vendredi 13 juillet 2012

Trois jours mémorables, tout est bien qui finit bien

Je fais très rarement des cauchemars ou alors je ne m'en souviens pas. Sauf les 3 jours précédents... Eveillée pour ceux-là, les pires! Mardi matin, en descendant les escaliers, encore à moitié endormie, il me semble apercevoir de l'eau dans le hall. Si ce n'était que cela... les 2 voyants du congélateur, plein à craquer, sont dans le rouge! J'ouvre l'engin, ce fut le premier cauchemar! Pratiquement tout était décongelé, ce fut le premier cauchemar! Mon mari, la veille a dû mal le refermer et donc à moins d’inviter au moins 20 personnes, tout est à jeter. Je ne décris pas mon humeur, je n’avais même pas envie de thé, un Pitbull qui fait carême et ramadân en même temps boit-il ce breuvage, non. Il y avait des tas de petits plats préparés en vue de mes prochaines escapades pour que mon mari abandonné ne meure pas de faim. Il y avait aussi des potages faits maison bien sûr et quelques autres « bricoles » achetées tout préparées au kazou. Mais surtout des glaces et sorbets préparés avec amour et du thé. J’ai donc décrété que je ne cuisinerais plus pendant 15 jours ; jusqu’à présent je tiens, j’ai sauvé quelques plats… Le lendemain après-midi, je descends de mon cocon et je vis le deuxième cauchemar.
 Vu comme cela, on pourrait croire qu’un miracle a eu lieu. Mais évidemment, il n’en est rien !
Mon mari, sachant ma tristesse et croyant bien faire, s’est occupé de les désolidariser ! J’avoue que je l’aurais bien tué ! Mais devant son air désespéré et contrit, j’y ai renoncé. J’avais besoin de quelque chose pour me calmer, pas de thé qui me ferait trop penser à ce drame ! Quelque chose de fort qui me le ferait oublier, une autre drogue par exemple...
Je n’ai pas mis longtemps à trouver. Merci chère Sophie d'avoir pensé à moi de là-bas
Ces kreteks qu’à l’époque je consommais sans modération. J’en ai déjà parlé ici : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/01/encore-une-journee-bizarre.html
Déjà le paquet fermé embaumait mais dès la première aspiration, j’ai retrouvé toutes mes sensation d’alors, et aussi des images, des lieux, des rencontres, brefs beaucoup d’émotions, positives celles-là. Cela fait près de 25 ans que je n’avais plus fumé et cette cigarette m’a comme anesthésiée, je me sentais vraiment bien.
Une fois cette cigarette terminée, je retrouve ma sérénité, je suis prête à revenir à ma boisson fétiche. Envie d’un Long Jing sauf que la saveur était complètement perturbée par celle-ci. J’ai eu beau me brosser les dents, rien n’y a fait. Alors aujourd’hui, je me suis levée très tôt,t naturellement évidemment,  ce qui n’est pas mon habitude et j’ai décidé de passer la journée dans mon cocon pour rattraper le temps perdu.
 Et vu ce temps, je serai beaucoup mieux là. Même si je dois à la vérité de dire qu'il fait assez doux pour un temps de Toussaint…
 Je commence par ce Dong Ding, un thé d’excellence griffé ThéÔdor que je partage symboliquement avec mon généreux donateur qui m’a dit quand il a su le drame : "cela montre que toute chose a une fin", quelle sagesse sans doute, mais je ne la partage pas vraiment, je reste très attachée à cet objet pas du tout inanimé pour moi ! Je me console un peu cependant, j’ai eu mon amie Michelle au téléphone, elle est une amie du potier qui a réalisé ce chawan, elle m’a dit qu’il pourrait en refaire un à l’identique… plus ou moins. Je savoure maintenant ce fond de boîte, les thés d’excellence ont malheureusement également une fin. Mais je ne suis pas tout à fait sans, mon amie Lingling m’en a offert à Noël.
A midi, je passe au thé vert, un Long Men Xiang de chez Thé de Chine. Les feuilles sèches sont assez foncées, dans une palette de gris, difficile de croire que c’est un grand thé vert.
La première infusion en zhong apporte le soleil, mes papilles en frémissent. Saveurs végétales et sucrées à la fois. Et beaux souvenirs encore, ma rencontre avec Ségolène et Patrick dans ce lieu incontournable lors d’un fabuleux week-end organisé par LE club : (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2011/11/encore-une-journee-de-superlatifs.html)
Deuxième infusion et des bulles. Curieusement, je ne sens plus vraiment la saveur sucrée mais bien plutôt comme de la noisette.
 Je tente une troisième infusion en rêvant déjà à cette superbe exposition à venir : Le Thé à Guimet – Histoire d’une boisson millénaire  http://www.guimet.fr/fr/expositions/expositions-a-venir/cat.listevents/2012/07/13/- Ce n’est pas encore pour tout de suite mais elle me fait déjà rêver. Elle m’en évoque une autre : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2009/11/le-histoire-dun-art-de-vivre.html déjà ancienne. J’espère que celle à venir sera reprise dans un catalogue aussi complet et riche que celui de Mariemont. Il faudrait aussi que j’aille voir celle du Musée du Quai Branly sur Les séductions du palais - cuisiner et manger en Chine. Je me demande s’il sera question de thé.
Les feuilles, d’un beau camaïeu de verts pâles, sont très loin de la couleur assez terne des feuilles sèches. Elles vont maintenant retourner à la terre. Et un grand merci à mon cher Bernard qui m’a fait cadeau de ce grand thé, il y a belle lurette que je n’en avais plus. Pour cela je te pardonne ta réponse quand je t’ai proposé de t’en préparer : " ma réponse sera toujours la même, je laisse cette eau chaude à la vieille dame indigne que j’ai en face de moi, c'est déjà bien que je t'en rapporte" Jamais plus je n’essayerai de convaincre cet béotien. Je connais ce très vieux (il a 5 ans de plus que moi) depuis 22 ans, il n’accèdera donc jamais à ce monde de raffinement, ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces ! Et nos échanges sont toujours aussi surprenants!
Après un ciel plombé toute la journée, voici un peu de lumière.
Avant le souper, un petit apéritif, cet Alishan cha de printemps 2011, encore un délicieux fond de boîte.
En observant les feuilles, je vois qu’elles n’ont pas encore tout donné.
 Encore de bons moments à venir. Après avoir envoyé ce billet, je passerai la soirée en relisant Le Thé, un art de vivre, j’aurai de quoi le savourer. Cela clôturera une magnifique journée après ces cauchemars éveillés, oubliés grâce au thé et à tout ce qu’il évoque pour moi. Je ne suis pas supersticieuse, j'ai adoré ce vendredi 13!

10 commentaires:

Géraldine a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Géraldine a dit…

Ma pauvre Francine, je compatis face à tous ces malheurs.Il y a rien de pire que de casser un objet qui nous est cher. Enfant, ma grand-mère m'avait offert une superbe tisanière auquelle je tenais comme à la prunelle de mes yeux. Ma grand-mère m'a quittée en septembre dernier et quelques jours plus tard, le couvercle de ma chère tisanière a terminé sa course sur le carrelage de la cuisine. C'est bête mais j'en ai pleuré de colère alors que c'était de ma faute.Pour moi, c'était comme si j'avais profané mon héritage. Ma grand-mère m'avait fait découvrir les thés (en sachets) quand j'étais petite et c'est pour cela qu'elle m'avait offert cette tisanière. Pas facile tous les jours d'être sensible et émotive !!!
Je vous souhaite de bons thés et que l'enchaînement de vos malheurs ait pris fin.

Géraldine.

Francine a dit…

Merci Géraldine pour ce gentil commentaire, comme je te comprends... "Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer"... Bonne soirée, bons thés

Sébastien a dit…

surtout garde bien les morceaux de ton chawan et ne tente pas de le recoller par toi-même.
tu pourras le faire réparer, cf. le blog de Tsubo pour les explications : http://the-et-ceramique.blogspot.fr/2012/07/kintsugi-et-gintsugi-un-autre-rapport.html

Francine a dit…

@ Sébastien: wouaw, quelle bonne nouvelle! Je vais aller voir de ce pas, je vais terminer cette journée en beauté grâce à toi! MERCI

Sebastien M a dit…

oui, grâce au kintsugi, ton chawan non seulement pourra encore servir, mais en plus il sera encore + beau qu'avant !
et on pourra lire dans ses zébrures d'or une partie de son histoire, celle d'un mari qui a voulu faire plaisir à son adorée ;)
sur son blog, Tsubo donnait le nom de la laqueuse qui pouvait réaliser ces petits miracles, il me semble qu'il s'agit de Catherine Nicolas.

Francine a dit…

@ Sébastien: mille mercis pour ton si gentil 2e commentaire. J'ai dévoré le blog de Tsubo, une pure merveille! Je ne sais pas encore si je ferai réparer mon chawan, mais depuis que j'ai lu ce que tu as écrit sur cet objet très peu inanimé pour moi, je contacterai l'artiste. Mon rêve serait de la rencontrer, de me mettre dans un petit coin et d'admirer son savoir-faire. encore merci et bons thés. Tu viens quand tu veux, tu seras le grand bienvenu!

Henry Nicolas a dit…

Bonjour Francine !

La réparation par Catherine Nicolas risque de prendre du temps car ce n'est pas son activité principale ... après, difficile de chiffrer le coût de la réparation ... qui dépend de la longueur des brisures et de leur largeur ... mais pas seulement, car il y a aussi la matière de base qui fait la difficulté technique ... chaque objet est donc vraiment différent ...

Sinon, il y a aussi http://tsugi.de/de/ueber-kintsugi.html qui est spécialisé dans les réparations à la laque.

Il y avait encore un autre artisan spécialisé aux Pays-Bas, mais pas moyen de remettre la main sur son site.

J’espère que tu trouveras ton bonheur pour redonner un second souffle à ton Chawan. Je peux par contre te garantir qu'une fois réparé, il retrouvera son imperméabilité !

Francine a dit…

Merci Henri pour ces nouvelles informations, je ne suis pas certaine d'avoir envie dele réparer, mais je ne m'en séparerai pas non plus... Et encore BRAVO pour ton blog, je n'ai pas encore tout lu, mais je me régale. Et que dire de son titr!

Henry Nicolas a dit…

De rien !