mercredi 21 décembre 2011

Encore deux journées très thé...

Hier d'abord. Un passage à la serre pour photographier la citronnelle pour Vanessa et Celina. Celle-ci vient de Praslin, une des îles volcaniques.Et celle-ci de Mahé, l'autre île volcanique, là où se trouvent aussi les plantations de thé... Chaque année, je me demande si elles vont supporter le climat, on chauffe la serre en hiver mais pas à la température de là-bas. Ces deux-là ont le même parfum et dégagent les mêmes saveurs. Par contre, celle qui pousse sur zil zoizo, mon île, a une saveur différente, malheureusement les plants rapportés n'ont pas tenu, il n'y a pas de terre corallienne ici... Ensuite en attendant LA visite, j'avais le choix entre faire des courses, un peu de ménage ou ... boire du thé. D'habitude, je n'aime pas choisir, je suis gourmande et je prends tout, mais ici le choix n'a pas été trop difficile. J'ai fait infuser le Royal London blend, un thé corsé découvert chez Tea Palace, souvenir d'une folle virée... (http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2011/05/vendredi-13-premier-jour-de-bonheur.html). Puis cette chaude voix des îles: Cesaria Evora est allée rejoindre les étoiles, elle nous laisse sa voix à jamais et l'émotion qu'elle procure. Un autre genre de voix maintenant, celle de ma filleule, on a décidé quand on se voit d'aller manger au restaurant, ce qui nous permet de papoter sans que je doive m'absenter. On s'est évidemment bien amusées. Puce, c'est quoi ça, j'hallucine... il n'est pas question de jeter ce verre par terre pour bien vérifier s'il casse... Tu ronges l'os ou je demande un doggy bag?Ni l'un ni l'autre, nous prenons des desserts bien belges: café liégeois pour elle, tiramisu au spéculoos pour moi, pas mal mais il manque quelque chose... La dernière fois que j'en ai fait un, j'avais imbibé les spéculoos de thé du loup. Retour aux sources et au thé, le Yamato Kabuse Sencha, "son" thé (et un peu le mien aussi, c'est mon cadeau après tout...). Elle n'est pas difficile, ma filleule elle se contente du meilleur... Tout en sirotant, ce "don de Dieu", ThéOdor en français, notre conversation devient plus philosophique, Noël, le sens de cette fête et ce que l'on a fait. J'ai beaucoup aimé, surtout sa conclusion, "quand on est ensemble, c'est toujours Noël". Quelques notes plus tard, il est déjà temps de se dire au-revoir et à mardi. La soirée n'a pas été celle que je souhaitais malheureusement... Mais les moments plus difficiles permettent d'apprécier d'autant plus les autres. Ce matin, je me suis réveillée toute guillerette, c'est le début de l'hiver et il ne fait pas froid. il fait gris, il pleut mais depuis que m'a été envoyée cette belle phrase depuis l'hémisphère sud, je vais regarder la pluie autrement: "si tu veux voir l'arc-en-ciel, tu dois apprendre à aimer la pluie", merci chère Maria. J'ai bu mon premier thé en pensant spécialement à toi.Non, je n'ai pas pété un câble, voici la photo prise sous le même angle il y a exactement un an (http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2010/12/cest-le-premier-jour-de-lhiver-mais.html)! Les jours qui ont suivi n'ont pas été tristes non plus. Mais rien de tout cela pour cette fin d'année, égoïstement, je m'en réjouis. C'est aussi le jour le plus court de l'année. Et cela me réjouit, à partir de demain, ils rallongent... Ce matin, courses et cuisine mais cet après-midi, retour sur mon île à moi. J'ai envie de relire un des livres qui m'a le plus touchée ces dernières années, c'est l'Elégance du hérisson. Mais avant cela, un thé de lecture, ce sera le Yu Huan (http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2011/08/dun-monde-lautre-entre-impuissance.html ). J'ai aussi repris mon carnet de lecture dans lequel je note certaines phrases et mes impressions, je peux ainsi voir si d'une lecture à l'autre, je m'arrête sur les mêmes passages, si les émotions ressenties sont identiques. Les tasses se succèdent, la lecture est toujours aussi prenante, toujours le même plaisir, les mêmes frissons, puis quand j'arrive à ce passage, je pense au superbe mot que mon neveu m'a envoyé un superbe mot depuis Santorin, quel rapport me direz-vous? C'est ici (http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/11/le-th-japonais-santorin-quelle-lgance.html). Je confirme ce que je disais déjà alors, à lire absolument et que pour les amateurs de thé et de culture japonaise! Les critiques mondains et un peu partisans l’ont ignoré, les lecteurs l’ont plébiscité, j’aime cela. Ce soir, autre désir, envie de Pu Er. Et de voyage. Mes pensées s’envolent maintenant vers Taiwan. Je vais infuser ce petit nid, cadeau de ma chère belle-fille Hsiaolin. Dès l’ouverture du papier de riz, un parfum de terre caresse mes narines. Je le rince dans cette théière en pierre, l’odeur de terre mouillée me tente, je n'y tiens plus, j’en prélève un petit bol, saveur un peu timide, cela m’apprendra à être gourmande mais déjà la promesse d’émotions gustatives, et d’autres aussi. Cette théière me fascine, je me demande combien d’essais l’artiste a dû réaliser avant d’arriver à cette perfection. Les infusions se succèdent, m’emmènent là-bas. Je revois des visages, des paysages, de belles rencontres. Encore un arrêt pour admirer la pierre qui change de couleur, je ne m’en lasse pas. Puis me voilà à nouveau sur cette Belle île à la découverte d’une autre culture dans ce pays dont la langue m’est étrangère. Il me reste les yeux et les mains. Regards croisés, langage tactile. Et les sourires. Autre forme de langage. Emotions partagées. J’augmente le temps d’infusion, j’ai envie d’une liqueur plus corsée. Et cette phrase, déjà citée à plusieurs reprises, me revient pratiquement chaque fois que j’infuse les thés en gong fu. « Le thé n’était pas seulement un remède pour combattre la somnolence. C’était un moyen d’aider l’homme à retourner à sa source, cette heure dans le rythme du jour quand le prince et le paysan partagent les mêmes pensées et le même bonheur en se préparant à retourner à leur destin.» (Lu Yu). Ce petit nid n’a pas encore tout donné, je vais laisser reposer les feuilles jusqu’à demain, je vais faire de même.

5 commentaires:

En Kopp Zen Teahouse a dit…

Quelle belle plante de Mahé, merci pour le partage,il est intéressant de goûter un jour..

Lune a dit…

Que de jolies choses racontées...
L'Elégance du hérisson, je l'ai lu, P l'a lu et nous l'avons relu ensemble à haute voix. C'est dire que nous y trouvions beaucoup.

Francine a dit…

@ Celina: merci pour ton mot et pour la goûter, c'est quand tu veux!

@ Lune: merci à toi aussi. Figure-toi qu'hier moi aussi j'ai lu tout haut certains passages, comme pour mieux m'en imprégner, je reste vraiment très émue par ce livre!

Manifesto [web atelier] a dit…

Merci Francine, d'avoir pensé à moi et de voir la pluie autrement. Je vous embrasse du sud, encore quelques jours de sud pour moi. María

Francine a dit…

@ Maria: mille mercis, je répondrai à ton mail très bientôt