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samedi 30 septembre 2017

Une fin de mois comme je les aime!

Continue sur ta lancée, c'est ce que je me suis dit ce mercredi 
en voyant l'état de la balustrade mais je ressentais encore les séquelles de la veille après le jardinage, je me suis donc abstenue... Pas pour longtemps ! 
Ce jeudi matin, malgré un ciel menaçant, j'ai décidé de m'y mettre. 
Mais d'abord mes rituels : choisir le thé qui me donnera des forces sans faire battre mon muscle : ce sera le Balasun, fort en théine mais très doux en bouche. 
Tandis que l'eau chante dans la bouilloire, un coup d'oeil sur le charme qui revêt ses couleurs d'automne, beau camaïeu de jaunes... 
Plaisir des sens, émotions et pas que gustatives, ce thé me rappelle une merveilleuse journée à Grandville : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2017/08/retour-au-paradis-premiere-partie.html, moments hors du temps à jamais gravés dans ma mémoire... Je ne sais pas encore quand, mais c'est certain j'y retournerai ! Je m'attaque à présent à la balustrade, je veux qu'elle redevienne blanche ! 
Et quelques heures plus tard, voilà le travail ! 
Le restaurant est regarni, j'aurais dû repeindre les boiseries mais ce sera pour l'année prochaine. 
Le ciel s'est paré de bleu et blanc, l'après-midi sera douce.
Retour dans mon cocon pour le thé de la récompense : un Daehsan Nokcha
infusé dans ce magnifique set coréen, encore un cadeau de mon généreux donateur, il donne au breuvage des saveurs chaudes, celle de la grande Amitié qui nous lie à jamais... 
Après deux passages, les Belles ont commencé à s'épanouir mais elles n'ont pas encore tout donné. 
La liqueur se teinte légèrement de vert et une douce astringence apparaît à présent. Quand j'ai vu le set pour la première fois, j'ai eu l'impression que le pot de justice était un peu disproportionné, mais dès la première infusion, j'ai compris qu'il n'en était rien, il a juste la bonne taille pour recevoir le contenu de cette théière que je croyais beaucoup plus petite qu'elle n'est. 
Neuf infusions plus tard, les Feuilles se sont pleinement épanouies, elles ont fait tant de bien à mon âme, 
elles vont maintenant enrichir la terre, la boucle est bouclée, je suis bien. Cet après-midi, j'attends ma chère Anne-Marie, elle n'est pas venue les mains vides... 
Ce colis est enfin arrivé de Taiwan, il contient LA théière gravée du Sutra du coeur, celle qui a provoqué chez moi un choc émotionnel quand je l'ai vue pour la première fois lors d'une fabuleuse rencontre le mois dernier :http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2017/08/ichi-go-ichi-he.html, gravée avec le sutra du coeur, j'ai senti qu'elle serait mienne. 
J'attends le Pu Er commandé pour la baptiser. 
J'ai reçu pour mon anniversaire un fabuleux cadeau de ma chère belle-fille, je n'ai pas voulu le découvrir seule, je voulais le partager, et pas avec n'importe qui ! 
C'est en tremblant un peu que j'ouvre le sachet doré, 
une explosion de parfums, à dominante fleurie envahit nos papilles. Avant même d'y goûter, nous sommes déjà au nirvana... 
Les feuilles, d'un beau camaïeu de vert, sont délicatement posées dans la théière. 
Anne-Marie y détecte le parfum capiteux des fleurs blanches 
6g, 80°, quelques secondes plus tard... Emotions gustatives intenses, nous sommes toutes les deux du côté de Pingling! 
Les infusions se suivent, toujours ces parfums fleuris et en bouche, se mêlent maintenant de légères saveurs de fruits, lychee, pêche blanche. 
Nous en sommes à la sixième infusion, les Belles commencent seulement à s'ouvrir, jusqu'où vont-elles nous emmener ? 
Un autre rituel... Merci chère Anne-Marie. 
Jusqu'ici j'avais infusé une théière à la fois, mais le pot de justice peut recevoir deux fois le contenu de cette théière ! 
Nous en sommes à la douzième infusion, Anne-Marie doit malheureusement rejoindre ses pénates mais nous avons déjà pris date pour d'autres moments d'extase... A très vite donc ! Merci pour ces moments hors du temps, nos échanges toujours si riches, nous étions au coeur de l'âme du thé et de l'amitié... 
J'ai du mal à quitter ce lieu empreint d'une atmosphère si particulière, je jette un oeil sur ce petit dépliant qui me fait penser un peu à un parchemin : Monsieur Wei, l'actuel propriétaire, 80 ans, appartient à la quatrième génération de ces cultivateurs de cet exceptionnel Baozhong introduit dans le Whenshan il y a 150 ans. Celui que m'a offert ma chère belle-fille est un thé de concours, le meilleur que nous ayons jamais dégusté. J'ai rempli la petite théière d'eau froide pour voir ce que les Belles offriront après une nuit... 
Ce vendredi matin, le fond de l'air est doux, comme l'est la lumière. Je me suis empressée d'aller goûter le Baozhong froid, je n'en attendais pas grand chose, c'est quand même la treizième infusion, j'avais tort, la liqueur est d'une incroyable douceur, je ne résiste pas, je l'infuse une fois encore à chaud, 
je n'ai pas de mots pour décrire "ce parfum qui se boit", 
MERCI ma chère Hsiaolin, ta générosité envers moi est sans limite... Je te revaudrai cela. 
Un dernier regard sur ces Belles et une infinie reconnaissance envers celles et ceux qui ont veillé sur ce trésor vert, en ont cueilli les feuilles, les ont traitées avec savoir-faire et passion. 
Elles vont maintenant retourner à la terre pour l'enrichir . Zéro déchet donc mais grande richesse... 
Un bon moment avec ma chère Catherine, au programme : thé, un vieux Tie Kwan Yin, papotage, thé, papotage... On se revoit demain, j'ai hâte. 
Après-midi sur ma terrasse, dans la théière, un Hojicha 
Au restaurant, des mésanges, une sitelle aussi mais impossible de les immortaliser, dès que j'allume l'appareil, elles s'envolent, elles aussi semblent vouloir leur droit à l'intimité... Des instants d'éternité. 
Il ne faut cependant pas oublier que l'automne est à la porte, il suffit de regarder le ciel ! Ce samedi, dernier jour du mois sera gourmand, d'abord 4 heures d'atelier culinaire animé par Catherine : ambiance très animée, nous nous sommes régalées, MERCI chère Catherine, à très vite ! Ensuite, chez mon amie Martine, grand-mère d'un petit Thomas de 15 ans, que ses parents ont rejeté parce qu'il est autiste, il faut beaucoup de progrès, il a été déclaré Asperger, il a une incroyable talent en dessin, mais malheureusement, il les déchire de manière très géométrique dont il fait des puzzles. J'aurais voulu immortaliser cette belle journée mais rien n'est parfait, j'ai oublié mon appareil photo. Ainsi s'achève ce mois de septembre dont je ne veux retenir que les bons moments, merci la Vie...
 

dimanche 23 février 2014

Une fin de week-end en apothéose

Rituels, toujours les mêmes, jamais exactement pareils cependant. 
Sauf peut-être le rituel-santé, surtout L’Essence de pollen de théiers, le petit sachet des 3 étranges thés par contre évolue au fil des infusions, il donne encore ses bienfaits même après 15 passages, près de 2 semaines...  Je ne l’ai jamais poussé plus loin, sans doute le pourrai-je, je demanderai à Guang Yuan cet après-midi, eh oui, Source de Lumière, un autre rituel du dimanche, mon mari, lui, parle d’addiction… Si j’étais présente physiquement, mon esprit était à Essaouira… Un petit passage en cuisine pour préparer le velouté de betteraves pour Cha Hua et départ pour le Japon. 
J’ai hâte de découvrir ce Ooita kabusecha griffé Magie du thé
En humant les feuilles sèches assez grandes, certaines plus roulées que d’autres, tous les parfums du pays du soleil au printemps levant se sont offerts. 
Je les ai retrouvées en plus subtil dans le bol, avec une fois encore cette saveur particulière et très enveloppante de l’Amitié. Merci ma chère Fanou, c’est avec toi que je le partage. 
Musique de méditation mais surprise avec des notes de darbouka, en arrière-fond…  Le Maroc n’est pourtant pas si proche du Japon. 
Petit à petit, comme magie, je suis pleinement dans ces jardins où ont été enregistrés ces morceaux envoûtants. J’achève la deuxième infusion, ce thé reste à la fois puissant et très doux. 
Le disque est terminé, je tente une 3e infusion pour accompagner cette bible de Valérie Douniaux Le guide des thés du Japon, comme je l’ai déjà dit, bien plus qu’un simple guide, ici entre autres : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2011/12/voyage-dans-lautre-pays-des-thes-verts.html . Je suis impressionnée par cette dernière, grande douceur encore et des notes légèrement  sucrées. 
Les feuilles infusées sont d’un beau vert brillant. J’aurais pu tester l’autre cadeau de ma chère Fanou mais je préfère rester sur les saveurs de ce Ooita kabusecha et aller sur ma terrasse pour écouter le chants des oiseaux et admirer le soleil qui joue avec les ombres des arbres. 
Il fait très doux aujourd’hui, 12° déjà. Après le dîner j’ai voulu me préparer un thé, je n’en aurai pas l’occasion, mon mari m’appelle pour me signaler que le RTBF diffuse un reportage sur Marrakech et … Essaouira ! Pas grave, je me rattraperai cet après-midi, je dois reconnaître que le thé ne m'a pas manqué. 
"Le printemps est arrivé, 
sors de ta maison". 
C’est ce que je fais 
en attendant Cha Hua. 
Ravies de nous retrouver, direction ce lieu comme un autre rituel, dominical, celui-là. 
Guang Yuan et Sheng Cha sont prêtes à nous emmener au paradis.  
Premier thé, un Tie Kwan Yin de juin 2013 collection 
privée de la région de Mucha. 
Explosion de parfums fleuris, ne dit-on pas que le thé est un parfum qui se boit… 
même après la dixième infusion. En réponse à la question de Monica, Guang Yuan explique d’où vient ce nom. Et j’ai encore appris ! En Inde Kwan Yin est une émanation masculine du Bouddha, je ne le savais. En Chine, par contre bien qu’étant la même émanation du bouddha, c’est une déesse en hommage aux femmes dont la vie est bien plus dure que celles des hommes. 
 Les feuilles n’ont pas encore tout donné. 
Eh oui, Cha Hua, elles sont belles. 
Elle n’est pas la seule à les admirer. Sur 8 amis du thé, 6 nationalités Différentes entre autres une jeune femme sibérienne qui parle un français impeccable… Elle enseigne le français dans sa Sibérie natale où elle nous apprend qu’à cette époque de l’année il fait – 50°. A la pause, je ne sais pourquoi, je lui demande son prénom, c’est Sanguilana qui, dans sa langue, signifie BONHEUR, tiens, tiens… 
Deuxième TKW de 2002, un Chen Nian Tie Kwan Yin, littéralement Tie Kwan Yin des ans anciens
La théière blanche a accaparé toute la lumière laissant ce nectar dans l’ombre. 
Liqueur jaune brillante 
La dégustation parle d’elle-même : saveurs puissantes avec des notes caramélisées (mais pas de banane cuite = message codé à quelqu’un qui se reconnaîtra…). 
Au fur et à mesure des passages apparaissent des saveurs plus boisées, des notes grillées aussi. 
Comme chaque fois, elles n’ont pas encore tout donné après 10 passages, on pourrait même aller jusqu’à 30. La torréfaction a été plus poussée pour la conservation.
Après les Oolongs, les Pu Er. 
Ici, un Zi Dayi 2004. C’est en fait la fameuse 7542 de la célèbre fabrique de Menghai, elle a porté ce nom jusqu’à la privatisation de l’entreprise en 2008, son nom actuel est Dayi. 
Rituel de l’infusion, celui de l’offrande ensuite
Les parfums d’abord 
Et enfin la dégustation. J’ai du mal à apprécier ce thé, je ne sais pourquoi, peut-être une minéralité trop présente ? 
Très belles feuilles infusées, camaïeu de bruns avec des notes verdâtres. 
Parfum très doux alors que l’infusion est pour moi très fougueuse, presque agressive pour ce Pu Er cru de 10 ans
Une petite pause pendant laquelle, j’admire ces belles jarres, mais pourquoi donc n’ont-elles pas de couvercle ? 
 Guang Yuan donne la réponse, anciennement, elles n’en avaient pas, on les couvrait d’un tissu pour aérer le contenu. 
Encore un bel objet… 
Après la pause, Guang Yuan nous présente ce petit panier 
d’où elle extrait cet énigmatique papier rouge. 
Tout comme les galettes sont souvent présentées en tong, ce mystérieux thé, ici de 1980, se présente par six. 
Je suis intriguée, j’ai hâte d’en savoir plus. 
C’est un Liu An 1990, mais kèzako ? C’est un thé noir du Hunan issu de thés sauvages, conservé dans des feuilles de bambou. . Je suis enchantée, je n’ai jamais bu de thé noir autre que les Pu Er
Première infusion. 
J’ai hâte de découvrir cette famille que je ne connais pas. Grande douceur de cette liqueur composée de thé noir mais aussi de quelques plantes médicinales, très discrètes (+/- 3 feuilles sur les 500 gr de thé). 
 Tout en continuant les infusions, Guang Yuan nous explique que ce thé soigne les problèmes digestifs, chasse l’humidité du corps, il est donc bon en cas de rhume. 
C’est en tout cas un thé d’une infinie douceur, très apaisante. A propos de ces thés noirs, Sun Yi Shin est la maison la plus connue dans la manufacture de ces thés. 
Les belles n’ont pas encore tout donné, personnellement j’aurais aimé que cela continue… 
Peut-être ne suis-je pas la seule, n’est-ce pas Monica ? Encore un Pu Er… mais rien que son nom fait déjà saliver : 
Retour à la simplicité naissante 1988
Celle-ci est Tong Qing, la reine des galettes sur laquelle on peut voir soit un cheval et un dragon, soit 2 lions. 
Première infusion de ce presque vieux shu… 
Ici, je n’ai plus de mots…
On touche à l’âme du thé. 
C’est dans un silence religieux que chacune savoure ce nectar. 
Passage après passage, la liqueur se fait plus sombre mais tout aussi brillante.
Grande concentration pour s’imprégner de ces subtils parfums 
avant de se pénétrer des saveurs. Si le  Liu An 1990 était le thé de la relaxation, celui-ci est celui de l’apaisement total. 
Cette magnifique séance 
se termine en chanson, merci Cha Hua et Sheng Cha pour cette mélodie envoûtante qui parle à l’âme. 
Je n’ai pas résisté, Source de Lumière me prépare ce thé noir du Hunan
Encore une belle étiquette, appelée nei fei parce qu’elle est collée à la "brique". Merci à vous toutes pour ces moments magiques, hors du temps, je quitte toujours ce lieu de paix un peu différente du moment où j’y suis rentrée. Je pense à une pensée de Socrate qui dit à peu près ceci : "Donnez-moi la beauté de l’âme pour que l’intérieur et l’extérieur soient en harmonie" C’est ce que je trouve ici à chaque fois…