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mardi 26 mai 2009

La Tea party côté cuisine

Après avoir établi le menu sur papier, il reste à la réaliser. Voici donc les recettes promises.Je ne reviens pas sur le cocktail au thé dont j’ai déjà parlé plusieurs fois, mais je décrirai un des zakouskis, inspiré des sandwiches aux figues d’Agatha (p. 126).Les ingrédients que j’ai employés sont 200 g de figues sèches, 100 g de cottage cheese dans lequel j’ai ajouté 1 cs de thé au jasmin très corsé. J’ai broyé les figues et 1 cs de thé au jasmin également très corsé (Agatha y met du brandy, chacun ses goûts…), j’ai étendu cette mixture en une couche d’ ½ cm que j’ai conservée au frigo pendant 1 nuit pour que cela durcisse). J’ai rempli les mini moules en pâte brisée de cottage cheese nature et j’ai découpé à l’emporte pièce une roue de figues, de l’avis général c’était délicieux. Agatha, elle, y ajoute du parmesan…. Cela a donné lieu à un remue-méninge dont les résultats furent surprenants. Extrait de : Le crime est notre affaire : « Tommy lui tendit le journal avec le titre en première page :

MYSTERIEUX CAS d’EMPOISONNEMENT
TUES PAR DES SADWICHES
AUX FIGUES

Si tu étais parti avec elle hier, tu aurais probablement mangé de cette pâte de figues à l’heure du thé et tu serais mort".
Je demandais un commentaire après l’ingestion de ce canapé peu banal. "Après tout, mourir de plaisir est la plus belle des morts" ; "Je souhaite être enterrée, pas incinérée, de préférence dans un sac en tissu sans cercueil" ; "Entre amis le temps suspend son vol et la mort s’éloigne" ; "La faute d’orthographe voulue crée le trouble chez l’enquêteur, le soubassement inconscient (sadisme) évoque un serial killer" ; "Mort douce, violente dans ces plaisirs si recherchés, si subtils." Le ton est donné, le public accroche, cela promet ! Mais revenons aux recettes : je parlerai maintenant du potage (froid) au concombre qui a remporté un vif succès et qui est pourtant d’une banalité déconcertante à réaliser. Il faut prévoir 1 concombre, 2 yaourts 0% M.G., le jus d’un lime, 2 cc de Matcha, sel et poivre. Le seul travail humain consiste à éplucher le concombre et à le détailler en dés (pas besoin de l’épépiner). Le reste est celui du mixer. Les sandwiches maintenant. Le pain choisi est du pain anglais English breakfast, très moelleux dont je coupe les croûtes (pour faire joli et pas parce qu’elles sont trop dures). J’ai tout préparé la veille pour n’avoir plus qu’à tartiner les sandwiches ½ heure avant l’arrivée des convives, je trouve que les sandwiches préparés trop à l’avance et conservés au frigo, ce que font tous les hôtels et salons qui offrent ce genre de service, ce n’est pas bon. Sandwiches saumon – fromage : 250 g de saumon fumé grossièrement coupé, 1 ravier de chèvre (genre chavroux), 1 cs de fines herbes (oignons blancs, persil) + 3 cs de Genmaïcha très concentré. Mettre tout dans le robot, mixer puis mettre au frigo. Sandwiches œufs – mayonnaise : 6 œufs que l’on fait cuire dans de l’eau bouillante pendant 10 minutes, on les retire alors et à l’aide d’une cuillère à soupe on fendille la coquille. Avant de les remettre dans l’eau on y ajoute 4 cuillères à soupe de Lapsang ou de Tarry Souchong, 2 fleurs de badiane, 3 cs de sauce soja, 1 bâton de cannelle, j’attends la reprise de l’ébullition puis j’y ajoute les œufs et je les laisse mijoter 1 à 2 heures sans source de chaleur. Je les refroidis et les écrase dans un bol auquel j’ajoute 3 cs de mayonnaise dans laquelle j’ai mis 2 cc de thé fumé broyé + sel et poivre. Sandwiches cheddar – cressonnette : 250 g de cheddar, 2 cs fromage blanc, 1 ravier de cressonnette, 10 cl de Kukicha très infusé. Je râpe finement le cheddar que je mets avec les autres ingrédients (la moitié de la cressonnette) dans un robot afin d’obtenir un mélange bien lisse (rectifier éventuellement l’onctuosité en ajoutant un peu de fromage blanc. Avec la 2e moitié de la cressonnette, que je coupe en petits morceaux, je fais un beurre manié puis au frigo. Poulet – chutney : 1 poulet, 50 g de thé Tchaï (le mien vient de chez Cha Yuan), des épices, des raisins secs (30g de blancs + 30 g de noirs), du chutney (cette fois je ne l’ai pas fait maison, j’en ai pris un indien à la mangue). Mettre le poulet dans une grande casserole d’eau froide qui le recouvre entièrement et faire chauffer l’eau. Après avoir écumé le liquide, y mettre 50 g de thé, poivre, sel, épices pour poulet et laisser cuire 1 heure à feu doux. Dès que possible, fendre la peau pour que le poulet prenne la couleur du thé. Dès qu’il est très bien cuit, prélever 2 louches de liquide qui va servir à faire gonfler les raisins, retirer le thé, filtrer le liquide et dépiauter la bête puis remettre les morceaux et les raisins dans l’eau de cuisson (+/- 2 heures). Quand le poulet et les raisins sont froids, y ajouter 4 cs de chutney (ou plus selon le goût), mettre au frigo. Sandwiches concombres – aneth : 1 concombre, sel, aneth. Peler le concombre et, selon le goût, l’épépiner. L’émincer très, très finement et y ajouter du sel pour le faire dégorger, renouveler 2 fois l’opération puis mettre dans le frigo. Il suffit le lendemain de garnir le pain : avec le saumon fumé, je prends du pain gris, avec les œufs, 1 tranche de gris, 1 de blanc et pour les autres, uniquement du pain blanc. Je les coupe en 4 triangles et l'affaire est faite.J’avais aussi préparé 2 salades : iceberg, fleurs de ciboulette et une vinaigrette huile de noix, vinaigre balsamique et l’autre, plus exotique : pousses de soja, légumes chinois avec une vinaigrette à l’huile de sésame, sauce soja et sauce aigre-douce. C’est dans une chaude ambiance que nous sommes passés à table. Avec ces petites affaires très anglaises revisitées, j’ai servi des thés glacés, au choix : Genmaïcha, Tchaï ou Bai Mu Tan, ce qui a ravi les papilles de Paul et Bernard entre autres, pour qui c’était une grande première. Comme dessert, je vais parler uniquement du cadeau de Guylaine pour lequel j’avais trouvé un extrait de Miss Marple au club du mardi, très approprié : "Miss Marple se tourna vers lui : « Les cuisinières mettent presque toujours "des mille et des cents" sur le pudding, mon cher. C’est ainsi qu’on appelle ces petits vermicelles de sucre rose et blanc. Bien entendu, quand j’ai appris qu’ils avaient eu du pudding à manger au dîner, et j’ai évidemment fait le rapprochement. C’est là que se trouvait l’arsenic, dans les vermicelles". Je demandais "que mettrais-tu comme mille et cents" ? Et des réponses très dans l’esprit du jour : "des larmes de sucre" ; des "flirters" (fleurs de thé)" ; "des vermicelles trempés dans la thé-rébantine" ; "des petits bisous empoisonnés" ; "2 g de millepertuis". Ces cupcakes ont été réalisés par la belle-fille de Guylaine, vous pouvez les commander via son site : Lilicup, je vous mets cependant en garde, quand on y a goûté, on ne peut plus s’en passer... Bravo Vanessa ! Et pour accompagner ces douceurs criminelles, du thé au choix : au jasmin ou aux fleurs de cerisier. Et les discussions multiples et variées ont agrémenté ce repas, la température est même montée d’un cran quand le sujet a glissé, on ne sait par quel hasard, sur la politique… française ! A un moment, j’ai même eu du mal à réintroduire l’Angleterre du siècle passé dans le débat… Je ne vais pas parler ici des glaces, ce sera pour le repas suivant et dans pas longtemps, dimanche prochain, pour une rencontre franco-belge ! J’ai donc terminé mon devoir mais je vous dis tout de suite que les proportions précises sont à votre discrétion, à pouf, cela marche très bien aussi ! Mais une promesse est une promesse... Sur ce, je vais me préparer un thé d'automne, un Pu Er shu, parce qu'après un été aussi chaud qu'éphémère revoici l'automne, son temps gris, ses pluies et son vent!

samedi 21 février 2009

Réflexions à propos d'un petit sachet jaune...

L’idée de ce billet m’est venue hier soir en lisant les commentaires de ce billet du blog d'Alain. D’habitude, je ne les lis pas, je n’ai pas le temps même si je sais que ceux-ci apportent souvent des éclairages différents ou des expériences intéressantes. C’est la curiosité qui m’a poussée cette fois, et je ne le regrette pas, même si j’ai été d’abord assez "esthomasquée" par le commentaire de cet esthète du thé qu’est Thomas! Mais à y regarder de plus près… voici une partie de ce qu’il en dit : "Bon, Bon... On n'a jamais abordé le sujet des petits sachets jaunes, alors je vais sans doute vous choquer et faire un peu de dissonance dans le propos ... mais... personnellement, le LIPTON j'aime bien ça, tout au moins, je ne déteste pas. Bien infusé avec une bonne eau ce thé peut même être plaisant à boire... Dans les bistrots, il est bien souvent dégueu car infusé avec de l'eau du robinet trop dure. Et puis, comme c'est le tout premier thé que j'ai bu c'est un peu ma "madeleine"... j'ai tout de suite bien aimé cette boisson(…) De même, chez certaines personnes, je préférerais qu'on m'offre un Lipton plutôt qu'un soi-disant "thé d'origine" en vrac qui est tout autant industriel et rempli de pesticides, pour ne rien dire des thés aromatisés qui sont bien plus imbuvables que du Lipton (de mon point de vue du moins...). Ca fait longtemps que je n'ai pas bu de Lipton (je songe souvent à en acheter quand je passe au rayon du super marché...), faudra que je re-goute...je me souviens de notes un peu caramélisées, fruitées, boisées, qui ne sont pas trop déplaisantes... Souvent je sucre, ça passe mieux..." Le premier moment de stupeur passé, quelques réflexions me sont venues : d’abord au niveau de la sémantique, j’ai adoré la formule : "j'aime bien ça, tout au moins, je ne déteste pas". Et puis, il m’a donné envie d’en re-goûter, je me demande l’effet que cela me ferait. Par contre, L fut son premier, cela laisse des traces, le premier, c’est le premier. Et là où je le rejoins, c’est quand il parle des mélangeurs ; je me souviens que la première fois que j’ai entendu parler de ces maîtres de l’uniformité, c’est lors d’une conférence donnée par Olivier Scala au 1er Festival du thé, et c’est vrai que j’ai été assez admirative par cette prouesse " technique", mais je n’adhère pas à cette uniformisation. Ce que j’aime c’est l’évolution du goût des feuilles d’une infusion à l’autre, j’aime être surprise. Mais chacun sa voie. L’autre commentaire que j’ai aimé est celui de "FLO", et en particulier ce passage-ci : "(...) Cela dit j'ai remarqué un truc : si un ami ou une amie t'offre un Lipton ou un thé parfumé en pensant t'offrir quelque chose de bien et pour faire honneur, en préparant avec ce qu'il/elle considère comme du soin, la boisson offerte prend une autre dimension en bouche. Ainsi j'ai eu bu du "goût russe" (ou "mélange russe", me rappelle plus exactement le nom) chez une dame qui l'avait fait dans une sorte de samovar pour nous faire plaisir, avec amour littéralement, eh bien j'ai eu plaisir à boire ce thé offert". J’apprécie vraiment cette façon d’honorer ses amis, je fais pareil. Du temps où je collectionnais les théières, j’en recevais pas mal, dont certaines que je n’aurais jamais achetées. A mon mari qui s’étonnait que je garde ces "horreurs" (je le cite), je répondais que si mes amis s’étaient donné la peine de les sélectionner, je ne me donnais pas le droit de les liquider. Maintenant le "problème" est résolu, je n’ai plus de place sauf pour des petites Yixings. Mais aussi pour une petite merveille en porcelaine qui m’arrivera bientôt de Suisse. Vous êtes (trop) curieux ? Allez voir La Cave à thé... J’ai hésité longtemps quant au thé qui accompagnerait ma réflexion avant l’écriture, j’ai d’abord pensé infuser un Oolong en grande théière (infusion presque uniforme de la première à la dernière tasse) et en Gong fu (évolution de l’infusion) et comparer les deux. Puis j’ai pensé que j’avais un mélange (Ceylan + Inde), le Breakfast 6 de chez Dammann que buvait mon mari du temps où il ajoutait lait et sucre au breuvage. Il était fan de ce thé et je trouvais agréable l’odeur qui se dégageait de sa tasse … avant les ajouts. Le choix de la théière fut facile : une petite anglaise et son mug assorti ! J’en possède une dizaine de cette collection que j’aime beaucoup, ce sera l’objet d’un autre billet. Dosage : 5g infusé comme conseillé pendant 4 minutes. J’ai été très heureusement surprise par la bonne odeur qui se dégageait de cette jolie boîte qui me rappelle une belle rencontre à la place des Vosges, cela sent la crème brûlée et plus exactement la cassonade grillée qui croque entre les dents…. Les "feuilles" sèches ont suivi un traitement cruel qui les a brisées, broyées, anéanties mais elles ont encore le courage de dégager un agréable parfum. Les feuilles infusées ressemblent à la photo... elles ne me donnent pas envie de les commenter.Le liquide par contre m’évoque les branchages humides mais la couleur (dans le petit bol) est jolie, rien à voir avec celle du mug et de l’intérieur de la théière. Par contre, ce thé me "colle aux dents", je n’ai pas l’impression qu’il tapisse harmonieusement mon palais mais qu’il colle, je ne trouve pas d’autre expression. C’est un thé que je trouve lourd, je ne l’aime pas. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas bon mais il y a certainement de l’Assam dans le mélange et je ne me fais pas à cette sorte de thé, les 2 seules fois où j’en ai bu, j’ai eu mal à l’estomac, pourquoi ? Une fragilité certaine de cet organe sans doute. Mais je ne regrette pas d’avoir essayé, cela m’a permis d’écrire ce billet et cela me donne l’occasion de remercier les 2 commentateurs, Thomas l’Esthète et la (le) mystérieuse Flo. Et Assam pour moi n’est pas que négatif, cela m’évoque le plaisir que j’ai eu à lire, il y a quelques années, la "brique" de Gérard de Cortanze. Et rien que pour cela, vive l’Assam !