lundi 16 novembre 2009

Un thé au temps des Ming...

Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre la pédale douce et de rester chez moi… Il faut dire que mon mari se demande s’il est encore marié, le pauvre. Je me retrouve donc dans ma pièce préférée et je me plonge avec gourmandise dans la lecture de cette superbe brique qui n’est pas un simple catalogue de l’exposition. En effet, il n’apparaît qu’à partir de la page 94. Je dévore avec passion ce qui précède. J’en suis à l’historique détaillé de l’évolution de la préparation du thé et de sa maîtrise de plus en plus grande, et je ne suis encore qu’à la dynastie MING (1368-1644). Je tombe en arrêt sur un passage de la page 33 : « Qiu Jun écrit dans le Daxue yanyi bu (supplément au texte expliqué du grand savoir), daté de 1486 : « De nos jours, le thé en poudre est utilisé seulement dans les pays de Min (Fujian) et Guang (Guangdong), tandis que les feuilles de thé sont utilisées partout ailleurs dans le pays, et même par les tribus au-delà de la frontière». Et là, l’illumination ! Je sors de mon armoire à trésors ce cadeau de Li-Ping et Sanmao que je n’avais pas encore ouvert, cette poudre de Dan Cong… Et je prépare de quoi en faire un thé fouetté. Je choisis le beau cadeau d’Olivier comme bol (voir le 6 septembre) et me voilà plongée, un peu émue, dans le temps. La poudre a une vague odeur de caramel, j’en verse une partie dans le bol, sa couleur beige ressort bien. Mais dès l’eau versée dessus, la surprise : le liquide prend une couleur foncée mais par contre mes coups de fouet, énergiques pourtant ne donnent pas le résultat escompté. Je ne désespère pas cependant, je recommence de plus belle, c’est un peu mieux mais je n’aurais certainement pas gagné de concours organisés à cette époque ! (p. 32) : « Celui dont le bol présentait une mousse riche, blanche et qui persistait le plus longtemps était déclaré vainqueur des concurrents dont la mousse s’affaissait rapidement pour laisser voir le thé par-dessous. » Je porte le breuvage à mes lèvres, imbuvable, j’ai dû trop doser la poudre. J’en transvase la moitié dans un zhong et rajoute alors de l’eau bouillante. Le résultat est surprenant et me rappelle des souvenirs très forts : les cafés grecs ! J’adorais l’épaisseur de ce liquide bouillant qui tapissait l’intérieur de la bouche, je le buvais « sketto » (sans sucre) accompagné de grands verres d’eau. Des tas de visages me sont alors apparus : Marina, Loula, Elefteria, Heleni, Stelios, Panayotis, Yannis entre autres, et ces interminables conversations parsemées d’éclats de rire… J’achève mon premier bol avec toutes ces images d’un temps où, amoureuse de la Grèce, j’y allais parfois même pour un WE prolongé selon une formule très intéressante, je me présentais à l’aéroport avec seulement un bagage cabine et s’il restait des places, j’embarquais, si je me souviens bien l’AR tournait autour de 5 mille anciens francs belges… belle époque!Puis vint le tour du zhong, et devant mes yeux éblouis, je vois cette fois se profiler ces montagnes du Phoenix, à moins que ce ne soit les magnifiques arbres du parc de Mariemont… J’arrête de rêver et vais continuer ma lecture…

2 commentaires:

Vanessa a dit…

Je ne connaissais pas d'autres poudres que le matcha (et d'autres thés noirs) mais un wulong, c'est fort... hum épaisseur comme un café c'est intrigant! Et puis ce "marc" de thé.
Et question mousse qui ne disparait pas, il faut la technicité et un nombre incalculable de fouettages... bon courage!

Francine a dit…

Moi non plus, jusqu'à ce que je recoive ce curieux sachet! J'ai des idées pour l'employer en cuisine, mais plus en thé fouetté... Quant au tour de main, tu as raison, c'est une question de (très) longue patience...