C’est l’esprit libre que je me suis rendue à l’Heure bleue, mon mari est entre de bonnes mains. Même si la famille des Oolongs m’est assez familière, c’est toujours un plaisir pour moi de les goûter ailleurs et surtout quand c’est préparé dans les règles de l’art avec autant de doigté. Et dans ce domaine, Olivier est passé maître !

Je suis donc un peu étonnée de voir des théières d’un demi-litre, je ne savais pas alors que c’était pensé, et que j’y découvrirais du … "tricot-thé"… En effet, Olivier présente d’abord "3 thés pour nous accompagner au quotidien", je le cite :
" On n’a pas toujours l’envie ou la possibilité de prendre le temps d’infuser un grand thé dans les règles de l’art… On veut parfois juste se faire un mug ou une théière, pour se réchauffer ou se faire plaisir. Juste une bonne tasse de thé tout simplement… Les 3 thés qui suivent remplissent cette mission sans souci". Alors, là je suis déjà transportée parce que le matin même je me suis préparé un Darjeeling pour boire en tricotant, je me dis alors que je pourrais bien étendre cette gamme particulière.

Le premier thé est un
Shui Xian (Fée de l’eau), il nous présente ce thé est rocher, oxydé à 60% comme un bon thé pour se réchauffer et nous fait remarquer que cette année les feuilles sont particulièrement grandes. Infusé à 95° pendant 5 minutes, il est à la fois doux et puissant, même infusé en théière (5g pour 0.5l).

Vient ensuite, un
Tit Kon Yum, un parfait inconnu pour moi.
"C’est un thé chinois, originaire des montagnes Wuji dans la province du Fujian, oxydé à 40%, il est désaltérant, simple, facile, dont on peut infuser les feuilles de nombreuses fois tout au long de la journée".
Une première infusion à 4 minutes est surprenante, je n’y retrouve aucune caractéristique des Oolongs, pour moi, c’est plus un thé vert.

Par contre, la 2e infusion à 7 minutes est un vrai bonheur : ce thé est très désaltérant et dégage des arômes très frais de gazon coupé. Je suis séduite, c’est une superbe découverte… il sera mon "tricot-thé" ! Olivier préconise 7g pour 0.5l, il peut être infusé 2 à 3 fois.

Le dernier thé de tous les jours est
"un Oolong du Vietnam, appelé Oolong des 4 saisons, cultivé par des immigrants chinois à la frontière nord qui relie le Vietnam et la province chinoise du Yunnan. Les cultivars utilisés sont des plants Tie Kwan Yin issus de Taïwan. Une cueillette soignée d’un bourgeon et deux feuilles, parfois trois, roulés en petites perles".
"Le thé est très faiblement oxydé et il vaut mieux l’infuser avec une eau autour de 85°, de 3 à 9 minutes, 7g Pour 0.5l. On peut l’infuser plusieurs fois".
Et pour le moment, madame Bijou, toujours très occupée ne boit que cela… Voici sa recette : 8 g pour un mug et 3 à 4 minutes d’infusion…" Nous passons maintenant à du plus lourd.

Un
Feng Huang Dan Cong de garde dont les feuilles sèches dégagent une impressionnante odeur de fruits rouges : canneberge, airelle, groseille.

Et un jeune
Feng Huang Dan Cong de mai 2010.

Cette fois, infusés dans les règles comme le demandent ces seigneurs.

Ce qui frappe d’emblée, c’est qu’on ne retrouve plus dans le premier une fois les feuilles infusées cette odeur très présente de fruits rouges. Par contre, si le goût des fruits est encore présent mais très atténué, je perçois plus des notes grillées.

Au niveau couleur, le thé de garde est plus ambré. J’ai beaucoup aimé cette comparaison entre ces 2 grands thés : si le premier est très présent dès le départ, comme un coup de fouet, cela disparaît assez vite. Pour le deuxième au contraire, il faut l’apprivoiser, presque avoir avalé le liquide avant de percevoir les saveurs.

C’est maintenant l’heure de la suprise du jour, mais ce n’est pas un thé glacé…

C’est du ...
Kom Bu Cha ! Encore un inconnu pour moi.

Un thé fermenté grâce à cette mère qui flotte sur le liquide.

Comme dit Murielle, quand on ne connaît pas, il vaut mieux boire d’abord et puis montrer "la bête", c’est vrai que pour moi, cette chose serait plutôt une méduse…

On peut préparer ce surprenant breuvage avec n’importe quel thé : ici un Dancong, et un Pu Er vert qui a eu ma préférence ! Merci aussi pour cette belle découverte, je viendrai bientôt chercher "la fille" pour pouvoir moi aussi fabriquer ce
Kom Bu Cha qui semble avoir des tas de qualités, je sens que cela risque d'intéresser Vanessa (= message codé). J’ai hâte aussi de voir la tête de mon mari quand il découvrira cela dans le frigo.

Nous voilà maintenant arrivés au dessert : un
Cui Yu. "Cet Oolong est cultivé à Taïwan dans la province de Nantou, district de Lu Gu. On est dans la région des Oolongs Dong Ding. Les plantations sont situées entre 300 et 600 mètres d’altitude. Le climat permet 4 récoltes par an soit printemps, été, automne et, surprenant, une en hiver, où les températures restent très douces. Le cultivar est le Quing Xin Wu Long, il est très faiblement oxydé (15%) et façonné en très petites perles denses". Heureusement qu’Olivier a tout noté sur les feuilles reçues en début d’atelier parce que je ne suis plus vraiment présente, je revis avec émotion mon passage dans cette région avec les parents de ma belle-fille, moments très forts.

Je reviens sur terre parce qu’après le rinçage des feuilles, un festival de saveurs imprègne nos narines, on va vraiment terminer en beauté !

Les infusions se succèdent, au départ des notes de pommes râpées.

Puis petit à petit, c’est plus comme de la compote de pommes, avec des notes de crème brulée. Les émotions gustatives, intenses, prolongent celles ressenties plus tôt. Elles terminent en beauté cette magnifique après-midi, comme un grand soleil dans ces jours un peu durs. Merci du fond du coeur à vous deux pour ces moments précieux, j’en redemande !