Aujourd’hui, grasse matinée, non prévue mais bienvenue ! Quelques minutes avec mon mari qui sera absent toute la journée. Et la terrasse qui me tend les bras. Il y a le ciel, bleu sans nuage, le soleil, doux comme une caresse de bébé et le thé, avec lequel on peut tout faire, même la cuisine. Je déballe certains de mes trésors qui me permettent de me remémorer les superbes rencontres de Nantes, comme celle de Maryline.

J’ai commencé par faire infuser à froid ce
Mélange exclusif Voyages du Thé composé de Sencha aux 7 agrumes, écorces d’orange et de citron et des pétales de soucis.

Puis j’ai préparé des poires au sirop de thé, mais pas n’importe lequel, un
mélange La Soie et le Canon, détonnant ! Cette boîte et son contenu sont un cadeau de notre Présidente, encore merci à toi Sylviane.

Je suis très impressionnée par les parfums puissants qui se dégagent de cette jolie boîte, avant même de l’ouvrir. Et l’explosion dans la théière, avant d’y mettre l’eau. Ce mélange a été créé pour cette belle exposition, il fallait donc qu’il évoque à la fois
"La Soie et le Canon". C’est ainsi qu’on y retrouve du gingembre et de la cannelle, des épices, des fleurs et des agrumes mais aussi d’autres fruits : nashi, pomme, poire, figue et fruits à coque. Pendant que j’épluche les poires, le thé infuse dégageant un parfum entêtant qui évoque l’orient.

Et tout en me livrant à une de mes occupations favorites, je déguste le cocktail oranges pressées, thé aux agrumes. C’est tout à fait de circonstance, il fait encore plus doux qu’hier et les oiseaux le manifestent par leurs chants plutôt inhabituels à cette époque.

Entre deux observations, je me délecte, et je suis impatiente de goûter les poires au sirop de soie et de canon, il sent jusqu’à l’extérieur et pourtant la cuisine n’est pas à côté, cela promet !

Et voilà le résultat, un délice, sauf pour les raisins que j’ai ajoutés pendant la cuisson au lieu de les faire infuser à part, une erreur, ils sont devenus amers . Et en voyant les feuilles infusées, on reconnait immédiatement le thé de base, un Oolong. J’abandonne un temps l’observation pour reprendre ma lecture d’hier.

Et j’ai beaucoup de mal, une seule phrase peut illustrer mon désarroi :
"Le mot à mot en est dans toute sa simplicité obscure", je me dis que je comprendrai mieux avec la "traduction".

Mais que nenni. Je me retrouve comme face à un mode d’emploi (d’un blog par exemple, message codé pour Vanessa…) : je comprends chaque mot séparé puisque c’est du français, mais mis ensemble cela devient du japonais médiéval… Le plus curieux, c’est que cela excite mon cerveau, j’ai envie d’en comprendre la substantifique moelle mais pas ici et pas maintenant. Ce sera pour mes longues journées hivernales, pour réveiller mes neurones qui ont une fâcheuse tendance alors à hiberner.

Pour me changer les idées, rien de mieux qu’un bon Darjeeling, un
Phoobsering plus exactement, encore un beau cadeau reçu un 24 juillet mémorable.

Et ce livre qui dormait dans ma bibliothèque. Je l’ai lu d’une traite, expression non reprise par Bernard Pivot qui a fait le choix de ne choisir que celles qu’il a rencontrées dans ses lectures mais qui nous exhorte à compléter en fin de livre une liste personnelle des expressions en péril… C’est un livre amusant, facile à lire et d’un style délicieux. Et j’ai encore appris ! Je pense n’avoir jamais rencontré le mot OXYMORE. Voilà ce que l’auteur en dit à propos de l’expression
"Péter dans la soie" :
L’expression est une sorte d’oxymore puisqu’elle assemble deux mots contradictoires : la vulgarité du pet et le raffinement de la soie" (page 117). J’ai bien souvent ri "dans mon moi-même", entre autres en lisant l’expression
Peigner la girafe (activité qui consiste à ne rien faire), ah si je savais dessiner… Par contre, j’ai trouvé une expression que je ne connaissais que depuis très peu de temps :
"Manger la grenouille", grâce à Sylviane (il s’en passe décidément des choses à Nantes…) En voici l’origine (page 80):
"Jadis, les tirelires prenaient souvent la forme d’une grenouille (le petit cochon est plus récent). Manger la grenouille ou faire sauter la grenouille signifiait donc que les économies avaient été dilapidées. (…)". La théière est vide maintenant, j’ai envie d’aller me dégourdir les jambes, jumelles en bandoulière, nez au vent qui commence à se lever, je viens d’entendre le "hennissement" si caractéristique et très proche d’un pic-vert. Puis, assise dans l’herbe, je jouis de ces instants privilégiés en disant merci à la vie.