mardi 22 février 2011

Un atelier particulier dans le temps et dans l'espace

Voyage dans le temps et dans l’espace parce que cet atelier mémorable a eu lieu jeudi passé à Strasbourg. Déjà le lendemain, j’en donnais quelques bribes et photos, trop émue pour aller plus avant. Aujourd’hui, l’émotion est toujours présente mais je me lance, j’espère être à la hauteur de ce que j’ai vécu. Nous avons d’abord reçu cet élégant petit étui qui contiendra bientôt nos impressions sur ces 5 Oolongs, sujets de l’atelier. Il faut vraiment être un artiste pour présenter ainsi les choses. Cinq thés nous sont proposés : un Luanze Oolong d’avril 2009, un Oriental Beauty de juin 2009, un Bai Hao de 1958, un Hua Lien de 1987 et un Ali Shan de 1991. Préparation en zhong ; 2g/10cl pendant 4 à 5 minutes dans une eau à 95°. Nous recevons également un set de dégustation tout à fait particulier, une cuillère pour prélever le thé choisi et un petit bol pour le verser et le déguster. C’est la première fois que je vois cela, quelle élégance dans ces objets ! Les gestes précis de Niko nous mettent vraiment dans l’ambiance, et pourtant ce n’est pas simple quand 6 paires d’yeux ne ratent rien de ce qui se passe et que les questions et réflexions fusent, bravo Niko. Si je devais le qualifier en 2 mots, ce serait générosité et modestie. Luanze Oolong d’avril 2009. Oriental Beauty de juin 2009. Bai Hao de 1958.Hua Lien de 1987. Ali Shan de 1991. Nous découvrons avec gourmandise ce que ces feuilles nous offrent : chacun essaie de mettre des mots sur les saveurs, ce qui n’est évidemment pas facile mais la richesse de cet "exercice" est qu’une suggestion en entraine une autre et personnellement cela m’a beaucoup aidée. L’ambiance était particulièrement chaleureuse, 6 est vraiment le nombre idéal pour ce genre de dégustation. Goût fruité assez doux de ce Luanze Saveur fugace et peu nuancée de cette Beauté orientale, cela m’a laissée perplexe j’ai l’habitude de plus de complexité. Quant à ce Bai Hao de 1958, il s’apparentait plus à un Pu Er, quel intérêt ? Aucun sans doute si ce n’est une curiosité… Ce Hua Lien à la saveur de fruits cuits a été une révélation, pour un thé qui fêtera bientôt son quart de siècle, il est resté très vert… Et avec cet Ali Shan, nous rentrons dans une pâtisserie… les gâteaux et autres crèmes brûlées viennent de sortir du four, un vrai régal ! C’est ici qu’aurait dû se terminer cette séance qui fut une vraie réussite. Aux émotions gustatives évidentes s’en sont mêlées d’autres, une véritable alchimie s’est instaurée entre nous 6 et la complicité avec Niko et son adorable assistante photographe ont fait de cette soirée un moment vraiment magique ! Et ce n’est pas fini, nous allons avoir droit à un surprenant bonus ! Niko va nous préparer une dégustation comparative … du même Tie Kwan Yin, bizarre. Admirez au passage cette belle balance de précision à l'ancienne, tout ce que j'aime. Le thé pesé est immédiatement posé au fond de ce poêlon pour être torréfié, voilà qui n’est pas banal. Le parfum qui se dégage est prometteur.Les 2 Tie Kwan Yin sont prêts à être dégustés et comparés, j’ai hâte. Le premier est sans surprise (façon de parler), il a la saveur d’un très bon TKY de garde. Mais le second m’a littéralement séduite ! La torréfaction très présente lui donne un goût incomparable, un vrai bonheur pour le palais. Belle expérience, à refaire vraiment. Et toujours aussi consciencieusement les goûteurs séduits que nous sommes profitent de cette dégustation surprise. Je garde un souvenir vraiment ébloui de cette soirée si riche d’où se dégageait l’Esprit du Thé, le vrai… (= message codé...)Et encore un tout grand merci à nos 2 hôtes qui ont fait que cette soirée restera dans mes souvenirs très forts de Strasbourg. Et à quand vous voulez en Belgique !

14 commentaires:

Katia a dit…

Merci Francine pour toutes ces photos souvenir. Ce fut un plaisir de mettre un visage sur ce blog.
Plus que le thé - mais le thé aussi bien sûr !!! - c'est le partage qui me plaît dans ces soirées animées par Nicolas.
A bientôt de vous revoir - qui sait, peut-être à Londres !

David a dit…

Une expérience qui fait envie !

Francine a dit…

@ Katia: j'ai moi aussi été ravie de faire votre connaissance à Fabienne et à toi, Françoise-Ana m'avait déjà parlé de vous. J'espère que nous nous reverrons à Londres ou à Bruxelles...

@ David: tu as tout compris!... Je t'envoie immédiatement un mail au sujet de London

Nicolas a dit…

Bravo Francine, c'est un super article.

Les ateliers de Nikosan ont l'air vraiment très bien.

Amicalement
Nicolas

Julien ÉLIE a dit…

Je trouve étonnant que l'on ait à la fois la mention d'un Oriental Beauty 2009 et d'un Bai Hao 1958.
Je croyais que les deux appellations désignaient le même thé. Visiblement, quelque chose m'échappe entre la notion de Beauté Orientale et de Bai Hao Wulong.
Le premier nom existait déjà le siècle dernier.

La couleur de la liqueur du Bai Hao 1958 me paraît bien foncée. Peut-être a-t-il été infusé trop longtemps. À moins que ce ne soit un effet de lumière sur la photo. J'aurais plutôt vu une teinte comme l'Ali Shan de 1991, en légèrement plus foncé.

Ah la torréfaction sur place, avant d'infuser, de ses thés… quel délice !
Cela fonctionne aussi à merveille sur le thé vert japonais.

Anonyme a dit…

Ah j'allais poser la même question que Julien au sujet du Bai Hao et l'OB!
Sinon, cet atelier donne vraiment envie effectivement.
Merci de partager ça avec nous Francine.
Hobthe

David a dit…

Pour moi, Bai Hao Oolong = Beauté Orientale. Après, j'ai peut-être mal compris...

Francine a dit…

@ Julien, Hobthe et David: merci pour vos commentaires éclairés. Bai Hao est effectivement un des noms de l'Oriental beauty, ce qui m'excitait c'était d'en goûter un aussi vieux, quelle déception... mais ce commentaire n'engage que moi bien sûr. Eh non, la photo reflète bien la couleur de l'infusion

@ Julien: j'ai en son temps, et après avoir vu Carol le faire chez Chajin, effectivement essayé de griller du Sencha, mais je n'avais qu'un poêlon chauffé sur une taque électrique, le résultat ne fut pas à la hauteur, il faudrait que je me procure un matériel adéquat parce que je compte bien développer cette technique qui m'a vraiment séduite.

nikosan a dit…

Bonjour à tous !

Merci pour ce bel article, Francine, je suis touché. C'était un plaisir de te revoir autour de ces quelques tasses de thé !
Julien et David, vous avez tout à fait raison : le Bai Hao est bien un Oriental Beauty ! J'aurais du le préciser lors de la soirée. Je vais corriger ça dans l'article. Il me semble que le nom d'Oriental Beauty soit assez récent (début 20ème je crois ?). J'ai gardé cette appellation, car il est vendu sous ce nom chez mon fournisseur. Sa couleur est effectivement très étonnante. Il n'a pas infusé trop longtemps pourtant ! Ce thé est surtout une curiosité à mon sens. Gustativement, on en fait vite le tour.
Je n'ai pas encore eu l'occasion de goûter un thé japonais fraichement torréfié... Il me faut encore trouver un bon accessoire pour cet exercice. Des adresses?

Francine a dit…

@ Nikosan: merci pour ton commentaire, j'ai fait de mon mieux pour restituer ce que tu nous a offert si généreusement. Pour l'accessoire ad hoc, je sais qu'à l'époque il était possible de s'en procurer un chez Chajin.
D'autres noms encore pour ce thé (et leur équivalent en chinois que je ne connais pas par coeur mais je vais les rechercher): thé des vantards et thé aux 5 couleurs

Francine a dit…

Pom Fong Cha = thé des vantards
Wu Se Cha = thé aux 5 couleurs
Et sur mon commentaire précédent, il faut lire (...) ce que tu nous AS ...

Julien ÉLIE a dit…

Francine, en (très) vieux wulong, le Dong Ding 9 de 1959 de la M3T est exceptionnel. Une minéralité exemplaire, note saline, céréales grillées. Un hui gan fin et envoûtant. Un thé très bien conservé. Il donne beaucoup d'infusions et il faut prendre son temps pour le déguster.

nikosan, oui tu as raison, le nom d'Oriental Beauty proviendrait de la reine d'Angleterre Elisabeth II dans les années 1960, lorsqu'elle goûta un Bai Hao pour la première fois. C'est donc un anachronisme d'écrire Oriental Beauty 1958 :-)
As-tu essayé d'infuser ce thé avec un temps encore plus court ? Est-il plus intéressant ainsi, ou trop fade ?

Comme le signale Francine, la boutique Chajin vend des ustensiles plutôt bien faits pour la torréfaction chez soi. Je viens de prendre une photo de celui que j'ai pu acquérir dans cette boutique parisienne :
http://iulius.dinauz.org/the/chinois/
(CIMG1632, CIMG1633 et de dos CIMG1636).

Francine a dit…

@ Julien: une fois encore merci pour ton érudition "théistique". Je vais m'empresser d'aller voir tes photos, merci.

Claire a dit…

Je suis avec vous le temps d'une dégustation en lisant ce billet!
Merci Francine, je vais de ce pas faire infuser quelques feuilles dans un de mes plus jolis zhong!
J'ai hâte de trouver un créneau pour venir faire un atelier à Strasbourg!
Belle journée, bons thés.
Claire