lundi 13 février 2012

Après un week-end à oublier très vite, un très beau lundi

Après un week-end agité, je retrouve enfin mes fondamentaux: thé, lecture, musique, méditation, étude aussi. J'ai bu très peu de thé ces 2 derniers jours, mais j'y pensais tout le temps, comme une lancinante obsession. Je compte bien me rattraper aujourd'hui, j'ai envie de voyager... pour le moment seulement à travers mes tasses de thé. Et quand je suis dans cet état d’esprit, je choisis d’infuser mes Feuilles dans les Tea for One, appellation que je préfère à sa traduction française : "égoïste". Rien n’est moins vrai, si je bois effectivement seule, je suis en phase avec le monde, et en particulier ma Famille du Thé, la seule qui a un sens aussi fort pour moi. Je commence par un Singbulli de chez Magie du Thé. Et j’ai bien sûr une pensée pour sa fondatrice, ma chère Fanou, qui, avec Céline, Hélène et Luca, anime ce lieu où il se vend du thé bien sûr mais qui véhicule aussi cet esprit du thé sans qui il ne serait qu’une boisson comme les autres. C’est un lieu où la passion se partage… Et à chaque gorgée de ce breuvage, bien calée dans mon canapé, je fais aussi halte sur les contreforts de l’Himalaya. Puis j’écoute Mahler, je me laisse emporter par ces notes vibrantes, elles m’emmènent dans cet immense empire austro-hongrois qui a fait naître de tels génies, à condition d’aimer évidemment, ce qui est mon cas. La somptueuse voix de Dietrich Fisher Dieskau s’est tue sur ce dernier morceau "Ich Bin der Welt abhanden gekommen" écouté deux fois. Je suis tellement bouleversée au point de ne pas renouveler tout de suite la théière vide. J’aime les grandes voix, mais celle-là plus que d’autres… Je suis prête à présent pour un autre voyage, dans le Yunnan cette fois avec ce Ming Orchidée, un des Jardins d’Excellence de ThéOdor, ma crèmerie préférée à Paris. Si je l’abrite dans sa boîte d’origine, celui que je déguste vient de Magie du Thé, deux endroits particulièrement chers à mon cœur. Et me voilà partagée entre Namur, Paris et le Yunnan, terre d’origine de ce thé qui tient au corps. J’en ai besoin, cet après-midi sera consacrée à l’étude et à la lecture. Mais d’abord le diner, un navarin d’agneau tout droit sorti du congélateur qui par la magie de la technologie micro-ondienne reprend vie. Et dire que pendant des années, j’ai été réfractaire aux micro-ondes comme je l’ai été pour cette machine qui abrite mon blog. Et un fou rire en le servant, je pense tout à coup à un jeune loup qui peut parfois se transformer en agneau (= message codé…). Je n’ai plus faim de nourriture terrestre, mais encore soif de connaissance et de thé, en insatiable que je suis. C’est maintenant l’heure de l’étude et de quoi hydrater mes neurones avec un Collines d’Or, de L’Essence du Thé, un autre de mes points de chute parisiens. Je ne sais pas combien de temps j’ai passé devant ces feuilles rébarbatives, la grande théière est vide… mon cerveau aussi. Ce qui me reste de neurones me fait mal, je suis dégoûtée ! Si ma mémoire visuelle est intacte, il n’en va pas de même pour l’auditive ! Je quitte momentanément ce cocon et vais me défouler sur Face de Bouc. Et je sais que ma soirée sera forte en émotion, merci cher Jean-Claude, j’ai transféré ton message sur Camille Claudel ! Je reste pour le moment sur cette impression désagréable d’incompétence langagière et je ne peux même pas aller m’aérer sur ma terrasse, transformée en patinoire. J’ai besoin d’un thé pour adoucir ma rage impuissante contenue… J’ai choisi ce thé de Noël de chez ThéOdor. Il m’offre exactement ce dont j’ai besoin, la douceur de cette fête qui me replonge dans une partie de mon enfance que j’ai adorée mais aussi et surtout la saveur des épices que j’aime, plus particulièrement la cannelle et le clou de girofle. Et une pensée pour Guillaume, le jeune créateur de ce mélange si harmonieux et Michelle pour le set de circonstance, merci à vous deux ! Voyage dans le temps et dans l’espace aussi, l’Indonésie et les kreteks ! Et des kreteks, j’en aurai bientôt ! Déjà merci Sophie, égoïstement, j’ai hâte que tu sois déjà revenue de là-bas… Je passe maintenant à ce qui est à ma portée, le récit contenu dans ce superbe livre ! J’aurais pu synthétiser ce beau conte mais je préfère reprendre le texte quasi in extenso, c’est tellement beau ; et que dire des dessins et de la calligraphie… Autrefois, il y a bien longtemps de cela, du temps où les dragons n’existaient pas, les hommes, les femmes et les enfants de Chine chassaient, pêchaient et vivaient en tribus sous la protection d’esprits bienveillants. Ces esprits ressemblaient aux animaux avec lesquels ils vivaient depuis toujours. Les pêcheurs des bords de mer avaient choisi le poisson qui scintille entre deux eaux. Les habitants des montagnes avaient adopté l’oiseau qui sait si bien chasser au plus près des nuages.Les cavaliers des plaines sans fin préféraient le cheval qui galope à la vitesse du vent. Ceux des hauts plateaux s’étaient mis sous la protection du serpent qui glisse sans bruit d’un endroit à l’autre. Et les gens des rizières fertiles ne juraient que par le buffle, ami de l’homme et travailleur infatigable. Ainsi vivaient les hommes, les femmes et les enfants de Chine, sous la protection du poisson, de l’oiseau, du cheval, du serpent et du buffle. Ainsi, héla, se faisaient-ils souvent la guerre au nom de tous leurs animaux protecteurs. Ils se combattaient tant et tant qu’un jour tous les enfants de toutes les tribus de Chine en eurent assez et déclarèrent la guerre à la guerre. Ils décidèrent alors de créer un animal qui protège tous les hommes à la fois : un animal vif comme le poisson, libre comme l’oiseau, rapide comme le cheval, rusé comme le serpent et fort comme le buffle. Ils prirent le corps du serpent, et y collèrent les écailles du poisson. Ils prirent la tête du cheval et y fixèrent les cornes du buffle. Puis ils assemblèrent la tête et le corps, et y ajoutèrent les pattes de l’oiseau. Cet animal fabuleux qui pouvait s’élever dans les airs, plonger dans les mers, et s’enfoncer sous terre, ils l’appelèrent DRAGON. Lorsque les hommes et les femmes de toutes les tribus de Chine découvrirent le dragon imaginé par leurs enfants, ils le trouvèrent si beau que, pour la première fois, ils furent d’accord entre eux. Alors, ils décidèrent de ne plus jamais se faire la guerre. Bien sûr, il y eut d’autres guerres. Mais le dragon reste en Chine l’animal de la paix, et c’est dans la joie que chaque année, on le fête au Nouvel An Chinois. Tout à la fin de ce magnifique conte se trouve chaque signe astrologique ainsi que des propositions d’activités pour les enfants… Je terminerai ainsi ce billet en espérant que cette histoire aura le même effet sur vous que sur moi.

6 commentaires:

Sébastien a dit…

merci Francine pour la petite histoire de dragon avant le dodo.
manque plus qu'un petit bisou et border ma couette, et tout sera parfait :)

journée très thé moi aussi today : ce matin un sencha (Kôshun), cet après-midi le puerh cru YiWu 2003 de Stéphane, et ce soir un petit thé rouge du Lincang.

Pour changer un peu du thé, je vais poursuivre la lecture de l'épopée du buveur d'eau (Irving), qui trucule un max, puis sombrer dans un sommeil réparateur pour être d'attaque demain (je pense déjà à mon sencha matinal:)

Francine a dit…

@ Sébastien: que c'est mignon, ce que tu écris, considère que c'est fait, le p'tit bisou et border ta couette! MDR.
Redevenu grand, tu ne t'embêtes pas; je ne sais pas encore ce que je boirai demain...

Anonyme a dit…

Magnifique... magnifique...
J'adore l'histoire du dragon mais aussi les images. Enorme coup de coeur. Il y a des livres comme cela ...
Bizouille
Mich

Francine a dit…

@ Mich:pourquoi ne suis-je pas étonnée par ce commentaire? Que dirais-tu de reproduire celui de la couverture? Il faut absolument qu'on se voie!

Francine a dit…

@ Jean-Félix: merci de m'avoir suggéré de "raconter l"histoire dans la couleur du bonheur", je t'ai répondu sur ton mail mais... il m'est revenu!

Anonyme a dit…

Bonne idées pour le dragon de la couverture. La même couleur? As tu une dimension? Donne moi une date quand tu veux. bizouille
mich