dimanche 8 février 2015

Un dimanche tout en contraste

Je m'apprêtais à infuser mon premier thé quand j'ai appris une terrible nouvelle, qu'il est dur d'être impuissante... Après ce coup de fil dont je ne suis pas encore remise j'ai eu besoin de me laver la tête, il faisait un peu plus doux et je suis allée dans ce lieu magique tout près d'ici.
L'institut  Bruno Lussato vu de jour http://www.brunolussatoinstitute.be/ .
Je commence par faire un petit tour du jardin
à l'affut des premiers signes du printemps.
Mais rien encore,
pas le moindre petit bourgeon... et le fond de l'air piquant ne donne pas envie d'approfondir le sujet.
Bruno Lussato, le fondateur de ce lieu d'excellence. Déjà quand j'ai vu son portrait sur le site il y a un certain temps, j'ai eu l'impression et même la certitude de l'avoir déjà vu mais où ? J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé à tel point que le doute s'est installé vu son domaine d'activité aux antipodes du mien. Depuis ma visite, je sais que je ne me suis pas trompée, il fut l'invité de Bernard Pivot dans un très ancien numéro d'Apostrophe à une époque où on fumait encore sur les plateaux télé... comme le montre le court reportage qui lui est consacré. Je commence la visite, fascinée par ce havre de paix désert au moment où j'y étais mais bien que face à des objets de toute beauté, je ne suis pas vraiment parvenue à être sereine.
J'ai alors acheté le nouveau catalogue et je me plongerai dedans quand j'aurai l'esprit un peu plus libre.
Parmi tous ces objets, j'ai été particulièrement touchée par les textiles, comme ce kimono
ou encore des panneaux muraux
aux motifs symboliques, de toute beauté.
Arrivée sous un franc soleil, je ressors alors qu'un gros nuage très gris menace d'éclater, il n'en a rien été heureusement. Chère Lune, c'est à toi que j'ai pensé particulièrement pendant cette visite. Comme tu peux le voir, le jardin est encore très endormi mais l'intérieur vaut vraiment le détour, tu en sauras bientôt plus !

samedi 7 février 2015

"La solitude, ça n'existe pas"...

... Ou alors, elle est bonheur ! Je suis seule aujourd'hui, j'ai décliné l'offre de mon mari d'aller au restaurant avec son amie Sylvie que j'ai pourtant envie de revoir, mais ici.
Lumière d'un beau soleil d'hiver, la journée commence bien.
Une musique zen,
de beaux objets pour ce thé fabuleux, LE Matcha et une pensée émue pour mon généreux donateur...
Tandis que je savoure ce breuvage vert brillant, le son mélodieux du shakuhachi me transporte vers ces jardins lointains où les sons de la nature s'harmonisent si bien avec ceux de l'instrument.
Les motifs du chawan n'évoquent-ils pas le bouillonnement d'une cascade... Moment de méditation intense.
Un peu de lecture à présent... et de circonstance.
Fou rire en lisant ce deuxième haïku, je ne sais trop pourquoi.
Ceux-ci par contre... Le premier illustre bien ce qui se passe ici, la bise très piquante du matin a fait place à un air vivifiant qui caresse le bout du nez sans le faire couler. J'ai parcouru tout le livre au titre surprenant mais je ne parviens pas à vraiment apprécier ce genre de poésie, peut-être est-ce dû à la traduction ? Un tout petit tour de jardin bien emmitouflée, en mode esquimau dixit mon mari "mais ne prends quand même pas froid"... Après le dîner, vite expédié, retour à mes essentiels :
musique,
thé,
Un Yunnan white tea Moonlight griffé Biochi.
J'observe les belles qui se baignent dans leur mère-eau
tandis que s'égrènent les notes apaisante de la harpe, le premier morceau s'intitule précisément La mère. L'auteure a créé ces morceaux pour une maman et son bébé, cela me parle...
En portant à mes lèvres ce nectar doux et légèrement sucré, des souvenirs me reviennent donnant à cette première infusion des notes très chaleureuses http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2014/12/encore-et-encore.html, aux émotions gustatives s'y mèlent d'autres donnant à ce thé des saveurs subtiles et complexes à la fois de partage et d'amitié.
Les infusions se suivent au son de la harpe.
Et toujours ces saveurs douces et sucrées
qui ne correspondent plus à l'odeur boisée des feuilles bicolores.
Par contre, quasi pas de parfum s'échappe du zhong, serait-ce la fin?
Eh bien non, de plus en plus de douceur sucrée, je suis très étonnée, quand j'ai inauguré l'année avec ce même thé, je n'avais pas perçu ces notes sucrées: http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/01/premiere-page.html, c'était pourtant avec le même matériel, influence de la pleine lune peut-être... Ou cette musique, un des morceaux s'intitule Pillywiggins, ces petites fées aux ailes de papillons, protectrices des fleurs... Et me revient un texte de Platon : "La musique est une philosophie....
Elle donne une âme à l'Univers,
des ailes à l'esprit,
l'envol à l'imagination,
un charme à la tristesse,
gaieté et vie à toute chose.

Elle suscite & participe à tout ce
qui est bon, juste et beau."
Ce qui sera pareil par contre, c'est la deuxième vie de ces belles, illuminer mes rêves. 
Elles vont maintenant reposer dans leur écrin jusqu'à un autre jour quand le ciel sera lumineux comme ce matin.
Celui que j'aperçois à présent n'a plus rien à voir...
Ciel d'hiver, temps du Pu Er !
Dans cette jarre magnifique, un Pu Er 1980 qui porte un nom qui me va bien: Bonheur, griffé Source de Lumière. Je l'ai décrit longuement ici, je n'y reviendrai pas aujourd'hui: http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2014/01/aujourdhui-le-bonheur-est-partout.html.
Tous les ustensiles sont prêts,
l'eau chauffe tandis que des chants de là-bas retentissent dans la pièce et que les parfums tant aimés s'échappent de la théière préchauffée.
Couleur cuivrée de cette première infusion instantanée qui sert EN PRINCIPE à laver les feuilles... et qui passe immédiatement dans mon gosier impatient.
Gestes dix mille fois reproduits, jamais lassants.
Saveurs en constante évolution., 
Belle couleur brillante,
signe d'excellence. Mon mari qui vient de rentrer m'appelle et au son de sa voix je sais qu'il me prépare quelque chose de spécial.
Mais je ne m'attendais pas du tout à cela ! "Celle-ci est pour toi... tu vas aimer, cela vient du Québec", je ne vois vraiment pas le rapport... Fou rire !
Lui ne prend plus que des tisanes et après avoir testé les Liptons, les Twinings et celles-ci, son opinion est faite, ce sont les meilleures...
Je le crois sur paroles mais je préfère les miennes, La tisane de l'Abbaye griffée ThéÔdor par exemple.
Et un autre fou rire en portant le bol à mes lèvres, quand Fabienne est venue elle lui a demandé si il l'appréciait. Réponse, "je ne l'ai jamais goûtée, je n'aime pas les mélanges"... , c'était il y a un mois et demi..., j'en connais une qui va bien rire! http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2014/12/dernier-week-end-de-cette-annee-belles.html.
Et Hugues Aufray en accompagnement pour terminer ce magnifique samedi en plongeant dans mes souvenirs... La vie est pleine de petits bonheurs que je souhaite multiplier à l'infini.

jeudi 5 février 2015

Une journée ordinaire, ou presque

J'ai été réveillée en sursaut ce matin par le bruit strident d'une alarme, il y a mieux pour commencer une nouvelle journée...
D'autant qu'hier j'ai veillé tard, c'était la pleine lune entourée d'étoiles,
Un vrai spectacle de lumière mais d'ombres aussi quand les nuages la voilaient un peu.
Un beau ciel bleu avec à l'horizon des nuages gris qui ne me disent rien qui vaille. En regardant le sol recouvert de givre, je vois qu'il fait très froid et je devrais sortir pourtant, il n'en est pas question !
Pour oublier cela, mes rituels habituels :  thé-santé d'abord puis musique,
Thé : un Puttabong griffé Cha Hû-Thé
infusé dans cette théière que j'affectionne particulièrement, elle me rappelle une bouille de fripouille... que j'aime quand même !
Musique d'abord puis lecture : Histoire du thé, de Paul Butel que je n'ai à l'époque, jamais achevé.
Ce sera peut-être pour aujourd'hui, vu la surprise du jour.
Je n'irai certainement pas sur ma terrasse d'autant que vu la température négative, elle risque de tenir sur un sol gelé. Je relis avec plaisir les 2 premiers chapitres relatant l'évolution du thé sous les différentes dynasties chinoises, en Corée et au Japon et son arrivée en Europe. Une phrase m'a fait sourire en me laissant cependant dubitative : "Compagnon inséparable du sucre, le thé se révéla, au moins en Occident, convenir parfaitement au palais sucré de l'Européen."
Après-midi, après avoir parcouru les chapitres suivants, assez techniques où il est fait peu de cas de l'humain "(...) il oblige au travail forcé les coolies récalcitrants : le manque de travail est puni par le fouet et la même peine est appliquée aux fugitifs quand ils sont repris" (on se croirait en Amérique au temps maudit de l'esclavage dans les plantation de coton) et la suite fait penser au sadisme des autorité s chinoises qui faisaient payer par les familles la balle qui avait tué les "coupables": "on récompense ceux qui les font arrêter en déduisant du salaire du coupable le montant de la récompense versé en argent." , je m'arrête à l'histoire du thé en Inde de 1914 à nos jours" (c'est-à-dire 1997, date de parution de l'ouvrage). Premier étonnement, le tout début du chapitre : "En 1914, l'Inde est devenue un très grand producteur de thé qui devance de loin la Chine dans l'approvisionnement de l'Europe, mais elle rest un faible consommateur, ne s'étant pas encore intégrée vraiment à la civilisation du thé. Certes les élites ont accepté des Britanniques qu'elles cherchent à imiter une boisson qui, pour elles, représente la culture occidentale au même titre que les vêtements, la langue et les manières anglaises. Boire un thé, c'est alors pour un Indien montrer son appartenance aux classes supérieures qui envoient leurs enfants étudier à Oxford et à Cambridge." Deuxième étonnement plus grand encore, aucune allusion à Robert Fortune qui est à l'origine des plantations de thé à Darjeeling. A propos de ceux-ci : "Les différents thés ne sont pas exactement les mêmes : le Darjeeling reste le thé doux le plus cher. Le thé le plus commun, celui qui est servi dans les boutiques de plein air et en général dans les maisons, est fort, fait à partir des variétés bon marché de l'Assam."
J'en resterai ici, la boîte est vide, elle a contenu à l'époque ce Mélange des Seigneurs et servira bientôt d'écrin à de nouveaux Darjeeling.
J'ai eu très brièvement ma Mimi au téléphone, elle est bien rentrée et doit s'habituer au choc thermique, passer de 34° en Thailande à moins 3° ici, cela fait un sérieux écart... En attendant, je me contenterai de sa dernière photo, c'est n'est pas à la Costa belga qu'elle pourrait prendre ce genre de pause.