dimanche 15 mars 2009

Encore un WE fabuleux

Il est 18h30 ce samedi, je suis à nouveau seule dans la maison de thé de ce lieu magique, me remémorant une fois encore ces moments tout aussi magiques passés ici depuis hier. Nous étions 5 à être arrivés la veille, ce qui nous a permis de partager un premier repas et beaucoup d’autres choses avec Nadia et sa sœur Marie. Après avoir dégusté un potage aux choux-fleurs et un riz cantonais, nous avons eu droit à un dessert typiquement chinois, le Bai Mo Er. Cette recette, Nadia la tient de sa belle-mère, c’est un dessert que l’on mange en famille et qu’on ne trouve pas dans les restaurants, on comprend aisément pourquoi quand on connait la recette qui demande savoir-faire et grande patience ! Déjà, il est constitué d’ingrédients particuliers : les champignons blancs (qui sauf la couleur ressemblent aux champignons noirs en forme d’oreille), de graines de lotus, de "gojis" (une baie rouge orangée), de longanes et de dattes de Pékin pour donner le goût sucré. La préparation demande des heures, il faut d’abord faire tremper les champignons jusqu’à ce qu’ils se soient complètement déployés. Il faut ensuite retirer le germe des graines de lotus qui donnerait une trop grande amertume puis il faut faire cuire le tout à très petit feu. Mais cela donne un résultat fabuleux ! Nadia nous a dit, non sans humour, que cela pouvait se conserver 2 à 3 jours, elle n’a pas de souci à se faire à ce propos, il n’en restait plus ! Le lendemain à 10 heures, nous nous retrouvons dans le temple pour recevoir l’enseignement du jour : Deux notions essentielles : l’Ici et Maintenant, et la méditation qui, cette fois, a précédé l’enseignement. Une fois encore je suis impressionnée et séduite par cette Sagesse orientale, énoncée avec tant de calme et de conviction par Nadia. Se rend-elle compte de tout ce qu’elle nous apporte avec tant de modestie ? Elle peut véritablement porter le titre de Maître de Thé ! Après tant de concentration et de nourriture spirituelle, nous passons à celles plus terrestres. L’ambiance est enjouée, les convives heureux de se retrouver. A ma table se trouvent Carine, Jean-Pierre, Nadia, Sarah et Josiane que l’on devine mais qu’on ne voit pas encore, un nouveau clic et la voilà. Elle nous parle alors de plantes, une passion qu'elle partage avec Jean-Pierre, son mari, un peu le Shen Nung du 21e siècle... A l’autre table : Franck, Sylvette, Marie, Claudine et Sylvie. L’après-midi est consacrée à l’apprentissage des différentes cérémonies. Nous laissons pour cette fois la Cérémonie des Lettrés (ce que je regrette un peu) pour revenir au Gong Fu Cha classique. Nadia nous invite à nous en remémorer les gestes (ce qui n’a pas toujours été facile), et pas que pour moi. J’ai été tellement séduite par cette Cérémonie des Lettrés que depuis janvier, je n’ai plus pratiqué que celle-là. Puis Nadia nous initie à une autre forme de Gong Fu Cha, plus simple, le plus ancien, le plus courant aussi. Tout d’abord, la disposition du matériel. Celui-ci se compose des ustensiles, d’une boite à thé, de 2 théières, d’un cha he, d’une serviette et autant de petits bols à boire qu’il y a d’invités (pas plus que 4, pas de cérémonie ostentatoire). La première étape est le rangement extérieur : la boite à thé, le cha he, les ustensiles, les petits plateaux de service et la serviette pliée face à soi. On décale alors les 2 théières, celle du milieu à +/- 2 cm du bord, l’autre à mi-hauteur du plateau et on retourne les bols. Ensuite, on ébouillante les théières et les bols à l’eau claire.On prend alors la boite à 2 mains et on remplit le cha he. On ferme la boite toujours des 2 mains et en 3 fois puis on la remet à sa place. On présente le thé choisi aux invités et on en dit éventuellement quelques mots. On glisse les feuilles dans la théière avec le poussoir puis on l’essuie et on le range ainsi que le cha he. On verse alors l’eau chaude sur les feuilles. On transvase immédiatement dans la 2e théière. On réchauffe la théière du milieu avec cette première infusion puis on reverse de l’eau sur les feuilles. On transvase à nouveau. A l’aide de la pince on vide les bols à boire (c’est beaucoup moins simple qu’il n’y parait ! Il faut avoir une certaine poigne pour ne pas laisser tomber ceux-ci, cela m’est arrivé 2 fois, sans dégât heureusement) ; on essuie la pince et on la range. On verse ensuite l’infusion dans les bols, de gauche à droite et le surplus est vidé dans le bateau à thé. On dépose le bol sur le petit plateau de service et on le pose devant chaque invité. Quand ils ont bu la première tasse, on prend la serviette dans la main gauche, et on ressert chaque invité (pas plus de 3 fois cependant). On ouvre le tiroir de la mer à thé et à l’aide de la pique, on extrait les feuilles de la théière, on essuie la pique et on la range. Pour vider l’entièreté de la théière, on y verse de l’eau. On tient la théière de la main droite et on bouche le couvercle avec le pouce gauche. On retourne la théière. Il suffit de la soulever, les feuilles restantes se trouvent alors dans le couvercle qu’il suffit simplement de rincer. De même, on rince à l’eau claire la 2e théière et les tasses puis on range le matériel. Je réalise tout à coup qu’il me sera impossible d’exécuter l’opération de vidage des feuilles dans mon salon bleu-thé, j’ai bien 2 mers à thé mais l’une ne s’ouvre pas et l’autre est pourvue d’une claie, pas d’un tiroir. Pendant l’observation, prise par la magie des gestes harmonieux de Nadia, je n’y avais pas songé. Je n’ai alors qu’une idée en tête, me procurer un bateau à tiroir ! Et comme rien n’est impossible à l’Institut du thé, je vous le présente, je le trouve magnifique et sur l’éventail sont gravés de beaux caractères chinois qui signifient Purifier le Cœur. Bientôt ce tiroir accueillera les feuilles utilisées pour ce "simple" Gong Fu Cha. J’ai hâte de partager ces moments si forts, j’espère donc que demain, je pourrai envoyer ceci dans le monde à partir de quelque part entre Lyon et Bruxelles par la magie de la technique. Tu parles d’une magie : à l’allée, pas de Wifi et au retour… ni Wifi ni même de prise de courant pour recharger le PC… J'ai hâte d'être demain maintenant, pour inaugurer ma nouvelle mer à thé et pratiquer cet autre Gong Fu Cha.

jeudi 12 mars 2009

Le jour d'avant

Après un dernier exercice je viens de ranger le matériel de la Cérémonie des Lettrés. Je me sens très détendue, j’ai progressé dans les manipulations, mes gestes sont plus harmonieux maintenant. Finalement ce qui est le plus difficile pour moi, c’est boire à même le zhong, assez large, trop même pour mes petites mains. Et puis cette vraie détente qui me comble m’a rappelé un joli poème dont je ne connais pas malheureusement l’auteur. C’est tout à fait ce que je vis chaque fois que je me prépare un thé.

Ne te hâte pas,
Lorsque tu prépares le thé, le temps t’appartient.
Que le thé soit un refuge,
Un changement de rythme absolu.
Faire le thé, c’est déjà le boire,
Et le boire est une partie de ta vie.
Laisse le thé couler en toi
Et t’inciter à méditer sur la façon
Dont la plus infime des choses
Communique avec l’infini.
Après avoir admiré le beau camélia acheté mardi, j’ai préparé un Pu er cuit. Et je regarde à nouveau ce camélia en pensant à d'autres.... Le mien, beaucoup plus modeste, a cependant déjà 4 fleurs bien ouvertes et 18 boutons, comme une vraie promesse d’épanouissement. Je voudrais retourner dans cette Toscane qui en abrite de si beaux, admirer une fois encore les théiers de ce passionné. ET pourquoi pas participer à la cueillette (Olivier, c’est un clin d’œil…). Mais avant cela, ce sera Lyon ce WE.

lundi 9 mars 2009

Initiation à la cérémonie des Lettrés, 2e partie

Le 18 février dernier, j’ai présenté l’installation des accessoires à l’extérieur et à l’intérieur du plateau, nous allons passer maintenant à la préparation des feuilles ; c’est grâce à mon amie Fanou, que je remercie ici, que chaque étape sera illustrée. On ouvre la boite et avec la pelle on met 3 doses de feuilles dans le cha he (si on n’en a pas, on place les feuilles directement dans les zhongs). On range la boite à sa place, ainsi que la pelle. On présente les feuilles de thé aux invités. J’ai choisi un Dao Ren Mao Feng dont j’ai parlé ici. On verse un filet d’eau dans le creux des couvercles en tournant 2 fois dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. A l’aide de la pique que l’on introduit sur le devant, on fait pivoter le couvercle pour le retourner avec la main gauche placée à l’arrière de la tasse puis on range la pique. On prend le zhong à 2 mains pour le réchauffer : le pied est maintenu entre deux doigts de la main gauche placés sur le dessous); la main droite maintient les trois parties du zhong : le pouce sur le corps de la tasse, l’index sur le couvercle, le majeur sur l’arrière de la tasse. En partant du centre et face à soi, on incline alors la tasse pour faire venir l’eau le plus près possible du bord : on fait tourner le zhong trois fois un cercle complet, on le repose ensuite sur le plateau. Puis on retire chaque couvercle entre le pouce et l’index, et on les pose devant soi sur le pied du zhong. Ici on vide le zhong d’un geste ferme et rapide au-dessus du bateau, puis on retourne la tasse avant de la poser sur le plateau et on répète cette opération pour chacun des 3 zhongs. A l’aide du poussoir, on répartit les feuilles de thé dans chaque zhong; puis on range aussitôt le poussoir et le cha he. Ensuite, on va terminer la préparation du thé, un zhong après l’autre. On verse environ 1/3 d’eau sur les feuilles en 2 tours. Pendant cette opération, la main gauche est posée à plat sur la serviette (ou dans le dos si l'on est debout).On les humidifie en tournant le zhong 3 ou 5 fois, on voit déjà bien les feuilles qui commencent à se déployer. Et le parfum commence à se dégager. Puis on remplit d’eau la tasse selon la méthode qui convient soit "les 3 prosternations du Phoenix", remplir le reste du zhong en 3 fois en imitant un salut avec la bouilloire, difficile à représenter en images statiques...soit "l’eau qui coule de la haute montagne" c’est-à-dire qu’on trace un cercle puis on monte. Je n’ai pas noté à quel thé correspond chacune des 2 façons, je le saurai vendredi prochain. On ferme le couvercle du zhong (mais pas complètement pour ne pas cuire les feuilles). Une fois le temps d’infusion terminé, on sert chaque invité. Pour cela, on pose le zhong sur la paume de la main gauche et on le fait tourner de 180° avant de l’offrir à deux mains à son invité. On range les accessoires restants sur le plateau : cha he, boite, ustensiles, serviette… C’est ainsi que se termine cette superbe cérémonie des lettrés. Nous buvons alors cette liqueur en échangeant nos impressions : j’ai beaucoup aimé la remarque de Fanou, me disant que ces " simples" gestes provoquent une superbe détente, c’est vraiment cela que je ressens moi aussi. Je terminerai en parlant de l’origine de cette cérémonie, voilà ce que Nadia Bécaud m’a écrit suite à ma question à ce sujet : "On peut considérer que la cérémonie des lettrés date de la dynastie Ming où l'on a commencé à faire infuser les feuilles de thé. Mais l'art de vie des lettrés s'est façonné au cours de la dynastie Song, pour lesquels la pratique de l'art du thé représentait le summum de la bonne éducation". Après mon WE, j’aurai encore d’autres précisions à vous faire partager, j’ai hâte d’y être.

dimanche 8 mars 2009

Last but not least, mon troisième cadeau

Ce matin, nous nous apprêtions à prendre la route quand le téléphone a sonné, c’était mon amie Bernadette, la pauvre est clouée au lit par une crise de sciatique. J’ai donc pu tester mon dernier cadeau que je boirai à sa santé et à celle de mon généreux donateur. C’est un Pu Er dont je ne sais rien, Denis m’avait envoyé un mail à son sujet mais je l’ai mis à la poubelle, distraite comme je suis… En observant les feuilles sèches, je pense que c’est un sheng, je décide donc de le faire infuser dans Grande Anse (voir ici et là), D’abord un bain bouillonnant, puis les 4g sont rincés pendant 30 secondes. Le parfum était tel que j’en ai prélevé un chouia pour le goûter ! Evidemment pas beaucoup de corps mais par contre déjà la promesse d’émotions gustatives intenses. Oui je sais certains vont me dire que je suis folle (je confirme), que c’est le thé le plus sale qui existe, même que c’est sans doute du trafiqué, etc., etc. Je sais tout cela mais j’ai une théorie très personnelle au sujet de ma santé qui fait frémir mon médecin de mari (et tous ceux qui sont comme lui) : quand cela fait du bien à mon moral, cela ne peut pas me faire de mal ailleurs ! La première infusion est ambrée, avec une odeur prononcée de feuilles mortes mouillées par une pluie abondante comme celle qui tombe pour le moment. Au goût par contre, c’est l’amande amère qui s’impose à moi, très agréable bien que surprenant, c’est la toute première fois qu’un Pu Er m’évoque cela. Les infusions se poursuivent, je m’occupe moins des saveurs, elles me comblent, mais surtout j’admire Grande Anse et la verseuse. Il faut dire qu’hier soir j’ai fait découvrir à mon mari, le bonus du superbe DVD dont j'ai déjà parlé, j’en reparlerai. Je passe à 2 minutes à partir de la 5e infusion et là, ce que je bois me fait penser à un potage de légumes verts, mais lesquels ? La 9e infusion est curieuse, plus légère, elle devient aussi plus fruitée, pas un fruit pur mais un mélange auquel une fois encore je ne parviens pas à donner de nom, et pourtant ce goût ne m’est pas inconnu. J’arrête à la 13e infusion, non pas que le breuvage devienne plat, mais je ne peux plus rien avaler. Je continuerai plus tard. J’admire ces feuilles qui m’ont donné tant de plaisirs avant de les remettre à l’abri pour plus tard. Encore un mot à propos de ce DVD (que j’ai déjà regardé 3 fois…) : il y en a 2, le premier qui explique l’histoire des théières de Yixing (pour faire très² court, lui dure 52’)et le second, de 2 heures montre par le menu la fabrication de différentes théières et certaines techniques de décoration. Aucun commentaire, seulement le bruit des outils de ces artistes, du pur bonheur ! Je vais aller un jour à Yixing, c’est programmé … si mon mari ne m’enferme pas avant ! Son commentaire : "Si tu vas là-bas, tu ne reviens pas…". Et c’est vrai que je me verrais bien me proposer comme petite main pour apprendre le métier. Mais cessons de délirer, Entre les 2 DVD, un portfolio constitué de photos, un petit clin d’œil, j’ai choisi de vous montrer l’intérieur de ce merveilleux pavillon chinois qui se trouve à Bruxelles, c’est là qu’a eu lieu en 2001 la fabuleuse exposition sur les théières de Yixing. Par contre, il n’y a qu’un texte que je ne résiste pas à vous livrer, il s’intitule Peignez-moi Monsieur : "Peignez-moi Monsieur, un bon feu ; et auprès de ce feu une table à thé ; et comme il est clair que nous n’aimons pas beaucoup les tiers, ne mettez que deux tasses sur cette table ; et si vous pouvez me représenter une chose aussi rare, peignez-moi une théière éternelle… (…)" Thomas de Quincey par M. Alfred de Musset, 1828. Et dès demain je m’occupe de la Cérémonie des Lettrés, vendredi prochain je repars à Poule via Lyon, et il s’agit de progresser d’ici-là.

samedi 7 mars 2009

Le thé me rend folle, que dire alors des cadeaux de thé?

Mes amis ont une fois encore raison quand ils m’appellent La Folle du Thé... J’avais programmé de passer le WE à Mons, chez mon amie Bernadette avec qui j’ai fait mes études le siècle passé. Avant de franchir la grille, à tout hasard, j’ouvre la boîte aux lettres et immédiatement j’ai fait demi-tour, la raison, Denis m’a fait le grand cadeau de m’envoyer ces 3 thés, je n’ai pas résisté. Je postpose mon départ ! Je remonte donc dans mon salon bleu-thé et je prépare d’abord le Yu Ya. Je ne sais rien de ce thé si ce n’est qu’il est blanc, je l’infuse donc pendant 6 minutes à 75° comme ceux que j’ai. Ce qui me frappe d’abord, c’est sa couleur, plus paille que mes thés blancs. J’en transvase une petite quantité dans un de mes petits bols et le goûte en 3 petites gorgées, la première ne m’évoque rien sinon une grande douceur, la seconde et la troisième me font penser à un bouillon de légumes mais je ne parviens pas à déterminer quoi. Par contre la rétro-olfaction est somptueuse, une fraîcheur incroyable tapisse ma bouche et comme un goût de fleur et particulièrement un parfum de rose. Est-ce parce que j’ai devant les yeux la magnifique belle offerte hier soir par mon mari ? Mais je décide d’attendre que cette sensation gustative disparaisse avant d’infuser le deuxième. Il y a un beau soleil et vais faire le tour du jardin, à cette époque, j’y vais tous les jours pour admirer la renaissance de cette nature que j’aime tant et que j’ai la chance d’avoir à domicile. Après une petite heure, me voilà prête à infuser mon 2e cadeau : un Early Spring Silver Needles du Yunnan. Les mêmes paramètres que le Yu Ya: 75°, 6 minutes.Et ici, d’autres sensations : belle couleur jaune clair, plus d’astringence, et un goût fruité prononcé, comme de l’orange, me semble-t-il. Les feuilles sont plutôt vert olive.Et le tout sous l’œil toujours aussi malicieux de Lu Yu et devant le plus petit livre sur le thé. J’attendrai la semaine prochaine pour découvrir le 3e. Merci à toi Denis pour ces émotions gustatives et ce beau geste. Lundi, j’irai à mon tour te poster une surprise, la grève de la poste est terminée depuis vendredi…

jeudi 5 mars 2009

Un Sencha de printemps

Malgré le fond de l’air un peu frisquet, le soleil était bien là aujourd’hui, je l’ai reconnu, c’est celui du printemps. Après avoir été faire le tour du jardin et admiré les signes avant-coureurs de cette saison que j’aime, me revoici dans mon salon pour déguster un thé de printemps précisément, le Sencha first flush acheté dimanche à l’Heure bleue. C’est le thé japonais le plus populaire. Les théiers qui le produisent poussent en pleine lumière, la culture est dite ouverte (à l’inverse du Gyokuro qui est un thé d’ombre). Celui-ci provient de Fukuoka (voir ici). Première infusion 10 g à 65° pendant 1 mn. Ce qui me vient tout de suite est la fraicheur, comme un coup de fouet quand on sort par grand vent à cause de l’astringence qui ici ne me dérange pas. Deuxième infusion immédiate à 75° : note marine prononcée. Je me croirais à la mer du Nord, le long de l’estacade d’Ostende… Que me réserve la troisième pour laquelle j’avais craqué dimanche passé ? Eh bien, non, je ne retrouve pas cette saveur sucrée qui m’avait étonnée et séduite, je suis toujours sur l’estacade. D’ailleurs la couleur est quasi la même que celle de la 2e infusion. Par contre, j’ai employé aussi de plus petits bols, non pas pour la contenance mais parce qu’ils sont tout à fait blancs alors que le plus grand a un fond irisé légèrement bleuté. J’essaie une 4e infusion et la voilà cette saveur sucrée, mais pas aussi présente que dimanche, plutôt une amorce parce que l’amertume se fait plus présente. J'ai risqué une 5e infusion, elle très semblable à la 4e. Mais je me demande si ce n'est pas parce que mon palais est complètement tapissé que je goûte encore cela, d'habitude on ne fait que 3 infusions maximum...Sèches, les feuilles sont très petites, on dirait de fines aiguilles, vert foncé avec des reflets bleus. Les feuilles infusées sont forment une masse assez compacte, elles sont bien vertes, complètement développées. Me voilà une fois encore complètement ravie par cette dégustation. Après avoir une dernière fois admiré ces feuilles et le savoir-faire des fermiers japonais, je range le matériel, non sans avoir d’abord et comme chaque fois grignoté quelques feuilles (je rappelle que je m’en sers comme "persil" dans mes salades). Par contre, je crois que je vais m'acheter une Khyusu avec un tout fin tamis en métal, les trous de la balle de golf sont trop grands et laissent passer trop de feuilles...