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dimanche 17 mai 2020

Mais que se passe-t-il?

Ce week-end, mon envie de continuer à vider mes caisses pour libérer mon salon blanc-thé m'a reprise, l'influence de la Lune certainement... Il fait plus froid, je choisis donc un Pu Er infusé en gong fu, force et douceur qui me réchauffent. Objectif de ce jour : 2 caisses de livres et 2 de vêtements, je commence par les premières. Je ne savais pas que la culture me coincerait, en voulant soulever la première caisse à moitié vide, une douleur fulgurante dans le dos m'empêche de bouger ! Confinée, je supporte assez bien mais coincée en plus, cela a duré 2 jours, heureusement, je m'étais avancée en cuisine, je n'ai donc plus eu qu'à réchauffer les plats. Malgré la douleur, je souris en pensant à une chanson de J. Higelin :
"Si j'en fais souvent trop
c'est que vous n'en faites pas assez
et je vous saurai gré
de m'aider à rétablir l'équilibre"
Il me reste à écouter de la musique, à lire et à boire debout dans mon cocon. Dimanche, un coup de fil a illuminé une journée coincée, mon adorable belle-fille taiwanaise m'a souhaité une bonne fête, elle qui m'appelle sa maman de Belgique. Nous avons hâte de nous revoir ! Après une nuit épouvantable, 
direction la terrasse, le ciel gris, un temps frisquet. 
Normal, ce sont les saints de glace, j'en ai déjà parlé ici entre autres :
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2018/05/avril-finit-mal-mai-commence-en-beaute.html. Je me suis résolue à appeler le médecin qui m'a soulagée malheureusement je ne peux échapper aux médicaments. Pas question cependant de continuer à vider mes caisses, la culture attendra ! 
Le soir, saint Mamert nous a épargné la pluie mais le vent a soufflé en rafales, 
malgré cela le soleil s'est même montré. Et pour clôturer cette journée, une très bonne nouvelle de mon amie. Je me sens mieux.
Aujourd'hui, saint Pancrace, toujours très frais mais sec, j'aime ce ciel tourmenté ! 
Sur Face de Livre, j'ai trouvé cette belle illustration (merci Sabine), j'ai eu envie de relire LA PESTE... Mais avant cela, les courses, j'espère qu'il n'y aura pas trop de monde. Séquoia, boulangerie, boucherie-traiteur et pas trop de monde, ouf. AU moment où je m'apprête à entrer dans la pharmacie, mon GSM sonne, ce n'était pas mon petit mari mais une voix jeune à l'accent nord-africain : "Bonjour Madame, je viens de trouver votre portefeuille sur le parking, êtes-vous encore dans le coin ?" Mon coeur a battu la chamade et je m'empresse de rejoindre ce bel homme. Il l'a ramassé à côté de ma voiture, j'étais folle de joie et je lui aurais bien sauté au cou ! Je l'ai remercié chaleureusement en lui demandant ses origines : père marocain, mère algérienne, nous avons parlé de ces 2 pays dont un très cher à mon coeur, malgré la grisaille et la fraîcheur de l'air, le soleil de là-bas m'a pénétrée jusqu'au coeur, j'ai voulu lui donner une dringuelle, il a refusé me disant que c'était tout à fait normal... Je lui ai souhaité un bon Ramadan et nous nous sommes quitté sur un grand sourire réciproque, c'est les larmes aux yeux que j'ai repris ma voiture. Son regard et son grand geste ne m'ont pas quittée pendant le reste de la journée. 
C'est l'heure du tea time 
mais pas question de m'installer sur la terrasse, toujours ce petit vent piquant. 
Comme je préfère ne pas voir mon salon blanc-bazar, je m'installe à la cuisine pour siroter un
Keemun avant de relire cet auteur que j'ai tant aimé, surtout L'étranger. A l'époque, je n'avais pas aimé La peste que j'avais pas achevé, je vais m'y coller aujourd'hui, il va me faire voyager à Oran, où je ne suis jamais allée contrairement au nord, à l'est de l'Algérie et au Sahara. La peste est une parabole, elle représente la guerre avec ses héros et ses inconscients, elle révèle l'homme avec ses grandeurs et ses bassesses, c'est un roman lourd, parfois dur à lire. Inutile s'insister sur le parallèle avec ce que nous vivons aujourd'hui... Les saints de glace sont derrière nous mais malgré le beau soleil, il fait très frais. 
Beau ciel bleu envahi de nuages bien blancs 
qui s'amoncellent de plus en plus mais derrière ceux-ci le ciel est toujours bleu. Mes yeux à nouveau fatigués me privent momentanément d'une de mes passions, 
Heureusement, j'en ai s'autres ! La musique et mon instrument préféré. 
Une bougie en cire 100% naturelle au parfum doux et légèrement sucré qui annonce déjà le thé choisi, un
Jin Xuan ou Milky Oolong
Et enfin cette élégante théière en Limoges 
et sa tasse assortie de laquelle s'échappe une délicieuse odeur. Je les ai choisies pour l'élégance de leur forme et pas du tout pour cette épicerie de luxe qui ne mérite plus ce nom:
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2013/11/que-faire-ce-samedi-16-novembre-paris.html Emotions partagées entre la saveur du breuvage qui fait tant de bien à mon âme et l'autre, une grande tristesse liée au choix de la théière et la tasse. J'ai acheté ce joli coffret chez DEMEULDRE, cette grande maison dont les larges vitrines ont été conçues par un disciple d'Horta, Chaussée de Wavre, 141-143 à Ixelles est en liquidation, elle va fermer ses portes. "D’abord réputé pour sa fabrique de porcelaine, Demeuldre s’est ensuite dédié à l’art de la table et la décoration. La maison fut aussi la première à proposer des listes de mariage". Encore un fleuron belge depuis 190 ans, une entreprise familiale, qui disparait. Bien de mes très beaux objets viennent de là, entre autres notre liste de mariage et nos beaux services, en voici deux exemples : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/10/des-thires-pourpres-aux-thires.html Encore un deuil à assumer. Je voudrais ici remercier très chaleureusement Mme Françoise Demeuldre et ses collaboratrices pour votre accueil, pour avoir privilégié la qualité et pas la quantité, l'harmonie et pas le bric à brac sans classe ni élégance, genre I... . Mon fauteuil à la Christo vient de là aussi, je raconterai son histoire plus tard. Un coup de fil m'a empêchée de continuer à cocooner, mon copain Jean-Marc m'annonce que sa femme a eu un AVC assez grave sans signes précurseurs si ce n'est qu'elle était migraineuse depuis plus de 20 ans, elle allait fêter ses 76 ans le 2 huin. J'ai essayé le mieux d'attébuer sa détresse mais les mots sont si faibles même quand on parle avec son coeur... Vendredi, courses, cuisine, lessive mais ce week-end repos, mon dos se rappelle à moi ! 
Réveillée par une cacophonie de pigeons amoureux dans ces arbres, il y a mieux comme musique. 
Sculpture végétale, vais-je apercevoir l'un ou l'autre écureuil comme dans mon paradis ? 
Rituels habituels, musique, des voix puissantes et chaleureuses, 
et dans cette jolie théière vietnamienne un
Tie Kwan Yin que je savoure avec délectation avant d'aller sur ma terrasse 
où sur la cime d'un bouleau malingre s'est posée une pie et un peu plus bas, un pigeon. Et puis au téléphone un fou rire avec petit Dragon que je félicite d'avoir roulé 100 km à vélo avec son père. "PAS 100 km, Nanny, 102 km !" La différence est effectivement flagrante... Et d'ajouter, très sérieux, qu'il s'entraine pour le tour de France, mais voyons... Puis il m'annonce qu'il retourne à l'école la semaine prochaine pour 3 jours en 6 semaines, "c'est bête hein Nanny". Il est au lycée français, je ne saisis pas bien cette logique. Mais l'école à la maison lui réussit, il a eu un excellent bulletin. Télétravail de l'écolier en somme, aidé de ses parents, mais il manque le contact avec ses copains. J'ai vraiment hâte de le revoir, cela devient très long. 
Grasse matinée, la première depuis longtemps, heureuse en voyant ce beau ciel bleu et blanc, 
de plus en plus blanc qui inaugure une belle journée reposante. Après un petit-déjeuner avec mon mari, 
Envie d'un
Matcha, dont j'aime le vert fluo. 
Bien fouetté, je n'ai pas perdu la main… 
Ichi go Ichi e... Chaque gorgée me rappelle mes amis Staf pour cette jolie calligraphie, Anne-marie, Cathy et Chris et nos merveilleuses rencontres autour de ce breuvage magique... Je me sens en pleine forme, trop même, je me suis à nouveau croqué le dos en soulevant trop brusquement la manne à linge, j'ai un mal de gueux, quelle déception ! Je vais essayer de transférer mon billet debout et si cela ne va pas mieux demain je fais revenir mon médecin... Deuxième fois en 10 jours, c'est 10 fois de trop, ik ben het beu !

dimanche 9 février 2020

Au jour le jour

Déjà deux mois et quatre jours que j'ai quitté mon paradis. Malgré mes craintes, Xavier s'est immédiatement adapté à ce nouveau lieu, il faut dire qu'il avait eu un coup de foudre pour le living inondé de soleil au point qu'il n'a pas visité les autres pièces beaucoup plus petites : ma chambre et mon salon de thé font la moitié de ce living, accentué encore par la hauteur des plafonds... La chambre, cela m'est égal, je n'y suis que pour dormir et regarder la télévision, ce qui revient au même, - elle est un excellent somnifère -, et je ne suis pas la seule... Deux copines que je ne nommerai pas ici, sont pareilles : on se téléphone pour entre nous conseiller l'une l'autre un programme et il est rarissime que nous puissions en parler ! 
Par contre, je peux parler d'un de mes rituels : regarder tous les jours le ciel 
et cette émotion qu'il provoque en moi... 
J'ai recommencé à consommer ma drogue mais principalement à l'occidentale, même si mon épaule "gelée" va mieux, elle fait encore des siennes, heureusement je n'ai cassé qu'une assiette à dessert et un verre à la cuisine. Je fais aussi beaucoup moins de photos pour la même raison, il est trop lourd pour ce bras droit. 
Et j'écoute de la musique, Je suis dans ma période Mahler, je pourrais y consacrer toute la journée, comme je crois l'avoir déjà signalé, c'est comme le
Pu Er une musique d'hiver ! Last but not least, la lecture. Ou plutôt la relecture et cela grâce une fois encore à LA GRANDE LIBRAIRIE, : Le 29 janvier dernier : un invité exceptionnel était l'invité principal de cette belle émission, 
il s'agit de
FRANCOIS CHENG
, c'était au-delà des mots, je suis depuis imprégnée de ses paroles, quelque chose en moi a changé profondément. Je veux ici lui rendre hommage, j'avais lu certains de ses livres que j'avais adorés mais je ne connaissais rien de sa vie : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2012/08/il-y-le-ciel-le-soleil-la-cuisine-la.html. Ce que j'ai entendu ce soir-là m'a éblouie ! Je n'ai ressenti une émotion comparable qu'une seule fois quand j'ai rencontré en vrai Jean d'O, lui non plus je ne le connaissais pas : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2017/12/15-ans-apres-une-merveilleuse-fete-avec.html. Avec une élégante gestuelle, principalement des mains et un phrasé particulier, assez lent et certaines phrases clés répétées, il nous parle de son histoire : né en Chine, il arrive en France à 19 ans, il se décrit comme un rebelle, il a eu son bac puis n'a plus rien fait, au désespoir de ses parents, a fugué . Je passe sur certains "détails" pour arriver à aujourd'hui, il a 19 ans... en verlan, poète – il a traduit en chinois les grands poètes français - , calligraphe, philosophe, écrivain, et académicien, immortel donc. Deux passages m'ont particulièrement bouleversée par la résonance qu'ils ont provoqué en moi: quand il a parlé de Notre-Dame (j'ai commandé son petit fascicule) et surtout quand il a parlé d'Assise. Ce qu'il en a dit, je l'ai ressenti exactement de la même manière quand en 1963 lors d'un pèlerinage avec les guides, nous montions la colline des Carceri (qui signifie les solitudes) pour arriver dans cette ville et pénétrer dans la cathédrale consacrée à mon patron... Il y régnait une atmosphère indicible : plus vraiment sur terre et pas encore au firmament. Ce grand homme a senti en lui une transformation, il a eu cette phrase : "C'est ici que mon exil prend fin". Je me suis alors souvenue que la plupart des thèmes qu'il a abordés ce soir-là se trouvaient esquissés déjà dans L'éternité nest pas de trop. Tout comme Au plaisr de Dieu, J'ai acheté ce livre pour le titre qui m'intriguait 
mais au premier abord, la quatrième de couverture ne m'a pas vraiment attirée, je l'ai donc mis dans ma bibliothèque, j'en avais déjà tellement à lire. Mais dès que je l'ai lu, j'ai été séduite, j'en reparlerai très bientôt. Le mois de février sera festif: le 2 fête de la Chandeleur et surtout 
SETSUBUN le 4, j'en ai déjà parlé entre autres ici :
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2017/02/un-debut-dannee-du-coq-flamboyant.html.
Malheureusement je n'ai pas pu crier Oni Wa soto ! Fuku wa uchi (dehors les démons, dedans le bonheur), je ne suis pas seule ici, mais je l'ai pensé très fort ! 
Et toujours ce ciel, jamais le même ici leur dessin m'a fait penser à un soleil 
et ici, plus de couleurs, entre bleu timide, derrière les arbres et gris foncé plus haut dans le ciel, dimanche et lundi on annonce une tempête violente paraît-il alors d'abord les indispensables courses ce samedi matin et cet après-midi, tandis que mon mari se repose je me retire dans mon salon blanc-thé, avec au programme méditation, 
et aussi du
Pu Er en gong fu cha, ici un Mengku Ye Shen 2005 en vrac, je ne devrai donc pas "gosser" la galette... (coucou Kris)
Dans cette petite théière ébouillantée, le fond du sachet ; pourtant correctement conservé, aucun parfum 
et quasi aucun goût après 5 secondes. 
Je pousse un peu les infusions suivantes mais je ne retrouve pas les saveurs que j'aimais, dommage mais le positif, je n'ai pas eu de problème avec mon bras droit, cela doit durer ! 
Un dernier regard sur ces vieilles dames trop fatiguées et je rejoins ma cuisine pour d'autres activités. Ce soir, je serai devant la télévision, je m'échapperai vers Taiwan, cette île que j'aime, émue d'avoir revu des endroits que j'ai aimé, Un peu déçue aussi du choix de certaines séquences, d'autres endroits étaient plus représentatifs. 
Il est 6 heures, elle est là
entourée de nuages poussés par un vent fort, et ce n'est que le début...
la Belle brille de mille feux pour honorer sans doute la
fête des Lanternes qui clôture les festivités du nouvel an. Je l'ai déjà évoquée ici :
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/02/quinzieme-jour-du-premier-mois-lunaire.html. Je crains fort que cette année, malheureusement,... "Les légendes relatant l'origine de la fête font état de la colère d'un dieu menaçant d'incendier la capitale le 15e jour du premier mois lunaire. Une personne astucieuse aurait alors eu l'idée de faire sortir tous les habitants dans la rue ce soir-là avec des lanternes rouges, et d'en accrocher à toutes les portes, afin que le dieu, croyant la ville déjà en proie aux flammes, se retire. 
Dans la version la plus populaire, la menace divine est un canular monté par un conseiller impérial au grand cœur afin de permettre à une jeune servante du palais de sortir et de revoir sa famille pour un soir. Une autre histoire raconte que sous la dynastie des Han (206 av. J.-C.-220), le bouddhisme s'est répandu largement en Chine. Après avoir appris que les moines avaient coutume le 15 du 1er mois lunaire de regarder les reliques du bouddha et d'allumer des lampes pour honorer les dieux, l'empereur a ordonné d'allumer aussi ce jour au soir des lanternes dans le palais impérial et les temples pour les honorer à son tour. Depuis lors, ce rite bouddhique est devenu progressivement une grandiose fête populaire en Chine"
.
Dehors, le vent souffle en rafales et c'est avec un peu d'inquiétude que je pense à notre invitée ! Malgré notre envie de la voir, je l'ai dissuadée de venir mais rien n'y a fait. Après u repas tout simple, nous voici à présent dans mon salon blanc-thé... 
pour savourer un exceptionnel
Anji tie kwan yin d'automne griffé Thés de Chine Ce camaïeu de verts odorant promet des émotions gustatives intenses ! 
La saveur très fleurie, beurrée et très douce nous emmène déjà au paradis, et ce n'est que la première infusion... 
Les passages se succèdent, nous pensons à ce cher Vivien et buvons à sa santé. Tout à coup, un bruit assourdissant vient de la cuisine, c'est la table qui s'est envolée pour atterrir sur un des arbres du jardin de notre adorable voisine du rez-de-chaussée, c'est son mari qui a grimpé pour l'en décrocher, et elle est en métal pourtant. Du coup on a rentré les chaises et tout ce qui s'y trouvait. 
Pendant cet intermède spécial, les belles dames se sont déployées pour nous offrir toutes leurs subtiles parfums. 
Quel air sérieux tout à coup, mais je sais qui tu veux imiter ! 
Nos échanges sont comme chaque fois riches et profonds, particulièrement aujourd'hui... 
mais aussi très drôles ! Après 8 ou 9 infusions, les dernières devenant plus fruitées, il est temps de nous quitter, le vent est de plus en plus violent ce qui provoque un désagréable concert de klaxons. 
Mais avant de partir, un petit devoir... 
J'admire ces feuilles qui ont maintenant tout donné mais je suis un peu inquiète, le vent souffle en tempête et ma chère Amie est sur la route... 
Merci ma chère Anne-Marie pour ces moments intenses, hors du temps où nous avons découvert l'âme de ce thé, j'attends avec impatience que tu m'annonce que tu es bien rentrée ! A très vite ! Comment va se terminer ce week-end? J'adore ce temps mais j'ai bien conscience qu'il est dangereux, j'espère que les arbres vont tenir le coup...