lundi 20 mai 2013

Voyage gustatif au Japon

Le thé a ceci de particulier et rare, il fait voyager… Après un dimanche riche en partages dans le Yunnan, ce lundi le voyage continue au Japon.
Je commence la journée par un Matcha très corsé. Je ne suis jamais seule quand je bois du thé, malgré les apparences. Tous les objets me rappellent de belles rencontres et de très beaux gestes d’amitié : le set de Mich, le Matcha de Guillaume, le bol de ma chère Chantal, le disque de Lune et la calligraphie de Staf.
C’est ce que je compte faire, ce moment occupera l’essentiel de ce jour.
Et c’est à eux que je pense en savourant ce breuvage, avec gourmandise par toutes petites gorgées, autant de souvenirs impérissables…
Musique, méditation et lecture au programme.
Je ne sais combien de fois, j’ai écouté ce disque, je ne m’en lasse pas, envoutée que je suis par le shakuhachi, cet instrument qui me procure une paix absolue et me permet de vivre l’instant intensément, cette musique me vide le cerveau, cela doit être cela le "souffle du zen".
Je me replonge alors dans cette mine d’or vert qu’est le livre de Valérie Douniaux,  chaque fois, je trouve des informations que je n’avais pas imprimées. Ce n’est pas un simple guide mais bien un éclairage sur ce Japon qui n’a pas fini de m’intriguer.
Musique, méditation, lecture terminées, je m’apprête à découvrir le contenu de ces 2 boîtes vertes griffées ThéÔdor, http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/05/tout-dabord-mon-premier-mercia-mon-amie.html . Le contenu de la première est un Yame cha.
Les feuilles sèches sont d’un vert foncé parsemé ça et là de feuilles plus claires vert pâle tirant vers le jaune.
Je suis à la lettre les conseils de préparation : 3g dans 10 cl d’eau filtrée à 70° pendant 45’’. La liqueur est jaune pâle tirant sur le vert. Parfum végétal très doux et onctueux.
Deuxième passage pendant 1 minute, la liqueur est d’un jaune-vert plus profond, La saveur est plus prononcée mais reste à dominante végétale de gazon fraîchement coupé.
La 3e infusion à 1’15’’ redevient plus pâle et donne des notes douces, légèrement sucrées.
Et de magnifiques feuilles infusées, on a envie de les manger.
Je tente un 4e passage mais si la couleur reste belle, la saveur végétale a complètement disparu, il ne reste qu’une douceur sucrée, umami ?
 Les feuilles infusées sont d’un beau vert brillant quasi uniforme, comme chaque fois que je découvre un nouveau thé, je les goûte et à ma grande surprise, elles sont coriaces. En feuilletant la bible de Valérie, j’apprends que les feuilles infusées s’appellent le chagara ou "marc de thé." Même si j’ai aimé ces saveurs printanières, je n’ai pas été étonnée, les saveurs sont celles d’un Sencha de qualité.
Je passe maintenant au Tamaryoku cha de Kyûshû, récolte du volcan. C’est un inconnu pour moi. Ce qui me frappe d'abord c’est l’aspect des feuilles sèches, la plupart d’entre elles n’ont pas la forme habituelle d’aiguilles de pin, mais on dirait comme de petites accroche-cœur. Les parfums qui se dégagent sont complexes, notes marines entre autres mais j’ai l’impression de percevoir aussi des notes mentholées…
Première infusion  de 3g dans 10 cl d’eau filtrée à 70° pendant 45’’. La liqueur est d’un jaune pâle légèrement verdâtre. Saveur très douce, beurrée et mentholée mais pas que. Emotion gustative intense face à ce breuvage si subtil.
Les feuilles après cette première infusion, d’un beau vert brillant sont déjà bien ouvertes.
Deuxième passage à 1 minute. Mêmes saveurs et une belle rondeur en bouche.
3e infusion à 1’15’’. Ici, les saveurs évoluent, à côté des notes végétales apparaissent maintenant des notes marines et iodées plus présentes.  
Toujours d’aussi belles feuilles brillantes et de plus en plus ouvertes.
Le 4e passage dure 2 minutes. La liqueur est toujours aussi subtile et soyeuse et ces notes douces et sucrées, ici aussi je pense qu’il s’agit de cette fameuse cinquième saveur, l’umami.
Je goûte aussi ces feuilles, elles sont très douces, je sens que je les emploierai bientôt en cuisine. Je suis sur un petit nuage, j’ai encore en bouche ce thé exceptionnel, une vraie découverte, je pense que cette boîte se videra très vite ! Je reçois ma filleule vendredi, je suis certaine qu’elle va l’adore, il n’y a pas que le Yamato Kabuse Sencha ! Ce voyage au Japon va s’arrêter ici mais j’y retournerai très vite…  Une fois encore, je m’étonne de cette force du thé, la seule boisson qui non seulement fait voyager sans quitter son salon mais qui permet aussi de faire émerger tant d’idées positives. Et je repense à ce proverbe japonais : "Si un homme n’a pas de thé en lui, il est incapable de comprendre la vérité et la beauté" …

2 commentaires:

Vanessa a dit…

Magnifique, tu me donnes l'eau à la bouche. Que j'aime ces thés japonais. Je n'ai jamais tenté chez Théodor pourtant mais je note ton "Tamaryoku cha de Kyûshû, récolte du volcan".
Et ce livre de DOUNIAUX, vraiment bien alors?

Francine a dit…

Merci Vanessa. Je te recommande effectivement ce thé de la récolte du Volcan, j'en rêve parce que pour le moment, j'ai un rhume qui m'empêche d'en goûter les subtilités. Quant au livre de Valérie Douniaux, c'est une mine d'or! C'est bien plus qu'un simple guide, tu dois absolument te le procurer! Bonne soirée, bons thés, biz