lundi 8 juillet 2019

La fête des étoiles en plein jour

"La vie est une bougie dans le vent"... Ce proverbe japonais illustre l'énorme changement qui se profile dans ma vie, comme un tsunami il me submerge tellement que j'ai décidé de suspendre ce blogue pour un temps indéterminé mais pas définitif du moins je l'espère… 
Mais je veux laisser un dernier billet pour célébrer Qixi (en Chine) et Tanabata (au Japon) ce dimanche, j'en ai déjà parlé ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2014/08/qixi-en-chine-tanabata-au-japon.html. Ce sera l'apothéose. 
Avant cela, merveilleux moments avec Mimi et Lili, deux brillantes universitaires, l'une a terminé sa formation, l'autre la continuera à Lausanne. Et, cerise sur le gâteau, ma Sarah, de passage à Bruxelles m'a fait l'énorme surprise de les accompagner ! J'ai adoré nos joyeux échanges mes chéries, dans la situation actuelle cela a mis du resplendissant soleil dans la grisaille opaque que je traverse. 
Une petite détente dans le jardin, 
papotage et exercice d'assouplissement... MERCI pour votre joie de vivre mes chéries! Par contre, je suis très intriguée de voir cette surprenante émission que vous m'avez dit que je devais absolument voir, j'ai déjà PRESQUE envie d'être dimanche soir ! 
Surprenante illustration de l'événement bruxellois du moment… 
Première étape de cette journée remplie d'étoiles même en plein jour... Le train qui m'a d'abord menée à la gare du Nord était plein et en retard, tour de France oblige je suppose. Le train pour Anvers, en retard lui aussi, était aussi bondé mais certainement pas pour les mêmes raisons. Cathy m'avait prévenue que ce 7 juillet, tous les magasins étaient ouverts (comme tous les premiers dimanches du mois) mais qu'en plus c'était le début des soldes, j'ai horreur de ça, je ne les "fais" jamais ! 
HEUREUSEMENT, c'est dans une toute petite rue piétonne du vieux quartier que j'ai rendez-vous 
pour fêter Qixi et Tanabata. L'endroit est tout petit (6 tables) sobre et cosy à la fois. J'y retrouve avec joie Cathy, Jef et je fais la connaissance de sa très souriante épouse, maîtresse du lieu. 
Je découvre en salivant ce menu si tentant. 
Le plus dur sera de choisir, tout me tente ! 
Comme boisson d'accueil, une délicieuse tisane de fleurs de chrysanthèmes, très douce, rafraichissante. Il me rappelle de vieux souvenirs... http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2012/11/premier-jour-ca-commence-fort.html, souvenir et nostalgie… 
Notre choix est fait : en entrée du tofu aux petits légumes qui titille nos papilles. 
Au plaisir des yeux succède celui de la dégustation : harmonie des textures et des saveurs, que du bonheur à l'image de celui de nous revoir et d'échanger en toute quiétude loin de la foule. 
Pour suivre, autre préparation de tofu, chaude cette fois. Et ici aussi belle harmonie de saveurs. 
Et une cassolette de poitrine de porc et chou chinois dans un bouillon à la douce saveur, la viande fond dans la bouche. Le tout accompagné de riz. Je retrouve ici le pendant des Saveurs de Yamada, cuisine authentique préparée avec amour et talent, loin des mets standardisés. MERCI chère Cathy de m'avoir fait découvrir cela ! 
Voilà celle grâce à qui nous avons vécu des émotions gustatives intenses, vous êtes rayonnantes toutes les deux, beau résumé de ce que nous avons vécu… 
Toutes les bonnes choses ont une fin, nous traversons cette superbe place à deux pas, affronter le bruit, les odeurs bien moins subtiles et la foule. Ambiance foire du midi… 
Brabo, ce courageux Romain qui tua le géant dont le nom m'échappe (un David contre Goliath flamand), se détache sur ce beau ciel. 
Deuxième station, Biochi, que je ne présente plus. 
Jef a eu les honneurs d'un article dans Happiness néerlandophone ! Calme retrouvé… 
Aperçu de cette alléchante carte, reste à choisir ce que nous allons déguster. 
Le premier sélectionné est un Witte Pioen, Pivoine blanche ou encore Bai Mu Dan
Je salive déjà, je n'en ai plus et j'adore ce thé. 
Quand j'écrivais que j'ai tutoyé les étoiles en plein jour.... Je le partage maintenant avec une Japonaise et une Irlandaise hilares ( = message codé). Moments hors du temps, si vrais, si riches, beaucoup d'émotions et pas que gustatives ! J'ai évidemment immortalisé ces instants mais je ne sais ce qui s'est passé, toutes mes photos sont floues. 
Heureusement Cathy a saisi ces feuilles de Yunnan vert
puis de Wuliang, un thé rouge dont le nom me parle vaguement
mais qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable... Last but not least, un fabuleux Tie Kwan Yin pour terminer en beauté. 
Il ne reste que "quelques" bols vides, MERCI à vous deux pour ces moments fabuleux qui m'aideront à supporter la suite, je n'oublierai jamais... Retour à la maison, il est près de 20 heures, juste le temps d'échanger quelques mots avec mon mari avant d'allumer la télé. J'ai raté les 10 premières minutes de ce programme improbable chaudement conseillé par mes 3 petites-filles en chœur, je m'étais trompée de chaine... L'émission,( accrochez-vous ceux qui me connaissent), s'appelle… Mariés au premier regard ! Même si elles m'avaient tout expliqué en long, en large et en travers, je n'en suis pas encore revenue quant au concept, je ne m'écrierai pas vive la science mais je sais maintenant ce qu'est la "téléréalité", et encore je n'ai vu que le début, je veux voir la suite avec elles ! 
Ce matin, pour prolonger cette merveilleuse journée d'hier, un Bai Mu Dan… 
Tandis qu'infusent ces Belles, je me replonge dans la fiche qu'Olivier Scala a rédigée, j'ai parle ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2011/03/un-bai-mu-dan-salvateur.html
Je retrouve tous les parfums si joliment décrits
et si "c'est un excellent thé du soir", le matin il n'est pas mal non plus... C'est sur ces notes fraîches que j'interromps momentanément mon blogue, MERCI à vous chères amies d'avoir partagé cette dernière journée qui me laissera de si beaux souvenirs qui me donneront la force de faire face au destin…  

lundi 24 juin 2019

Que dire et surtout comment ?

Après un premier week-end flamboyant, les choses ont commencé à se gâter : inquiétude pour la santé de mon mari et ce stress intense que je ne peux contrôler malgré les dérivatifs qui me font tant de bien pourtant : thé, musique, lecture, jardinage… 
Et une visite, trop rare, 
celle d'un petit cycliste venu de Bruxelles à vélo avec son papa tandis que sa maman suivait en voiture. 
Toujours aussi facétieux, le petit monstre... adoré, 
il mange ses kroepoeks en trempant ses doigts dans le verre de bière de sa maman et trouve cela très drôle, son grand-père beaucoup moins... C'est là que j'ai vu qu'il n'était vraiment pas bien. Les jours qui ont suivi ont été chaotiques : pluies violentes, grand vent, j'ai adoré craignant quand même pour les pivoines et les delphiniums. Je n'avais pas tort, plus aucun delphinium, 
les pivoines ont résisté mais j'ai constaté avec horreur que sur les 12 plants, 
il n'y avait que 2 boutons ; après les rhododendrons, les pivoines, mes fleurs préférées à cette époque, que se passe-t-il ? 
Deux jours plus tard, elles étaient en fleur 
mais j'ai constaté avec horreur que les feuilles étaient maculées de taches noires, je n'ai aucune idée de ce que cela peut être mais cela ne me dit rien qui vaille... Cela c'est pour le jardin, cela m'a mis un coup au moral et ça ne s'est pas arrangé, je me suis payé une intoxication alimentaire qui a duré, plus rien ne passait même pas le thé, après 3 jours j'ai réessayé mais cela ne m'a pas réussi, je suis au régime eau depuis, pour combien de temps ? Last but not least, un coffret contenant un merveilleux petit service japonais, cadeau de mon amie Chantal, que je venais d'ouvrir m'a échappé des mains, il ne reste que des morceaux ! Et là, j'ai craqué, j'avais l'impression d'être rentrée dans un tunnel sans fin dont je ne ressortirais plus... Plus envie de rien, je me sentais au bout du rouleau avec l'horrible impression que tout m'échappe, que je ne contrôle plus rien. 
Même le ciel s'y mettait, une pluie diluvienne s'est abattue sur le jardin détrempé, j'ai assisté, impuissante, à la fin des deux pivoines. 
J'ai devancé la limace 
pour sauver cette si belle fleur en la cueillant ainsi que l'autre. 
Et le ciel a enfin retrouvé les couleurs que j'aime, 
c'est bon signe à la veille de l'équinoxe d'été. J'ai repris espoir. 
Un beau ciel uniformément bleu, sans aucun nuage avec seulement la lune venue saluer le jour le plus long. 
Il fait très doux, les oiseaux s'en donnent à coeur joie et moi je profite pleinement de l'instant. 
Dans mon cocon retrouvé, je vais savourer mon premier thé depuis trop longtemps... Joie d'un rituel retrouvé. 
Chaque gorgée de ce doux Daehsan nokcha pénètre en moi comme autant de forces de vie. Retour dans le monde des saveurs et des émotions gustatives, mon âme exulte enfin, je veux que cela dure, il faut pour cela que je retrouve mes forces physiques morales, être plus à l'écoute des signaux de danger, les apprivoiser pour accepter mes limites, ce ne sera pas le plus facile pour la tout ou rien que je suis... Une phrase me revient : Non pas ne rien faire, ni laisser faire, mais plutôt ne rien forcer. En un mot savoir faire juste ce qu'il faut pour que les choses se fassent d'elles-mêmes. Je l'ai copiée dans un de mes carnets de lecture mais je ne me souviens plus d'où elle est extraite mais les cinq points d'exclamation que j'avais ajoutés en disent long sur ce que j'en pensais alors… 
Ciel gris souris pour l'après-midi de ce jour le plus long, lecture et musique mais sans thé, mon estomac n'a pas supporté celui de ce matin, patience donc... Moments intenses : La musique donne une âme à nos coeurs et la lecture des ailes à la pensée. En allant me coucher, je suis inquiète, pourquoi je ne supporte pas ma drogue, je n'ai pourtant pas abusé aujourd'hui, je suis même très loin de mes doses quotidiennes ! Sommeil perturbé malgré ma grande fatigue. Les pluies intenses de ces derniers jours ont transformé la pelouse en savane, j'avoue que j'aime assez, je n'ai jamais apprécié les pelouses domestiquées au point qu'elles paraissent artificielles, mon mari par contre... Il va donc être content, tout va rentrer dans l'ordre, le sien du moins ! 
Petit-déjeuner en compagnie de l'écureuil-oiseau définitivement adopté par la gente ailée. 
Bleu pâle et blanc au ciel, 
sur terre les herbes folles ne résisteront pas longtemps, MERCI ma Puce, le parfum des herbes folles coupées me donnent envie d'un Sencha je l'ai savouré seule, ma filleule est comme moi, quand elle travaille elle ne fait rien d'autre... Trois longues heures plus tard, le gros est fait, restent le fignolage, ce sera pour demain. J'en suis restée à un thé, même constat qu'hier : mon estomac fait de la résistance... Et même nuit perturbée du coup. 
Ce dimanche sera particulier, c'est la dernière fois que je verrai mon petit Dragon... avant le mois de septembre, ils partent en vacances à Taiwan et en Thaïlande toutes les vacances d'été, ce sera très long pour moi, beaucoup plus court pour petit Georges, très excité de retourner dans la Belle Île... Toujours les mêmes rituels, loin d'être lassants me mettent en joie dès que j'ouvre les yeux : admirer cette nature généreuse et apaisante sous un ciel bleu tout doux d'abord. Puis dans mon cocon, choisir un thé, ce sera un "vieux" Long Jing 2018, et une théière qui accueillera les feuilles, faire chauffer l'eau qui les réveillera 
et enfin savourer ce nectar au son d'une musique seychelloise, tous sens en éveil. Mon esprit vagabonde dans ces îles luxuriantes où la nature est vénérée. Et que dire de cet océan indien, Homme libre, toujours tu chériras la mer. Merci Baudelaire... Magnifique journée que j'ai voulu relater en commençant par transférer les photos sauf que je n'avais pas inséré la carte-mémoire dans l'appareil, aucune trace donc de ces moments toujours si particuliers avec un petit Dragon, comment n'ai-je pas vu cela ? Grande tristesse mais des tas de souvenirs dans mon coeur... Je me sens trop lasse ce soir, le billet sera pour demain.