J’ai appris que ce que j’appelais pot de
réserve et même parfois, quelle impertinence !, "pot à lait", portait un autre nom autrement plus
symbolique :"Lorsqu’on verse le
thé dans
le pot à thé pour arrêter l’infusion et s’assurer que tous recevront le
même thé (d’où son nom “Gongdaobei” qui signifie "tasse de justice")".
Cela m’a remis une
autre expression en mémoire apprise lors des sessions à l'Institut du Thé à Poule: lors de la cérémonie du Gong Fu Cha, pour que le thé ait le même goût dans les chaque
tasse à sentir, aller de l’une à l’autre comme le voyageur qui se promène.
Je me rappelle aussi ces beaux moments passés avec Josiane et Jean-Pierre de
passage ici. A très vite, j’espère, à Groenendael ou à Poule !
Si la
tasse de justice en verre ne présente pour moi qu’un intérêt
utilitaire, il n’en est pas de même pour celle-ci à laquelle je suis très attachée,
ce fut mon premier acheté chez Thés de Chine. A l’époque je buvais déjà exclusivement du thé mais je n’étais
pas encore familiarisée avec la pratique du Gong Fu. Ces objets sont associés à
Vivien qui est pour moi quelqu’un qui m’a marquée par sa gentillesse, sa grande
modestie et sa patience, partageant avec la novice que j’étais alors son savoir
immense.
Le deuxième set me rappelle une autre fabuleuse rencontre et le
souvenir d’un fabuleux Tie Kwan Yin offert par le maître des lieux, au Musée de Mucha. Comme mon amie Lingling m’accompagnait ce
jour-là, j’ai pu poser toutes les questions qui me trottaient en tête en
sirotant ce thé d’exception, infusé dans les règles, j’étais éblouie. Je me
souviens qu’il y avait dans ce musée différentes sortes de terres employées
pour la fabrication des théières, mais à l’époque, je n’y ai pas fait trop
attention, fascinée que j’étais par les superbes autres objets. Il faudra que
je m’y attarde lors de mon prochain séjour.
J’utilise régulièrement ces
beaux objets qui m’ont séduite par leurs formes que je n’avais encore jamais
vues.
Un autre article très complet détaille l’utilisation des tasses à
sentir. "Mais connaissez-vous 聞香杯
wénxiāngbēi (Chinois: traditionel 聞香杯,
simplifié 闻香杯, Pinyin wén xiāng bēi), tasse haute et étroite ? Cette
tasse appelée wénxiāngbēi ou tasse
senteur sert surtout aux thés oolong
ou 烏龍/乌龙 wūlóng, qui laissent, une fois la
tasse à parfums vide, de fortes senteurs de caramel et de sucre."







Emilia et moi avons passé 3h30 dans la pièce de la maison la plus importante pour moi. Tout y est passé du sol au plafond, sans oublier une pose thé bien méritée. Et cet après-midi, me revoilà dans ce lieu béni pour continuer mes expériences. En effet, je me suis inspirée des commentaires reçus sur le billet précédent.
Tout d’abord, je prépare le matériel et pour tester cette
Je me base sur les informations de Julien, mais je commence par une première infusion d’une minute, que va-t-elle donner ?
J’ai hâte de transvaser la liqueur pour humer la tasse à sentir.
Première constatation : la couleur du breuvage est plus prononcée et la saveur est plus prononcée aussi : fruits cuits et miel.
Deuxième infusion de 3 minutes : je suis surprise par les saveurs fortes qui se dégagent de l’infusion : encore le miel, le caramel aussi et au niveau du parfum, l’odeur entêtante du lys ! Je n’en reviens pas, je n’ai jamais perçu cela auparavant.
Les feuilles infusées sont également très odorantes, plus que celles infusées hier à ma façon et me font penser à la propolis que j’ai ingurgité pour calmer ma gorge en feu cet hiver. Puis en les respirant plus à fond, c’est l’odeur sucrée de la cire d’abeille qui vient chatouiller mes narines. Et là, mon esprit s’évade : me voilà dans l’Egypte des pharaons, c’est, si je me souviens bien de la cire d’abeille que les embaumeurs employaient pour conserver les momies. Et tout en savourant ce thé "bizarre", me voilà maintenant à Bali dans un atelier de batik où cette cire d’abeille est également utilisée. Je ne suis pas (encore) saoule mais qu'est-ce que cette façon de faire a fait fonctionner mes neurones, et a réveillé des souvenirs lointains!
Je continue sur ma lancée, troisième infusion à 6 minutes. Je suis impatiente de goûter cela. Mais là, déception : amertume et même acidité m’empêchent de distinguer d’autres saveurs.
Par contre, les feuilles infusées gardent ce parfum capiteux que me séduit ! Et c’est cela qui pourrait m’enivrer je crois si je continuais à les sniffer. J’arrête donc ici cette expérience mais j’ai été enchantée de découvrir cette autre façon de faire. Merci à tous ceux qui par leurs commentaires ont inspiré cela, à commencer par toi, Lune qui as tout déclenché, et je ne m'en plains pas !
C’est l’occasion pour moi de parler de ce superbe objet, cadeau de mon mari. Voilà les questions auxquelles je suis sensée répondre :
Et cette fois-ci je l’ai regardée de près, de très près même: l’inscription gravée sur le fond prouve que cette calebasse a été fabriquée en... Argentine.
L’intérieur me fait penser à la texture d’un petit potimarron séché, normal, c’est aussi une courge.
La bombilla maintenant, je ne connais pas non plus le mot français, y en a-t-il seulement un? On pourrait dire que cela ressemble à une paille, très spéciale évidemment.
Ici aussi plusieurs inscriptions.
Recto, mais aussi verso.
J’ai toujours été intriguée par la charnière, je ne suis pas parvenue à l’ouvrir, je n’ose pas trop forcer de peur d’abîmer ce bel objet.
Et enfin, sur l’embout, cette dernière inscription qui fait penser à une sorte de poinçon. Je ne m’en suis jamais servie personnellement mais ça me plairait assez d’essayer. Pas avec celle-ci, cela semble être une antiquité et je ne suis pas certaine de la propreté intérieure de ces 2 objets.
Et, pour couronner cette année, je bois une fois encore cette boisson dont je ne peux me passer, un
Ma couleur préférée est rare dans la nature. Aussi je ne me lasse pas d’admirer ce parterre de delphiniums. Année après année, ces jolies fleurs se dressent vers le ciel, de plus en plus hautes, à tel point qu’il a fallu les tuteurer parce que quand il y a du vent, très fort parfois, certaines n’y résistent pas.
Puis je prépare un
La tasse à sentir me donne déjà une idée de la saveur de cette liqueur, cela promet.
Les petites boules après 2 infusions se sont déjà bien épanouies.
Je continue les infusions en admirant cette superbe invitation à l’inauguration d’une exposition qui sera certainement grandiose. Je ne serai pas à l’inauguration vendredi mais j’irai la voir fin septembre. Je serai à Nantes à partir du 25 septembre. J’y retrouverai mon club avec joie pour fêter le "15e jour de la 8e lune, une fête traditionnelle chinoise", encore du bonheur en perspective.
Comme tout est beau sous le soleil. Et je suis rassurée, le colloque du thé aura bien lieu dimanche.
Je me retrouve donc dans ma pièce préférée et je me plonge avec gourmandise dans la lecture de cette superbe brique qui n’est pas un simple catalogue de l’exposition.
En effet, il n’apparaît qu’à partir de la page 94. Je dévore avec passion ce qui précède. J’en suis à l’historique détaillé de l’évolution de la préparation du thé et de sa maîtrise de plus en plus grande, et je ne suis encore qu’à la dynastie MING (1368-1644). Je tombe en arrêt sur un passage de la page 33 :
Et là, l’illumination ! Je sors de mon armoire à trésors ce cadeau de Li-Ping et Sanmao que je n’avais pas encore ouvert, cette poudre de Dan Cong…
Et je prépare de quoi en faire un thé fouetté. Je choisis le beau cadeau d’Olivier comme bol (voir le 6 septembre) et me voilà plongée, un peu émue, dans le temps.
La poudre a une vague odeur de caramel, j’en verse une partie dans le bol, sa couleur beige ressort bien.
Mais dès l’eau versée dessus, la surprise : le liquide prend une couleur foncée mais par contre mes coups de fouet, énergiques pourtant ne donnent pas le résultat escompté.
Je ne désespère pas cependant, je recommence de plus belle, c’est un peu mieux mais je n’aurais certainement pas gagné de concours organisés à cette époque ! (p. 32) :
J’en transvase la moitié dans un zhong et rajoute alors de l’eau bouillante. Le résultat est surprenant et me rappelle des souvenirs très forts : les cafés grecs ! J’adorais l’épaisseur de ce liquide bouillant qui tapissait l’intérieur de la bouche, je le buvais « sketto » (sans sucre) accompagné de grands verres d’eau. Des tas de visages me sont alors apparus : Marina, Loula, Elefteria, Heleni, Stelios, Panayotis, Yannis entre autres, et ces interminables conversations parsemées d’éclats de rire…
J’achève mon premier bol avec toutes ces images d’un temps où, amoureuse de la Grèce, j’y allais parfois même pour un WE prolongé selon une formule très intéressante, je me présentais à l’aéroport avec seulement un bagage cabine et s’il restait des places, j’embarquais, si je me souviens bien l’AR tournait autour de 5 mille anciens francs belges… belle époque!
Puis vint le tour du zhong, et devant mes yeux éblouis, je vois cette fois se profiler ces montagnes du Phoenix, à moins que ce ne soit les magnifiques arbres du parc de Mariemont… J’arrête de rêver et vais continuer ma lecture…

Nous voilà au complet, l'atelier peut commencer. Après quelques mots sur les caractéristiques des thés verts, je montre comment se servir du zhong. A ma droite Michèle, Séverine et Mélanie observent attentivement la façon de faire, ce sera bientôt à leur tour.
A ma gauche, même concentration chez Chantal, Sybille et Dominique.
Puis la même chose avec le set de dégustation, et toujours la même concentration, c’est vraiment émouvant pour moi de voir à quel point ces simples objets ont un effet apaisant sur le groupe. Chacune suit à son rythme, peut compléter son carnet de notes personnelles.
Les questions permettent à chacune d’affiner ses connaissances.
Chacune s’exprime sur la saveur du thé, pour les unes, c’est la première infusion qui plait le plus mais pour la plupart, c’est la deuxième. Et chacune constate que la 3e est la plus douce. Viennent ensuite les "exercices pratiques". Rien de scolaire évidemment, mais il me semble que c’est en manipulant les objets qu’on peut se rendre compte de ce qu’est vraiment l’infusion d’un thé vert à l’aide d’ustensiles peu répandus chez nous.
Chacune choisit un des 2 ustensiles, je suis impressionnée par l’atmosphère qui se dégage de cet "exercice".
J’admire aussi la précision des gestes, le sérieux qui les accompagne, comme une sorte de recueillement. L'explication viendra plus tard, les participantes ont vraiment aimé ces rituels.
C’est ça aussi l’esprit du thé, le respect pour ces feuilles qui ont demandé tant de travail avant d'arriver jusqu'à nous, mais cela ne se décrète pas, cela se vit.
Comme se vit l’échange, le partage : chacune offre une coupe.
Le plaisir se lit sur les visages et moi je suis émue, comme chaque fois que je constate ce que provoque le thé.
Cet atelier s’achève maintenant, il fut trop court pour les participantes. Merci à vous pour ces beaux moments. Mon souhait est que cette boisson vous apporte cette sérénité que j’ai acquise grâce à ces feuilles magiques. Et merci à toi aussi Fanou d’organiser ces dimanches magiques et de me permettre de partager ma passion.