mercredi 4 mars 2009

Suites des découvertes

Je continue les découvertes, cette fois le 2e cadeau, un Pu Er cuit Menghai 2000. Et aussi la verseuse achetée samedi. D’habitude je mets 5 g dans une théière de 15 cl, il y avait 5.7 g dans le sachet. Dès que j’ai respiré les feuilles, un très agréable souvenir m’est revenu en mémoire, celui des brisures de bois obtenues en taillant mes Caran d’Ache, j’aimais tellement et le geste et l’odeur que je taillais souvent mes crayons même quand ils n’en avaient pas encore besoin ! Après avoir rincé les feuilles à l’eau bouillante, j’ai fait une première infusion d’une minute mais là, surprise et petite déception, le breuvage obtenu était très foncé, assez amer et comme pâteux. Par contre les feuilles infusées dégageaient une magnifique odeur de copeaux de bois, comme celle dont je me rappelle quand, petite fille, je pouvais parfois aller dans l’atelier de mon grand-père ébéniste. J’ai alors pensé que j’avais infusé ces feuilles trop longtemps (il y avait aussi 0.7 g de plus que ce que je mets d’habitude). 30 secondes plus tard, je goûte à nouveau le résultat. Moins pâteux, moins amer, couleur toujours aussi foncée mais nettement moins de goût que ce que l’odeur des feuilles pouvaient laisser présager. Une troisième infusion à 45° me donne cette fois un meilleur résultat, une agréable odeur de feuilles mortes se dégage. Ouf, j’ai eu peur d’avoir perdu la main. J’ai arrêté après 3 infusions supplémentaires, j’ai transvasé les feuilles dans la verseuse, elles y resteront jusqu’à demain, ce sera son premier culottage.

Encore deux belles découvertes

C’est avec une certaine fébrilité que je m’apprête à "faire dinette avec mes derniers jouets" comme dit mon mari. Je vais aussi découvrir un des cadeaux (dans le commerce ordinaire le terme exact est échantillon…) reçu de Lionel, j’ai choisi le Shan Lin Shi, que je ne connais pas, je vais donc faire 2 découvertes, celle du contenant et du contenu. Les feuilles sèches sont bleu-vert… sur la photo mais pas vraiment en réalité, je crois avoir l’explication, j’ai remplacé l’ampoule de la lampe par une économique. Après avoir rempli le tiers de la théière, j’ai rincé les feuilles et ébouillanté le matériel, puis j’attends la première infusion, une minute c’est long parfois ! Puis je transvase le résultat dans le pichet, il a l’air immense par rapport à la belle. La tasse à sentir vide dégage une forte odeur de caramel ! Et la première gorgée confirme cela, j’ai l’impression de boire un caramel au beurre fondu, que du bonheur ! La 2e infusion est moins sucrée, mais toujours très « caramel ». Je n’ai pas analysé les 3 autres infusions, je regardais, admirative, ces beaux objets, c’est ainsi que j’ai découvert que l’anse du pichet est creuse et l’orifice est brun, bizarre il est impossible que ce soit le thé, j’y passe alors mon petit doigt, c’est très légèrement rugueux, sans doute par manque de polissage ? Et évidemment, comme chaque fois, j'ai une pensée pour les cueilleuses et pour les magiciens du traitement de ces feuilles. La théière est très agréable et facile à tenir, les tasses tiennent bien la chaleur. J’en suis maintenant à la 5e infusion, l’infusion n’est plus caramel mais plutôt acidulée, un peu salée même. La 6e par contre fut la dernière, les feuilles, très grandes ont tout donné, elles vont maintenant retourner à la terre. Encore un superbe moment, merci Lionel. Je vais maintenant aller voir sur son site ce qu'il dit de ce bon et beau thé.

mardi 3 mars 2009

Du virtuel au réel, suite et fin

Après avoir été me préparer dans cette théière bleue toute simple de quoi me tenir éveillée et me donner du courage pour vaquer à quelques occupations ménagères qui elles ne sont pas ma tasse de quoi que ce soit, me revoilà pour écrire le dernier épisode de ce fameux WE. Ce dimanche a commencé par un petit-déjeuner très belge constitué de pistolets, craquelin, produits exotiques pour Loula et Frédéric qui leur ont fait honneur. Puis nos hôtes préparent leurs bagages, nettement plus lourds qu’à l’arrivée… La voiture chargée, nous voilà repartis pour le dernier lieu de thé, l’Heure bleue, ouvert tous les premiers dimanches du mois. C’est sans doute pour fêter le mois du printemps qu’Olivier a choisi cette fois de nous proposer des verts japonais. Mais il a également fait un grand cadeau, une dégustation "privée" pour les 2 invités qui ne pouvaient rester plus tard que 15h30, cela a beaucoup touché Loula, assez accroc à ces thés. Pour le remercier, j’avais préparé une dinette que nous avons mangée à 4 à l’heure du midi. Ce type de préparation, facile à réaliser, tout au thé et donc très goûteux mérite un billet séparé, j’en parlerai un peu plus tard.
Quatre thés ont été préparés dans les règles : 2 Senchas et 2 Gyokuros. Ils sont tous quatre issus de Yame, district de Fukuoka. Ils ont été récoltés à la main (fait rare au Japon) au printemps 2008, il a été traité de manière à ne lui conserver que 6 à 7 % d’humidité, c’est la première torréfaction qui a lieu moins de 2 heures après la cueillette. Puis il est conservé sous vide à – 25° ! Il est ressorti au fur et à mesure de la demande, ce qui en garantit la fraicheur, il subit alors une dernière torréfaction, ceux que nous avons dégustés l’ont été le 11 février. C’est pour moi une découverte, je n’avais jamais entendu cela auparavant. Passons maintenant à la préparation, je m’attarderai principalement au Sencha first flush, c’est celui que j’ai le plus aimé alors que je m’attendais à préférer les Gyokuros. De toute manière, le procédé est le même pour les quatre. Tout d’abord on ébouillante la théière et les petits bols. Le dosage est de 2g par 3cl, Olivier nous apprend que certains grands amateurs japonais vont jusqu’à 5g. Après avoir mis le grammage correspondant au nombre de consommateurs, on verse de l’eau à 50° (on peut varier de 37 à 60°) et on fait infuser pendant +/- 1’30, sans mettre le couvercle pour observer l’ouverture des feuilles et pouvoir stopper l’infusion, tout un art... On la verse alors dans la verseuse en prenant bien soin de secouer la théière jusqu’à la toute dernière goutte parce que l’infusion continuerait et rendrait le breuvage trop amer. On remplit les petits bols et on boit à très petites gorgées. Possibilité d’une 2e et même d’une 3e infusion dans une eau à 75°, mais en infusion immédiate. La 2e est beaucoup plus verte, légèrement brouillée. Mais c’est la 3e infusion qui m’a impressionnée, je l’ai trouvée très douce, légèrement sucrée, je m’en suis donc offert 50g que je re-gouterai bientôt au calme dans mon salon. Et quand les feuilles tendres ont tout de donner en infusion, je les mélange à une salade, elles remplaceront avantageusement le persil.J’ai eu le plaisir de revoir Benoît. C’est lui qui a gagné la carafe Brita. Je lui laisse le soin de parler des Gyokuros, ce sont actuellement ses "chouchous". C’est ainsi que s’est terminé ce WE bruxellois pour Loula, je lui devais bien cela ! En effet, c’est elle qui était ma swappée et elle attend toujours 2 des 3 colis… Merci la poste!

Du virtuel au réel: 2e épisode

Suite et, je l’espère, fin de ce WE très thé : après une longue nuit réparatrice et un petit-déjeuner, nous revoilà en route pour la capitale et plus particulièrement chez Tea for Two. Nous sommes tous les quatre ravis par les plats faits maison, les desserts et les thés choisis. Mais il n’y a pas que cela, j’ai encore fait deux (très) petits achats. D’abord ce récipient dont j’ai aimé la forme très ronde, un peu massive même. Il me servira de verseuse, je n'imagine pas une seconde qu'il s'agit d'une théière...vu son minuscule filtre incorporé. mais comme pichet, c'est vraiment bien pensé. J’ai aussi déniché 5 très petits bols en très fine porcelaine blanche comme celui-ci, d’une contenance de 3 cl. Ils serviront à recevoir le contenu d’une petite théière elle aussi en très fine porcelaine blanche également… Et je ne suis pas la seule à avoir craqué, celle à qui je pense se reconnaîtra… Nous voilà maintenant en route vers La Maison du Thé (11, Plattesteen – 1000 Bruxelles). Embouteillage innommable pour y arriver, j’ai failli renoncer mais finalement je me suis garée là où je pouvais (mais où je ne peux pas légalement…). Et nous voilà enfin dans ce lieu qui fut la toute première maison de thé bruxelloise, j’en reparlerai très bientôt plus en détail mais voici déjà de quoi vous inviter à y aller très vite parce qu'elle vaut vraiment le détour. Il faut dire que l’âme de cette boutique est un personnage ! Dynamique, ce passionné très accueillant a toujours un bon mot à la bouche (et en plusieurs langues… quand nous sommes entrées, c’était l’allemand), dont les yeux brillent quand il parle de ses trésors. Il sait reconnaître les amateurs et a félicité Loula pour son choix de Shui Xian (nous en avions dégusté un pas très loin d'ici, chez Li-Ping et Sanmao). Elle n’en est pas restée à ce seul thé, dans ces boites rouges si typiques, il y en a bien d'autres!Elle est aussi amatrice de tisanes et a trouvé son bonheur dans cette caverne d’Ali Denis. Je me suis dirigée vers la dernière pièce, là où se trouvent les théières et non, je n’ai pas craqué cette fois. Mais je suis tombée sur ceci, sur un DVD superbe, en contenant en fait 2 (52 mn & 120 mn !) signés Patrice Valfré, un spécialiste de ces petites choses qui nous font frémir, et nous entraînent parfois à faire quelque folie. Rien que pour cela, il faut y aller mais aussi pour les thés, les tisanes et… les cafés (ici aussi il existe de subtils et très fins mélanges qui me rappellent mes premières amours). Bref, il y en a pour tous les goûts. Mais il est bientôt temps de quitter cette capitale trop encombrée et de regagner un autre lieu de thé, où nous prenons un petit goûter dans mon salon bleu-thé, Frédéric choisit un Zeng Shan Xia Zong (voir entre autres là) et Loula et moi, un mélange Eau (voir ici et là). Je laisse alors mes hôtes à leurs lectures et je rejoins la cuisine pour peaufiner le repas du soir. J’ai choisi pour l’apéritif le mélange Bolliwood de TheOdor et pour l’entrée des œufs au Lapsang, des crevettes grises sur un lit de roquette et tomates cerises, accompagné d’une sauce au même thé. Et dans les tasses, un Zeng Shan Xia Zong. Le plat ne contenait pas de thé et le dessert (glaces au thé et poire au sirop) a déjà été présenté, je n’en parle donc plus. La soirée se termine dans mon salon bleu-thé, nous regardons le premier DVD en savourant cette fois un mélange Air. C’est ainsi que se termine ce samedi spécial. A tantôt pour la suite, j'ai soif et suis en manque…

lundi 2 mars 2009

Du virtuel au réel, premier épisode

Je continue maintenant ce billet commencé hier, il se fera en plusieurs étapes.
Ce WE fut dense et riche, entièrement consacré au thé. En effet, Loula et son ami Frédéric sont venus découvrir la réalité des thés dans cette capitale qui, loin de valoir Paris dans ce domaine, recèle cependant quelques trésors et quelques "Personnages". Je vais essayer de vous faire participer à l’événement, malheureusement je ne sais ce qui s’est passé mais les 2/3 de mes photos sont ratées… il faudra donc se contenter de peu. (Et sans personne: vu son métier, Loula ne souhaite pas apparaître sur Internet). Pour commencer ce périple, goûter à la maison, je leur ai fait découvrir un thé du Sikkim, un Temi (dont j’ai déjà là). Installation puis premier grand RV chez Li-Ping et Sanmao où nous retrouvons Thomas. Là, nous avons été gâtés (pour changer…). Nous avons eu droit à 2 thés en apéritif, le premier fut un Pu Er Mao cha "matière première", cela commençait très fort pour moi, en effet, j’avais reçu ce thé le 4 janvier dernier et j’avais voulu l’infuser chez moi. Aujourd’hui, je sais comment faire et ce qu’est exactement ce thé curieux. Il a été cueilli en 2006, torréfié quelques minutes puis séché au soleil pendant une seule journée et retourné à la main, il n’est donc pas compressé, d’où son nom "matière première". J’en parlerai plus en détails un de ces jours quand je l’infuserai dans mon salon. D’autant que Sanmao s’est arrêtée à 5 infusions (il y a autre chose au menu…) De même pour le suivant, un 2e Pu Er, cueilli également en 2006 mais celui-ci provient d’un théier âgé de 20 ans. J’ai été particulièrement séduite par l’aspect de ce petit carré qui parait à peine compressé et encore très vert malgré ses déjà presque 3 ans. L’infusion est assez pâle et le reste même à la quatrième. Les feuilles infusées sont très grandes comme on pouvait s'y attendre d'ailleurs en observant la mini brique. Sanmao nous explique que si celles-ci restent élastiques et lisses, c’est un signe de qualité, j'ai encore appris ce soir. Nous passons maintenant à table. Quatre entrées qui ravissent les papilles après avoir ravis les yeux. Je ne vous les décris pas cette fois, les photos parlent d’elles-mêmes. Ensuite les plats, quatre également accompagnés d'un riz blanc. Ici aussi, saveurs subtiles et variées. Dois-je vous préciser que les plats se sont entièrement vidés...Après un dessert nous revoici au salon pour déguster un dernier thé, et pas des moindres : un Shui Xian, un thé de rocher de 1992. Avant même d’y goûter, cela m’a rappelé celui que Thomas avait eu la gentillesse de me préparer quand je suis allée adopter mes belles, je vous renvoie à son blog ainsi qu’à celui de Lionel, ils en parlent tous les deux avec compétence et passion et moi j’ai pris trop peu de notes, j’observais les visages… ils en disaient long. Nous sommes déjà samedi quand nous quittons nos hôtes, après plus de 4 heures de bonheur. Encore merci à vous deux, on se retrouvera très vite.

Je l'ai !

Hier soir en revenant de l’Heure bleue, dernière étape de ce WE particulier, je me suis installée pour rédiger un long billet après avoir changé mon fond d’écran… j’y ai installé ma filleule me faisant de grands signes devant les chutes d’Iguaçu.... Mais la fatigue a été la plus forte, les mots dansaient devant mes yeux dont les paupières avaient une fâcheuse tendance à se fermer, j’ai donc remis la rédaction à demain. Ce matin donc, j’écrivais la suite du feuilleton quand la sonnette retentit. Mon premier réflexe fut de ne pas bouger, je n’attendais rien (du moins aujourd’hui, la poste fait grève) ni personne et j’avais envie d’avoir la paix… Un deuxième coup insistant me fait changer d’avis et j’ai bien fait. Celle que j’attendais s’est présentée à moi. PAR LA POSTE. J’aurais sauté au cou du facteur ! Sauf qu’il m’a dit que je lui devais 10 €. Je lui dis qu’il doit s’agir d’une erreur, que c’est déjà payé. Mais que nenni ! "C’est pas pour le colis, c’est pour la douane". Alors, j’ai devant les yeux l’illustration de cette expression si bien nommée ici: le revers de la médaille. D’un côté, celui de la Suisse, tout est nickel chrome, pas de lézard ce qu’il faut là où il faut. Mais en retournant le paquet, un petit "détail" écrit dans 2 des 3 langues nationales : "Attention – Opgelet, envoi avec frais" et l’explication : "L’envoi ci-annexé ne peut être remis au destinataire que contre paiement des droits, taxes et frais de présentation douane, 10 € ". J’aurais refusé tout autre colis mais celui-là non ! Voici ce qu’il contient : 2 petites tasses à sentir et 2 à boire en porcelaine très fine ainsi qu'un pichet. Et ce pourquoi j’ai craqué depuis le 14 novembre dernier en regardant le blog de La Cave à Thé, LA théière, qui m’a fait le même effet en vrai ! C’est impressionnant. Ceci clôture un long WE dont le titre sera "Du virtuel au réel", un peu de patience. Je n’ai malheureusement pas le temps de baptiser cette petite dernière, elle est momentanément rangée et bien entourée. Et Lionel a eu la gentillesse de joindre quelques échantillons de thés plus que bien choisis, je suis dans ma période Oolong – Pu Er en alternance. Merci Lionel ! Maintenant, je retourne (un peu à regret) dans ma cuisine, je dois préparer le repas de midi pour ma soeur à qui je vais annoncer une IMMENSE nouvelle, je sais depuis hier soir qu'une nouvelle maison de thé s'installera très bientôt à Bruxelles, et pas n'importe laquelle...

mardi 24 février 2009

Préparation d'une autre forme de repas au thé

Me revoilà une fois encore en tête-à-tête avec certains de mes livres de recettes, ceux consacrés à ces tea time, tea party et autre afternoon tea. Mes préférés sont ceux de la chère Jane Pettigrew qui a tenu un tea room dans une autre vie et qui nous propose des tas d’idées de sandwiches, de scones et autres gâteaux dont elle a le secret. Mais je n’en dirai pas plus ce soir, mes hôtes lisent ce blog et cela doit rester une surprise. Et pour m’aider dans mes choix un "simple" Pu Er.