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mercredi 19 août 2020

Il y a lecture et lecture... Heureusement il y a le thé...

 Dur, dur Bruxelles sous la canicule : 

pas d'air mais de l'ozone à la place donc irrespirable ! 
Par contre, dans mon cocon, il fait bon grâce au ventilateur, dans la tasse, un
long jing pour accompagner ma lecture LA FEMME au temps des EMPEREURS de CHINE, un livre publié en 1988, rescapé de mes bibliothèques dont je n'avais aucun souvenir, et pour cause... je n'en avais lu que 42 pages, après plus aucune annotation ! 
En lisant la quatrième de couverture je suis d'autant plus étonnée de cet abandon que les livres historiques sont parmi mes préférés. Voyager dans l'espace et dans le temps en sirotant ce mythique breuvage, un passe-temps dont je ne peux me passer ! Je comprends mieux en relisant les premières pages, ce n'est pas un roman et c'est choquant, terrifiant même. L'auteure nous prévient :
"(...) Voici pourquoi les histoires qui suivent vous troubleront peut-être. Leur violence est celle de la société chinoise elle-même, source de toutes ses réussites et de tous ses échecs." Il m'en faut plus pour renoncer mais avec tous les points d'exclamation qui émaillent les 2 premiers chapitres, je comprends mieux, rien que le titre des chapitres donne le ton , précédé du titre de la première partie : Créatures de rêve ou de cauchemar ? Des histoires à faire peur ; Grandeurs et servitudes de la vie au féminin . A commencer par la vision de la naissance à l'époque  vécue comme impure: "(...) l'accouchée mais aussi son nouveau-né soient regardés comme impurs et restent enfermés pendant un mois.Il fallait, disait-on, épargner au dieu Tiangong (...) la vue insoutenable de leur saleté – une saleté extraordinaire que l'eau et le savon ne peuvent laver. (...). Car il n'y a rien de plus polluant que la naissance, sinon la mort." Le ton est donné, pendant ce mois, fille et garçon sont traités de la même manière : " Le bébé, surtout si c'était un garçon, faisait l'objet de quelques tentatives louables pour l'aider à vivre. Durant les trois premiers jours de sa vie, on lui donnait à boire du thé mêlé de sucre non raffiné afin de lui nettoyer l'estomac, puis on l'abandonnait aux dieux et à sa mère." 

 La contemplation du ciel et le thé 
m'éloignaient momentanément de cette vie de cauchemar et du sort réservé aux femmes. Suis-je devenue plus (trop) sensible mais il m'a fallu plus de 10 jours pour arriver à lire ce livre en entier tellement j'étais oppressée, et pas à cause de la canicule. 
Le ciel m'en est témoin, 
même par temps de pluie violente, 
suivi d'un beau coucher de soleil, ce livre m'a bouleversée, je voulais aller jusqu'au bout 
A de rares moments de cette histoire – petite éclaircie comme dans ce ciel - la femme a pris le pouvoir mais ce ne fut pas à son honneur, ce matriarcat n'avait rien de doux, de féminin, d'humain. Ces femmes-là se montraient souvent plus cruelles, aucun sentiment noble ne les animait. 
La tisane, ce soir-là, n'a pas eu d'effet, pourquoi continuer à lire ces horreurs ? 
d'autant que le retour de manivelle fut terrible. 
J'ai donc abandonné ce livre à la violence de l'orage 
et du vent... 
mais rien n'y a fait, la pluie éphémère mais violente ne l'a pas atteint, elle ne recouvre pas tout le sol de la terrasse... 
Je l'achèverai donc avec ce thé d'exception, un
J.E. Origine composé de thé blanc de Chine (Yin Zen), d'Oolong de Formose, de thé rouge de Ceylan (Kennilworth) et de thé vert du Japon (Wazuka Sencha). La Chine s'ouvrait enfin petit à petit au monde, ce nectar tombait donc à point nommé... 
Enfin, j'arrive à la fin de ce livre, ravie d'avoir été jusqu'au bout parce que jamais un livre ne m'avait perturbée à ce point. Je ne comprends pas bien pourquoi mais en y réfléchissant, ce que j'ai appris est tellement éloigné de ce monde qui est devenu le mien, celui du thé en est sans doute la raison. J'étais oppressée en le lisant, j'ai moins bu de thé dont il est d'ailleurs très peu question, la description des dynasties successives, des Tang aux Qing est guerrière, à des années lumière de ce que j'en savais à travers l'histoire de cette boisson mythique... Un sourire cependant quand l'auteure (oui, je sais, les autres disent autrice) fait mention de Robert van Gulik, cet orientaliste hollandais dont j'ai adoré les ouvrages qui relatent la vie du juge Ti, jen ai souvent parlé, entre autres ici :http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/09/adieu-lete-bonjour-lautomne.html Je vais sans doute m'y replonger... Je pourrais émailler mon propos de citations mais il y en aurait trop. Je ne résiste cependant pas à en citer deux :
"(...) l'égalité entre l'homme et la femme ne peut exister car il n'y a aucune similitude entre les astres qui rythment notre vie. La lune – la femme – ne fait que renvoyer la lumière du soleil -l'homme ; elle ne brille pas par elle-même et possède au contraire une face cachée dont on peut tout redouter" et plus loin : "La femme n'existe pas sans l'homme." Une petite dernière : "(...) l'absence de talent chez une femme est synonyme de vertu."
Si aujourd'hui le ciel est tourmenté, je ne le suis plus ! Cette journée sera consacrée à ce à quoi j'aspire, la paix, la méditation et la musique qui m'ont trop manqué ces derniers jours. 
De vieilles mais encore très vaillantes feuilles de
Beauté orientale 
 infusées dans cette théière bleu profond surmontée d'un petit bouddha. 
Tandis qu'elles infusent, 

mon regard se tourne vers le ciel, 
j'espérais siroter ce breuvage sur ma terrasse mais le vent s'est levé et il fait même un peu frisquet. 
Quel doux parfum émane de ce bol, au son de cette musique typique qui me rappelle de superbes souvenirs : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2009/09/europalia-chine.html... 
Pendant qu'infuse une deuxième théière, retour sur la terrasse, le ciel menaçant déverse à présent une fine pluie bien trop faible pour noyer une terre en détresse. 
Les Belles ont à présent tout donné, elles vont maintenant amender la terre de cette jolie plante qui se développe très vite, c'est impressionnant, encore MERCI chère Cathy. 
Les deux petites souris viennent aux nouvelles, j'aimerais tant qu'elles puissent participer à un gong fu cha mais mon bras droit continue à m'en empêcher, Anne-Marie, Carine, au secours !...

dimanche 5 avril 2020

La vie continue...

"En avril, ne te découvre pas d'un fil", disait-on mais cela c'était avant. Maintenant c'est plutôt: "En avril, ne fais pas l'imbécile, reste à domicile", bien trouvé ! 
Beau ciel à mon réveil, c'est le jour des courses 
et comme inattendue récompense, pas question des horreurs espagnoles, elles sont belges fondantes, très gouteuses et le must, accompagnées d'un délicieux Sencha (merci chère Cathy). 
Spectacle toujours aussi féérique. Jour de courses alimentaires (tous les 3 jours), cela n'a rien de passionnant sauf que j'ai promis de montrer que je ne risque rien, 
A commencer par mon préféré, Séquoia. 
Dès l'entrée, des consignes claires et rassurantes : se frotter les mains avec un gel désinfectant avant d'enfiler des gants en lattex et attendre qu'un client sorte pour rentrer... 
A la pharmacie, mêmes précautions. 
A la boulangerie, je me méfie pas de marque sur le sol par contre à la boucherie, un seul client à la fois, soyez donc rassurés mes amis chers ! 
Il a fait très gris tout l'après-midi, le soir le soleil a très vite disparu sans vraiment briller. 
Des tas de nuages sur un fond de ciel bleu, comme tourmenté... je me sens un peu triste, aujourd'hui c'est Qingming, j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises notamment ici :
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/04/la-legende-de-qingming.html, jusqu'à cette année,même si cette fête correspond au jour des morts en occident, elle me remplissait de joie, c'est le début de la cueillette du Long Jing, un de mes thés préférés, comme ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2011/04/aujourdhui-je-fete-dignement-qingming.html . Mais en cette année 2020, les Chinois en ont fait une journée de deuil national pour honorer les victimes de ce virus... 
Je m'associe à eux en savourant ce fabuleux cadeau de ma chère belle-fille. Je repense à cette belle fête célébrée l'année dernière avec mon amie Carine :
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/04/qingming-et-belle-retrouvaille.html. Vivement qu'on soit déconfinées !
Beau ciel bleu et blanc à présent et il fait très doux, de la terrasse, j'admire l'explosion du printemps sur les arbres environnants. 
J'imagine déjà comment je vais agrémenter cette terrasse mais pour le moment, c'est impossible...
Et après le souper, 
nous assistons, toujours aussi émerveillés, 
au lent coucher de l'astre du jour. 
Quel apaisement, on ne s'en lasse pas... 
"Il y eut un soir, il y eut un matin". Rituels immuables : d'abord admirer le spectacle de ce soleil fidèle au rendez-vous. 
Ensuite choisir un thé et une théière, ce matin le reste d'un
Sencha, certains de mes stocks diminuent dangereusement, je n'ai déjà plus de thés rouges... 
Et ces Belles de Mechelen , toujours aussi fondantes. Tandis que je les savoure avec lenteur et gourmandise, j'admire la théière et la tasse aux motifs japonais si fins, si précis. J'ai passé une grande partie de l'après-midi sur la terrasse. 
Il est 16h45 et il fait encore 24°. J'ai hâte de remettre la table et les chaises dehors mais seule, c'est trop lourd... 
Mon mari me déconseille de mettre des bacs à fleurs comme ceux que j'avais à Groenendael, cela diminuerait fort l'espace et c'est vrai que sur la longueur le spectacle est beau, très arboré. 
Par contre sur la largeur, la vue n'est pas terrible. MERCI ma chère Fabienne de m'avoir suggéré d'installer des bacs ronds, moins massifs ! 
Je voudrais aussi installer une étagère pour les herbes aromatiques. 
Et notre rituel quotidien, 
le coucher du soleil. 
Aujourd'hui, il était sans doute fatigué, 
cela a été très rapide : 
entre la première et la dernière photo, 
8 minutes. Les jours en ces temps bizarres se ressemblent fort mais aucun ennui, aucune lassitude ! Continuons à nous protéger...