vendredi 11 mai 2012

Thé, beaux souvenirs, nostalgie et espérance

Une journée a suffi pour recharger mes batteries ! Hier, il a fait 25° pendant une bonne partie de la journée, et le soir vers 21 heures, je sirotais un Sobacha sur … ma terrasse, il faisait encore 19°, comme quoi il ne me faut pas grand-chose ! Ce matin, j’ai des envies de voyage.  
De beaux souvenirs aussi. Il me reste quelques feuilles de ce Long Jing de Taiwan.
Je prépare avec une attention toute particulière ce qui va les magnifier.  Pendant que les belles infusent, je me laisse envoûter par cette si belle musique qui me fait vibrer et qui parle à mon âme, Inspiration from Poems of Song Dynasty.
C’est en tremblant un peu que je pose mes lèvres sur le bord du zhong . J’y retrouve cette saveur si suave avec juste ce qu’il faut de piquant. Et les souvenirs affluent, ceux liés aux moments magiques passés chez Zen Zoo Thesaurus d’où viennent ces feuilles.
La 2e infusion m’emmène bien plus loin encore, sur cette Belle Ile où j’ai laissé une partie de mon cœur… J’ai eu la chance de beaucoup voyager, beaucoup d’endroits m’ont laissé des souvenirs impérissables faits de rencontres, de regards croisés, d’odeurs et de saveurs, d’époustouflants paysages même. Mais mon voyage initiatique à Taiwan a été le plus bouleversant à tel point que si je n’avais pas eu de famille, j’y serais restée !
La musique s’achève, un peu de lecture à présent, l’ancien et le nouveau. Parce que oui, j’y retournerai !
En feuilletant l’ancien, un fou rire ! Je ne suis toujours pas arrivée à Yingge ni à Sanxia tout à côté… Je me suis trompée de voie, de train et le temps que je m’en rende compte, il était trop tard. Il faut dire que dès que je monte dans un train, je suis déjà à destination par la pensée, j’anticipe le bonheur de la découverte et l’imaginant. Cela m’est arrivé même en Belgique : lors d’un contrôle de billet, je m’entends dire que j’ai pris le train dans le mauvais sens… Mais le plus drôle c’est que sur le billet (gratuit) de retour à la case départ, le contrôleur a écrit : "voyageuse dévoyée"…
Un coup d’œil sur les belles, elles ne semblent pas encore avoir tout donné.
Troisième infusion et « découverte » de ce nouveau guide qui aurait dû me servir en 2010 et qui le sera en 2015 (= message codé, et  Bernard ton cadeau n’est pas perdu. Merci de déjà me faire rêver !…) Je le connais déjà presque par cœur…
Un autre fou rire: "Sansia and Yingge go hand to hand, contrasting and complementing each other like peanut butter and chocolate". J’adore le chocolat mais je déteste le peanut butter!  Par contre, ce guide n’est vraiment pas complet, l’autre non plus d’ailleurs, ils ne font pas mention des plantations de Long Jing, il faudra remédier à cela pour celui de 2015…
Avant de les rendre à la terre, je vais en sélectionner quelques-unes et les glisser dans le guide, comme un rappel émouvant de ces moments hors de temps pendant lesquels de simples feuilles m’ont fait voyager, me souvenir et projeter dans l’avenir, que du bonheur ! Je ne vais pas vraiment quitter la Belle Ile, je vais m’attaquer à la relecture du travail d’un des étudiants de mon amie Lingling, cela me replonge dans une de mes autres vies…
Une pause, retour en Belgique et ... dans ma cuisine pour préparer le repas : asperges de malines à la flamande et fraises de Wépion pour respecter l’équilibre linguistique !
En attendant de vivre en autarcie…
Promenade digestive au jardin.
Sur les pelouses momentanément sauvages…
La tondeuse est tombée en panne.
J’aime ça et cela ne tiendrait qu’à moi, j’en laisserais une dans cet état…
Par contre, elle est détrempée et la terre est trop imbibée, les feuilles des delphiniums commencent à jaunir, les plantes aiment l’eau mais ne savent pas nager, il faut donc que l’Astre viennent mettre de l’ordre dans tout cela.
Les rhododendrons commencent à s’ouvrir, c’est la plus belle période pour cette partie du jardin mais il est temps de retourner travailler. Le devoir est maintenant terminé, c’est l’heure de la détente, des merveilleux souvenirs et de la nostalgie.  
Il y a une semaine exactement, je faisais baptiser 29 février, ma dernière-née reçue  précisément le 29 février, d’où son nom.
Dont le parrain n’était autre que mon généreux donateur. Moments magiques d’intenses émotions, d’autant qu’à quelques jours près, cela faisait 9 ans qu’on s’est rencontrés pour la première fois...
C’est donc tout émue que je me prépare à revivre ces instants de nostalgie. J’espérais profiter de ma terrasse, mais c’était sans compter sur saint Mamert !
C’est presque en tremblant que je détache quelques feuilles de ce vieux Pu Er de 1980, je me rappelle les intenses émotions gustatives de vendredi dernier. Je sais je l'ai déjà dit mais c'est tellement fort...
C’est le premier Pu Er que j’ai qui présente cet aspect dont certaines feuilles ne sont plus que de la dentelle, seules les nervures sont encore  marquées.
Après avoir ébouillanté la théière, je les y dépose et j’ai à peine le temps de la caresser avec le pinceau que toute l’eau s’est évaporée.
La première infusion me transporte dans la forêt après la pluie.


Les infusions se succèdent, une saveur incroyablement douce de terre mouillée et d’humus se dégage de chaque bol.
Je ne me lasse pas d’admirer cette théière, j’aime sa forme, et chaque détail qui révèle la créativité de son créateur, qui a transformé cette terre particulière avec tant de savoir-faire. 
L’alchimie entre la terre, l’eau et les feuilles, la musique en plus, je suis au nirvana.
La huitième infusion se termine, j’interromps très momentanément ce merveilleux voyage au pays de l’émotion pure, des regards croisés, des échanges intimes, tout ce que le thé apporte quand on se laisse apprivoiser.
Les feuilles sont loin d’avoir tout donné, ah si cette machine pouvait rendre le parfum qui se dégage de la théière, vous n’auriez comme moi qu’une envie … y revenir.
Retour au paradis après le souper pour la neuvième infusion. Alors que lors des précédentes, c’était surtout l’humus qui ressortait et cette odeur particulière que dégage la terre après une pluie d’été, c’est maintenant des saveurs terreuses qui prennent le dessus.
J’aimerais en savoir plus sur ce Pu Er exceptionnel, voir si d’autres briques présentent ce même aspect.

Mais je le referme aussi vite, ce nectar n’est pas un thé de lecture. Je veux savourer chaque gorgée en me remémorant ce partage, il y a une semaine. Déjà alors les saveurs étaient au-delà des mots, j’ai l’impression aujourd’hui que la liqueur est plus ronde…
J’en suis à la treizième infusion. Ce sera la dernière, je ne l’ai sans doute pas laissée suffisamment mais surtout, je n’ai plus soif, je suis comblée. Merci cher Guillaume pour ces fabuleux cadeaux, ces moments de partage et d’échanges si authentiques. Tu m’as gâtée, mais je te revaudrai cela. Tu illustres si bien cette superbe phrase : "les gens du thé sont une même famille », tu es dans mon cœur.
Les feuilles vont passer la nuit dans leur bain, je verrai demain ce qu’elles vont donner. Une journée comme celle-là donne confiance en la vie malgré les difficultés. Elle aide à les surmonter et à regarder l’avenir avec sérénité.

2 commentaires:

Vanessa a dit…

Elle est magnifique cette 29 février... et j'aodre ta manière de revivre tes voyages par guides interposés... une très très belle idée!

Et 13 infusions de pu'er: magnifique

Francine a dit…

Merci pour ce beau commentaire, Vanessa. C'est vrai que ce Pu Er est vraiment exceptionnel...