dimanche 23 mars 2014

Le thé, une culture partagée entre le Maroc et la Chine -première partie

Il fait gris et froid ce matin, pas envie de regarder le ciel. 
Pas nécessaire non plus, le spectacle est tout près. 
Un pic épeiche est venu prendre son petit-déjeuner. Après avoir fait de même, 
un tour de jardin 
pour admirer cette nature généreuse 
et regarder grandir les iris japonais. 
Mais le ciel est très menaçant, je préfère rentrer. 
Je ramène quelques forsythias et en les arrangeant dans mon salon bleu-thé, je repense à cette belle phrase de K. Gibran : "Les fleurs du printemps sont les rêves de l’hiver racontés à la table des anges". 
Avant de revivre des souvenirs très forts et après mon rituel-santé, une incursion au Japon avec ce fabuleux Matcha, battu dans ce superbe chawan, sous le regard pensif de ce petit ange strasbourgeois… Ce qui est magique avec cette boisson, c’est qu’on n’est jamais seul, "Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer",  cette belle phrase de Baudelaire rend hommage à ces objets et à ceux sans qui ils ne seraient pas là : à commencer par ce set, cadeau de ma chère Mich que j’ai hâte de revoir, vient ensuite le Matcha, de la réserve personnelle de Guillaume, le chawan pour lequel j’ai craqué chez Tamayura et cette belle rencontre avec Olivier… que je ne tarderai pas à revoir ! Le petit ange, cadeau de Marie-Aline (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/06/ce-matin-il-fait-dejamagnifique-3-un.html ), je bois ce breuvage à vous, à ce que vous êtes pour moi. 
Un bref passage sur ma terrasse pour apercevoir un timide rayon de soleil qui disparaît très vite. 
Retour à mon essentiel, mon indispensable. Dans cette jolie boîte reposent de belles feuilles de Bai Mu Dan, un fabuleux thé blanc griffé Source de Lumière
Tout en savourant ce breuvage jaune soleil dont je ressens immédiatement le Qi, je pense à ce lieu magique d’où se dégage ce véritable Esprit du thé, j’ai hâte d’y retourner, ce sera pour dimanche prochain. 
Après 3 infusions successives, les belles ont tout donné, elles vont commencer leur nouvelle vie, j’ai des commandes d’oreiller… 
Il est revenu ce soleil timide, le ciel est superbe. 
Il ne fait pas très chaud mais bien emmitouflée dans mes grandes ailes papillon, je m’installe sur ma terrasse pour observer ce que racontent ces nuages, je faisais cela enfant, couchée sur la pelouse du jardin, j’imaginais une histoire à partir de la forme des nuages. 
Malheureusement, cela ne dure pas, un nuage noir cache maintenant l’astre et le fond de l’air est plus froid, il est plus prudent de rentrer, et j’ai une promesse à tenir… Il est temps de parler de cette improbable exposition 
Le thé, une culture partagée entre le Maroc et la Chine du 25 novembre 2013 au 15 juillet 2014 au Musée Sidi Mohamed Ben Abdellah à Essaouira 
dans la médina : entrée par la porte Bab Sbaa et suivre la ligne bleue. 
La préface décrit clairement l’esprit de cette exposition. 
Il y a tant à dire et aujourd’hui, je parlerai du pavillon marocain. 
Essaouira n’a pas été choisie au hasard, c’est de ce port que ces feuilles mythiques ont été introduite au Maroc il y a plus de 200 ans. 
En lisant ce texte, on peut dire que le hasard a bien fait les choses, et ici comme l’empereur en Chine, c’est le roi qui est à l’origine de la consommation de ce breuvage. 
On commence par Le thé dans la littérature et l’art marocains, quelques livres sont exposés, un seul en français, L’Art du Thé au Maroc, dont j'ai déjà abondamment parlé,
les autres en arabe dont celui-ci magnifiquement illustré. 
Quelques vitrines 
exposent de véritables œuvres d’art 
très ouvragés 
dont cette jolie théière bleue qui ne ferait pas tache dans mon salon bleu-thé...
qui illustrent l’art de la dinanderie au Maroc. 
Cette carte illustre le trajet du thé et sa commercialisation au Maroc. 
Ce panneau nous apprend que les théières typiques, qui n’apparaissent qu’au début du 20e siècle, sont le fruit d’une collaboration anglo-marocaine. 
Il existe ici aussi une cérémonie du thé dont les ustensiles sont très bien décrits, 
à commencer par les plateaux, 
puis les boîtes et le marteau.
Viennent ensuite la théière et les verres à thé 
dont voici quelques exemples. 
Dans cette même pièce est décrit le cérémonial du thé au Sahara, souvenir, souvenir... 
bien illustré par la reproduction de cette tente berbère qui m’a rappelé, et avec quelle émotion, d’incroyables souvenirs. 
Ici, nous apprenons que le thé à la menthe est une spécificité marocaine. Et effectivement, je me souviens que le thé en Algérie, que j’ai bu uniquement dans le désert du Sahara, ne contenait pas de menthe mais bien du sucre, beaucoup de sucre. Il était préparé sur du feu de bois et véritablement cuit. J’ai encore aujourd’hui en mémoire cette saveur très puissante et ce proverbe touareg prend ici tout son sens : "Le premier thé est âpre comme la vie, le second est fort comme l’amour et le troisième suave comme la mort". Tandis qu’en Tunisie, la spécialité est le thé aux pignons, aux amandes grillées ou parfumé à la fleur d’oranger ou au jasmin. Je ne sais si c’est encore le cas aujourd’hui, même si tous mes souvenirs sont encore très présents et bien vivants, cela fait 30 ans que je n’y suis plus retournée. 
Quatre sortes de thés verts sont utilisées ici, je n’ai malheureusement pas pu en trouver, 
sauf ici et dans des étals similaires, je me suis abstenue… comme pour les autres ingrédients d’ailleurs. 
L’autre des 3 ingrédients de ce thé est le sucre. 
Moulé dans cet ustensile en terre cuite 
pour obtenir cette forme particulière. 
En hiver, la menthe est remplacée par l’absinthe, 
en été, on peut utiliser la sauge. 
Et la marjolaine peut être ajoutée à la menthe pour ses propriétés spécifiques. 
D’autres objets font également partie des ustensiles de la cérémonie du thé : le lave-main, la fiole en argent et l’encensoir. Je n’ai malheureusement pas trouvé d’endroit où assister à cette cérémonie. D’après les renseignements récoltés, il faut aller à Marrakech. Et effectivement, je me souviens y avoir participé à plusieurs reprises. 
Dans les prochains jours, suite de cette si surprenante exposition, avec l’histoire de ces Feuilles, leur découverte, les ustensiles pour les magnifier à travers les âges sans oublier quelques exemplaires que je ne connais pas encore. 

6 commentaires:

Marie a dit…

Bonjour Francine,

J'aimerais beaucoup me rendre dans ce lieu magique dont vous parlez si souvent, "Source de Lumière".
Je prévois d'y aller cet été, au mois de juillet. Toutefois, je fais le voyage spécialement pour aller dans cette maison de thé, et j'ai peur de tomber sur un jour où l'établissement serait en vacances et donc fermé.
C'est pourquoi je voulais vous demander s'il vous serait possible, s'il-vous-plaît, de vous renseigner à ce propos... Pouvez-vous demander quand est-ce que Source de Lumière sera fermé cet été ?
J'espère ne pas vous déranger en vous demandant cela.
Je vous remercie d'avance pour votre réponse.
Je vous souhaite une excellente journée et de merveilleux moments thés !

Francine a dit…

@ Marie: merci pour ton passage ici. Pour Source de Lumière, j'y retourne dimanche et je demanderai les renseignements à Jing, je te le ferai savoir. D'ici-là, bonne fin de journée, bons thés!

Fanou a dit…

Tout simplement Magnifique!!! Oh j'aurais tant aimé y être en ta compagnie...
Bisous
Fanou

Francine a dit…

@ Fanou: merci ma belle! A tout hasard, cette expo ne se termine qu'en juillet... Je suis donc prête à être ta guide! Belle journée, bons thés, bisous ainsi qu'à Steen et aux Twins qui me manquent... Heureusement, j'ai les peluches!

Anonyme a dit…

Chère Francine,
Je découvre votre blog depuis la Chine où j’habite depuis plus d’un an. Et quelle belle surprise !
Très grande amatrice de thé, je travaille en tant que journaliste pour un magazine traitant des relations sino-africaines. Je rédige actuellement un article portant sur les échanges Chine-Maroc autour du thé, et l’exposition que vous décrivez a évidemment attiré mon attention. J’ai tenté de joindre le musée Sidi Mohamed Ben Abdellah à plusieurs reprises depuis mars par téléphone, mais sans succès.
Auriez-vous par hasard un mail ou je pourrais les contacter ? Par ailleurs, il serait très aimable à vous de répondre à quelques questions sur l’exposition. Merci de me répondre par mail si le cœur vous en dit : pookipsi@gmail.com.
Merci beaucoup pour ce blog et pour avoir pris le temps de me lire,
Alice

Francine a dit…

@ Alice: merci pour ton message. Je n'ai malheureusement pas de mail à te communiquer, j'aurais aimé moi aussi rencontrer le commissaire de l'exposition sans succès. Peut-être pourrais-tu contacter le Ministère de la Culture? pas de problème pour répondre à tes questions, mon adresse est francine.watrin@skynet.be . Au plaisir de te lire