
Ce matin, le jardin
est brumeux et tristounet, le gel a condamné à mort ces magnifiques dahlias qui
avaient encore tant à donner mais cela n’a pas vraiment entamé mon moral, je
suis encore dans les effluves de toutes sortes de la magnifique journée d’hier.
Mais avant d’en faire le compte rendu, et pour rester dans l’ambiance, mon
premier thé sera un Tumsong de chez ThéÔdor,
ce jardin
des cœurs heureux. Et tout en savourant cette tasse "remplie
d’harmonie et de douceur", je pense à la réflexion de Florence au
sujet des Darjeelings. Alors un petit message pas du tout codé, si tu as adoré
le Lingia, je crains que tu ne
craques pour celui-ci et tu n’auras pas loin à aller pour y succomber, Cha-Hû-Thé,
tu connais ?...
Je commence par vider mon sac qui a contenu le
matériel nécessaire à pour partager ma passion, et là un irrépressible fou rire :
non seulement j’y ai trouvé le reste du sachet de Gyokuro de Tamayura que je voulais leur
laisser, mais aussi, ce Meng Ding Huang
Ya de Les Feuilles vertes qui lui ne m’appartient pas… Où avais-je
donc la tête en rangeant "mes" affaires ? Outre le fait qu’il
est bien tentant, et que je n’en ai plus, j’en aurais bien préparé un peu mais mon
reste d’honnêteté m’en a empêchée, j’ai immédiatement prévenu qui de droit !
Passons maintenant à l’essentiel : dès l’entrée dans le kot d’Akosthé, mon
regard est attiré par cette surprenante mer à thé.
J’en ai vu beaucoup à
Taiwan, mais jamais avec un tel dragon.
Le matériel est vite installé et
avant le début des festivités, un premier thé partagé avec une partie de l’équipe
de choc : Line, Samuel, Alexis et Jean-Benoît.
Premières rencontres,
chaleureuses avec ces tout jeunes visiteurs : les avis et les questions
fusent
tout en partageant un Maloom
et un Makaibari de Magie
du thé à la façon des tea-tasters.
Un petit mot sur ce petit crapaud
à 3 pattes qui fait partie de la mer à thé qui a bien fait rire certains.
Le
cercle s’agrandit, la pyramide des âges également. J’ai été particulièrement
touchée par cette rencontre intergénérationnelle et des échanges suscités par
le partage d’un Gao Shan Cha, un des
trésors ramenés de Taipei.
Je l’infusais en gong fu évidemment et les
visages rayonnants expriment mieux que des mots cette belle ambiance, Line ne
pourra pas dire le contraire ?
Et les autres…
n’est-ce pas
Samuel !
De plus en plus fort ! Mais ici, une anecdote : la
"dame aux yeux qui brillent" m’a demandé si je préparais toujours
le thé de cette manière en ajoutant qu’elle comprenait aujourd’hui que sa fille
"n’en rajoutait pas à propos de l’utilité de tout ce matériel". Sa
fille, c’est Line, et c’est peu de dire que c’est une passionnée ! Je l’ai
rencontrée une première fois au rouge-cloître (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2011/06/quatrieme-fete-du-au-rouge-cloitre-et.html).
Elle m’a recontactée pour me demander si j’étais d’accord de faire la relecture
critique de son TFE, ce que j’ai accepté avec joie et lors de notre rencontre,
j’ai pu constater à quel point passionnée, elle l’était et l’est encore toujours aujourd’hui. ( http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/05/un-long-week-end-surrealiste.html).
Les visites se suivent
dans cette même atmosphère détendue et si riche de chaleur et de partage hors
du temps.
Moment plus calme mais pas moins intense, le White snow spiral de ThéÔdor
semble avoir un effet particulier sur certains… Ou alors sont-ce les délicieux
cakes au thé de Noël préparés par Morgane ? Les deux sans doute. Merci
mille fois pour tes gâteries, les papilles gustatives de la gourmande que je
suis ont apprécié !
Ceci représente l’épilogue d’un drame : de
mon set de dégustation du Gyokuro,
il ne reste que les 2 tasses, Samuel essaie de reconstituer ce puzzle en 3
dimensions et tout tient, quelle concentration et quelle patience !
Mais il n’y a pas que le thé dans la vie, oui, oui.
Je suis invitée à partager le
repas de la belle équipe d’Akosthé.
Je suis touchée par cette gentille
attention.
Si pendant le repas, la bière était plus présente, avec le dessert,
LE fameux cake de Morgane, ce sera un Pu Er Tuo Cha, cette fois c’est Jean-Benoît qui s’y colle. Les
infusions se succèdent, il est bientôt temps de nous quitter. C’est avec
émotion que je quitte ce kot si particulier, où le thé est célébré par cette
bande de passionnés qui ont mis sur pied ce projet improbable, dans les cités
universitaires les students carburent en général avec la boisson nationale...
Je vous remercie chaleureusement de m’avoir permis de partager ma passion, avec
vous l’esprit du thé et les valeurs qu’ils véhiculent sont entrés dans cette
vénérable institution qu’est l’univ. Et c’est quand vous voulez pour remettre
cela ! Merci au (ou à la) photographe qui a pris certaines photos., je ne me suis aperçue de rien. Et merci aussi à toi Samuel d’avoir été mon chauffeur et de m’avoir fait saliver
avec tes futures pralines au thé… si tu as besoin d’un cobaye…



















Cet après-midi, je veux continuer à liquider mes fonds de boîtes, ce sera cette fois un
Je l’infuse en théière d’ ½ litre, il accompagnera ma lecture. Dès la première gorgée, une délicieuse saveur de petits pois primeurs pour ce thé qui ne l’est plus.
Après la deuxième infusion, la saveur est toujours aussi végétale avec en plus un goût d’asperge. Je suis impressionnée par ce que donne encore cette infusion en grande théière.
Je tente alors une 3e infusion, mais là j’ai l’impression de ne plus boire le même thé : il s’est oxydé, goûte maintenant comme de la noix et devient légèrement amer, bizarre cette transformation.
Les feuilles infusées sont d’un vert brillant et lumineux mais leur odeur, que je ne peux identifier, ne ressemble plus à ce que j’ai dégusté.
Tout est prêt, il ne manque plus que les participants.
C’est avec plaisir que je retrouve chacune, Lucas arrivera plus tard. En guise de thé d’accueil, un thé jaune : le
Marie détecte une odeur de paille sous l’œil attentif de Michèle.
La dégustation maintenant avec entre autres Marie et Hélène.
Sonia observe attentivement les feuilles après une 2e infusion.
Nous avons effectué un 3e passage, saveur plus douce et sucrée. Après cet apéritif qui a rassemblé tous les suffrages, nous passons maintenant aux thés verts.
Le premier, un
La dégustation provoque des commentaires qui vont tous dans le même sens.
Ce qui ressort est sa fraîcheur. Le 2e thé est un Long Jing infusé en zhong. Je n’ai pas résisté à citer ce beau proverbe qui décrit très bien cette région de rêve :
C’est Sonia qui prépare consciencieusement la première infusion.
Suivie par Lucas. Je ne vais pas beaucoup m’étendre sur ce thé que j’ai déjà décrit à plusieurs reprises sur ce blog, je vous renvoie à un atelier passionnant animé par Li-Ping et Sanmao qui nous ont fait découvrir le monde impitoyable de ce thé. Étant le plus copié de Chine, il est aussi à noter que la majeure partie des Long Jing sur le marché sont produits dans d’autres provinces chinoises, telles que le Yunnan, le Sichuan et le Guizhou. (
Il est infusé conjointement par Michèle, sous l'oeil attentif de Lukas...
Et par Marie. Mais le thé ne s'est pas comporté de la même manière, n’a pas rendu toutes ses saveurs. Bien qu’ayant été infusé avec exactement les mêmes paramètres, l’un était assez insipide, on n’a pas compris pourquoi. Le dernier thé présenté est le fameux
Ce sont Hélène et Fanou qui l’infusent cette fois, et ô surprise il a cette saveur particulière que Fanou et moi avions perçue en le testant et qui a provoqué notre fou rire : je lui trouvais une saveur de jambon fumé et Fanou celle de sauce de rôti ! Sans aller jusque là chacun lui a trouvé une saveur fumée qui Marie a comparé à un Lapsang Souchong très léger. Mais l’avis unanime était qu’il est très bon. Le temps passe très vite, il est déjà tant de nous quitter. Merci à vous de me permettre de partager ma passion, merci de votre participation et de vos échanges si riches. A très vite ! 
Infusion de 2 minutes dans une eau à 75°. Les feuilles sont immédiatement remontées en bloc à la surface, bizarre… je crois que c’est la première fois que je n’assiste pas à un ballet.
J’ai transvasé l’infusion dans une théière (préchauffée) avant de la verser dans la tasse assortie. La couleur n’est pas la bonne, la tasse est légèrement crème et fonce donc le liquide. De plus, alors qu’en zhong la saveur végétale était celle de petits pois primeurs, ici je perçois plutôt de l’asperge avec une pointe d’artichaut.
Les feuilles infusées, au parfum clairement végétal, paraissent plus foncées que dans le zhong.
Une 2e infusion aux mêmes paramètres que la première. Ici aussi, les feuilles sont remontées ensemble et instantanément à la surface.
La liqueur dégage les mêmes saveurs que la première mais je n’ai pas retrouvé le sucré de l’infusion en zhong.
Je n’ai pas tenté une troisième infusion, j’ai l’impression que je ne perçois pas bien la subtilité des saveurs de ce grand thé. En effet, à part aujourd’hui, il y a depuis quelques jours une grande différence de température le matin (3 à 5°) et le reste de la journée (+/- 18°, je suis allée lire au jardin et alors qu’un petit vent frisquet s’était levé, je n’ai pas voulu rentrer… Mon nez en a fait les frais, il s’est bouché, ce qui a suffi à m’empêcher de mieux cerner les saveurs et les parfums de ce beau thé, snif, snif.
Mais une belle surprise m’attend, on vient de sonner, c’est le facteur qui m’apporte ce colis que je m’empresse d’ouvrir.
C’est un
Aujourd’hui, cela va mieux mais ce n’est pas encore du 100% aussi je vais vers des thés que je connais bien, ici un
Dans une semaine exactement, je reçois 3 amies pour un repas de filles, mais avec une exception de taille… Alors, ce matin, je me replonge dans Crèmes et châtiments pour chercher l’inspiration, et je n’ai que l’embarras du choix. Pour accompagner ma lecture gourmande, un
En fin de matinée, le rituel habituel du mardi, le thé avec Emilia. Pour le moment, elle préfère les thés froids, j’ai donc infusé un
Cet après-midi, je teste un
Trois grammes de belles feuilles fines et régulières dans un zhong préchauffé.
Première infusion de 2 minutes. Superbe teinte jaune d’or et saveur prononcée de petits pois frais. Je pense que 1 minute aurait suffi parce qu’une légère astringence apparaît déjà.
Une 2e infusion d’une minute donne cette fois toujours cette saveur de petits pois primeurs mais légèrement sucrés.
Je tente une 3e infusion de 1’30, que va-t-elle me réserver ?
Un vrai bonheur, et une forte émotion gustative. La liqueur n’est plus végétale mais évolue vers des saveurs de fruits secs, abricot et noix, parfumés à la vanille. Et toujours cette subtile impression de fraîcheur et de douceur.
J’admire une dernière fois ces jolies feuilles qui m’ont procuré tant de surprises, délicieuses et variées. Elles vont maintenant retourner à la terre pour l’enrichir. Belle journée encore...
