mardi 12 juin 2012

On l'a retrouvé!

"A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes » Proverbe chinois Même si je ne suis pas certaine que ce proverbe fasse allusion à la météo, c’est pourtant de cela qu’il s’agira ici. Ce matin, mon amie Michelle a lancé un avis de recherche via Face de livre ou de Bouc, au choix ! Son nom : Soleil ; sa taille : 1.390.000 km ; sa couleur : jaune.
Bien installée dans mon cocon, à l’abri derrière ces jolis voiles coréens,
tout en sirotant un Pu Er, je regardais désespérée le déluge, il tombait des cordes, c’était mal parti ! Mais cet après-midi, le miracle, il a refait son apparition.
Pour lui montrer combien nous tenions à lui, j’ai préparé un magnifique Bi Lo Chun de printemps griffé ThéÔdor.
 Et pas de manière classique en théière comme chez nous.
J’en ai déjà parlé, je ne vais donc pas me répéter. (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/04/je-suis-vraiment-gatee-merci-les.html)
 C’est toujours aussi émouvant à observer et à savourer, sauf que cette fois, ce n’est plus la saveur végétale et fleurie de l’infusion qui m’a frappée mais l’aspect fruité et aussi des notes marines ! Peut-être était-ce le « souvenir » du divin thé au jasmin du lendemain de Julien qui m’avait donné ces sensations gustatives, pour les notes fruitées du moins, genre pamplemousse rose, orange... Quant aux notes marines, c’est peut-être le soleil qui m’a tapé sur la tête…
 La troisième infusion reste très douce, acidulée même, due sans doute à des pointes d’astringence très agréables.
 Je vais donc aller voir ce qu’en disent mes mentors : Nadia Bécaud, Lydia Gautier et Olivier Scala. Et aussi, ce livre très documenté : Le thé, joyau de l’empire du milieu de Wei Chen.
En lisant ce que dit Nadia de ce "oquillage vert du printemps", j’ai déjà une réponse concernant les saveurs fruitées : "(…) A proximité des jardins, on cultive divers arbres fruitiers : mandariniers et orangers participent à la richesse des arômes de ce thé. " (page 14).
Ce que dit Lydia provoque chez moi un fou rire ! Et pas seulement parce qu’elle parle de "note marine prononcée", mais aussi et surtout par ce qu’elle dit de la feuille sèche, "boisée et animale", et de la liqueur : "amertume et velouté très présents, notes marines, végétales vertes et boisées." Mon fou rire était nerveux : avant d’arriver à avoir le nez et le palais de Lydia, beaucoup d’eau arrosera les feuilles de thé !
 Comme à chaque fois, je suis émerveillée par la description poétique d’Olivier à propos du Bi Lo Chun, comme de tous les autres d’ailleurs, un peu de douceur dans ce monde de … Je me suis encore payé un fou rire en relisant la légende de ce thé qui n’a pas toujours porté son nom actuel. "Il fut d’abord nommé "thé au parfum étourdissant" (Xia Cha Ren Xiang) pour des raisons partiellement extérieures à ses qualités intrinsèques ! La légende raconte en effet que les cueilleuses, ayant un jour récolté un nombre plus important de feuilles que ne pouvait en contenir leur panier, en dissimulèrent dans leur tunique, sans doute dans l’espoir de pouvoir en vendre pour leur propre compte. Hélas ! Au contact de leur corps, les feuilles dégagèrent un parfum puissant et aromatique qu’elles furent démasquées ! Un personnage éminent fut, lui aussi, délicieusement étourdi : l’empereur Kangxi, goûta ce thé et l’apprécia tant qu’il le fit immédiatement inscrire parmi ceux qu’il devait avoir en tribut, en lui donnant le nom qu’il porte aujourd’hui." J’avais oublié cela ! Après cette surprenante histoire, venons-en à la poésie maintenant dans la description des feuilles sèches d’abord : "Cette cueillette (…) sent le grand-air : l’herbe coupée, les légumes verts, l’iode et l’algue se perçoivent, puis viennent de très jolies notes de fleur de lis et de fleur d’oranger." Les feuilles infusées "(…) dégagent un parfum de fleur d’oranger dominant qui se mêle à d’exquises senteurs de caramel." La liqueur "La couleur du beurre clarifié illumine la tasse tandis que montent doucement les arômes frais de l’herbe, de la sève, puis de la mandarine et de la fleur d’oranger. (…) elle évoque un bonheur éphémère, léger comme l’air. Sa texture caresse le palais de toute sa douceur, et on goûte la pointe d’amertume qui soutient ce magnifique ensemble cristallin" (page 105). Aux émotions gustatives intenses se superpose ici de cette admiration face à ces si beaux mots qui forment un ensemble si harmonieux. 
Ici l’auteur parle aussi de Kangxi sans faire allusion à la légende. On apprend aussi que ce thé existait déjà sous les Ming (1368-1644).
Description moins précise du parfum des feuilles "enivrant et soutenu" et de la liqueur "succulente" (pages 76-77).
 Un regard ému à ces superbes feuilles qui ont inspiré ces auteurs. Derrière chacune d’elles, j’imagine les doigts de fée des cueilleuses, chaque fois que je prépare ma boisson préférée, je pense à elle avec reconnaissance.
 Je te remercie aussi ma chère Mich, c’est toi qui m’as inspiré ce billet et ces moments hors du temps sous le soleil qui a dû aimer, il est toujours là et il est près de 20 heures, espérons qu’il ne fugue plus trop souvent!

10 commentaires:

BrigitteD a dit…

Tu as peut-être aperçu un petit rayon mais c'est quand même pas terrible ! je me console aussi en buvant quelques puerhs .bisous

Anonyme a dit…

Coucou, ici aucun mais AUCUN rayon de soleil. Il est parti à la capitale.... Il avait très envie d'un thé avec toi. Bizouille
mich

Francine a dit…

@ Brigitte: comment "aperçu"? Il a brillé tout l'après-midi et jusqu'au soir même! Bonne journée, biz

@ Mich: MDR... Qu'il ait eu envie d'un thé, d'accord mais je te rappelle que je n'habite plus la capitale!Belle journée, bons thés et bizouille

Anonyme a dit…

" La campagnarde que je suis dit: Comment tu n'habites pas la capitale??? mais c'est les faubourgs alors...? (puisque on met Bruxelles sur ton adresse):-)
J'habite bien dans les Ardennes!!!"
;-)
Bizouille et bonne journée
Mich
ps: je l'ai mis

Tanta Meno a dit…

Bonjour Francine,
Je lis souvent ton blog que j'apprécie et je n'avais pas encore trouvé le moyen de laisser un commentaire. Je suis novice ! Donc voilà ... Je suis Ardéchoise et le soleil nous boude aussi. Alternance de pluie et de soleil, avec heureusement du thé et du thé. En ce moment, je bois du Long Jing de Mei Jia Wu récolté le 30 mars 2012 acheté dans une petite boutique de ma région. Un délice ! A bientôt

Francine a dit…

@ Mich: évidemment quand "on" (= massage codé) écrit Bruxelles... Maintenant, là où j'habite, on peut considérer que ce sont bien les faubourgs. Je ne suis pas certaine que certains politiques le voient ainsi... bonne fin de soirée, biz,

@ Yanta Meno; merci et bienvenue sur mon blog. Peux-tu me donner l'adresse de la boutique. Merci et bonne fin de soirée

Tanta Meno a dit…

Bonjour Francine, merci pour ton accueil et ta réponse rapide.
La boutique de thé est à Valence : Chanomi 1 rue Championnet. En cherchant l'adresse j'ai vu qu'ils ont un site web.
Bonne journée et à bientôt

Francine a dit…

@ Tanta Meno: mille mercis à toi pour l'information, je suis allée sur le site, c'est magnifique et j'ai vu les photos entre autres du wu wo, j'ai reconnu Nadia Bécaud, ma Maître de thé! Y as-tu participé? Et, si je ne suis pas trop curieuse, d'où vient ton nom? Bonne fin de soirée et au plaisir de te lire

Tanta Meno a dit…

Bonjour Francine,
Moi aussi je suis allée sur le site, je suis d'accord : c'est magnifique !
Je n'étais pas au wuwo, mais il y a une date pour 2012 sur leur document ateliers. Je les appelle aujourd'hui pour me renseigner, je suis trop loin de Valence pour y aller, bien que j'adore fréquenter ce lieu magique.
Mon nom est un surnom que j'ai depuis très petite et qui est trop long à expliquer car il est basé sur une confusion d'enfant.
A tout bientôt, je vais aller me faire un Cui Jian. Bonne journée

Francine a dit…

@ tanta Meno: j'espère que tu as savouré ce superbe thé. Bonne fin de soirée