mardi 6 janvier 2009

En attendant l'adoption...

Mon projet était de déguster ce Mao Cha Pu Er, un des fabuleux cadeaux de Li Ping et San Mao. J’ai donc ouvert l’écrin mais quand j’ai vu les superbes feuilles, je n’ai pas osé, je veux être certaine de bien l’infuser et je n’avais pas assez d’information. Et puis je dois dire que j’étais un peu excitée, j’ai alors décidé de préparer un thé qui ne demande aucune concentration et j’ai choisi un "thé vert de Chine", je l’avais acheté au défunt Festival du thé à dire vrai plus pour la boîte que pour son contenu… J'avais d'ailleurs été étonnée de la date de péremption: décembre 2009. Ce n’est pas un grand thé évidemment mais ce qui m’avait intéressé à l’époque, c’est qu’il se présentait en brique individuelle, c’est pourquoi je l’ai infusé dans une Tea for One, reçue d’une ancienne étudiante dans ma vie précédente. L'infusion donne une belle couleur cuivrée, la saveur se rapproche plus d'un thé légèrement fumé.Je l’aime aussi parce que la tasse, grande et bien ronde, me sert parfois comme aujourd’hui de chaufferette à main… je pensais d’abord le boire en lisant mais j’ai la tête ailleurs, je rêve de l’adoption de 3 petites merveilles mais seuls Loula et Thomas peuvent comprendre pour l’instant. Pour les autres, un peu de patience, c’est pour très bientôt. Si tout va bien, vous en saurez plus la semaine prochaine...

C'est l'Epiphanie aujourd'hui

C’était le 6 janvier 2008, fête de l’Epiphanie (qui en grec signifie manifestation, apparition) et dernier jour des vacances de Noël, et le temps était plus clément... Nous partagions la fameuse galette en buvant du thé, au jasmin pour Elisa, Emilie Sarah et Alexandre, mes 4 petits-enfants et un Gabaron pour moi. C’est Emilie qui a trouvé la fève et sa grande sœur Sarah lui pose la couronne. Aujourd’hui, j’ai une pensée spéciale pour Alexandre qui présente ses premiers examens de 1e candi en médecine. Mais revenons à cette fête : d’où vient cette jolie coutume ? La date d’abord : elle correspond à la clôture des festivités de Noël. La vie "normale" reprend, les décorations vont retrouver leurs boîtes jusqu’à l’an prochain , et le sapin dégarni sera recyclé. Mais ici, rien de tout cela, j’aime tellement cette période que je laisse tout tel quel le plus longtemps possible… parfois jusqu'au printemps, jusqu'à Pâques même... Je ne fais plus de sapin proprement dit mais je cueille des branches du jardin et j’habille chaque lustre. Ils sont ainsi transformés en sapin pendant toute cette période. En Grèce, un pays cher à mon cœur, c’est une des plus grandes fêtes, elle commémore le jour où le Christ a été baptisé par Jean le Baptiste dans le Jourdain. J’ai eu la chance d’assister à cette fête, après l’office le Pope passe dans les rues pour bénir les maisons, c’est féérique ! Les Rois maintenant : dans la tradition chrétienne, au nombre de 3 seulement, ils représentent l’Asie, l’Afrique et l’Europe, les 3 continents connus à l’époque et sont venus rendre hommage à Jésus, le roi des Juifs (titre qui lui valut bien des soucis), né à Bethléem en lui apportant des présents. Melchior, le plus âgé lui offrit de l’or, le présent des rois. Balthazar lui offrit l’encens, le cadeau des dieux et des maîtres et Gaspar, le plus jeune, la myrrhe, symbole de renaissance (elle servait à l’embaumement à l’époque). La galette ne date évidemment pas de cette époque, je ne me souviens pas de quand exactement, je crois qu’elle est liée aux Saturnales des Romains mais ce n’est pas cela qui est important ici. Par contre son nom ne fait pas référence aux rois mages, c’est lié à l’histoire de France, plus terre à terre : en même temps que l’impôt, prélevé à cette date, la coutume voulait qu’on offre en plus un gâteau au seigneur… Mais je préfère de loin la "petite" histoire…

lundi 5 janvier 2009

Le Yue Guang Bai, le Blanc de la lumière de la Lune

Quatre heures de pur bonheur et de délectation, tel est le très bref résumé de cet après-midi, passé bien à l’abri dans mon écrin bleu-thé. Après avoir mis un peu d’ordre dans le living, ce qui me permet de repenser à la fabuleuse journée d'hier, je remonte tout excitée pour déguster seule cette fois ce Yue Guang Bai dont je vais maintenant vous conter la belle histoire. Mais d’abord, j’installe le matériel en écoutant des partitas de Bach. Et je bénis Li Ping et San Mao de m'avoir offert si généreusement un de leurs trésors.Les feuilles sèches sont incroyables : des bourgeons duveteux très blancs et en nombre entourent des feuilles très foncées, certaines presque noires même. Le contraste est fort. Après avoir chauffé le matériel, je déguste la première infusion. Alors qu’hier j’avais perçu une saveur qui me rappelait le Bai Mu Tan, aujourd’hui, c’est tout de suite et au nez et au goût ce sont des feuilles mortes. La 2e infusion est différente de celle d’hier également, je n’ai pas retrouvé le goût légèrement sucré défini par Sylvie de "bollewinkel" (magasin de bonbons), tandis que j’ai pensé à ces fameux bonbons Hopje, de succulents caramels hollandais parfumés au café. San Mao, elle, y a perçu de la banane et des dattes et Li Ping une belle longueur en bouche, et une odeur de bouquet de fleurs. Ici, c’est le goût fumé qui prédomine. Les infusions se succèdent et je pense au traitement incroyable de ce thé : il provient de Simao, la ville d’origine et de production du Pu Er, et est travaillé pendant toute une nuit à la lueur de la lune, d’où son nom si poétique. J’en suis déjà à la 3e infusion, et j’imagine les cueilleuses face aux théiers sauvages dont est issu ce thé. Je ne pense plus à décrire ce que je vois et goûte, en pensée, je suis là-bas. 5e infusion, j’imagine maintenant cette pleine lune et ces artistes qui traitent ces feuilles de si belle manière. 7e infusion, belle couleur ambrée, le goût fumé s’adoucit, la saveur se rapproche de celle d’un Yunnan. A la 8e infusion je ferme les rideaux en pensant à la question de Kris. Non, je ne tourne pas le dos aux fenêtres, c'est impossible, il y en a 3 dans mon salon, en voilà déjà 2… 9e infusion, j’ai chaud comme doivent avoir chaud ceux qui surveillent la fermentation dans cette nuit très chaude et très humide. Une fois encore, j’admire ces feuilles qui ont maintenant pris une couleur brune assez uniforme. Elles sont assez épaisses, très solides. Je vais arrêter ici, j’ai envie de voir ce que donnera ce breuvage après une nuit de repos… Et voilà la 3e fenêtre pour compléter en image ma réponse à Kris... Encore merci à mes généreux donateurs, et à très vite pour la dégustation des autres cadeaux.

Hiberner ou boire du thé?

Voilà le spectacle désolant que j’ai découvert ce matin. Je sais que (presque) tout le monde trouve cela beau, pas moi ! J’ai horreur du froid, j’ai l’impression que mon cerveau s’engourdit et fonctionne au ralenti, j’aimerais hiberner et me réveiller au printemps MAIS il y a le thé pour m’aider à survivre. Et aujourd’hui, j’ai décidé de passer la journée dans mon salon bleu-thé. Et voilà la première chose que j'ai vue en y entrant: l’aspect des feuilles infusées et séchées de ce divin Yue Guang Bai reçu hier de mes généreux amis, je vais en préparer à nouveau et je vous dévoilerai la fabuleuse histoire de ce thé incroyable que j’ai découvert avec émerveillement hier. Et, pour ceux qui aiment, voici quand même un petit cadeau...

dimanche 4 janvier 2009

Vive la Reine... et le thé!

Cette année commence vraiment très fort, cela fait maintenant 5 jours que je passe plus de temps dans ma cuisine que dans mon salon bleu-thé, mais aujourd'hui fut pour moi l'apothéose à tous points de vue! Je recevais mes amis chinois, Li Ping et San Mao à qui je voulais faire découvrir ma cuisine au thé. Ainsi qu'Eric et Sylvie, les amis avec qui nous avons déjà partagé par 2 fois l'excellente cuisine de San Mao.Et dès le départ, il y eut un problème de compréhension du français, hier San Mao me demande ce qu’elle peut apporter, ma réponse fut "rien", je les invitais pour les remercier de tout ce qu’ils m’ont appris sur les thés chinois, j’avais donc une dette envers eux … vous voyez sur la photo comment RIEN se traduit en chinois ! Du coup ma dette s’agrandit encore, fait même un énorme bond, je ne sais si je pourrai un jour m’en acquitter! Mais je ne détaillerai pas ces trésors aujourd’hui, j’entrouvrirai seulement le petit bout de voile pour vous montrer les feuilles de ce "Yue Guang Bai", ce "Blanc de la lumière de la lune"… c’est tout pour aujourd’hui. Mais cela donne envie, non?Tout a commencé par un apéritif au thé, j’avais choisi du thé de Noël au jus d'orange. Et cette fois les zakouskis étaient également au thé : petits lardons au Pu Er, cheddar au Macha et grosses crevettes roses, ananas et Genmaïcha ; les 2 derniers étaient vraiment excellents aux dires de mes hôtes, très belle association avec les thés choisis. Par contre le goût prononcé des petits lardons écrasait le Pu er, en fait je devais mettre du jambon mais je n’en avais plus… A suivi une mise en bouche constituée de mousse de foies de volaille, j’ai remplacé le lait ordinaire par une moitié de lait de soja et l’autre de coco dans lequel j’ai fait infuser du thé au jasmin, servi avec une sauce faite de lait de coco nature et quelques champignons des bois, le tout servi non pas à table mais autour du feu de bois. Nous sommes ensuite passés à table pour déguster l’entrée : une tranche de saumon fumé sur un lit de roquette et en accompagnement une mousse de courgettes au Lapsang Souchong et des tomates séchées. Mes hôtes ont bu du vin et moi (évidemment) ce fameux Zheng Shan Xiao Zhong dont j’ai déjà parlé et . On en redemande...Je ne les détaillerai pas ici mais la recette de la mousse de courgettes. Vint ensuite le plat de résistance, du lapin aux fruits secs (trempés une nuit dans le thé) cuit avec une infusion de thé Alexandra David-Néel, j’ai choisi ce thé parce que, dès demain, je vais continuer la lecture des livres de cette femme extraordinaire dont j’ai déjà très (trop) brièvement parlé. C’était proprement délicieux de l’avis de mes convives, même si en choisissant cela, je me suis dit qu’il y avait un risque, les fruits donnent à la préparation une saveur un peu sucrée, tout le monde n’aime pas ce genre de mélange. Mais les assiettes se sont vidées très vite, ouf. Les autres ont dégusté un excellent vin rouge et moi, un thé vert au jasmin. Et pendant que je débarrasse la table, les pierres bleues qui, quelques instants auparavant décoraient le centre de la table, se sont regroupées, c’est ça sans doute la magie du thé… et celle des doigts de Li Ping ! Le premier dessert, Epiphanie oblige même si nous sommes 2 jours trop tôt, est une couronne des Rois. Nous l’avons dégustée dans les règles de l’art : à la main, sans regarder le morceau. Mon mari propose de faire un pronostic sur qui aura la fameuse fève, d'après lui, ce sera San Mao...Et là, je m'étonne, c’est effectivement San Mao qui a eu la fève, serait-il devenu devin ou extra-lucide? Il s'est alors empressé de lui déposer sa couronne. Et elle a donc pu choisir son Roi, comme le veut la tradition, ne sont-ils pas mignons tous les deux? Mais revenons au thé. J’ai choisi cette fois 2 glaces au thé : une banane-thé vert au lotus et l’autre Pu Er et pour faire joli, je les ai servies avec un coulis de framboises et un financier au Macha. Encore une fois mes invités se sont répandus en éloges, surtout Li Ping qui m’a dit que d’habitude il n’aime pas les glaces mais celles-ci…. Et honnêtement, c’est vrai que l’ensemble était très réussi même si la perfectionniste que je suis trouve qu’il y a certaines choses à améliorer. Nous avons terminé la journée dans mon salon bleu-thé où San mao nous a préparé ce fabuleux Ye Guang Bai...... tandis que Li Ping nous racontait son histoire, mais ce sera pour plus tard. Sachez seulement qu’il a été infusé 14 fois… Et voilà le résumé de cette superbe journée, de la main du même artiste. Quant à moi, je suis comblée, j’aime partager ma passion, et aujourd’hui particulièrement : l’ambiance était chaleureuse, les échanges passionnants. Chacun a vraiment trouvé sa place, bref le genre de rencontre que j’affectionne particulièrement. Et je voudrais encore remercier Li Ping et San Mao pour ce RIEN qui va me procurer, j’en suis certaine, un bonheur indicible.

samedi 3 janvier 2009

Entre bonheur et tristesse

Mais pourquoi ce titre ? Pour mon adorable belle-fille, les vacances se terminent, demain elle retourne à Taipei, son mari lui reste encore un peu dans son pays d’origine. Ce sont donc les derniers moments que nous passons ensemble. Dans un lieu qui se prête si bien aux échanges chaleureux et intimes.J’ai choisi pour ces instants si importants un Yin Zhen et l’ai fait infuser dans une de mes 2 théières de Noël. Nous devisons gaiement pendant que ce passionné de photos qu’est son mari s’adonne à son passe-temps favori. Et comme il est doué et perfectionniste en plus, les résultats sont positivement soufflants ! Je rêve un peu en les voyant mais, douée comme je suis pour la compréhension des modes d’emploi, il me faudrait bien un an avant de tout comprendre… j’en resterai donc à mon petit Canon IXUS 8515… Peut-être que quand je retournerai à Taipei, mais de toute manière pas le même, question de budget...Pendant que Hsiaolin s’acquitte de son "devoir", la signature du livre d’or, revoilà le photographe à l’œuvre, cette fois il immortalise la théière et les bols. Vous les verrez bientôt, il va me les transférer sur mon PC. J'espère qu'avant son départ, il en fera quelques autres...Mais il doit s’arrêter, LE livre l’attend, il n’y coupera pas et à son tour il s’applique pendant que Hsiolin me conseille de faire un oreiller avec les feuilles de thé (j’y ai déjà pensé mais je ne sais trop avec quels thés). Elle va se renseigner auprès de sa maman. Il est malheureusement déjà temps de nous quitter, ce qui explique la tristesse…. Encore des moments forts en émotion avec le thé pour les potentialiser… Au revoir, ma Perle d'Orient, merci pour ton immense gentillesse, tu respires la joie de vivre et tu sèmes le bonheur partout où tu passes. Merci aussi pour le Dong Ding et l'autre dont j'ai oublié le nom (aïe). Chaque fois que j'en boirai, je penserai à toi et aussi à tes parents avec qui j'ai passé de si beaux moments dans cette région de Nantou qui recèle tant de trésors!

jeudi 1 janvier 2009

C'est le premier et je vous l'offre

2009 est né depuis quelques heures seulement, et je bois ma première tasse, j’ai choisi cette théière-bonbonnière spéciale, une Tea for One, en pensant à vous qui partagez ma passion. Tout en préparant ce premier thé de l'an, un thé vert de Yixing, j’écoute Tea dream, moins pour la qualité de la musique mais bien pour ce que le titre m’évoque… jusqu’à 21 ans j’ai rêvé ma vie, mais depuis, je vis mes rêves, le thé en fait partie… Et ce premier thé, je vous l’offre ainsi que quelques phrases d’un de mes petits livres "culte" : un condensé de pensées drôles, sérieuses, curieuses, bref un condensé de bonheur. Il s'agit de L'heure du Thé, paru en 2002 aux Editions Exley. Pour aujourd’hui, j’ai choisi un extrait d’un livre que j’ai lu il y a très longtemps et qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable pourtant, il s’agit de Trois hommes dans un bateau de Jérôme K. Jérôme, il s’intitule Si notre estomac le permet (cela tombe bien, nous sommes le "lendemain de la veille") : "C’est vraiment très étrange, cette domination de nos organes digestifs sur notre intellect. Impossible de travailler, de penser, à moins que notre estomac ne soit d’accord. Il nous dicte nos émotions, nos passions… Après une tasse de thé (deux cuillères par tasse et ne pas laisser infuser plus de trois minutes), le cerveau capte le message : "Maintenant, lève-toi, et manifeste ta force. Sois éloquent, profond, tendre ; contemple, d’un œil lucide, la Nature et la Vie ; étends les ailes blanches de ta pensée vibrante et prends ton essor, esprit semblable à un dieu, au-dessus du tumulte de ce bas monde, emprunte la voie royale des étoiles scintillantes jusqu’aux portes de l’éternité !" Je vous souhaite une très belle première journée… suivie de beaucoup d’autres bien sûr. Au dos de cette surprenante tasse rectangulaire, on peut lire Meander BV, j'en reparlerai.