mercredi 25 janvier 2012

Une bien étrange journée...

En ce matin doux mais gris et pluvieux, je veux consacrer ma journée à la lecture et évidemment à cette boisson qui me tient éveillée sans m'énerver. Et à propos de cette boisson mythique, je veux percer le secret de ce Wulong antique ou du moins comprendre pourquoi un tel parfum de pâtisserie préparée à l’ancienne donne un breuvage aussi plat. Et cette fois, je prends mes précautions, j’installe mes gris-gris sous l’œil amusé de Lu Yu… Une théière qui me servira à infuser ces belles feuilles et l’autre, en forme d’œuf de dragon, pour transvaser le breuvage. Et, bien sûr, ma carte porte-bonheur et une pensée pour ma chère LingLing. Le résultat dépasse mes espérances, la saveur de l’infusion correspond exactement au parfum gourmand des feuilles sèches posées dans la théière préchauffée. Emotions gustatives intenses, j’ai bien fait de parler à ces feuilles… Je sais maintenant que ce Lao Cha Wang s’appellera dorénavant Thé du Troisième Jour et qu’il sera infusé uniquement dans cette théière Œuf de Dragon, merci Lu Yu, merci les feuilles. Un peu de lecture maintenant. Rien que le titre, "Les liens de l’âme" est une promesse de bonheur, surtout que l’auteur n’est autre que Fred, le Magicien des mots dont j’ai déjà parlé de nombreuses fois : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2011/02/oui-le-bonheur-est-dans-le-a-strasbourg.html ou bien encore, je ne m’en lasse pas : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2011/10/suite-de-ce-periple-magique-dans-cette.html . Dans 2 mois quasi jour pour jour, j’y serai à nouveau et pas toute seule ! (= message codé aux Strasbourgeoises et aux Nantaises)… Je me plonge une fois encore dans ce petit recueil. Fred utilise les mots pour les transformer en tableaux, on ne peut qu’être touchée en entrant "au Fond du Jardin secret et envoûtant de Frédéric." Au fil des pages je me retrouve dans son univers, à la fois sensible, élégant et si vrai aussi, c’est comme une musique douce. Secrets d’enfance, amour de la nature, du beau et des hommes. Blessure et souffrance aussi qui, couchées sur le papier semblent moins lourdes à porter. Je ne résiste pas, voici quelques-uns de ces beaux mots-tableaux, c’est "L’arbre et le Vent" : Quand plus rien ne va,









J’aime me cacher aux pieds des saules pleureurs,



Eux seuls savent calmer mon âme en peine et mélancolique,



Juste un peu de vent et de longs bras vert tendre,



Caressant mon visage et mes mains blanches… "



Merci cher Frédéric pour ces moments d’intimité, de beauté comme autant de gorgées du meilleur thé, celui du partage. En lisant tes mots, j’avais l’impression de savourer autant de divines madeleines de Laurent, un autre magicien, des saveurs celui-là. A quand le suivant ? Et à très bientôt… Je ne veux pas encore rendre ces belles feuilles à la terre, j’attendrai encore un peu. Cet après-midi, j’ai envie de relire Opium, un superbe livre que tous les buveurs de thé devraient avoir dans leur bibliothèque. Mais avant cela, je feuillette d’abord ce livre superbe, encore un beau souvenir (http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2011/11/thes-lectures-et-beaux-souvenirs.html ) Et pour accompagner mes lectures, un Maloon infusé dans cette théière de circonstance, cadeau de mon mari, il y a bien longtemps déjà. Et encore de belles émotions, à commencer par cette jolie dédicace de mon amie Guylaine qui elle aussi joue si bien avec les mots. Par contre, j’ai envie de transformer les vers de Baudelaire qui deviendraient: Le thé agrandit ce qui n’a pas de bornes






Allonge l’illimité



Suspend le temps,



Et de plaisirs envoûtants



Remplit l’âme au-delà de sa capacité…



Et je me replonge avec volupté dans ce beau livre. Je ne l’achèverai pas aujourd’hui, il me bouleverse encore comme à ma première lecture, mais je voudrais partager avec vous quelques extraits qui m’ont particulièrement touchée… "(…) s’il se trouvait bien partout, il n’était nulle part chez lui. Et cela ne faisait qu’accentuer son besoin de poursuivre encore et toujours son voyage vers l’impossible" (Page 28). "L’opium, c’est un amour qu’on ne choisit pas" (page 83). Cette phrase me parle particulièrement, non que je sois consommatrice d’opium, je n’y ai jamais goûté mais parce que si je remplace opium par thé, cela correspond au tout début de mon histoire d’amour avec cette boisson mythique (http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/mon-histoire-avec-le-th-suite-mais-pas.html). Mais je ne pouvais pas imaginer alors à quelles excitantes extrémités ce breuvage allait me pousser. (http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/la-rvlation-au-retour-de-giverny.html). J’arrête ici cette lecture, elle a fait émerger des beaux souvenirs, très contrastés et une réflexion : comment un "mariage de raison" s’est-il transformé en passion, dévorante, quasi indicible et qui durera, en tous cas jusqu’à ce que mon cœur s’arrête de battre pour toujours. Dois-je vous préciser que derrière le titre de ce livre se cache une merveilleuse histoire de… Thé. Mais les belles choses ont une fin. Retour brutal à ce quotidien banal. Ennui domestique d’abord: mon mari vient troubler cette belle quiétude pour m’annoncer que le lave-vaisselle fait grève… Mais qu’y puis-je ? Et surtout un coup de téléphone de Michèle et le coup de bambou : elle m’a envoyé une carte de vœu à sa manière : un set brodé, je l’attends toujours ! Elle était très zen, moi pas du tout ! Demain je vais à la Poste et cela va barder. Pour me calmer, je vais jusqu’à la serre pour voir l’état de la citronnelle et en rentrant, un SMS de ma filleule. Pas de bonnes nouvelles : elle a de gros problèmes de dents, elle a un mal de gueux, elle est sous valtran et doit se faire opérer. De plus sa grand-mère va très mal.J’ai besoin de décompresser, j’ai mal pour elle. Ma Puce, je n’ai pas de cierge, mais j’ai des bougies, je bois cette tisane à toi et à ta grand-mère, courage. Et quand ce sera fini, je te promets un méga périple à Paris, à Londres, à Strasbourg ou les 3 à la queue-leu-leu ! Ceci dit, quand tu auras retrouvé tes esprits tu m’expliqueras plus clairement pourquoi je dois t’appeler "aquarium", je n’ai pas ta culture télévisuelle… Je suis triste, je ne supporte pas de voir souffrir ceux que j’aime. Mais un coup de fil providentiel m’a réconfortée et c’est tout à fait apaisée que je me prépare mon thé du soir : un Pu Er de la consolation… Ce thé, je le bois à la santé de ma filleule et à celui qui a trouvé les mots pour m’apaiser. Et pour terminer ce billet, je citerai la dernière phrase d’Opium : "Son long voyage sur un fleuve interdit l’avait conduit de la douceur verte du thé à la noirceur de l’opium. Et lui avait fait comprendre que la vie est un opium dont on ne se lasse jamais".

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Coucou, tu me places entre un lave-vaisselle en panne et une rage de dents!!

Je ne sais comment le prendre? C’est peut-être une erreur de ma part sur l'enveloppe?

Mais ne te tracasse pas. Il y a quelqu'un qui profite de mon travail et j'espère lui avoir mis du baume au cœur. Et surtout, mon imagination n'est pas en panne (ni mes doigts)

Donc, depuis la lecture de ton message, j'ai déjà 3 projets en tête.

Tu les auras bientôt et si je n'étais pas aussi ... (je ne sais quel mot choisir!!)

Je viendrais te l'apporter et j'en profiterais pour faire ta vaisselle :-)

Pour les dents je ne peux que compatir

Gros bizouille

Mich

Francine a dit…

@ Mich: pour le "placement", il s'agit juste d'une chronologie; pour l'adresse,si tu as mis 1560 Bruxelles, évidemment... Mon seul espoir, est la confusion entre Léopold I et II, j'en saurai plus dimanche, je croise les doigts!
Je suis quand même allée me défouler à la Poste en leur rappelant, PREUVE A L'APPUI, qu'ils ont un jour renvoyé une lettre en disant à mon amie que je n'habitais plus ici (je dois rechercher le billet).
Ne te dérange surtout pas, le lave-vaisselle est réparé (j'ai dit à Xav que tant qu'il n'était pas réparé, il ferait la vaisselle.
J'ai eu ma filleule au tél, elle est toujours sous valtran et dans les vaps...
Merci pour ton commentaire, j'ai bien ri! Biz et à très vite

Anonyme a dit…

Chère Francine, quelle belle phrase que je fais mienne à mon tour :
Allonge l’illimité
Suspend le temps,
Et de plaisirs envoûtants
Remplit l’âme au-delà de sa capacité…
J'espère que votre journée est ensoleillée à Bruxelles.
María

Vanessa a dit…

Quel beau thé... et quels beaux pieds... je l'ai déjà dit mais j’adore tes petites petons de terre. J'en trouverais pour mettre avec un bouddha (comme le tien: que je ne veux que affalé, ventreux et aux superbes lobes d'oreilles)... pour le thé mais aussi pour ces "méditations" presque présentes et j'en suis sûr futures, autant pour délier le cérébrales que pour le spirituel.
Je suis aussi intriguée par ce Maxence FERMINE, j'en avais lu un sans y être très sensible... mais le titre opium ne m'avait pas dévoilé une histoire de thé: je renote donc.

En suivant les commentaires et réponses je vois que le quotidien et la prise en charge des douleurs vont mieux

Francine a dit…

@ Maria: pourquoi ne suis-je pas étonnée de ce que tu dis de la "belle phrase"? Je te conseille, si ce n'est déjà fait, de lire Opium (ou de le relire...)

@ Vanessa: merci pour ton message. Je n'ai rien lu d'autre qu'Opium, quand je suis emballée par un livre, je suis souvent déçue par les suivants du même auteur...
Pour les petits petons et le Bouddha, je pense qu'il serait possible d'en trouver dans le quartier chinois. Sinon, je peux voir s'il y en a encore à L'Institut du Thé quand j'y retournerai, cela me manque...