dimanche 28 avril 2019

Χριστός Ανέστη - Καλό Πάσχα

Aujourd'hui est célébrée la Pâque, la plus grande fête pour les orthodoxes. J'ai eu la grande chance d'assister à plusieurs reprises à la Pâque grecque, notamment à Parikia dans la belle île de Paros dont je suis tombée amoureuse il y a plus de 40 ans ! A l'époque, on y accédait uniquement par bateau à partir du Pirée. Après plusieurs heures de traversée, on apercevait les côtes de la capitale des Cyclades, ses maisons d'un blanc immaculé et les coupoles bleu vif des chapelles, le tout dans un paysage printanier verdoyant d'où émergeaient les bouguivillés, contraste frappant avec le paysage en été, brûlé par le soleil. J'ai découvert alors le logement chez l'habitant, je suis très bien tombée, le contact s'est fait très facilement malgré la barrière de la langue, quasi rien à voir avec le grec ancien. C'est grâce à cette famille très simple - lui pêcheur, elle femme au foyer - que j'ai vécu cette grande fête, j'ai été considérée comme la fille de la maison et j'ai pu tout partager avec eux et leur fille. J'aurais tellement aimé illustrer mon propos mais malheureusement, la semaine dernière quand je suis allée faire des fouilles au grenier,encore très troublée par l'incendie de Notre-Dame, j'ai égaré la clé d'une des bibliothèques que j'avais fermée, ce que je ne fais jamais, j'ai horreur des clés que je pers régulièrement... Comme il s'agit d'un meuble ancien, je n'ai pas voulu crocheter la serrure, c'est là que se trouvent aussi la plupart de mes albums photos, je vais mettre ma filleule sur le coup... La semaine précédant la Pâque est une semaine de jeûne marquée par le Jeudi rouge : les oeufs sont teints en rouge, la couleur du sang du Christ. 
Après une semaine de jeûne, le samedi saint à minuit, le pope annonce la résurrection du Christ dans la cour de l'église en prononçant CHRISTO ANESTI, les cloches sonnent à toute volée et les fidèles munis d'un cierge viennent l'allumer à celui du pope, le spectacle tant visuel que auditif est grandiose. L'assemblée s'embrasse en se disant Christos anesti puis chacun rentre chez soi le cierge allumé à la main. Arrivés à la maison, les cierges sont placés près des icônes et on passe à table pour déguster la maghititsa, la soupe traditionnelle. Une autre jolie coutume symbolique est le rituel des œufs : chacun frappe son œuf rouge contre celui de son ou sa voisine en le tenant entre le pouce, l'index et le majeur de la main droite en prononçant Christos anesti, le gagnant est celui qui parvient à conserver la coquille de son oeuf intacte, c'est un signe de chance. A midi, les rues sont envahies de la gourmande odeur parfumée de l'agneau rôti à la broche. Je garde des souvenirs encore très présents de ces moments de ferveur et de partage que la famille Alifieri m'ont offert avec tant de générosité ! Moi qui ai une passion pour les églises, j'ai été servie sur cette île que j'ai sillonnée en tous sens lors de mes nombreux séjours, je ne me souviens plus du nombre exact mais au moins 200 de la plus humble chapelle, très nombreuses, aux imposantes "cathédrales" telles celles de Parikia et Lefkès. 
Pour fêter ce grand jour, j'ai invité mon mari dans ce petit coin de Grèce, à la limite d'Overijse, une commune que je déteste parce que dirigée par des flamingants dont le slogan est Overijse, waar vlamingen thuis zijn  (Overijse où les flamands sont chez eux), vous avez dit ouverture d'esprit! Le ciel est bien d'ici mais à l'intérieur, c'est grand soleil et vrai accueil comme là-bas. 
Aetos, le voilà, je n'en ai jamais vu dans les îles mais bien au-dessus des Météores. Le soleil se retrouve aussi dans les plats, servis généreusement : 
pour mon mari, des calamars grillés 
et pour moi un mezze. 
En attendant les plats, 
petite balade en bord de mer… 
des côtelettes d'agneau pour Doudou, 
une souris d'agneau tendre et fondante pour moi. Dans les verres, de l'eau pour lui, du retsina pour moi, ce ne sera pas ma seule entorse… 
Un frappe pour Xavier, 
et pour moi, un hellenico caffe sketto ! Plus de deux heures de pur bonheur, loin de la froide grisaille d'aujourd'hui, il ne fait pas 10°!, on y retournera, c'est certain ! 
Retour à la maison où les verts tendres des feuilles nouvelles contrastent fort avec ce ciel trop gris, je reste en Grèce ! 

4 commentaires:

Fab a dit…

🥰🥰🥰🥰

Francine a dit…

@ Fab.: ???

Cathy a dit…

Rebonjour Francine ;)

Oh comme je te comprend, je serai bien restée aussi en Grèce vu le temps dehors encore maintenant ;) Merci pour ce beau souvenir, je ne connaissais pas cette histoire de Pâques.

Bonne soirée accompagné d'un bon thé !
Bisous

Francine a dit…

@ Cathy: Je trouve ton petit mot ce matin, 5°, pluie, grisaille, vive la Grèce, les saints de glace sont inconnus là-bas! Encore MERCI pour hier, je rédigerai mon billet demain. Hier soir, j'ai bu le Kyobancha d'Azumaya en pensant à celui de ta belle-mère. Bisou et à très vite!

Autre chose, j'ai reçu un mail de Lydia Gautier dont on a parlé hier justement, elle m'annonce qu'elle sera à Bruxelles chez Unami jeudi pour une dédicace de son livre, je vais essayer d'y aller mais comme tu le sais, cela ne dépendra malheureusement pas que de moi!