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dimanche 26 février 2012

Jour après jour...

Il est des moments dans la vie qui nous apprennent que l’on peut toucher l’inaccessible, qui nous révèlent ce qu’on ne soupçonnait pas en nous. C’est ce que je découvre depuis près de 15 jours avec émerveillement et beaucoup d’émotions. Ma plus ancienne amie vit ses derniers jours terrestres et va partir comme elle a vécu, en conquérante. Elle n’a plus de famille biologique, elle a beaucoup travaillé à l’étranger, je suis le seul lien qui lui reste en Belgique. Depuis mercredi, je sais que chaque minute est comptée, alors j’ai mis mon quotidien entre parenthèses, mais pas le thé dans lequel je puise ma force et ma sérénité. Et être sereine dans ces moments, ce n’est pas évident, partagée que je suis entre la promesse que je lui ai faite et l’envie égoïste que l’échéance ne soit pas trop proche. Deux de mes petites-filles ont souhaité aller chez Cha Yuan pendant cette semaine de congé, alors, c’est ce que nous avons fait vendredi. En les attendant, j’ai choisi un Pu Er en vrac infusé en gong fu. La première arrivée, Emilie n’avait pas encore goûté ce thé si particulier. Conquise dès la première gorgée, par ce "thé qui réchauffe et qui est moins liquide que les autres." Sa sœur Sarah partage ce plaisir. Arrive maintenant le choix des plats, et celui du thé. Ce sera un Matcha frappé au lait de soja, un vieux classique pour elles. Le cha soba avec des baguettes, c’est tout un art… En attendant le dessert, Mimi se fait les poumons… J’aime ces moments de bavardages, de rires, d’intimité aussi avec des petites-filles qui ont si bien grandi, cela réjoui mon vieux cœur un peu fatigué. Merci mes chéries, vous êtes des trésors. Combat de dragons de papier… Et le dessert, ces perles de dragon précisément qu’elles aiment tant. L’heure tourne, il est bientôt temps de quitter ce lieu chaleureux. Tandis que Sarah va passer son permis de conduire, je rentre avec Emilie. Direction mon salon bleu-thé pour une séance de "tricothé" … sans thé mais avec du Sobacha. Ces heures m’ont vraiment fait du bien, je me suis détendue à leur contact. Hier et aujourd’hui, nous avons préparé la "cérémonie du passage", encore d’autres moments quasi indicibles. En rentrant tantôt, j’ai continué à relire Ressusciter, de Christian Bobin dont j’ai aimé tous les livres, particulièrement celui-ci dont quasi chaque paragraphe est sujet à méditation. "Les visages sont les plaques sensibles des âmes – ce sur quoi, après ce qu’il aura fallu de temps et d’obscurité, elles se révèlent."

dimanche 19 février 2012

Un week-end très doux

Si je bois toujours autant de thé, j'ai par contre pour le moment beaucoup moins de temps pour le partager et cela me manque. On n'apprend pas facilement à maîtriser le temps, et pendant ce temps, le temps passe. Et hier, il a passé de belle manière grâce à un coup de téléphone très tentateur, j'avais pourtant décidé de me poser, de ne rien "faire"! Mais comment résister à la Magie du thé, et de l'amitié? Et à l’accueil toujours si souriant, si Céline quoi ! A peine installés, nous nous adonnons à notre passe-temps favori : papoter et boire du thé dans ce lieu à l’ambiance si particulière. Evidemment, nous avons reparlé Dragon, celui-ci sera bientôt transformé grâce aux doigts de fée de Michelle.Merci à vous deux pour cette superbe idée qui m’a permis de me sortir d’un quotidien un peu difficile pour le moment. Et ce matin, j’inaugure ce beau bol, cadeau de Michelle qui décidément n’en fera jamais d’autres ! J’ai bu cet O. Great Ceylon tea en pensant à mes 2 généreux donateurs : Guillaume pour les Feuilles et Michelle pour ce joli bol qui donnent au thé cette saveur supplémentaire, celle d’un beau geste d'amitié. Merci à vous deux, vous me gâtez… Après un peu de lecture, comme chaque jour depuis une semaine je vais rendre visite à ma chère amie Chantal, hospitalisée. Elle livre son dernier combat à la bête comme elle nomme son cancer mais cette fois, elle ne gagnera pas. Les moments passés ensemble sont précieux et indicibles. En rentrant, je veux découvrir le contenu de ce mystérieux petit sachet reçu de Michelle, encore elle, elle est décidément incorrigible! Un petit livret l’accompagne mais tout est en chinois également, je sais seulement que cela vient de Hangzhou. J'ai besoin de me poser, je vais donc l'infuser en gong fu.A peine ouvert, le contenu du petit sachet ne fait plus de doute, il s’agit d’un Pu Er. Le parfum est celui typique de la terre. Il me semble percevoir également une odeur de fruits cuits.Je l’infuse dans ma théière Grande Anse, bientôt je vais découvrir la saveur de ces parfums. Effectivement, j’y retrouve ce que j’ai senti, avec en plus une note sucrée, qui donne à l’infusion une grande douceur. Il est plus de 17 heures maintenant, la lumière donne à la théière une couleur particulière, très chaleureuse. Le soleil entame maintenant sa lente descente, ce qui donne au salon une lumière assez chaude. Je laisse vagabonder mes idées et j’en oublie de transvaser le breuvage qui devient donc très foncé mais pas opaque. A ma grande surprise, le thé reste très doux. Je continue les infusions, j’aime ces gestes précis et lents qui me permettent de profiter pleinement de l’instant. L’infusion devient plus pâle, la saveur s’atténue mais reste douce et sucrée. J’observe avec intérêt les feuilles qui ont tout donné à présent, mais sont-ce vraiment des feuilles ? On dirait plutôt des petites branches ; je vais les laisser sécher pour voir ce qu’il en est exactement. Merci chère Michelle pour cette belle surprise qui a provoqué de belles émotions gustatives. En savourant chaque tasse, j’ai pensé à notre prochaine rencontre, n’oublie pas la laine et le modèle (= message codé pressant… )Et ce soir, je passe à la tisane : Confiture de grand-mère, un vrai délice. Et comme le suggère le sachet, je "déguste cette infusion en laissant vagabonder mon esprit". Je pense également avec émotion à mon adorable filleule qui, à peine remise, passe ses nuits au chevet de sa grand-mère. Courage ma Puce, et merci pour tes mots de ce midi, je n’oublierai jamais.

mercredi 11 janvier 2012

Encore une belle journée, pleine de contrastes

Après une longue nuit réparatrice dont j’avais grandement besoin, je me lève pleine de bonnes résolutions. Mais d’abord un thé, j’ai envie aujourd’hui de jouer dinette avec cet élégant service, évidemment le pot à lait est vide, mais il est si joli qu’il servira de décoration. Et le thé de ce matin sera un O. great Ceylon de chez ThéOdor ; il m’a fallu le temps pour l’apprivoiser, mais comme c’est un cadeau, il a de toute manière une saveur particulière et très douce ; je le déguste en pensant à mon généreux donateur. Normalement, j’aurais dû mettre à exécution mes bonnes résolutions du jour. Mais "malheureusement", mon mari a contrecarré mes plans en m’apportant une grande enveloppe venant du facteur… Tant pis, je devrai une fois encore procrastiner, quelle tristesse ! La carte d’abord: j’apprends que sur cette place se trouvent 3 trésors, un glacier, une librairie et last but least, Ailleurs à Bordeaux, LA maison de thé dont j'ai déjà beaucoup entendu parler, c’est décidé, je vais planter ma tente sur cette place et je ne suis pas certaine d’avoir la patience d’attendre le printemps pour aller là-bas… Après avoir admiré l’emballage, un plan de Bordeaux (je ne savais pas qu'ils connaissaient mon absence totale de sens de l'orientation... j'ai bien ri) je découvre 3 trésors : un Pu Er, un Shiraore et un mystérieux "Thé d’Orient", une certitude, c’est un Oolong très torréfié, mais après : Feng Huang, Rou Gui, ou peut-être même Fée des Eaux, je dois l’infuser à nouveau demain. Merci à vous deux, Ségolène et Patrick… Après-midi studieuse, je retourne au cours…Mais avant l’effort, le réconfort. Michel, Mon prof, qui dans une autre vie fut mon étudiant (il y a 20 ans paraît-il), boit pour le moment du thé parfumé, il a choisi Jour J. Et alors, ce thé ? Il lui plaît, pas de doute, il est presque en extase. Ce n’est pas tout ça, mais c’est l’heure du cours de … photo. Pendant plus de 2 heures, j’écoute, je note, j’essaie. Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est qu’il a appliqué une pédagogie que j’ai prônée toute ma vie antérieure : "Enseigner, ce n’est pas répondre à des questions que les élèves ne se posent pas." Et donc, il est parti de mes nombreuses questions. Les feuilles sèches de Jour J après la leçon, mieux mises en valeur grâce à un meilleur positionnement de l’éclairage. Moins bien réussies, les feuilles infusées, mais j’y arriverai. Surtout que j’ai décidé de me procurer un matériel un peu plus performant pour faire des essais avant mon deuxième cours. Merci Michel, tu as très bien fait cela, m’épargnant un jargon théorique, je n’aurais rien retenu. "Learning by Doing" fait partie de l’archéologie pédagogique mais me convient très bien. Ce n’est pas tout cela, mais le thé me manque, je n’ai pas "osé" interrompre le cours, je vais me rattraper. Je sors un des trésors bordelais, le Shiraore, ça tombe bien, je n’en avais plus ! Trois passages pendant lesquels je pense à mes généreux donateurs, rencontrés chez Thés de Chine, un autre haut-lieu pour célébrer le thé comme je l’aime, le 12 novembre dernier. Ségolène et Patrick ont également un blog que je vous recommande vivement : http://the-tea-cha.blogspot.com/ . Je ne connais aucune autre boisson qui unit à ce point des personnes d’horizons différents, qui ne sont pas appelées à se rencontrer. La seule explication : une même passion et la compréhension de cet Esprit du thé fait de partage, de respect, même si nous avons chacun notre chemin, notre Cha Dao. A chaque gorgée, je pense à tous ceux qui ont compté dans ma voie, ils sont ma famille du thé. Les feuilles infusées dégagent un parfum quasi envoûtant, je vais les laisser dans mon cocon jusqu’à demain avant de les rendre à la terre. Merci la vie...

dimanche 18 décembre 2011

Entre colère et tristesse, et puis douceur...




Après un bref regard sur le jardin et en voyant ce pauvre faisan frigorifié, je me retranche dans mon cocon bleu-thé, mon île à moi, comme l'a si joliment baptisé Vanessa au début de ce blog. Ma première tâche est de choisir un thé et d'habitude, il s'impose à moi c'est en général soit un Yunnan, un vert japonais ou encore un English breakfast pour le coup de fouet nécessaire. Aujourd'hui, je n'avais envie d'aucun de ceux-là. Alors, j'ai d'abord installé le décor et choisi la théière. Et tout de suite, la seule boîte qui complétait bien l'ensemble s'est imposée, gris perle et turquoise. C'est l’O. Great Ceylon, de chez ThéOdor. Il me rappelle un bon souvenir et l'appréciation très comment dire... directe de ma filleule (http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2011/12/aujourdhui-ce-fut-saint-nicolas-noel-et.html). ue vais-je en penser? En général, je peux dire après quelques gorgées d'un nouveau thé si je l'aime ou pas. Ici, c'est plus compliqué: ce que je goûte n'excite pas mes papilles, par contre la rétro olfaction m'intéresse, une légère amertume un peu sucrée... C'est un thé qui ne se donne pas immédiatement, il demande à être apprivoisé. Ce qui est évident par contre c'est la saveur incomparable qui s'en dégage, celle de ce beau geste d'Amitié, l’Amitié, une valeur inestimable. Mais le cerveau humain est bizarre : une image douloureuse me revient, celle d'un très petit cercueil blanc vu hier soir au journal télévisé... (8) C'est celui de la plus petite victime d'un tueur monstrueux. Le petit Gabriel, 17 mois, a reçu une balle dans le crâne, il était dans les bras de sa maman, il lui a donc sauvé la vie. Cette maman brisée va devoir vivre avec cela, le monde à l'envers. Pour calmer cette rage, violente et inutile qui monte en moi, j'écoute en boucle 2 chansons d'Yves Duteuil: "Prendre un enfant" et "Les enfants du monde entier". Cela m'a rappelé un autre épisode atroce, l'arrestation d'un autre monstre. Nous étions à Heathrow, dans un de ces clapiers de luxe, la chambre 824. Nous revenions de 5 semaines au paradis, ces îles seychelloises dont nous sommes tous les deux amoureux, quand mon mari m'annonce la nouvelle, la télé anglaise annonçait la fin du cauchemar. Le contraste était choquant, cela m'a hantée pendant des semaines, je le revis aujourd'hui. Je suis alors allée rechercher un de mes carnets de voyage, celui dans lequel j'ai noté tout ce que ce traumatisme national m'inspirait, l'écriture est un bon moyen d'exprimer l'indicible... Ma violence de l'époque m'a fait peur, il y a des mots qui tuent... je ne l'avais jamais relu et n'ai pas été au bout aujourd'hui. Heureusement, il y avait le thé... J'ai des dizaines de Moleskine, je ne pars jamais sans eux en voyage, que ce soit pour un jour ou un mois, je les relirai un jour... Je ne suis pas encore calmée malgré un bol d'air dans ce jardin encore trop blanc et surtout le dîner partagé avec un mari pourtant apaisant. Retour dans mon cocon, un thé de lecture et ce livre dont chaque parole est d’or. Et cette musique qui d’habitude me détend. Cela n’a pas suffi cette fois, il faut que je m'occupe les mains, je vais donc à la cuisine pour préparer des soupes et un navarin d’agneau pour demain. En remontant, je croise mon mari qui m’offre un sourire entendu que je connais très bien… il est allé "s’aérer " à Bruxelles et n’est pas revenu les mains vides. Il est aussi passé par la serre et m’a ramené cette "mauvaise herbe", je sais où je serai et ce que je boirai après le souper! Dès que l’eau est versée sur la citronnelle, je me retrouve à +/- 9 mille km d’ici. Il y a du thé à Mahé, une petite plantation pousse sur le Morne blanc, c’est par là que je termine chacun de nos voyages, mais soyons de bon compte comme on dit à Litch, ce thé n’est pas exceptionnel, loin de là et est en général mélangé à du Ceylan… Par contre, ces petits gâteaux n'ont pas leur place ici, ils vont regagner le frigo.La musique aidant, une multitude d’images se bousculent dans ma tête tandis qu’infusent ces feuilles odorantes. "Zil zoizo", 1 km sur 450 m, tête d’épingle émerge de l’océan "endyen" au milieu de nulle part , celle qu'on l'aperçoit sur la pochette du CD; pendant 3 semaines au moins nous vivons en symbiose totale avec la nature, snorkeling et natation avec les raies et tour de l’île 2 à 3 fois par jour pour moi, observation des oiseaux pour nous deux, le seul endroit au monde où j’arrive à me détendre complètement ! Avant cela, Praslin et cette fabuleuse vallée de Mai, où poussent ces cocos de mer immenses, à la démesure de cette forêt. On les appelle aussi coco fesses, on se demande bien pourquoi… Et c’est également de là que viendrait l’expression "cucu la praline"… L’infusion parfume mon île à moi de ces senteurs tropicales, je vais rechercher mon carnet de voyage pour relire tout ce que j’ai écrit dans ces lieux d’une beauté stupéfiante, propres à la méditation, où on est loin de la société de consommation et où on se retrouve vraiment dans ce jardin d’Eden… C’est ici en effet que se trouve le paradis, il est bien sur terre, "Sesel o mon pei". Les feuilles on tout donné à présent, il est temps de revenir sur terre. Je bois ma dernière tasse de citronnelle en pensant à deux de mes petites-filles qui ont examen demain. Courage mes chéries, je sais que vous allez cartonner. Ici se termine une journée vraiment très particulière.

mercredi 7 décembre 2011

Aujourd'hui, ce fut Saint Nicolas, Noël et bien plus encore!

Quelle fabuleuse journée! Et pourtant, en me levant les premiers signes d'un attaque sont apparus: les yeux qui piquent, le nez qui se prend pour une fontaine et la gorge qui se transforme en pelote d'épingles! Mais je ne vais pas me laisser faire: jus de citron chaud et miel (beurk), propolis.Et mon premier thé: un Silver Needles dosé un peu plus que d'habitude. Mais le verdict est là, je le goûte à peine! Je dois laisser agir les "remèdes" sans doute... Mais pas question de me priver de cette boisson, je ne peux plus m'en passer. J'ouvre la boîte de Zheng Shan Xiao Zhong, et le parfum de fumé me chatouille les narines, si je sens je vais donc aussi goûter. Même si je le perçois moins prononcé, tout n'est pas perdu. Par contre, pour la lecture je renonce à ma bible et me plonge dans quelque chose plus à mon niveau ce matin. Je dois cependant l'abandonner très vite, j'ai les yeux qui piquent, alors pour faire tourner plus rapidement les aiguilles de l'attente, je me concentre sur la musique... Aujourd'hui est un jour particulier, je reçois ma filleule, nous allons fêter saint Nicolas, et Noël. Première étape, le resto, où nous aurons tout le temps de papoter de l'entrée au dessert. Véro choisit du saumon et moi une soupe de poisson. Bien que nous soyons à la Moule à gogo, leur spécialité, elle choisit un steak, moi je reste fidèle aux moules. Et là, c'est la catastrophe: je ne leur trouve aucune saveur alors que je goûtais très bien la soupe. Puce les a goûtées, il n'y a rien à leur reprocher. Ce sont donc les sales bêtes qui attaquent. Tant pis, je me consolerai avec un café viennois (mais à part qu'il est glacé et un peu sucré...), Véro se délecte d'un café liégeois, oufti... Elle me raconte alors son fabuleux voyage à Ceylan avec son langage très imagé, je m'y serais crue. Très frappée par la gentillesse des sri-lankais, admirative de la nature mais choquée des traces laissées par le Tsunami. Elle a aussi découvert les plantations de thé, impressionnée par le dur labeur des cueilleuses. Elle m'a également parlé de son ... filleul, un petit Guillaume qu'elle gâte déjà, il a 3 jours, ça promet! Je suis donc devenue grand-marraine, on a bien ri ! Et elle a pensé à sa marraine, pourquoi ne suis-je pas étonnée? Je lui avais pourtant dit que pour ce que j'en connais, je n'aime pas les thés de Ceylan. Nous allons donc découvrir ce thé vert. En ouvrant la boîte j'ai l'impression de sentir une odeur d'alcool camphré... cela commence fort! Par contre la couleur orangée de l'infusion ne fait pas penser à un thé vert, fusse un Gunpowder, parce que c'en est un. Et le verdict est sans appel, il n'a rigoureusement aucun goût! Et ce n'est pas moi qui le dis. Elle est pourtant jolie cette couleur... Tout en chipotant dans ces feuilles qu'elle commente: «ça ne ressemble à rien et c'est plein de branches", sa sentence est définitive: "Jette ça, Marraine, tu m'avais dit que tu n'aimais pas les thés de Ceylan mais j'ai voulu essayer" . Jeter, il n'en est pas question mais je le garderai pour faire du thé à la menthe. Je sors alors cette boîte, un thé vert de ... Ceylan et surtout un des cadeaux de mon généreux donateur. Non Puce, ça ne se mange pas, non mais! Elle sent vaguement quelque chose, mais quoi? Moi je n'essaie pas. En voyant les feuilles on ne peut douter qu'il s'agit d'un thé vert. Après 2 minutes d'infusion à 80°, il sort de la théière un liquide "qui sent le vert". Mais malheureusement, ici aussi la sentence tombe: "il a plus de goût que l'autre, mais il ne casse pas la baraque". Inutile donc que j'essaie. Pourtant les feuilles brillantes sentent le thé vert, je suis triste de décevoir ma filleule, comment se fait-il qu'elle n'accroche pas? Je le saurai très vite.Elle examine les feuilles, en me disant que je devrai le refaire quand mon odorat, et donc mon goût, sera revenu. C'est vrai que je suis déçue.Mais que se passe-t-il? Elle se sert à nouveau, le thé est moins chaud et a plus de goût maintenant, mais "cela ne vaut pas les thés japonais quand même". Et elle ajoute, devant mon air dépité: "Marraine, tu m'as habituée à l'excellence, ne t'étonne donc pas que je devienne difficile." Joli compliment et très belle perche! Je sors alors cet autre cadeau, j'ai eu beaucoup de mal à laisser intacte cette belle boîte, mais je voulais partager son contenu avec elle. Pendant qu'elle note les conseils d'infusion de ce Yamato Kabuse Sencha: 90 secondes à 70°, je prépare les ustensiles en me demandant si je vais pouvoir apprécier ce thé que je ne connais pas. Je l'avais humé chez ThéOdor, rue des Sablons, impressionnée par cette belle promesse d'émotion gustative... Enfin, dès la première gorgée, ma Puce est séduite. La deuxième confirme. "Enfin du bon thé!"Et à la troisième, elle est au Nirvana! Et moi aussi parce que je savoure enfin ce thé qui dépasse même le Gyokuro et je n'ai pas toutes mes facultés gustatives, qu'est-ce que cela va être alors? Et ce n'est pas fini, je lui montre les feuilles qui dégagent un parfum de jeunes pousses d'épinard. Je me demande à quoi sert la jolie cuillère... Elle se pourlèche les doigts et les babines et la conclusion tombe, évidente: "Marraine, je ne veux plus que celui-là, ThéOdor c'est de l'or", et en plus la boîte est top, c'est presque assorti à un mur de ma cuisine. Le hic, c'est qu'un cadeau, surtout celui-là, ne se refile pas (sauf quand on ne l'aime pas), mais je le réserve à notre consommation exclusive. Je sais déjà qu'il sera sur la liste lors de ma prochaine visite à la crèmerie. Merci à mon généreux donateur pour ce cadeau royal, tu as fait deux heureuses aujourd'hui. Malheureusement les heures passent trop vite, il est déjà temps de nous quitter.J'étais sur un petit nuage et j'ai failli oublier… Heureusement, elle pas. Mon coup de foudre ne risque plus rien! Merci ma Puce adorée pour ces moments hors du temps passés avec toi. Bonne chance pour tes peintures Feng Shui, je suis curieuse de voir ça! Et pour Paris, c'est quand tu veux!