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dimanche 29 mars 2009

Ce fut l'apothéose!

Ce dimanche, nous avons rendez-vous à 11h30 chez Li-Ping et San Mao, dernière étape de ce WE bruxellois pour ces infatigables théophiles nantais. Au programme : dégustation de 2 thés, "légère" collation (j’avais convenu avec San Mao de quelques petites bouchées vapeur et un potage…), et un dernier thé avant le retour. Vous allez voir comment tout cela s’est traduit en chinois ! Nous sommes répartis en 2 tables: Pascale, Guillaume, Françoise, Danielle et Dominique avec San Mao ; Sylviane, Bernadette, Eric et moi avec Li-Ping. Chaque thé est présenté par San Mao, et comme on peut le constater, Li-Ping l’écoute avec attention. Le premier est un thé vert d’Anhui, le Lu An Gua Pian (Tranche de melon de Lu An), dont la cueillette est particulière : uniquement la 2e feuille. Nous apprenons aussi que la terre est fertilisée par des chauves-souris. Nos hôtes ont choisi une théière en verre parce que le thé refroidit vite et surtout pour voir le spectacle : la danse des feuilles. Pascale, Guillaume, Françoise admirent les gestes précis et harmonieux de San Mao tandis que Danielle et Dominique prennent note ("ordre" de la présidente...). Pas de couvercle pour ne pas cuire les feuilles. Nous admirons les feuilles après 3 infusions tandis que nous recevons des conseils de conservation : au frigo et une double protection, le sachet bien fermé dans une boîte hermétique. Le suivant est un thé de rocher, le Shui Xian qui provient d’un théier centenaire. Et à notre table, nous le dégustons dans des bols du même âge. Celui qui nous est proposé a été traité le premier jour de la cueillette, il est donc très jeune. La cueillette se fait en pliant les branches (le théier mesure 2 mètres). Les feuilles infusées sont vraiment grandes. Impressionnant.Vient maintenant le moment du repas avec comme mise en bouche des œufs de cailles traités de manière très thé… Arrive le repas "frugal", comme je vous l’ai dit, je ne connaissais pas la traduction chinoise mais voyez la photo. Alors que jusqu’à présent une joyeuse animation régnait, le silence tout à coup s’installe, les convives font honneur à ces gâteries. Puis le dessert: glaces au Matcha et au Pu Er et haricots rouges bien à l’abri dans une pâte de farine de riz au coco. Le tout accompagné de thé vert glacé à la fleur d’osmanthus et à la citronnelle. Mais que cherche donc Sylviane?Le 3e thé proposé nous emmène au Sichuan, c’est un Gong Fu Mao Feng, un essai réalisé par un professeur d’université. Les feuilles sèches, composées du bourgeon et de 2 feuilles sont très sombres et contrastent avec les feuilles infusées très cuivrées (et un peu surexposées par le flash). La couleur de la 1e infusion, assez pâle fait place à une couleur plus ambrée à la 3e infusion. Une fois de plus, j'ai eu du mal à mettre des mots sur ce goût que je connaissais pourtant. J'ai finalement mais difficilement trouvé, il m'a fait penser à ce fabuleux Jukro, je vais m'en préparer un dès demain.Un hôte particulier vient nous rejoindre, connait-il seulement son bonheur ? Il a 7 vies l’animal, nous n’en avons qu’une et encore tellement de choses si belles à découvrir et de moments forts comme ceux-ci à vivre. Je crois la séance terminée mais Li-Ping me glisse à l’oreille une suggestion, il trouve le groupe tellement sympathique, passionné qu’il me demande s’il peut proposer un 4e thé. Je suis aux anges, en effet depuis le début j’observe attentivement les réactions de chacun, je ne vois que plaisir et joie sur les visages, alors une telle proposition ! Nous avons donc droit à un trésor : un thé de rocher de 1992. Dommage que la photo ne dégage pas le parfum de cette merveille ! Pendant que San Mao fait passer le sac doré, Li-Ping nous parle de sa rencontre avec Monsieur Lu, le producteur passionné de ce thé de garde. Il est non seulement passionné mais perfectionniste, à tel point qu’un jour il a appelé un de ses concurrents, ils se sont enfermés dans une pièce et pendant des heures ont fait des essais pour améliorer la qualité de ce thé… Et, excellente nouvelle, son fils est atteint du même virus, la relève sera donc assurée. Un bon thé de garde ne peut se faire qu’avec un très bon thé au départ et un séchage très précis au feu de bois. Avec ce thé le goût évolue très fort d’une infusion à l’autre, cela va des champignons au chocolat en passant par la châtaigne. Elle devient de plus en plus soyeuse, suave mais même après 6 infusions aucune astringence ni amertume, du beurre, quelle douceur ! Il suffit d’observer les convives pour voir qu’ici on atteint des sommets ! Et vient la fin de ces moments magiques et intenses, des mercis chaleureux à nos 2 hôtes, je vous souhaite un merveilleux voyage dans votre pays, celui des "dix mille" thés (ce qui signifie une infinité). Chacun s’en retourne maintenant vers son destin, mais je sais que nous nous reverrons. Nous avons encore tant à partager ! Mais j'ai l'impression tout à coup que les mots sont trop pauvres pour traduire toutes ces émotions que nous procure cette boisson magique. Merci à tous pour ces moments si riches, j'en redemande...

lundi 2 mars 2009

Du virtuel au réel, premier épisode

Je continue maintenant ce billet commencé hier, il se fera en plusieurs étapes.
Ce WE fut dense et riche, entièrement consacré au thé. En effet, Loula et son ami Frédéric sont venus découvrir la réalité des thés dans cette capitale qui, loin de valoir Paris dans ce domaine, recèle cependant quelques trésors et quelques "Personnages". Je vais essayer de vous faire participer à l’événement, malheureusement je ne sais ce qui s’est passé mais les 2/3 de mes photos sont ratées… il faudra donc se contenter de peu. (Et sans personne: vu son métier, Loula ne souhaite pas apparaître sur Internet). Pour commencer ce périple, goûter à la maison, je leur ai fait découvrir un thé du Sikkim, un Temi (dont j’ai déjà ). Installation puis premier grand RV chez Li-Ping et Sanmao où nous retrouvons Thomas. Là, nous avons été gâtés (pour changer…). Nous avons eu droit à 2 thés en apéritif, le premier fut un Pu Er Mao cha "matière première", cela commençait très fort pour moi, en effet, j’avais reçu ce thé le 4 janvier dernier et j’avais voulu l’infuser chez moi. Aujourd’hui, je sais comment faire et ce qu’est exactement ce thé curieux. Il a été cueilli en 2006, torréfié quelques minutes puis séché au soleil pendant une seule journée et retourné à la main, il n’est donc pas compressé, d’où son nom "matière première". J’en parlerai plus en détails un de ces jours quand je l’infuserai dans mon salon. D’autant que Sanmao s’est arrêtée à 5 infusions (il y a autre chose au menu…) De même pour le suivant, un 2e Pu Er, cueilli également en 2006 mais celui-ci provient d’un théier âgé de 20 ans. J’ai été particulièrement séduite par l’aspect de ce petit carré qui parait à peine compressé et encore très vert malgré ses déjà presque 3 ans. L’infusion est assez pâle et le reste même à la quatrième. Les feuilles infusées sont très grandes comme on pouvait s'y attendre d'ailleurs en observant la mini brique. Sanmao nous explique que si celles-ci restent élastiques et lisses, c’est un signe de qualité, j'ai encore appris ce soir. Nous passons maintenant à table. Quatre entrées qui ravissent les papilles après avoir ravis les yeux. Je ne vous les décris pas cette fois, les photos parlent d’elles-mêmes. Ensuite les plats, quatre également accompagnés d'un riz blanc. Ici aussi, saveurs subtiles et variées. Dois-je vous préciser que les plats se sont entièrement vidés...Après un dessert nous revoici au salon pour déguster un dernier thé, et pas des moindres : un Shui Xian, un thé de rocher de 1992. Avant même d’y goûter, cela m’a rappelé celui que Thomas avait eu la gentillesse de me préparer quand je suis allée adopter mes belles, je vous renvoie à son blog ainsi qu’à celui de Lionel, ils en parlent tous les deux avec compétence et passion et moi j’ai pris trop peu de notes, j’observais les visages… ils en disaient long. Nous sommes déjà samedi quand nous quittons nos hôtes, après plus de 4 heures de bonheur. Encore merci à vous deux, on se retrouvera très vite.