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samedi 11 janvier 2014

Retour en cuisine

Depuis le début de cette année, je me sens de mieux en mieux, j’ai retrouvé cette vitalité qui m’avait abandonnée et que je désespérais de retrouver, c’est vrai que la patience n’est pas ma qualité dominante… J’ai retrouvé mes envies de recevoir, de faire des tas de choses, en lien avec ma passion ! C’est vrai que le Thé m’a aidée à ne pas sombrer complètement dans cet état léthargique que je ne supportais pas. Le Qi du Thé mais aussi tout ce qui tourne autour, les voyages, les rencontres, les regards, les échanges, bref tout ce que illumine ma vie de droguée…
Avant de passer le reste de la journée en cuisine et après le rituel santé, je choisis ce fabuleux Bu Lao Dan, cet Elixir de Jeunesse éternelle griffé Source de Lumière. J’en ai déjà parlé entre autres ici : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/09/une-apres-midi-chez-source-de-lumiere.html . Je ne l’ai pas choisi au hasard, d’abord parce ce lieu est magique mais surtout que Jing, l’âme de cette maison, est pour moi, synonyme de sérénité contagieuse. J’infuse ces Feuilles au Qi puissant dans ces zhong, leurs couleurs me fait déjà penser à la Route Bleue, la route de la Soie revisitée, ce sera pour demain, j’ai hâte d’y être (http://www.villaempain.com )… Mais avant cela direction la cuisine.
 Poires pochées au Thé de Noël grifféThéÔdor. J’avais d’abord prévu de les pocher au vin, de celui qu’on peut boire sans modération mais Oh là là, il ne m’en reste plus assez, il faudra que je retourne à Paris... Les ingrédients pour 4 personnes d’abord :
 4 poires fermes, 100g de sucre.  
2 cuillères à soupe de thé.  
Verser le thé dans ½ d’eau et laisser infuser pendant 5 minutes.  
Filtrer et transvaser dans une casserole, ajouter le sucre porter à ébullition et laisser cuire à petits bouillons pendant 10 minutes.   
Pendant ce temps, éplucher les poires, et les couper en morceaux (on peut aussi les laisser entières).   
 Les laisser cuire pendant +/- 10 minutes en remuant les fruits et veiller à ce qu’elles restent assez fermes, ce n’est pas de la compote… (si on laisse les poires entières, Laisser au moins 15 minutes).  
 Quand elles sont cuites, les transvaser dans un plat avec une écumoire et faire bouillir le sirop pendant 3 minutes à feu vif.
Une fois l’opération terminée, remettre les poires dans le sirop. On peut les déguster chaudes ou froides. Je ne sais pas encore avec quoi je les servirai : chaudes avec de la glace ou froides avec un muffin au même thé, ce sera pour demain. Une remarque, très facile à réaliser, c’est un dessert que les enfants adorent et ils peuvent participer à sa réalisation. 
Un œil vers ce beau ciel qui a fait place à la grisaille de ce matin et je continue. 
Au tour du plat maintenant : un lapin aux pruneaux 
D’habitude ce plat de chez nous est préparé à la bière, mais j’ai horreur de ce breuvage, il sera donc préparé au Pu Er scandaleux, les oignons et les morceaux de lapin seront rissolés avec l’huile d’olive au thé sombre griffés Georges Cannon. 
Infuser 30 g de Pu Er scandale griffé ThéÔdor dans 1 litre d’eau filtrée pendant 5 minutes.   
 Eplucher et couper les oignons en morceaux.  
 Les faire revenir dans cette fameuse huile sans les faire dorer, les réserver.  
Faire pareil avec les morceaux de lapin.  
 Enfariner chaque morceau et les remuer quelques minutes dans une cocotte.
Y rajouter les oignons (On peut bien sûr en mettre moins, question de goût, moi j'adore).  
Verser le Pu Er, rectifier l’assaisonnement. 
Faire mijoter à feu très doux pendant +/- 1 heure (j’emploie mon wok en fonte, j’ai donné ma cocotte à ma filleule, que va-t-elle me mijoter…).
 Rajouter alors les pruneaux qui macèreront toute la nuit. Demain il n’y aura plus qu’à réchauffer. Je ne sais pas non plus quel accompagnement choisir, soit un risotto, soit une écrasée de pommes de terre, ce qui est certain, c’est que j’emploierai le même Pu Er, mais ce sera pour demain. Il me reste aussi le potage mais ce soir, j’ai envie de retrouver mon cocon, le Prince Eric m’attend, ainsi qu’un Soba Cha. Une superbe journée de plus, et demain risque de l’être aussi et c'est un euphémisme, je savais que 14 me porterait bonheur !

vendredi 14 décembre 2012

C'était Noël avant l'heure... Merci Père et Mère Noël !

Ah si je n’étais pas aussi addict d’Envoyé spécial ! Le jeudi soir, c’est quasi un incontournable. J’avais cuisiné une grande partie de l’après-midi, je n’avais pas terminé mais j’ai fait une pause… Je n’en suis pas encore revenue ! En particulier, la préparation de la paella revisitée par des escrocs. En écrivant cela, je revois également la pièce aux colorants artificiels pour la plupart… Donc, hier je n’ai pas regardé le deuxième reportage, je suis retournée en cuisine pour préparer deux de mes desserts. Aujourd’hui, je recevais à dîner Fabienne et Alain, son mari, je voulais mettre les petits plats dans les grands pour les remercier de m’avoir hébergée lors de mon dernier séjour à Strasbourg. A minuit et demi, j’entame ma nuit, elle sera très courte. Je ne parviens pas à m’endormir, j’ai la gorge en feu… et surtout le nez bouché, ce n’est vraiment pas le moment ! Un seul remède, thym, propolis et eucalyptus. Ce matin, j’achève de préparer les zakouskis,
 l’un au saumon fumé au Houjicha de Tamayura et
et l’autre, composé d’œufs au Tarry Souchong de ThéÔdor.
 Ils sont accompagnés d’un cocktail au thé, évidemment. Oh là là de Théôdor, aux épices employées d’habitude pour le vin chaud. Un vrai délice, même Alain qui n’est pas (encore) tea-addict est conquis. Il m'apprend qu'au marché de Noël de Strasbourg, on peut trouver ce même cocktail chaud, j'essayerai demain!
Quand je vous disais que c’est Noël avant l’heure… J’ai été plus que gâtée, j’en reparlerai. Merci chère Fabienne, tu ne pouvais pas mieux tomber !
On passe à table maintenant, au menu pour commencer un velouté au potiron, ce serait assez banal, sauf que j’ai infusé du Lapsang Souchong dans la crème liquide et cela change tout !
Eh oui, il en faut pour tous les goûts, j’espère que ce liquide plaira à Alain, je me suis fait conseiller par le caviste.
 J’ai refait le Risotto en aménageant la recette suivie à la lettre la première fois : je n’ai pas mis de petits pois et j’ai remplacé l’huile d’olive par de l’huile de sésame, j’ai par contre gardé le Rou Gui. (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/12/une-parenthese-culinaire-mmmmh.html )

Je donnerai aussi la recette de la viande et des légumes, à refaire absolument, c’est vraiment un plat de fête. L’ambiance est joyeuse, détendue et chaleureuse.
Place aux desserts dont deux ont déjà été testés, la crème au Bai Mu Dan ici : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/12/6-decembre-un-jour-magique.html et les financiers, ici : (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/12/une-parenthese-culinaire-mmmmh.html.
La tartelette est une recette trouvée également dans le livre de Lydia (pages 192 - 193) , l’auteur en est Olivier Leclerc de Tamayura. C’est une tarte au chocolat au lait et au Genmaïcha. J’ai renoncé à réaliser la pâte moi-même, je l’ai ratée lors de mon premier essai, je sais pourtant qu’en pâtisserie il faut être disciplinée, pas question ici de créativité… je n’ai pas assez (pour ne pas dire pas du tout) du premier ingrédient et trop du second. Par contre la garniture est vraiment délicieuse, merci Olivier. Inutile de préciser l’origine et donc la qualité du Genmaïcha.
Le dessert du dessert à présent, Alain a pris ses précautions… Fabienne a choisi un Pu Er. Dites je le jure, semble-t-elle dire, mais à propos de quoi…
Sans surprise, elle aime.
Par contre, Alain…Il a quand même goûté, mais non, cela ne passe vraiment pas.
Cela l’inspire même, la couleur ressemble à un très vieux Sauternes, mais le goût est atroce.
Fabienne et moi essayons de le pousser à dépasser ses premières appréhensions, il goûte donc à nouveau mais c’est pire encore.
 Je lui tends la petite théière en lui demandant ce qu’il sent… Réponse, champignons peut-être mais trompettes de la mort alors ! Il y a encore du boulot avant de le convertir. Ses réflexions ont quand même provoqué chez nous quelques francs fous rires !
Les heures défilent, je suis de plus en plus accablée et je ne goûte quasi plus rien malheureusement. Evidemment, je ne sens plus rien non plus.
Un dernier rituel : la signature du livre d’or.
Fabienne cherche d’abord le nom d’un thé qu’elle voudrait bien goûter la prochaine fois.
Cette magnifique journée est terminée, il reste les beaux souvenirs et les gâteries. Merci mille fois à vous deux pour ces moments authentiques, chaleureux, c’était Noël avant l’heure. A très vite !

jeudi 6 décembre 2012

6 décembre, un jour magique...

6 décembre, jour particulier et magique tant il évoque de merveilleux souvenirs d’enfance. Cette sorte d’excitation qui nous habitait quand, quelques jours avant la date fatidique,  nous écrivions notre lettre, que nous la déposions près de la cheminée, que nous préparions un seau d’eau, des carottes et du sucre pour son âne, que le lendemain, tout était parti sauf quelques gouttes d’eau à côté du seau car, c’est bien connu, les ânes ne boivent pas très proprement. J’aimais un peu moins la lettre de ce saint qui me faisait peur tout à coup, nous rappelant nos bêtises. Nos promesses d’être sages et une menace à peine voilée, saint Nicolas ne passera que chez les enfants sages. Et ce n’était pas ma qualité dominante, loin de là … Alors, déjà à l’époque, j’avais un faible pour père Fouettard, je le trouvais beau, une tignasse pas possible, tout noir avec des grands yeux, une grande bouche et des dents très blanches. Il ne m’a jamais fait peur, même avec son fouet. J’avais même une sorte de fascination pour lui. Je laisse aux psychanalystes qui n’auraient rien d’autre à faire le soin de creuser le sujet. Saint Nicolas, patron des écoliers comme on chantait à l’époque. Fête des enfants par excellence dans mon pays, des enfants … et de tous ceux qui le sont restés, j’en suis. Bien des années plus tard, je revois les yeux éblouis de mes petits-enfants qui le voyaient arriver du fond du jardin et les appelait par leur prénom, la preuve que "c’est le vrai, hein Nanny"… Saint Nicolas, qui récompense les enfants sages. Mais qu'il n'oublie pas surtout que ce sont les autres qui en ont le plus besoin...
En voyant le ciel assez clément ce matin, j’imaginais tous ces petits émerveillés qui découvraient ce que le grand saint leur avait apporté. J’espère que cette magie perdurera longtemps, même si je regrette cet aspect commercial qui risque d’entacher cette fête. J’espère aussi que nos enfants, hyper gâtés, penseront à ceux qui le sont beaucoup moins. Cela s’éduque, même si ce n’est pas facile. Chaque année, je réunissais mes petits-enfants choyés et nous étalions les monceaux de jouets qu’ils avaient ici depuis leur naissance. Chacun devait alors en choisir deux, pas les vieux à moitié cassés, mais deux qu’ils avaient aimé et avec lesquels ils ne jouaient plus pour que saint Nicolas vienne les chercher pour les distribuer à d’autres petits enfants qui n’avaient pas la chance d’en avoir autant qu’eux. Cela a donné lieu à des échanges touchants et certaines réticences, surtout chez les deux plus petites ; "Oui, mais Nanny, j’ai justement envie de rejouer avec celui-là".  Ou alors : "Mais celui-là, ils ne vont pas l’aimer". En entrant dans mon salon, j’ai vu que saint Nicolas était passé et m’avait laissé son portrait, merci saint Nicolas.
Mon premier thé a donc été ce qui correspondait à mon état d’esprit du moment, le Tumsong, issu du Jardin des cœurs heureux. Infusé dans cette théière très british. Son couvercle me fait penser à la bouille d’un enfant en particulier, avec ses longs cils et ses grands yeux noirs.
Puis je me suis replongée dans les livres déjà consultés hier pour arrêter définitivement mon choix sur de nouvelles recettes à tester.
Je voulais aussi tester des cocktails au thé, à commencer par Oh là là, acheté à La crèmerie lors de mon dernier périple parisien.
L’explosion de parfum qui m’a sautée au visage m’a donné envie de l’infuser.
En bouche, les saveurs correspondent bien aux parfums intenses. Je ne me souviens plus du goût du vin chaud, je n’en ai plus bu depuis des lustres, mais ce breuvage dépasse tout ce que je pouvais imaginer.
 Tellement emballée, je l’ai laissé refroidir et le tester en cocktail : deux oranges pressées, le thé et un soupçon de sirop de sucre de canne, je vous conseille de l’essayer mais je vous préviens, l’essayer, c’est l’adopter.
Une pause pour savourer le reste d’Alishan d’automne en écoutant ces mélodies de là-bas.
Les deux me font voyager vers cette belle Ile où m’attend un petit Dragon… entre autres.
J’ai infusé les belles pendant toute la durée du C.D., elles ont maintenant tout donné. Je ne pourrais pas vivre sans musique et à tout ce qu’elle m’apporte… je repense à cette belle phrase de Platon : "La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée." … Cet après-midi, je veux tester certaines recettes pour voir si je peux les offrir à mes invités. Je commence par la crème de Pivoine blanche, une recette personnelle de Lydia Gautier que vous trouverez page 183, la voici en images, j’ai divisé tous les ingrédients par deux.
Faire chauffer 50 cl de lait et 25 cl de crème avec 10 c. à c. de thé Bai Mu Dan jusqu’au premier frémissement.
Hors du feu, laisser infuser 3 minutes.
Filtrer et porter de nouveau à ébullition.
Battre le sucre (j’ai mis 40 g au lieu des 50 conseillés) et 4 jaunes d’œufs jusqu’à ce qu’il blanchisse.
Ajouter 5 g de fécule.
Verser le tout dans le mélange lait/crème et laisser cuire 5 minutes. Ramollir une feuille de gélatine dans de l’eau froide et l’incorporer à la crème hors du feu.
Mixer, lisser et garnir les pots. Réserver 20 minutes au froid. Une heure plus tard… Comme il y a 3 pots dans le frigo et que nous ne sommes que nous deux ce soir, je ne résiste pas, je vais voir si c’est mangeable.
 Si pour le thé, j’ai employé le superbe Bai Mu Dan de Terre de Chine, sur les conseils de la sommelière d’accompagner la crème du même thé ou d’un thé blanc parfumé aux fleurs ou aux fruits, j’ai choisi Jour J de ThéÔdor, un surprenant thé blanc au … champagne, eh oui, jusqu’à plus ample informé le champagne c’est bien du raisin, non. Et là, je dis merci Lydia, cette crème est une vraie réussite gustative et se marie très bien avec ce thé improbable. Je n’en dis pas plus, j’attendrai les commentaires de mes invités la semaine prochaine et ceux de mon mari ce soir. Et une pensée pour ma chère Maria, c’est elle qui m’a fait découvrir ce thé si particulier. Pour toi, ce jour J était hier… BRAVO et courage pour dimanche (= message codé…). Et continue à m’envoyer du soleil de ton sud, je t’envoie neige et frimas puisque tu aimes cela… Je pensais d’abord continuer à cuisiner mais ce sera pour demain, ce soir j’ai envie de lecture.