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mercredi 4 mai 2016

De l'hiver à l'été...

Voilà une météo comme j’aime, cette nuit pluie et vent et ce matin un beau soleil 
qui très vite chassera les quelques nuages teintés de gris. 
La première azalée, gorgée d’eau, se pare à présent de sa flamboyante parure fuchsia. Hanami… 
C’est au son de cette musique que mes oreilles doivent apprivoiser que je vais, une fois encore, contempler les fleurs. 
Et savourer leur parfum
dans la tasse. J’ai vu le premier papillon virevolter près des tulipes perroquets, c’est pourquoi j’ai choisi cette théière pas égoïste du tout ! Elle est griffée Cha-Hû-Thé où je serai cet après-midi. 
En regardant ces feuilles de Darjeeling, je pense à celles que je vais certainement trouver dans cette boutique d’excellence qu’est Cha-Hû-Thé, qui distribue les thés ThéÔdor, j’ai hâte ! 
Pendant que se poursuivent ces voix criardes, j’infuse d’autres feuilles. Les notes caractéristiques du Darjeeling sont bien présentes dans la tasse avec un arrière-goût fleuri à peine perceptible, je préfère nettement le Sakura sur du thé vert, j’espère en trouver à Louvain-la-Neuve, je reçois ma famille d’adoption ce week-end. Quelques heures plus tard me voilà dans le train pour LLN où j’ai failli ne jamais arriver ! J’ai dû prendre à Ottignies une correspondance pour LLN sauf qu’arrivée à la porte, impossible de descendre tellement la marche était haute, mais une charmante étudiante est venue à mon secours avec ce gentil commentaire : "ne vous en faites pas, c’est vraiment mal foutu, vous n’êtes pas la première "dans le jus"". Je n’ai pas très bien compris parce que pour moi cette pittoresque expression signifie avoir la gueule de bois ! Il fait magnifique, je déambule dans cette cité moins animée qu’à l’ordinaire me semble-t-il, cela sent le blocus et malheureusement aussi les odeurs de cuisine pas très saine… Première station Cha-Hû-Thé et là, déception : les Darjeeling ThéÔdor ne sont pas arrivés, il faudra que je téléphone à Timothée pour savoir s’ils seront bientôt à Waterloo où je dois aller me rendre samedi ; par contre j’ai trouvé l’Hanami impérial!
Ce sera mon thé de lecture cet après-midi. Je continue à flâner, me rappelant mon premier séjour à LLN, au début des années 70 dans une cité encore en plein chantier à cause de le scission de l’université de Leuven pour des raisons de basse politique après l’instauration de la frontière… linguistique, je vois encore ces images où des étudiants flamingants vociféraient Walen buiten, passons sur ces épisodes lamentables. J’étais allée étudier un week-end chez une copine qui m’avait demandé de garder son appartement dans un charmant endroit nommé cour de la ciboulette, square de la sauge, complètement désert et donc très calme en fin de semaine. Sauf que ce week-end-là j’ai été réveillée en sursaut par des sirènes de police, un crime avait été commis dans ce lieu beaucoup moins idyllique du coup ! J’ai hâte maintenant d’arriver dans ce lieu qui m’a amenée ici. 
Ce chemin porte le nom de l’hymne namurois… 
En guise de beau bouquet, ce merveilleux rhododendron, déjà en pleine floraison, ceux d’ici sont très loin de l’être encore ! Très impatiente de retrouver Anne qui m’avait éblouie lors de notre première rencontre à Gesves :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2016/04/un-week-end-surprenant.html   Aujourd’hui au programme de l’atelier cuisine : Les intolérances alimentaires : la question du lait et du gluten. Je ne souffre pas de ces maladies modernes, depuis toute petite j’ai toujours eu horreur du lait, et encore maintenant, son odeur me donne des haut-le-cœur. Quant au gluten, jusqu’à aujourd’hui pour moi, ce n’est qu’une mode créée par l’industrie alimentaire pour vendre et très cher des produits insipides dont la composition contient des tas d’additifs. Mais ce qui m’intéressait, ce sont les préparations culinaires qui suivent. Et pourtant, j’ai énormément appris, je compte d’ailleurs me procurer les livres dont Anne a parlé, ce qui est certain c’est que j’ai changé d’opinion face à cette intolérance moderne, elle est réelle et due à la transformation depuis des décennies des grains de blé pour améliorer le rendement et la production. J’avais lu à l’époque et en diagonale un article expliquant que les céréales et le lait étaient apparus très tard dans l’alimentation humaine, avec l’élevage et la maîtrise des sols et qu’il faut des millions d’années avant que l’organisme s’y habitue et surtout fabrique les enzymes adéquats pour la digestion de ces « nouveaux » produits. Nous passons maintenant à la pratique collective à commencer par la préparation du dessert, 
une panna cota au lait d’amandes dans lequel on met de l’agar-agar qui doit durcir dans le frigo, elle sera surmontée d’un coulis de mangue, 
et d’une ile flottante, préparée elle au moment de servir. 
Tandis que certaines s’activent déjà dans une superbe cuisine entièrement rénovée, 
d’autres notent consciencieusement 2 surprenantes recettes : câpres de pissenlit et d’ail des ours.  Deuxième réalisation : un bouillon à l’ancienne dont nous avons reçu la recette.
aux orties en grande quantité
qu’il faut hacher prudemment 
puis affiner avec des ciseaux ; 
on fait de même avec l’ail des ours et on fait chauffer le tout avant de le mixer
pour obtenir une assiette d’un beau vert qu’on parsème de pignon grillé et de carottes râpées. Une assiette dont l’apport santé est impressionnant comme l’explique Anne : "protéines, fer, phosphore, Ca, K, Mg, silicates, vit C, flavonoïdes, chlorophylle. L’ortie est stimulante ; apéritive, reminéralisante, favorise les échanges métaboliques, stimule l’activité des glandes endocrines, améliore la production de globules rouges". L’apport santé de l’ail des ours est encore plus impressionnant, j’ai d’ailleurs commandé un livre consacré à cette plante sauvage si riche : Ail des ours de Bernard Bertrand. 
Comme chaque fois, les conversations vont bon train,
je ne suis pas la seule à immortaliser ces instants ! 
Pour accompagner ce potage, des tranches de pain sans gluten au levain 
qu’on tartine de fromage fermenté de noix de cajou et de pesto à l’ail des ours. J’avoue que l’aspect du pain ne me tentait pas vraiment mais dès la mise en bouche, j’ai changé d’avis ! 
Pour suivre : une salade de printemps 
au poulet tandoori, vinaigrette coco. 
Et toujours cette présentation soignée qui donne vraiment envie d’y plonger sa fourchette ! 
Personne ne s’en prive d’ailleurs 
et tout à coup, on n’entendit plus que le bruit des mandibules comme on dit dans ces cas-là…
Pour terminer ce repas gastronomique et très sain… Le citron vert râpé sur le blanc d’œuf apporte une agréable note de fraicheur. C’est ainsi que se termine cette soirée riche d’enseignement et de nouveautés culinaires. Merci chère Anne pour ces moments chaleureux et très didactiques ! Au 21mai à Gesves. Et merci à toi chère Catherine de m’avoir fait découvrir cela. Un seul petit problème, il était 11h45 quand je suis rentrée au bercail, le temps de raconter à mon mari ce que j’ai appris, il était 2 heures quand je me suis couchée et aujourd’hui je n’ai pas pu faire la grasse matinée : 
le travail de la terrasse avance à grands pas. 
Je suis impressionnée. 
Le sol est à présent complètement couvert d’un enduit imperméable, le seul inconvénient est que je ne pourrai pas m’y installer avant dimanche. 
Je vais donc utiliser autrement ce thé infusé à froid, 
le transformer en glaçons qui parfumera l’eau.
Il en reste le contenu d’un verre dans lequel je dépose quelques baies de goji. 
Je le savoure en admirant les tulipes-perroquet 
complètement épanouies. 
Il fait très doux, les oiseaux sont à la fête et moi aussi, le mois de mai tient sa promesse et la météo annonce des températures estivales pour 8 jours !

dimanche 1 mai 2016

Adieu avril, bonjour mai !

La semaine dernière fut cauchemardesque pour moi, les températures hivernales ont nuit gravement à mon physique : forte chute de tension accompagnée d’un manque total de tonus - les larves à côté sont plus actives -, plus aucun appétit non plus, mais cela n’est pas trop grave, j’ai des réserves, je n’avais qu’une envie ... dormir ! 
J’ai d’abord mis cela sur le compte des travaux sur la terrasse que je regardais de loin, admirant les ouvriers qui travaillaient sans relâche même sous une pluie battante ! Il faut dire qu’après les péripéties de la cuisine, j’avais peur de revivre ce genre de chose, d’où un stress évident… Je me suis résignée à aller faire une prise de sang, bien m’en a pris, métabolisme de base complètement déséquilibré, avec entre autres de l’anémie qui expliquerait mon état ! J’ai d’abord cru à une erreur, même stabilisée (grâce au thé vert bu avec les repas !) je croyais que l’hémochromatose me mettait à l’abri de ce genre de surprise, eh bien non.
Ce samedi, dernier jour d’avril sous un ciel tout gris. 
Mon thé est tout choisi, ce sera J.C. Absolu Oolong de ThéÔdor, qui a un an aujourd’hui.
Cette musique zen accompagnera ma dégustation.
A l’intérieur de l’écrin, mes narines sont surprises par un parfum de pêche mais aussi d’autres chose que je ne reconnais pas. Il y a des fleurs mais lesquelles ? et des baies de goji.
Dans la tasse, une belle harmonie entre l’Oolong reconnaissable au goût et la pêche plus discrète mais présente. C’est ce que j’admire dans les créations de l’Insolent, il parvient à respecter les feuilles, fleurs et fruits équilibrent le mélange au lieu d’écraser la saveur du thé, quel talent !
Un bref regard à cette terrasse en voie de transformation, et un petit pincement au cœur aussi, les jardinières vont être entièrement recouvertes, il y a eu malfaçon dans l’aménagement de la terrasse avec pour conséquence des infiltrations. Il y avait 2 solutions : refaire à l’identique, ce qui impliquait la démolition de l’entièreté de la terrasse et on était parti pour très longtemps ou alors, recouvrir les bacs et mettre un revêtement spécial complètement étanche, garanti à vie, et surtout beaucoup plus rapide ! C’est ce que l’on a choisi, je pourrai toujours poser des bacs à fleurs sur le nouveau recouvrement. 
Il fait toujours aussi gris mais il ne pleut plus, je m’en vais donc à Walhain sur les conseils de Catherine dans ce lieu de perdition que j’ai dévalisé. J’ai passé l’après-midi à cuisiner ces produits de la terre, avec des pauses je ne suis pas encore au mieux de ma forme, et je suis surveillée de très près… J’ai aussi ramené des fromages que j’ai servis pour souper mais là, déception : à part le "petit Gabriel", un fromage de chèvre, les autres étaient trop secs, soit mal affinés soit en bout de course ? 
Après le souper, un passage sur la terrasse 
pour admirer le coucher du soleil. 
Puis dans mon cocon à l’écoute de cette musique du Silence, 
tandis qu’infuse cette apaisante verveine
C’est quasi dans la pénombre que je savoure cette herbe bienfaisante en m’imprégnant des voix divines. Je relis comme une méditation ce que sont les Vêpres, "le moment où on allume les lampes (…) Les instants qui suivent immédiatement le crépuscules sont magiques. Dans la lumière du soir (…) le monde prend une forme parfaite. Parfois, après le coucher du soleil, les nuages se teintent des couleurs de l’eau, des couleurs du feu. (…) Vêpres, c’est cette heure qui invite à la paix du cœur, à la réconciliation des contradictions, en nous et hors de nous." J’arrête ici ce très beau texte, mes yeux se ferment sur ce dernier jour d’avril. Dimanche 1er mai, il est 10 heures, c’est la première fois que je me réveille reposée depuis des semaines maintenant.
Dehors, sous les nuages pointent quelques taches bleues. J’ai reçu de mon ami Patrick, du thé irlandais pour le breakfast.
Tandis que je l’infuse, je relis avec plaisir la 5ième escale du voyage que Lydia Gautier nous a concocté,
il ne sera pas accompagné de musique pop mais bien de ces balades irlandaises. 
Dans le mug, un liquide très foncé, très tannique qui réveille ! Je comprends mieux pourquoi ce genre de breuvage "supporte un nuage de lait "… Radouci cependant par le beau geste d'amitié de Patrick qui, lui, yajoute du lait et du sucre!
Le ciel se fait de plus en plus bleu, et les oiseaux offrent un concert dominical très entrainant, eux aussi doivent se réjouir de ce temps clément à nouveau.
Il est midi, mon mari ne veut pas que je me fatigue et m’invite au restaurant, cela te changera de tes graines et tes herbes (il n’est toujours pas converti… et cela ne risque pas d’arriver). 
En arrivant chez Tissens, je constate que les azalées sont prêtes à s’ouvrir, ce qui n’est pas le cas chez nous. Merveilleux et très joyeux moments, fous rires même quand arrive mon … entrecôte, ma toubib a insisté pour que je prenne des protéines végétales, momentanément et Xavier a renchérit ce midi ! Si cela ne m’a pas vraiment déplu, je n’ai pas retrouvé mon enthousiasme de carnivore, j’ai pris cela comme un médicament. Et, plus incroyable encore, j’ai eu envie d’un café qui lui m’a beaucoup plu… pour une fois, je verrai ce qu’en pensera mon estomac ! Cela nous a fait grand bien à tous les deux, ces derniers jours n’ont pas été très glorieux. 
C’est ENFIN l’occasion de fêter Hanami
avec ce Sakura de Lupicia, t’en souviens-tu chère Marie-Aline ? J’aurais aimé relire l’escale japonaise mais on me l’a emprunté ainsi que 2 autres il y a 3 ans et jamais rendus, je ne sais pas comment on appelle cela dans sa langue, dans la mienne, c’est du vol. Et je peux m’estimer heureuse, d’autre ont été grugés d’une énorme dette, pas joli,joli tout cela, fermons cette parenthèse navrante et revenir dans ce lieu enchanteur loin de la laideur. Il faut dire qu’il fait magnifique, 
et pendant ces jours de pluie, de grêle et de vent, les pivoines et les delphiniums ont bien grandi et les tulipes et les narcisses n’ont pas souffert au contraire. 
Un salut à Cupidon, et un fou rire en pensant à celui,très improbable, de Tokyo (= message codé à quelqu'un qui, au cas très improbable où il lirait ceci, se reconnaîtra!) 
puis à la recherche des traditionnels brins de muguet, très loin de leur maturité).
Les tulipes perroquets par contre 
commencent à s’ouvrir.
Je suis émerveillée par leurs formes improbables! 
Sur ma terrasse, il fait estival, 
je savoure avec délice ce Sakura particulier, improbable même, sur base de Darjeeling ! J’en ferai un cocktail pour mes invités, le mois de mai sera festif. Et à propos de Darjeeling, j'irai à Louvain-la-Neuve mardi, j'irai bien sûr chez Cha-Hû-Thé, j'espère que la sélection de Guillaume est déjà arrivée! Je n’ai pas été plus loin dans mes réflexions, je me suis endormie dans cette douce atmosphère, mais si mes batteries sont rechargées, ma peau est devenue écrevisse, c’est toujours mieux que la couleur aspirine que mon visage offrait ces derniers jours. Avant de clôturer cette journée faste, je pense très fort à mes amis grecs qui fêtent la Pâque aujourd’hui : chronia polla, j’ai des souvenirs encore vibrants de celles que j’ai fêtées là-bas, à Paros et à Thessalonique, une superbe cérémonie religieuse, la tradition des œufs rouges entre autres mais surtout le partage du repas dans une ambiance si chaleureuse, vous me manquez…