dimanche 29 août 2010

Encore un dimanche flamboyant

C’est le dernier jour de vacances de Lingling, elle le passe en partie ici pour notre plus grand plaisir. Voilà ce qu’elle appelle venir les mains vides, c’était pourtant une consigne très claire… D’autant qu’elle m’avait déjà apporté cette jolie boîte dont je voulais découvrir et savourer le contenu avec elle. Les feuilles sèches de ce Hsuei Shan (thé de printemps des sommets enneigés) dégagent un parfum fleuri et très frais. Que va donner la première infusion ? Cette même fraîcheur, beaucoup de douceur aussi.La 3e infusion est tout aussi agréable, nuances subtiles d’un bouquet fleuri, et des rires évidemment. Mais moi, je ne dis rien, je savoure et j’observe. La 4e infusion est encore plus gaie, et mon mari se déchaîne et devient subtil : "ça goûte le thé". Il est temps de mettre fin à cette séance, les feuilles sont loin d’avoir tout donné, j’achèverai tantôt. Un dernier repas belge s’impose, ici, chez Tissens, ce sont les anguilles au vert et les entrecôtes qui sont les spécialités. Et toujours la folle ambiance. Et pour ne rien arranger, ils choisissent un dessert appelé Folie cerises… Cerise, cerise, cela me rappelle quelqu’un, folle aussi mais de thé... Le temps passe trop vite, il faut déjà nous quitter. Et tandis que Xavier reconduit Lingling avant d’aller prendre sa leçon d’iPad, je veux continuer les infusions de ce nectar.Lingling m’a traduit ce qui est indiqué sur le sachet, il s’agit d’un thé dont les plantations poussent dans une réserve naturelle de Chung Yan, c’est une chaîne de montagne du centre. C’est un thé premier cru, excellent. j'espère avoir bien retenu ce qu'elle m'a dit...Pour infuser ce thé, je choisis maintenant les ustensiles que j’ai acheté là-bas, au musée du thé, j’ai craqué pour la forme particulière de la coupelle mais aussi pour la taille de la tasse à sentir et de celle à boire, un peu de nostalgie… ce fut une superbe rencontre, j’y retournerai certainement. Les infusions se succèdent et je me plonge dans le Lonely Planet de Taïwan ; après avoir discuté avec Lingling, je partirai de début mars à mi ou fin avril et j’espère que mon mari viendra me rejoindre, du moins une partie du temps !J’en suis maintenant à la 11e ou 12e infusion, les saveurs s’estompent mais comme il est long en bouche, cela a peu d’importance, il garde de toute manière la saveur si particulière de ces moments chaleureux passés ensemble. Un dernier regard à ces belles feuilles qui nous ont procuré tant d’émotions gustatives, et je range cette boîte parmi mes trésors, je réserverai ce thé d’exception à mes hôtes de marque. Et cela n’a pas tardé, ma filleule vient non pas achever mais continuer son travail et elle choisit cette fois un Oolong, elle est presque en extase devant celui-ci, il faut dire qu’elle doit se remettre de quelque chose de spécial… mais avant cela un petit fou rire. Non elle n’est pas devenue folle, non elle ne peint pas sa boîte à outils, elle rattrape sa "blonderie" (selon sa propre expression), le pot de peinture, sans doute mal fermé, n’a pas résisté aux coussins berlinois très vicieux qu’il faut affronter pour venir ici ! Il s’est renversé dans son sac, mais celui-ci est imperméable elle peut donc récupérer la peinture, elle par contre commence à ressembler à la femme de Hulk, elle en a déjà le tee shirt… Le résultat est vraiment magnifique et elle ne s’est pas contentée de la peinture, elle m’a confectionné une fresque murale, "a special gift". Elle m’a demandé si je conservais des tickets, carte et autres souvenirs en rapport avec le thé. En me l’offrant elle m’a dit : "pour que tu sois encore plus inspirée pour ton blog". Une fois de plus très émue par ce genre d’attention, je ne sais que dire. Merci ma Puce en tout cas, tu m’as gâtée et il paraît que ce n’est pas fini, j’attends donc l’étagère avec impatience. Et pour le thé, c’est quand tu veux. Ainsi se termine un week-end comme je les aime, j'ai beaucoup de chance d'être entourée de personnes d'une telle qualité, merci la vie...

samedi 28 août 2010

Un samedi qui n'en finit pas

Il y a quelques jours ma filleule m’annonce que je n’ai pas assez de place pour mon PC, que cette " vieille table" (une Napoléon III…, ah la jeunesse !) ne va pas du tout et qu’elle veut arranger cela, ce sera "ton cadeau d’annif". J'ai tout de suite compris qu'il était inutile de protester (et pourtant je l'aime ma "vieille table")...Ce matin donc, après une tasse de Shimizu, un thé vert, sa famille préférée, elle prend les mesures, pour "arranger tout ça", puis elle disparaît chercher le matériel et j’ai droit une consigne impérative, dès qu’elle revient, interdiction de venir voir avant que ce soit terminé. La patience n’étant pas ma qualité dominante, j’invite mon mari au restaurant me disant que le temps passerait plus vite ainsi. A notre retour, je monte préparer ce Pu Er sauvage, un vrai régal et un superbe souvenir du Langage du Thé, que j’infuse en grande théière. Un mari très en verve qui déguste ce nectar d’automne et qui lui trouve toutes les qualités. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'il en boit!L’observation des feuilles l’inspire également, "je comprends "maintenant" pourquoi on dit que c’est un thé noir, mais pourquoi sent-il si fort la terre ?" J’ai un fou rire - un peu nerveux, je trouve que le temps passe vraiment lentement - d’habitude il se contente de savourer sans faire de commentaire. Une fois seule, je commence le 3e tome des aventures du Juge Ti, après avoir infusé à nouveau ce Pu Er. J'ai du mal à me concentrer sur ma lecture.ENFIN, le téléphone sonne, ma filleule annonce son arrivée. Et le rappel de la consigne, je vais donc une dernière fois jeter un regard sur cette vieille table en me demandant vraiment ce qu’elle va mettre à la place, la seule chose que je sais c’est que ce sera dans les verts, ma 2e couleur préférée. Mais, avant l’effort, une petite tasse de Pi Lo Chun de Formose, en souvenir de notre virée à Paris chez Zen Zoo. A son air entendu, je vois qu’elle me réserve un chien de sa chienne, et je ne crois pas si bien dire. Après un temps qui m’a paru interminable, je peux enfin venir admirer le début du renouveau, le reste sera pour demain. Je suis déjà comblée, j’ai effectivement plus de place et c’est beaucoup plus lumineux. Et à propos de chien… et je ne suis pas au bout de mes surprises ! En découvrant l’intérieur, j’oscille entre la forte émotion et le fou rire ! Emotion pour les sentiments exprimés, et fou rire parce que je veux bien que quand on aime, on ne compte pas… mais quand même. Merci ma Puce pour tout ça, j’ai vraiment beaucoup de chance d’avoir une filleule comme toi ! Et qui sait tout faire en plus. Tout ? Enfin presque, la cuisine excepté mais cela viendra… Que veux-tu, tous les génies ont leur faiblesse ! Quant aux bêtises, c'est quand tu veux, par contre je ne comprends pas "la connotation personnelle", tu n'imagines quand même pas me voir avec ce genre de toutou... A demain pour la suite!

vendredi 27 août 2010

C'est le temps du Pu Er

Il fait gris et triste ce matin, l’automne arrive trop vite et le crachin qui l’accompagne n’augure rien de bon pour la journée. Le seul soleil dont je peux jouir est celui-ci, immortalisé un jour de ciel bleu, je ne peux même pas aller cueillir des dahlias. Mais ici il fait toujours beau. J’ai ouvert ma caverne à Pu Er, thés de circonstance, et j’ai choisi ce sachet qui renferme un trésor particulier, du Mao Cha. Les feuilles sèches, bien séparées, sont grandes et de teintes brunes tirant sur le gris-bleu.Une exception cependant, certaines, comme une fusion, sont blotties l’une contre l’autre. Préparation en zhong après un rapide rinçage. Les 2 premières infusions presqu’instantanées, donnent une liqueur très douce, sucrée et des arômes de fruits secs. La 3e infusion, un peu plus longue donne cette belle couleur ambrée et des notes de cuir et de grenier humide. La couleur des feuilles varie du vert tendre au brun tabac.J’infuse plus longuement les suivantes mais sans avoir recours à la technique moderne du minutage, ni à celle des 3 paters découverte hier…. La couleur est donc devenue plus foncée mais reste aussi brillante et transparente. Ce qui me frappe ici, c’est la pâleur des feuilles infusées qui forment un cercle, comme un chat près pour la sieste. Je fais moi aussi une pose "lecture", ce livre découvert à Taipei, est uniquement rédigé en chinois. Je me contente donc de regarder les images et d’imaginer les arômes qui pourraient s’en dégager… Les nids. Les champignons. Les briques. Les galettes. Et une curiosité, que fait ici cette grande feuille ? Puis je reprends mes infusions. Et voilà, à regret, la dernière… je n’ai plus soif. Dernier regard, avec une pensée pour ces vieux théiers dont elles sont issues… … sans oublier le savoir-faire de ceux qui les ont traitées, de la plus petite à la plus grande.

jeudi 26 août 2010

Une journée entièrement consacrée au thé, vive l'i Pad!

Je n’étais pas très réveillée ce matin - trop peu de lumière, il fait sinistre dehors - j’ai donc choisi un thé tonique, un reste de bourgeons de Yunnan, une tuerie comme disent les jeunes. Il ne m’en restait que de quoi remplir cette théière solitaire. D’habitude, je ne bois les thés rouges et les noirs qu’en automne mais il fait frais et pluvieux il conviendra donc très bien pour continuer la lecture du contenu de l’enveloppe. Et j’ai encore eu un fou rire quand j’ai lu comment un mesurait le temps d’infusion à l’époque… Ah Cerise, tu es incomparable pour dénicher ce genre de lecture, as-tu déjà essayé ce procédé? Je ré-infuse les bourgeons, le breuvage est moins foncé mais dégage encore un parfum puissant et ces notes de sous-bois mais aussi des arômes de chocolat. Je me plonge à présent sur la documentation concernant l’exposition La soie et le Canon, j’ai hâte d’y être. Un petit entracte pour manger avec mon mari et puisqu’il m’abandonne cet après-midi pour aller se livrer à sa nouvelle passion, je retourne dans mon salon bleu-thé.Le thé de ce matin m’a inspirée pour celui de cet après-midi, ce sera ce superbe thé noir coréen, le Jukro dont j’ai parlé en février 2009. Quitte à en refaire, je choisi également une théière solitaire. Je retrouve les émotions gustatives de l’époque, et s’il a toujours un parfum puissant de cacao au goût, j’y décèle d’abord des arômes de vanille et de miel, un vrai bonheur. Et pour anticiper le bonheur de me retrouver à Nantes fin septembre, je reprends la lecture de cette brique, cadeau de Sylviane ; c’est une mine de renseignements très précis et érudits et comme toujours très bien illustré. J’aime ces journées où je peux sans vergogne me consacrer à ma passion. C’est vrai que j’ai parfois de fugaces scrupules à laisser mon mari tout seul mais depuis qu’il a (presque) son nouveau jouet, c’est lui qui m’abandonne… pour notre plus grand plaisir à tous les deux ! J'espère que son apprentissage durera encore un certain temps, notre petite-fille est une très bonne professeure.

mercredi 25 août 2010

Le lendemain de la veille, ce n'est pas mal non plus

Ce matin, pour me remettre de mes émotions mais pour prolonger le bonheur, me revoici dans mon salon avec au programme dégustation de ce thé d’anniversaire, un Oolong de printemps, cadeau de Hsiaolin et Claude. Je l’avais découvert hier et partagé avec mes amies, donc en grande théière. Mais aujourd’hui, je veux le découvrir en zhong. Cette fois, je ne pèse ni ne chronomètre, je vais l’infuser à la couleur et à l’odeur du couvercle. Roulées en grosses boules, les feuilles se devinent grandes et leur couleur tirant plus sur le vert semblent peu fermentées. Le parfum qui s’en dégage me fait penser à des fleurs, mais lesquelles ?Dès la 2e infusion, les feuilles se sont déjà fort déroulées mais je dois les laisser infuser plus, le liquide est un peu fade, je vais donc reprendre ma minuterie. La 3e infusion est plus gouteuse, avec cette fois des notes boisées. La 5e infusion change vraiment de goût, j’y perçois comme du camphre et elle est sucrée, et de couleur, plus dorée. J’en suis à la 6e infusion, les feuilles sont maintenant tout à fait développées.L’infusion est toujours cette belle couleur ambrée mais perd en goût, je m’arrête là, je reviendrai après-midi. Pendant toutes ces dégustations, j’ai pensé à vous qui m’avez honorée par vos gentils messages, vos cartes et vos coups de fil, encore merci.C’est le temps de la lecture, je garde le même thé mais infusé cette fois dans une plus grande théière. Et je m’attaque à ce catéchisme particulier, un des trésors de la fameuse grande enveloppe. Bonne idée que cette réédition, la première datait de 1715… Je m’attendais à sourire, tout au long de la lecture, mais à ce point ! C’est un rire franc qui m’a envahie, j’en ai mal aux mâchoires. Et au rire a succédé un vrai fou rire, irrépressible, impossible à arrêter, mon mari est monté croyant que je me payais du bon temps avec une amie. Après les mâchoires, ce sont les côtes qui s’y mettent, d’autant que mon mari découvre à son tour ce livre bien-pensant ! Je me souviendrai longtemps de ce cadeau insolite et ce qu’il a provoqué dans ce salon à l’ambiance d’habitude plus feutrée. Merci à ma Cerise. Un dernier regard à ce bouquet comme je les aime et je redescends sur terre et dans ma cuisine pour préparer le souper.