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jeudi 6 septembre 2018

Il est revenu le temps du PU ER...

L'automne météorologique est bien là avec ses brumes matinales, un fraichissement de la température et une faible lumière . Pour le moment, j'en suis ravie ! Il est revenu le temps du Pu Er, de ses parfums et de ses saveurs improbables : pour faire court, les sous-bois, les champignons, les fruits cuits mais il faut être dérangée pour aimer le goût du cuir, de l'écurie, de la ferme, comme celui des vieilles caves ou des greniers. Cela tombe bien, c'est tout ce que j'aime par ces temps frisquets, humides et sombres. Après le petit-déjeuner, retour dans mon cocon. 
Un ciel tout gris encore mais sans les brumes matinales. 
Beaucoup d'émotions en installant le matériel qui me rappelle des très beaux souvenirs avec la découverte de ce thé surprenant, il y a près d'1/4 de siècle chez
Thés de Chine. Un vrai coup de foudre... qui dure toujours ! C'est à ma chère Cathy que je dédie ce billet (+ message codé) … 
J'ai choisi ce
Yi Wu 1998, un village cité dans La Mémoire du Thé. 
Réveil des feuilles d'abord, 
mais je ne me résous pas à jeter cette première infusion, très douce et incroyablement sucrée après quelques instants seulement. 
J'allie à présent la dégustation de ce breuvage mythique et des citations de ce roman qui ne me quitte plus.
"Le goût doit être légèrement amer quand le thé entre dans la bouche, puis vient la sensation fraîche, mentholée qui s'attardera sur les côtés de la langue et ouvrira la poitrine suivie par un parfum qui remontera de la gorge". 
Les tasses se suivent et toujours les émotions gustatives qui les accompagnent. Mais j'ai évité un drame, le pot de réserve m'a échappé des mains et à cogné la tasse à boire sans dégât heureusement. Les deux sont irremplaçables, le pot de justice fait partie du set créé en 2002 pour les 10 ans de
Thés de Chine et la tasse vient du Musée du Thé à Musha. J'ai eu chaud mais Lu Yu veillait! 
Par précaution, j'ai préféré continuer avec un pot de justice en verre. 
Les saveurs évoluent, même compressées et âgées les Belles continuent à développer de nouveaux goûts :
"J'espère voir émerger des arômes et des goûts spécifiques : orchidée, lotus, camphre, abricot ou prune (...)". 
La couleur devient plus ambrée, aux notes de fruits cuits succèdent maintenant des notes plus boisées et de camphre aussi. Plaisir des sens, je suis en paix, mon âme est comblée. Mais le temps passe, je dois regagner la terre, et retourner chez ... le dentiste. J'espère pouvoir garder ma sérénité. 
Je laisse les Feuilles se reposer et, si je ne garde pas dans la bouche le goût laissé par le dentiste, je continuerai les infusions ce soir pour retrouver
"le huigan, sensation de bouche et goût de retour".
Il ne faut pas rêver, impossible de les faire disparaître, elles passeront la nuit bien à l'abri, il me reste les souvenirs… 

mercredi 22 septembre 2010

Une dégustation pleine de surprise, et d'interrogations!

Aujourd’hui, après une séance d’acupuncture je file à Bruxelles, direction le coiffeur, et la un fou rire! Je vois dans le miroir le visage du coiffeur se figer et je l'entends me dire: "Excusez-moi, mais vous avez une grande aiguille piquée dans votre crâne, qu'est-ce que je dois faire?". Je lui explique d'où je viens, je ne crois pas qu'il sait exactement ce qu'est l'acupuncture, il ne sait pas ce qu'il perd... Et puis Cha Yuan où je retrouve avec bonheur Jean-Benoît et Sanmao, très occupés à tester de nouveaux thés. Après m’être sustentée, je demande à Sanmao de découvrir avec moi cette galette très spéciale. Elle en prélève 8 g qu’elle dépose dans un zhong qu’elle rince d’abord quelques secondes. Pas le zhong, les feuilles! Les feuilles apparaissent brillantes et assez foncées mais ne dégagent aucun parfum encore. Elles sont plus petites que je n'imaginais en voyant la galette.Comme la photo ne le montre pas, l’infusion est brillante, cristalline mais grisâtre, Sanmao y perçoit des notes végétales, de résineux, boisé, Jean-Benoît du métal et moi vaguement du fumé, mais pas beaucoup de goût et pas quelque chose qui ressemble à du Pu Er. Par contre, je trouve jolies les feuilles infusées. Elles sont souples, brillantes, irisées même pour certaines. Je poursuis seule les infusions suivantes, toujours aussi grisâtres. Les feuilles se développent de plus en plus et virent au mauve foncé. L’infusion par contre devient plus tannique, j’ai dans la bouche cette sécheresse que je trouve dans les Darjeeling first flush, cela me donne soif. A mon avis, je dois laisser mûrir cette belle galette encore si jeune. Mais je ne m'explique pas pourquoi ces feuilles sont tellement foncées, comme si c'était du cuit, alors qu'il a été cueilli et préparé en avril. Ah là, là, je ne sais pas encore grand chose, ... et c'est tant mieux! Inutile de dire que j'ai bu à la santé de mon généreux donateur! Un dernier regard à cette longue feuille si souple et je m’apprête à quitter ce lieu de thé. J’avais dans l’idée d’aller chercher des gâteaux de lune au supermarché chinois, c’est aujourd’hui le 22 septembre 2010 : fête de la Mi-Automne ou Fête de la Lune 中秋节 (zhongqiujie), mais j’ai renoncé, je n’aime décidément plus la ville, trop de bruit, d’énervement, d’embouteillage, de klaxons intempestifs. Quant à cette belle fête et ses légendes, j’en parlerai demain, en dégustant un Tie Kwan Yin impérial, reçu de Pierre ce matin, encore de bons moments en perspective.