Tina Carter signale que "les origines de la théières sont inconnues mais il existe 2 théories ; selon la première, elle serait un dérivé de la cafetière islamique, d’après la seconde une variante des anciennes coupes à vin" (page 8). Et comme les pays islamiques jouxtent la Chine, on peut penser que la théière a emprunté aux deux. Garth Clark est plus explicite et donne plus de détails. Tant que le thé se présentait en brique, il était bu dans des bols mais quand la taxe sur celui-ci fut abolie, vers 1500, les Chinois ont commencé à infuser les feuilles, procédé plus simple rendant un meilleur thé. Le problème du récipient à employer se posa alors. "Selon une légende rapportée par Chou Kao-ch’I (période Wan-Li, 1573-1619) un étrange moine arriva un jour à la ville de Yixing et parcourut les rues en clamant : "Richesses et honneurs à vendre !" Comme les villageois se moquaient de lui, il leur rétorqua : "Si vous ne voulez pas acheter d’honneurs, pourquoi pas des richesses ?" Il emmena alors les anciens du village dans une grotte située dans les collines où ils découvrirent de l’argile de cinq couleurs différentes, aussi brillante que du brocart." Le gisement d’argile n’est pas un mythe, Yixing était un centre de poterie connu depuis le Néolithique. "Grâce à cette matière première veloutée, la "terre pourpre" qui a donné son nom à Yixing, ce lieu est considéré comme celui de la naissance de la théière. La production commença à la période Cheng-te (dynastie Ming : 1506-1521), d’abord par un moine qui inventa la technique de fabrication de chaque pièce à partir d’une motte d’argile. Puis d’anonymes, certains potiers devinrent des Maîtres très imités non pour l’appât du gain mais en hommage à leur talent. La copie était même à l'époque une façon d'apprendre, les élèves copiaient tout, y compris la signature de leurs illustres maîtres. Des lettrés étudièrent la théière et établirent des règles encore respectées de nos jours : "La courbe exacte que le thé doit décrire en sortant du bec, l’idée que le thé versé ne doit pas faire de bulles en arrivant dans la tasse, et que le haut de l’anse et le col doivent s’aligner sur une même ligne horizontale couronnant la théière. Leurs conclusions constituent une synthèse parfaite entre un débat avisé et intelligent sur l’esthétique de la théière, une longue tradition artisanale, la prise en compte de l’utilité, l’amour du thé et le respect du créateur, de la matière et du procédé." (p.14)
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Il y a 8 heures
2 commentaires:
Très intéressant... de l'utilité d'un contenant et ces anecdotes... et puis cette terre rouge aux multiples couleurs, cela donne envie d'avoir une Yixing!
Tu l'as maintenant, Vanessa... Et je la trouve très belle!
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