémol cependant, le mien, un Mao Feng, est infusé dans une eau beaucoup trop chaude, ce qui a brûlé un peu les feuilles mais malgré cela, je goûte que c'est un thé de qualité sinon, traité ainsi, il aurait été âcre et imbuvable. 
Comme dessert, pour Xavier un flan au coco et pour moi une boule de sésame noir et une de haricots rouges, la glace au haricot rouge n'a pas de goût, par contre le sésame... Je suis ravie de ce premier repas, complètement conquise d'autant que Xavier veut réserver pour le lendemain, j'hésite un peu parce que j'ai de la visite vendredi après-midi, mais je ne résiste pas. J'aime beaucoup leur démarche : le personnel très professionnel et prévenant, sans être envahissant ce qui est de moins en moins le cas, nous demande notre avis sur chaque plat en vue d'améliorer et d'étoffer la carte qui sera complétée d'ici un bon mois avec aussi des suggestions de menus et un lunch à midi. Jusqu'ici rien à dire au niveau des plats, soigneusement présentés, plaisir des yeux avant celui des papilles ! Par contre, l'environnement sonore est à revoir ainsi que la préparation des thés. 
Vendredi à midi pile... 
La carte commence à nous être familière, d'abord un wan tan 
puis des nems pour mon mari, 
et pour moi des gyoza, nous nous lèchons les babines. 
Comme plat, Xavier reprend ... un tom kha kaï et moi un tataki de thon. Je savoure chaque bouchée, c'est gourmand et généreux. Je suis maintenant au Japon et, en pensée, paticulièrement à Osaka (= message codé...) 
je ne résiste pas à la glace au sésame 
et au
Sencha Fukuyu, ici aussi beaucoup trop infusé, très dommage 
je demande à voir les feuilles sèches et leur parfum iodé typique me conforte dans l'idée que ce thé est de qualité. Je m'empresse de quitter ce lieu d'excellence pour aller chercher un petit goûter. Arrivée à la pâtisserie, mon GSM qui avait déjà retenti 2 fois se manifeste à nouveau et cette fois je décroche, c'est mon mari :
si tu ne fais rien demain, je t'invite chez Miss Kang, dimanche il n'y a plus de place !... Comment résister à ce genre de tentation ? Ce sera donc jamais 2 sans 3 ! 
C'est dehors que j'attends mes amis, il fait incroyablement doux. Nous avons 2 naissances à célébrer, celle d'une petite Rosie chez la fille de Fabienne et Alain. Et celle d'un petit
Theodor à Osaka. 
Pas de champagne mais un délicieux
Bai Mu Tan 
Nous aurions pu manger dehors tellement il fait doux 
mais les meubles de jardin ont fait place au restaurant des oiseaux, très peu (trop) nombreux, est-ce la canicule et la grande sécheresse qui les auraient décimés ? Pourtant, ils ont eu à boire en abondance... Ravie de revoir ma amie Fabienne et son mari, des grands-parents heureux, on le serait à moins ! Après ce petit goûter, Alain nous conduit dans un autre lieu de perdition, Dreambaby à Waterloo, c'est là que Delphine a déposé la liste de naissance pour la petite Rosie... Il faut finalement se quitter, ils retournent à Strasbourg demain et voudraient encore profiter un peu de la petit princesse... 
Samedi, il fait divinement bon, direction un petit coin d'Asie au lac de Genval… 
Une grande terrasse au sol en bois me tend les bras mais mon mari ne supporte plus le soleil, nous reprenons donc notre place habituelle à l'intérieur, je sens qu'il n'y aura pas beaucoup de monde… 
Bonjour, monsieur le Directeur… 
Je profite du calme pour immortaliser les coins 
et les recoins du lieu. Une soixantaine de places à vue de nez  ou plutôt d'œil. 
Le personnel est à pied d'œuvre et moi je suis toujours aussi fascinée par les lumières 
qui reflètent jusque dans les verres en cristal. 
Même le lac est auréolé... Nous continuons à expérimenter les trésors de la carte, 
pour moi un potage thaï au gambas 
et pour mon mari... ce n'est plus de l'amour, c'est de la rage ! 
En entrée, des dim sum pour lui 
et pour moi des maki végétariens. 
Du canard laqué pour moi et des nems pour Doudou, eh oui. 
Et LA surprise, du
Lapsang Souchong ! Merci Sébastien de l'avoir signalé alors qu'il n'est pas encore à la carte, d'autant qu'il se marie très bien avec la viande (et le poisson). Et ici pas de problème d'infusion, il supporte l'eau quasi bouillante et, s'il est de très bonne quelité, ce qui est le cas, on peut même oublier les feuilles ! 
En attendant les desserts, 
les plafonniers sous d'autres angles. Notre maison ne s'y prête pas, sinon j'aurais les mêmes ! 
Flan au coco et une boule de glace au sésame pour l'un, 
et glace au sésame pour l'autre... Pendant que mon mari sirote son café, j'ai la chance de pouvoir interroger le Directeur, je sais ainsi qui est la mystérieuse
Miss Kang, c'est la femme d'un associé, elle est coréenne, je ne serais pas étonnée qu'il y ait bientôt quelques plats du pays du Matin calme... Il est prévu des évènements liés aux fêtes des différents pays, je sais donc où nous fêterons l'anniversaire du petit Dragon d'Eau le 13 septembre 2019, fête de la lune ! Je demande aussi la provenance des thés, ils viennent d'Ingrédients du Monde, il faudra que j'aille voir sur leur site, par curiosité parce que l'intitulé m'intrigue... Je lui dis qu'il faudrait juste veiller à l'infusion de ses thés pour pouvoir les mettre en valeur, je lui signale qu'il est LE SEUL à proposer des thés en vrac, c'est un +++ (c'est pour cela principalement que je parle tant de Miss Kang ici). Cela semble assez difficile pour le moment, très, très peu de personnes en demandent et ils ont peu de place. A suivre parce que je me dis que si les folles (et les fous) de thé comme moi savent qu'ont peut accompagner les plats et boire du vrai thé, elles (ils) vont rappliquer ici... Merci à vous d'avoir pris le temps de me répondre malgré les horaires surchargés, 
d'autant que quand le service de midi est terminé, commence celui du tea-room et petite restauration… 
C'est à regret que je quitte ce lieu où tout n'est que calme et volupté face au lac qui en rappelle un autre :
ô temps, suspens ton vol… 
Sur ma terrasse, c'est le plein été, 
un grand soleil caresse ma peau. 
Envie d'un voyage au Pays du Matin calme avec un
Daehsan Nokcha, infusé dans cette jolie théière de là-bas reçue de mon généreux donateur qui m'a fait découvrir ce thé comme un lien entre Chine et Japon... MERCI Guillaume, pour cela et pour tout le reste… Ici se termine un billet un peu particulier, quand j'ai commencé à le rédiger il faisait gris et moche mais maintenant le soleil est revenu, je vais donc aller en profiter et je le posterai ce soir. La vie est pleine de petits et grands bonheurs mais aussi de belles surprises !