mercredi 26 août 2009

Merci le thé...

Aujourd’hui, j’avais besoin de me retrouver après beaucoup d’émotions, pas toutes positives, vécues ces derniers 15 jours. Mon refuge est idéal pour cela d’autant que mon amie Fanou m’a chargée d’une mission bien agréable : donner mon avis sur 4 thés japonais qu’elle voudrait rajouter à sa gamme de Magie du thé. Il s’agit d’un Sencha KIYOMIZU, un Sencha MAKINOHARA, un Sencha SHIMIZU et un TAMARYOKUCHA. Je n’en connais aucun et avant de les découvrir je voulais créer une ambiance, j’ai remplacé Lu Yu par une des gâteries reçues de Framboise, ces 2 petites poupées dont j’aime la forme inhabituelle et dont le nom m'échappe à l'instant, 2 livres que j’ai lus, relu et re-relus avec plaisir, et 4 sets de dégustations. En effet, je voulais d’abord les infuser à la "queue-leu-leu" mais j’ai changé d’avis, je ne suis pas (et ne serai jamais) une "spécialiste", je préfère rester une simple passionnée curieuse de (presque) tout. Je commence par le Sencha KIYOMIZU : aucune indication sur le sachet, j’improvise, 4 g pour 15 cl infusé 1 minute 30 à 70°. Ce qui me frappe d’emblée, c’est l’absence de notes marines ou d’herbes caractéristiques, il est très léger et me fait plutôt penser à des fruits. Frais et agréable mais surprenant. Je passe maintenant au Sencha MAKINOHARA, les feuilles sèches sont assez irrégulières et dégagent un parfum de gazon séché. Le fournisseur conseille une eau à 60-70° pendant 1 à 1 minute 30. L’infusion est légère et végétale, je retrouve vaguement le goût du Sencha mais sans plus. Au tour du Sencha SHIMIZU, les feuilles sèches sentent bien le gazon fraîchement coupé et les mêmes conseils que pour le précédent. Je trouve à l’infusion des saveurs qui se mélangent, d’abord végétales puis légèrement acidulées et encore un goût de fruit, bizarre pour un thé japonais mais il me plaît parce qu’il n’a pas vraiment ce que je "connais" des Sencha. Et enfin le TAMARYOKUCHA dont les feuilles me surprennent, certaines ont l’air d’avoir été "tordues". Et là, je retrouve ce que j’aime dans les thés japonais : l’odeur de la marée et aussi un arrière-goût de poisSon très frais. J’ai beaucoup aimé faire cela, je ne les ai infusés qu’une seule fois. Je pense que ces thés accompagneraient bien les repas végétariens ou de poissons. Merci à toi Fanou, de m'avoir donné ce "travail" comme tu l'appelles, il m'a permis de me décentrer des choses difficiles du moment... Et désolée pour les photos de travers, ce sont les facéties de la technique, incompréhensibles pour moi, un même geste devrait avoir le même effet.

15 commentaires:

Anonyme a dit…

"arrière-goût de poison très frais"

alors,c'est pas organic !

Francine a dit…

Merci, Anonyme, je viens d'aller corriger, et le 2e S est majuscule... Est-il maintenant assez organiQUE?...

Framboise a dit…

Francine,
Les petites poupées de bois s'appellent des kokeshi. On en trouve de toutes les tailles, certaines ressemblent à des quilles, celles que tu possèdes sont les plus petites que je connaisse.
Sinon je reconnais le livre du Musée Cernuschi, j'ai le même sous les yeux. Page 33, il y a un très, très beau bol à thé, oeuvre de Chôjirô et connu sous le nom de "kokumen'o". J'ai pu l'admirer au Musée Idemitsu à Tokyô...
Boire un splendide thé vert là-dedans, quel bonheur ce doit être.

Francine a dit…

Merci pour ces précisions Framboise; pour les Raku, je me suis contentée de les admirer au Musée Cernushi, j'avais été séduite par cet art que je ne connaissais pas, je ne savais pas alors que je rêverais d'en posséder un un jour.

Celina a dit…

Hello Francine,
Your great curiousity and will to learn tea is really very inspiring!

Francine a dit…

Thanks Celina, I do my best to share my tea passion.

Anonyme a dit…

ah QUE oui !
bonne continuation à vous !

fortunato a dit…

Bon en dehors du fait que ces thés donnent dans leurs noms des descriptions assez vagues de l'endroit d'où ils viennent...

Le 1er de Kyoto/Uji, puisque le temple de Kyomizudera
Le 2nd de Shizuoka car c'est le fameux coin du Fukamushicha ce qui est proche
Le 3ème p.ê. de Shizuoka aussi
Le 4ème de l'île de Kyushu car le Tamaryokucha qui s'apparente au Kamairicha est vraiment typique du coin de la dernière île japonaise, oui les feuilles tordues car tout simplement Tamaryokucha veut dire boucles de thé vert

Ben j'peux les goûter si vous avez besoin d'1 avis

à +

fortunato a dit…

dernier truc, si tu sens l'odeur de la marée & 1 arrière-goût d'1 poisson même très frais dans les thés japonais que tu bois, 1000 excuses mais justement c'est pas très bon signe, faull'dir'...

Francine a dit…

Merci Fortunato pour ces précisions et pour ta proposition, j'en ferai part à mon amie, je te tiens au courant. Pour l'arrière-goût de poisson, je me méfie de ma mémoire olfactive... Ceci dit, ce n'était pas dérangeant pour mon palais

fortunato a dit…

Oh ! Tu sais Francine, je pense que ces goûts ne sont pas dérangeants pour beaucoup de monde, mais c'est vrai que d'habitude, quand je goûte certains thés & qu'ils ont très fortement cette odeur de marée, je me répète, mais c'est pas tjrs bon signe...

En général les bons sencha par ex restent délicats & doux au palais, ils expriment davantage des notes sucrées & fruitées avec des arômes discrets mais floraux.

Francine a dit…

Fortunato, tu es évidemment un vrai spécialiste des thés japonais, et je suis toujours tes écrits plus explicatifs que la plupart des vendeurs. ici, je suis dans le domaine des goûts, et j'adore tout ce qui m'évoque la mer, les embruns, l'iode, etc, etc. Et je te fais une confidence: mon rêve serait de pouvoir passer un mois seule dans un ancien phare! Non, docteur, ce n'est pas grave, c'est original, ne trouves-tu pas? Evidemment avec mes thés...

Framboise a dit…

"Il faisait le même temps lorsque j'ai vu Armen pour la première fois. La mer était grise, comme toujours lorsqu'on navigue sur un bateau de guerre. J'ai cru reconnaître cet endroit. J'ai souhaité vivre dans ce phare. C'était la meilleure façon pour ne plus le voir. Quand j'ai posé le pied, la première fois, sur ce débarcadère-jouet, je me suis cru chez moi."
Jean-Pierre Abraham "Armen" Editions du Seuil, 1967

Quelque part dans le livre, alors que l'auteur et Martin son compagnon, sont occupés à repeindre les lettres du nom du phare, Martin suggère que le "r" dans les jours sombres est une lettre de trop.

Je t'enverrai le livre à la prochaine occasion.
La plainte des phares (ou leur chant, suivant le temps et les circonstances) est d'une beauté incroyable.

Pour ton info, le phare d'Armen est éteint depuis avril 1990. Avant il envoyait au monde son feu blanc à trois éclats toutes les vingt secondes. Comme des clins d'oeil aux marins !

Rien à voir avec le thé, à bord c'était plutôt café, mais une amicale pensée à toi...

Francine a dit…

Mille mercis chère Framboise pour ces infos qui me confortent dans mon rêve. Et si tu sais si on peut louer un phare, dis-le moi vite...

Vanessa a dit…

Oh oui tes kokeshi... j'adore. Elles me font toujours de l'oeil au point d'en avoir une à mon porte-clefs. Avec plus de temps, je reviens vers tes pages... il y a tant à lire et à découvrir.