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vendredi 11 février 2011

Noir, cest rouge !

Aujourd’hui, ma journée sera consacrée, sous différentes formes, à mon occupation préférée. Studieuse d’abord : je dois préparer le texte sur les thés noirs (rouges) pour l’atelier du 13 mars prochain. Et pendant ce temps, je ne bois que de l’eau. Mais je peux aussi faire une pause, thé évidemment. C’est ce que j’ai fait après avoir écrit le premier jet de ce que je souhaite faire passer. Pour rester dans l’ambiance, il fallait un accord avec l’écrit, et théière et thé furent vite choisis. Il me faut rester sur le noir, ce sera donc un Ron Cha, ce thé rouge de Taïwan de chez Thés de Chine. C’est un bon thé de lecture, et je ne m’en prive pas. Quinze pages sont consacrées aux thés noirs et ce que je lis me surprend ! (Et ce n’est pas la première fois, l’auteur appelle thés noirs foncés les thés post-fermentés) Il y est question de thé noir "Gongfu, destinés à l’exportation" et surtout de thés en poudre, qui m’intrigue plus encore. Dois-je comprendre qu’il s’agit de thé "soluble" ? Je découvre qu’ils sont classés en 4 catégories, d’après les machines de coupage et de broyage utilisées : en feuilles, en grains, en petits morceaux, et le summum, en poudre dont je ne résiste pas à noter la description (page 80): "Ils se présentent en véritables miettes, dont la couleur est noire ou brune, l’infusion est noire foncée, le parfum très léger et l’infusion très acre", j’en frissonne. Et plus loin, les principaux pays consommateurs sont : "L’Egypte, le Soudan, le Liban, la Syrie, l’Irak, le Pakistan, l’Angleterre, l’Irlande, le Canada, le Chili, l’Allemagne, les Pays-Bas et les pays de l’Europe de l’Est". Et en effet, je me souviens avoir il y a bien longtemps de cela, avant que je devienne "théinomane", bu au Caire ce qu’on appelle le "thé égyptien", une espèce de boue posée au fond du verre que l’on dilue à l’eau chaude. J’avais le choix entre un sachet… jaune et cela, et comme je voulais découvrir les spécialités… Cela m’a laissé un tel goût en bouche, que c’est à ça que j’ai pensé en lisant ce qui précède. C’est le seul mauvais souvenir que je garde de ce superbe pays. Heureusement, là-bas il y a aussi le Karkadé, et cela pour moi a été un vrai délice, j’en buvais tout le temps. Je referme ici ce livre qu’il faudra que je reprenne pour percer le mystère des thés noirs en poudre, je pense que ce sera une connaissance intellectuelle, la gustative, je ne la sens pas vraiment. Pour me décentrer un peu de ce que j’ai lu, jachève mon thé et je vais préparer le repas de midi. Puis, je mets en forme le texte de l’atelier, avec une nouvelle interruption-thé. Je pourrais ici parler de continuité dans le changement: même thé de lecture, mais théière qui pourrait illustrer "noir c’est rouge". Même si la lumière tamisée de cet après-midi très gris montre une infusion acajou. Je relis Le livret du dégustateur de thé, de Lydia Gautier dont je me suis largement inspirée pour mon atelier. Puis je passe au coffret et je sélectionne les fiches consacrées aux thés noirs. Et quelle ne fut ma surprise en tombant sur cette énigmatique appellation thé rouge GONGFU. Et sur 2 fiches ! Si j’avais déjà épluché les fiches consacrées aux thés verts et oolong, c’est la première fois que je lis celles-ci, et j’ai bien fait. J’apprends que ce fameux "Gongfu est un grade en Chine pour le thé rouge, il correspond à une cueillette fine, contrairement aux qualités Souchong correspondant à une cueillette grossière". Voilà donc une énigme résolue, je ne me souviens pas avoir déjà lu cela, je me coucherai donc ce soir "moins bête" selon l’expression d’une amie qui se reconnaîtra… Je suis alors interrompue par un mari hilare, faisant irruption dans mon salon, les mains derrière le dos. "Je ne reste pas, mais je t’offre cela" dit-il en me tendant une boîte en fer blanc présentée par l’arrière. Je suis estomaquée, que signifient ces chiffres et que contient cette vieille boîte même pas belle? Je suis très loin de me douter de ce que je vais découvrir, j’attends la suite. Et là, tout s’éclaire : l’hilarité de mon mari et le contenu improbable de cette boîte que je trouve tout à coup si précieuse mais tellement légère que je la crois vide. Xavier me dit qu’elle ne l’est pas mais veut que je devine ce qu’il y a dedans ; à son air mystérieux et un rien sceptique, je comprends vite que je ne trouverai jamais. Et pour cause ! Ces œufs de merle font partie de sa collection qu’il a commencée tout gamin. J’ai bien ri surtout en regardant de plus près les conseils de préparation. Et connaissant l’artiste, il aurait été capable à l’époque, de jeter le thé pour y mettre ses trésors, sa pauvre mère en a vu avec un tel garnement. Mais je resterai sur ma faim quant à l’origine de cette boîte détournée. Le calme revenu, j’achève le Ron Cha avant de me remettre devant mon PC pour compléter le texte sur les thés noirs qui m’ont réservé tant de surprises aujourd’hui.

vendredi 12 novembre 2010

Une journée très improbable dont je ferais bien mon ordinaire...

La nuit a été très mouvementée : fortes pluies et vent violent, cela craquait de partout et nous n’avons pratiquement pas fermé l’œil. Mais ce matin, soleil et température incroyablement douce. Pas de gros dégâts au jardin, seules les branches mortes sont tombées, ouf. Je suis un peu "vaseuse" voire grincheuse, pas envie de grand-chose d’autant que j’aurais dû être à Strasbourg... La consultation de mes courriels va effacer cet état ! Sylviane m’annonce entre autres une superbe nouvelle: "Le weekend à Londres aura lieu les 13/14/15 mai 2011; nous avons tenu compte de ton voyage à Taïwan, des vacances scolaires etc... (…) Si tu as des adresses à Londres, hôtels, musées, lieux de thé intéressants pour nous etc.... tu peux te manifester sans problème". Et je ne me le fais pas dire deux fois ! Mais d’abord, je me mets dans l’ambiance londonienne… Et un peu de tristesse aussi, j'avais acheté ceci au Musée du thé, c'était ma première rencontre avec son fondateur, une superbe rencontre dont je me souviens encore avec beaucoup d'émotion. Théière Wedgwood et sa tasse assortie, et un Temi. J’ai découvert ce thé en lisant le livre de Jane Pettigrew(Encore une superbe rencontre!). Je n’en avais évidemment jamais entendu parler et c’est chez Harrod’s que je l’ai découvert.Il y a bien sûr les guides généralistes, et une double page consacrée à cette boisson nationale, le titre me fait rire. "L'art de lever le petit doigt" : vive les clichés du genre "vieilles dames anglaises buvant le thé", mais passons. Ce qui m’intéresse vraiment, ce sont ceux-ci, tous deux écrits par Jane. Grâce au premier, j’ai découvert 2 salons dont Higgins : l’accueil y était chaleureux et j’ai été heureusement surprise par l’Assam, un thé que je connais très mal et que je n’apprécie guère, est-ce l’ambiance du lieu, sans doute. Et comme chaque fois, j’ai fait dédicacer mon précieux guide. Quand j’ai rencontré Jane à Paris, elle me l’a également dédicacé et elle m’a surtout noté d’autres adresses, son "Tea lover’s guide" n’était pas encore sorti. Je vais enfin pouvoir m'en servir!C’est assez excitée que je feuillette cette Bible, entre autres "Watch your Language : English as spoken in London" et surtout "To tea or not to tea". Et puis, je reste en arrêt devant le Cutty Sark Clipper Ship, il est à nouveau visitable, ce sera pour moi un incontournable. J’arrête ici sur cette bonne nouvelle, je reprendrai cette mine d’or plus tard, notre visite est dans 6 mois, pas 6 jours...Ma théière est vide, plus besoin maintenant de ce tea cosy (anglais évidemment). Je reprends maintenant mon activité initialement prévue, mais je veux rester dans l’ambiance, je prépare un Ron Cha de chez Thés de Chine et la théière est toute trouvée, je l’ai achetée à la Tea House de Londres: 15 Neal Street, Covent Garden). Et bien sûr, c’est avec beaucoup d’émotions que je feuillette une fois encore Novelty Teapots, écrit par feu Edward Bramah, qui m’avait tellement marquée lors de nos rencontres. Je ne sais si j’irai revisiter son Musée, j’y suis allée à chacun de mes séjours mais sans lui… Et que sont devenues les théières, elles faisaient partie de sa collection personnelle. Tout en sirotant ce Ron Cha, j’ai une pensée pour Bernadette que je n’ai pas eu la joie de revoir à Nantes, c’est une de ses thés préférés. J’espère qu’elle sera des nôtres en mai ! Pour me calmer je commence par réaliser l’encolure, pas besoin de trop de concentration ; par contre pour le dos… Puce, j’arrête pour ce soir, je suis un peu sonnée (qui a dit qu'en vieillissant, on a besoin de moins de sommeil?) Et donc, si jamais tu n’aimes pas ou que tu changes d’avis à la vue de ceci, dis-le-moi avant demain (MDR). En résumé, une superbe journée qui m’a fait voyager, rêver, et me souvenirs de merveilleux moments.

vendredi 12 mars 2010

Contretemps - temps et rythme du thé

Ce n’était pas le bon jour… J’avais des amis à dîner ce midi mais les pauvres ont dû décommander à la dernière minute, l’état de la maman de mon amie s’est brusquement aggravé, impossible de la laisser seule; j’avais à peine raccroché qu’un autre coup de téléphone m’apprenait que ma maman, qui vient d’être opérée avec succès, est tombée. Sans gravité semble-t-il mais elles ont toutes les deux un âge plus que respectable : 87 et 88 ans, ce qui suffit à faire naître une certaine inquiétude. Cet après-midi, c’est mon mari qui est allé la voir, il était prévu que j’aille demain et nous n’avons pas voulu changer les choses pour ne pas la perturber. Je me suis donc installée dans mon refuge, avec l’intention de me préparer un Matcha pour anticiper la joie de revoir ma chère Framboise mardi. Le rapport entre les deux est simple, après un thé chez Cha Yuan, un souper chez Mitsui et une plus ou moins longue nuit mercredi, nous nous rendons ici : Exposition Chawan 茶碗 du 23 janvier au 21 mars au Musée de la céramique Andenne, rue Charles Lapierre, 29 – 5300 Andenne. http://www.ceramandenne.be/expositionchawan/ . Mais je me suis vite aperçue que je n’avais pas l’esprit assez libre pour préparer ce thé délicat. J’ai donc choisi un thé plus "facile", qui ne demande pas trop de concentration, c’est le Ron Cha de chez Thés de Chine.Et une musique légère pour libérer l’esprit et rentrer dans le rythme du thé. Pour l’expo sur les Chawan, il ne reste qu’une semaine mais au mois de mai, on passera du Japon à Taiwan… Du 9 au 16 mai : Invité à l’occasion de la Biennale de la Céramique, dans le cadre d’un échange d’artistes avec le Musée de la Céramique de Yingge (Taïwan), le céramiste Fang-Yi CHU, Grand Prix du Jury de la Biennale de Taïwan de 2008, sera en création à Andenne. Rue Charles Lapierre, 29 – 5300 Andenne. Un musée de la céramique rue Lapierre… il faut le faire, cela ne s’invente pas ! Et même si je n'y ai pas pensé tout de suite, le Ron cha était un bon choix... c'est un thé taïwanais...

mardi 31 mars 2009

Le lendemain de la veille

Nez bouché,
Gorge irritée
Eloignent le Thé…

Ces trois lignes résument mon calvaire d’hier. Mais aujourd’hui cela commence à aller mieux, les microbes nantais semblent ne pas apprécier le climat du Brabant flamand et c’est tant mieux ! Il faut dire que cette fois j’ai dérogé à ma devise habituelle qui est: c’est venu (presque) tout seul, cela repartira tout seul, et je leur ai infligé un traitement dont ils ne se souviendront pas puisque la plupart sont morts et que les survivants, très affaiblis, se terrent avant de disparaître.

Nez débouché,
Gorge moins irritée
Et revient le Thé !

Mais pas n’importe lequel encore. Je resterai sur les thés rouges aujourd’hui. Le Tumsong pris au petit-déjeuner commençait à ressembler à ce que je connais, ouf !
Je remonte alors dans mon salon bleu-thé parce que j’ai décidé d’entamer la lecture de cette brique dont les illustrations sont vraiment magnifiques. Il me faut pour cela un breuvage et c’est en ouvrant mon armoire à trésors que j’ai eu un fou rire homérique, qui a fait monter mon mari qui se demandait le pourquoi de ces "gloussements" interminables... Il était là, le RON CHA. Non mes microbes n’ont pas atteint mon cerveau et vous allez vite comprendre ! Il faut pour cela revenir à dimanche passé chez Li-Ping et Sanmao. Une de nos conversations a tourné autour de ce fameux Ron Cha, Bernadette nous a dit, emballée, que c’était un de ses thés préférés (ce nom me disait vaguement quelque chose mais impossible de savoir quoi) et cela n’a pas fait tilt même quand elle a dit qu’elle ne le trouvait que chez Thés de Chine. Et c’est ce matin que tout s’est éclairci, ce Ron cha est là, bien à l’abri dans ce beau sachet si typique ! C’est un thé rouge (noir) taïwanais ! Je ne l’avais pas encore goûté parce que je n’en sais pas plus et ne suis pas retournée à Paris depuis que je l’ai acheté ! C’est donc Bernadette qui est à l’origine de ce fou rire, (et que ça fait du bien malgré une mâchoire un peu endolorie…) J’ai donc décidé qu’aujourd’hui, il allait passer ... à la théière. Et toujours le même rituel quand je découvre un nouveau thé : set de dégustation et Lu Yu. Les feuilles sèches semblent assez petites, dans un camaïeu de bruns assez foncés tirant sur le gris. Infusion de 3 grammes, 4 minutes dans une eau à 90°. Les feuilles infusées sont magnifiques au niveau des couleurs, elles laissant apparaître aussi quelques brindilles. L’infusion très ambrée a un goût prononcé et comme une odeur de cuir neuf mais je sens que mon olfaction reste perturbée, je ne m’avancerai donc pas plus. Je peux seulement dire, et cela avec certitude, que je l’ai bu à la santé de ces théophiles nantais que j’ai hâte de revoir… Par contre, la lecture de la brique et surtout la dégustation de ce Bai Mu Tan, ce sera pour plus tard, mon fabuleux voyage dans la Belle Ile a occupé toutes mes pensées pendant cette matinée. Mon esprit a vagabondé là-bas, dans tous ces jardins où la cueillette doit déjà battre son plein je suppose, je pense une fois encore à ces cueilleuses dont le dur labeur se transforme en bonheur dans nos tasses. Vivement 2010!