dimanche 10 mars 2019

Lectures palpitantes face aux éléments déchaînés...

Depuis lundi, je connais le nom exact de la douleur persistante à l'épaule : déchirure du tendon + tandinite avec comme traitement Kiné, anti douleur et patience... comme chacun sait, ce n'est pas ma qualité dominante mais il faut que je l'exerce si je veux en être débarrassée au plus vite. Vu le temps, toute cette semaine je me suis retranchée dans mon univers avec pour compagnes la lecture et la musique. Et les Feuilles ! Jeudi, j'ai eu le bonheur de la visite de mon amie Fanou avec qui j'ai savouré un exceptionnel Baozhong, moments chaleureux et intimes. Comme chaque fois avec elle, j'en redemande , ils s'étaient faits tellement rares ces derniers temps... Ce week-end sera donc calme et réparateur. Ce samedi matin, opération courses (merci ma Puce de m'avoir si bien aidée, je te revaudrai ça = message codé). Entre autres passage à la librairie pour retirer ma commande. Pour le reste du temps, ce sera retraite dans mon cocon. 
Dehors le vent se déchaîne, les arbres dansent, les branches s'en donnent à cœur joie mais certaines, trop fragiles ou en fin de vie, ne résistent pas. 
Au programme, la lecture de ces livres tellement attendus ! 
A commencer par Ecoute l'arbre et la feuille de David G. Haskell. Accompagné évidemment d'un thé assorti à la couleur des feuilles de couverture, vert, bio et vietnamien. 
Déjà en lisant la quatrième de couverture, je suis en phase avec l'auteur, il y a quelques minutes sur ma terrasse j'ai joui de tous ces sons que le vent imprime aux arbres, et quand il pleut, c'est encore une autre musique ! Et le nom de Sylvain Tesson m'évoque un autre livre qui m'avait fascinée : Dans les forêts de Sibérie. Déjà MERCI chère Kris, c'est grâce à toi que je l'ai dans les mains aujourd'hui, je sais qu'il va m'enthousiasmer ! Après avoir humé et caressé sensuellement cette brique de 478 pages, tout encore imprégnée de l'odeur de l'encre et du papier, j'ai hâte de découvrir son contenu, résumé en sous-titre sur la page de couverture : Les arbres racontent une histoire millénaire. Si nous savions les entendre... Le livre est divisé en trois parties précédées d'une préface qui résume le contenu de chaque chapitre : "Chaque chapitre de ce livre est consacré au chant d'un arbre spécifique : la réalité tangible du son,sa génèse et nos propres réactions physiques, émotionnelles et intellectuelles. La majeure partie de ce chant se déploie à la limite de l'audible. (...) En tous ces lieux, les chants des arbres témoignent donc d'un univers de relations. (...) Nous ne pouvons rester en dehors de la musique de la vie. Elle nous a façonnés ; elle est notre nature même". Le style est fluide, épuré, les mots eux-même résonnent déjà comme une musique... Chacune de ces notes pénètre en moi et me vont droit au coeur comme ce breuvage mythique pénètre mon âme Le premier chapitre raconte l'histoire du majestueux CEIBO, le nom donné là-bas au KAPOKIER. C'est à pas feutrés que je pénètre dans cette petite partie de forêt amazonienne, "Près de la rivière Tiputini, Equateur 0°38'10,2"S, 76°08'39,5"0" surtout ne rien déranger, ne pas troubler ce équilibre parfait, mais mon coeur bat la chamade, je n'y suis jamais allée et pourtant je suis en pays connu, auquel j'appartiens. L'ode à la pluie achève de m'en persuader : "La pluie.Toutes les deux ou trois heures, qui parle un langage propre à cette forêt. La pluie amazonienne se dinstingue non seulement par le volume de ce qu'elle a à dire (...) mais également par son vocabulaire et sa syntaxe. (...) La pluie tombe en grosses syllabes, et ces phonèmes différent de ceux du langage saccadé parlé par la pluie su la plupart des autres territoires. Si nous entendons la pluie, c'est non grâce à sa chute, silencieuse, mais par le biais des multiples traductions fournies par les objets qu'elle rencontre. Comme tout langage, surtout un langage qui a tant à épancher, et par l'intermédiaire de tant d'interprètes, les bases linguistiques du ciel s'expriment dans une exubérance de formes : martèlement strident d'une averse sur des toits de tôle ; clapotis sirupeux sur les ailes de centaines de chauves-souris, chaque goutte explosant en goutelettes qui retombent dans la rivière sous leur vol rasant ; nuages d'épais brouillard suspendus à la cime des arbres,mouillant les feuilles sans qu'il en tombe une seule goutte – le son d'un pinceau encré sur une page". Je m'imprègne avec volupté de cette atmosphère si particulière comme une assoiffée après la traversée d'un lieu dévasté par un tremblement de terre. L'auteur continue de parler de cette pluie, cette eau bienfaitrice et sa musique et des barrages inventés par l'homme qui le rend sourd à son chant. Plus je chemine avec ce poète à l'observation si affutée traduite sur cette partition musicale, plus je me sens en phase avec ce milieu jusqu'au moment où, l'ayant vécu dans sa chair, il en constate l'hostilité comme autant de fausses notes.
J'ai besoin d'une pause pour digérer ce que je viens de lire : sur ma terrasse, le vent souffle de plus en plus fort et le ciel commence à s'assombrir. La forêt amazonienne ne ressemble donc pas à un paradis, la mienne bien ! Depuis le début de ma lecture, elle est en filigrane, cette inqualifiable, indicible Vallée de Mai sur l'île de Praslin aux Seychelles. 
Après avoir croqué cette gâterie thaïlandaise et découvert cette phrase à laquelle j'adhère évidemment, je vais rechercher mes nombreux albums photos pour me replonger dans ce lieu découvert au siècle passé mais qui reste présent en moi comme si j'en revenais…
La première fois que j'y ai pénétré, j'ai eu la sensation physique que je retrouvais ma première demeure ! Quand j'ai retrouvé l'usage de la parole, j'ai dit à mon mari que j'étais certaine d'être née là dans une autre vie, d'y avoir vécu, je le crois toujours fermement ! Tout était surdimensionné, la lumière à certains endroits ne pénétrait pas tant l'enchevêtrement de ces géants cachaient le ciel. J'étais fascinée par la beauté démesurée de cette nature sauvage mais si protectrice. Mon mari qui mesure pourtant plus d'1M80 avait l'air petit adossé à ces véritables piliers. Chaque fois que nous sommes retournés dans ces îles paradisiaques, c'était notre première étape. A côté des craquements provoqués par le vent, des cris d'oiseaux et au loin le bruit contenu d'une cascade nous offrait un concert unique. Mais ici aucun animal dangereux, nous ne risquions rien. Un jour cependant le vent s'est mis à souffler plus fort et il a commencer à pleuvoir, de ces pluies tropicales violentes qui ne durent pas, les craquements se sont faits plus forts et mon mari voulait qu'on sorte très vite, ce qu'il a fait moi pas, j'ai seulement mis mon K-way. C'est dire que l'extrait qui suit me parle : "Tout ce que l'homme a inventé pour se protéger de l'eau est inefficace et rend l'ouïe confuse. Les imperméables repoussent certes les gouttes mais leur plastique rend la chaleur tropicale encore plus accablante et on mijote vite dans sa sueur"C'est dans cette forêt que poussent les palmiers géants endémiques qui donnent les fameux cocos de mer… 
Le ciel s'est éclairci à nouveau, j'ai besoin d'aller prendre un bain de forêt et enlacer mes arbres, shinrin-yoku , ce qui ne manquera pas d'apaiser le maehlström d'émotions fortes qui m'habitent à la lecture de ce livre et aux souvenirs éblouis qui l'ont fait ressurgir... Chère Kris, encore une fois MERCI mais je ne pense pas avoir été une Waorani dans une autre vie, leur forêt pour grandiose qu'elle soit est aussi hostile, je te cite : Chère Francine, j'ai très souvent pensé à toi en lisant ce livre, "Écoute l'arbre et la feuille", dans lequel il n'y a pas de thé, pas plus que dans les Tea Tools d'Agnes, qui ne produisent que des infusions. Tu devais être une Waorani dans une de tes vies. Bonne lecture! Par contre, je le confirme, je suis née et j'ai vécu dans cette vallée de Mai ! Après le souper, changement radical de registre, je vais passer la soirée avec Et la mort elle-même ne peut rien contre moi un livre écrit par Robert Wauthy, un ancien collègue professeur de français. Je ne savais rien de ce livre mais le titre m'intriguait, il m'a fait penser à un de mes auteurs préférés, Jean d'Ormesson et à son dernier ouvrage posthume, Un hosanna sans fin qui est toujours sur ma table de chevet. 
La quatrième de couverture m'a d'abord laissée sans voix, un polar ! Mais connaissant un peu l'auteur, je sens que l'intrigue ne se laissera pas dénouer si facilement, hâte de découvrir cela ! 
Avant cela, créer l'ambiance et choisir un thé de lecture, il sera noir ce sera Scandale, un Pu Er parfumé à la cannelle. J'y ai passé une bonne partie de la nuit, autant la télé est pour moi un puissant somnifère naturel, autant la lecture... J'aurais tant de choses à dire déjà, à commencer par un choc dès la première page, un mot de vocabulaire qui m'est totalemnt inconnu, mais ce sera une autre histoire... Ce dimanche, horaire décalé donc, j'ai été réveillée en sursaut vers 11 heures par un bruit violent venu de ma terrasse, une bourrasque de vent a renversé une chaise pourtant très lourde. Le spectacle de cette Nature déchaînée m'a enchantée, Fille du vent et de la tempête, je ne peux qu'être comblée. Cela m'a rappelé la tempête de la fin du siècle passé, j'étais allée dehors, portée par le vent dans le dosjusqu'au bout de la propriété mais pour revenir... j'ai dû me mettre a quatre pattes et même ainsi cela n'a pas été commode, mon poids aurait dû m'aider pourtant... Mon mari, qui avait son cabinet avenue Churchill, a mis près de 3 heures en voiture pour rentrer à la maison. Aujourd'hui, je ne m'y risque pas d'autant que la pluie s'est mise de la partie. Je vais rédiger la première partie de mon billet en admirant ce qui se passe dehors, je continuerai mes lectures plus tard. 

dimanche 3 mars 2019

HINA MATSURI

Depuis hier, c'est le printemps météorologique, Février s'en est allé bien tristement dans la grisaille et le froid après tant de journées lumineuses. Et d'évènements heureux, à commencer par le début de l'année du Cochon de Terre qui jusqu'ici m'a porté chance et énergie ! 
Question temps, ce week-end sera du même acabit : un ciel tout gris, lourd de nuages prêts à s'effondrer mais la Nature a besoin d'eau, c'est donc bien ainsi. Et comme mon plan B me réussit, je continuerai à le suivre... Sur ma terrasse, premier rituel de la journée, j'ai eu envie – idée plus que saugrenue - d'un... Pu Er , à 8 heures du matin, ce n'est pas banal. 
Dans le bol, un Langhe Menghai Sheng Bing 2013 en vrac. Les 3 premières infusions m'ont parues assez agressives, trop brutes, il faut dire qu'un Pu Er à jeun, c'est pas banal. C'est même violent et j'ai failli abandonner pour un nectar plus chaleureux 
mais dès la suivante, changement radical, des notes bien plus douces et même légèrement sucrées, on aurait peine à croire que ce sont les mêmes feuilles, un vrai grand écart.
L'infusion qui était d'un bel acajou orangé se fait plus sombre, la saveur devient plus boisée, et même fumée. J'aime ces thés qui racontent leur histoire, jamais exactement la même mais suffisamment proche pour qu'on les reconnaissent, le fond reste le même, tout est dans la nuance. Monde magique, raffiné et surprenant… 
Merci les Belles, une heure en votre compagnie : ma journée a bien commencé. En préparant mon petit-déjeuner composé d'un porridge au lait d'amande, banane, kiwi j'ai ressenti de fortes crampes d'estomac, j'ai trop bien connu cela dans un temps lointain, au siècle passé, j'ai immédiatement pensé à ce que j'ai considéré à l'époque comme une catastrophe : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/mon-histoire-avec-le-th-transfert-des.html et le début de mon histoire d'amour avec cette mythique boisson : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/mon-histoire-avec-le-th-suite-mais-pas.html et https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2008/05/la-rvlation-au-retour-de-giverny.html . Emotion en relisant ces vieux textes... mais je suis certaine qu'il ne s'agit pas d'un ulcère seulement de mon erreur d'aller boire du Pu Er à jeun et en grande quantité. Plus de thé aujourd'hui, il me reste la lecture ! 
Et avant cela, une petite balade tant qu'il ne pleut pas, mais en voyant la température, un bol d'air sur ma terrasse me suffira. 
Je viens de terminer le tome 2 relatant la vie de cette grande dame, je suis bouleversée tant par sa volonté de fer, son caractère très fort, son jusqu'au boutisme effréné que par sa fin de vie, à près de 101 ans, après une agonie de 18 jours à des années lumière de sa vie, assistée par sa fidèle "Tortue". Et que dire de sa devise : "Marche comme ton coeur te mène, et selon le regard de tes yeux" extraite de l'Ecclesiaste. J'ai commencé le dernier tome de cette incroyable vie mais je n'en ai lu que quelques pages intitulées Voyage post-mortem. Je voulais voir ce que me réserve le contenu de ce dernier tome , il reste le chapitre sur son enfance atypique et les 2 derniers sur l'Inde où elle a vécu, la toute petite phrase de la dernière page annonce une Suite et fin dans le tome 4, (Kris, si tu me lis…) j'attendrai donc mais je veux absolument trouver une biographie de celle qui a fait rêver l'adolecente que j'étais. Et bien sûr, relire et lire certains de ses livres... Cette journée qui s'achève m'a fait vivre et revivre des émotions fortes où passé et présent se sont mêlés dans une belle valse de sentiments forts et doux à la fois. Ce dimanche tout aussi gris et pluvieux va me faire voyager, au Japon cette fois. En effet, c'est HINA MATSURI,

qui signifie la fête des poupées, elle célèbre les filles (celle des garçons, KOI-NOBORI a lieu le 5 mai). J'apprends très vite, je vais donc rester prudente et ne pas boire de thé à jeun, ce que je fais pourtant chaque jour, 
mais j'installe déjà de quoi me mettre dans l'ambiance, un peu de nostalgie en pensant à cet univers qui m'a passionnée enfant, que j'espérais retrouver avec mes petites-filles, malheureusement la grande préférait les jeux de construction et les 2 autres les barbies, et cela, ce n'était pas du tout mon univers, j'en ai parlé ici: http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2016/03/aujourdhui-cest-hina-matsuri-la-fete.html 
Je me replonge avec délectation dans ce petit fascicule qui dit tout sur cette belle fête qui n'a me semble-t-il pas d'équivalent chez nous : " LE Hinamatsuri, festival des petites filles, se fête le 3 mars. Les familles célèbrent cet évènement afin de souhaiter du bonheur à leurs filles. Cette fête s'appelle aussi MOMO NO SEKKU, ou festival des fleurs de pêchers. Indissociable du Hinamatsuri, ces délicates fleurs roses, momo, sont le symbole d'un mariage heureux. Cette tradition, originaire de Chine, est très ancienne : à l'époque les gens faisaient des poupées en papier qu'ils jetaient ensuite dans une rivière. Ils croyaient ainsi se protégéer du mauvais sort et des maladies en les transférant sur ces poupées."
Avant de poursuivre cette intérressante lecture, je me prépare un thé de circonstance le J.C. Absolu oolong à la note dominante de pêche, léger et très doux, mon estomac ne risque rien. En le savourant, j'admire l'extrême finesse de la porcelaine, le bol est quasi translucide, encore un savoir-faire japonais! S'ensuit la description des poupées (et leur signification) posées pour l'occasion sur un hôtel en gradins que Cathy a reproduit ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2017/03/cetait-hier-anvers-jai-une-fois-encore.html. J'aime découvrir la culture de ce pays aux traditions si riches et symboliques mais je ne vois pas en quoi consiste celle originaire de Chine, je n'ai rien trouvé, je demanderai donc à ma chère belle-fille quand ils rentreront des sports d'hiver. Après le dîner, retour dans mon cocon pour achever la lecture de Les dames de Kimoto. Conseillé par ma libraire, la quatrième de couverture m'a emballée, on y fait allusion à une relation forte entre une petit-fille et sa grand-mère... J'ai par contre eu du mal à rentrer dans cette histoire, même écrite dans un style sobre très agréable, le rythme était lent et le poids des traditions dans cette société très codifiée, immuable me donnait une désagréable sensation d'oppression... J'ai pu heureusement la dépasser assez vite, je croyais l'achever cette nuit avant de dormir mais le sommeil a eu raison de mon envie. 
Mon thé de lecture sera un Hojicha quasi sans théine mais très goûteux, avec lui je ne risque rien... J'ai terminé ma lecture mais la fin m'a mise mal à l'aise, pas à cause de la fin de l'histoire mais bien de ce qu'elle évoque, l'horreur de la guerre et ses conséquences... Et une chanson me vient à l'esprit, celle de Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois :
" ... Quand les hommes vivront d'amour, Ce sera la paix sur la terre, Les soldats seront troubadours Mais nous, nous serons morts, mon frère "... 

dimanche 24 février 2019

Balade, musique, thé et lecture à défaut de jardinage, un superbe plan B !

La super lune a eu sur moi a eu sur moi un effet énergisant que je n'avais plus connu depuis un certain temps. Plus le soleil, je débordais d'énergie que j'ai consacrée à des balades en forêt mais aussi au jardinage avec malheureusement une conséquence douloureuse : une douleur de plus en plus marquée à l'épaule droite que je contrais avec du dafalgan, j'ai dû me résoudre à aller consulter mon médecin qui m'a diagnostiqué une tendinite "du sus épineux", épineuse chose... Et molo sur les antidouleurs qui la masque mais risque d'aggraver le mal. Peut-être, et même certainement que si j'avais mis la pédale douce... mais ça, ce n'est pas mon genre ! Cela dit, j'ai heureusement un autre dada que je peux assouvir dans ma librairie préférée... J'y ai donc fait une petite razzia et commandé 2 autres livres, un conseillé par Kriss : Ecoute l'arbre et la feuille qui me parle avant même de l'avoir lu, et l'autre dont l'auteur est un ancien collègue, éminent prof de français et astrologue et dont le titre m'intrigue : Et la mort elle-même ne peut rien contre moi... Ce dimanche sera donc entièrement consacré à mes deux passions principales, le thé et la lecture. 
Ce matin, l'astre du jour émerge dans un ciel uniformément bleu. 
Il fait encore un peu frisquet mais l'air est vivifiant. 
J'immortalise cette image de printemps précoce tandis que mes oreilles s'emplissent du chant des oiseaux déchaînés ce matin. 
J'observe quelques instants leur va-et-vient, ils ont enfin retrouvé le chemin de la mangeoire. 
Au programme ce jour ! 
Mais avant cela, rituel quotidien : thé, ce matin, il est vert et vietnamien, musique : Mozart, concerto de flûte et harpe, et méditation. 
Pendant qu'infuse une deuxième théière, je découvre cette BD que je n'ai même pas feuilletée à la librairie, le titre m'a suffi, j'ai découvert, adolescente, cette grande dame en lisant, fascinée, Voyage d'une parisienne à Lhassa… 
La quatrième de couverture me donne envie... ce sera pour cet après-midi, avant cela balade au jardin, tout y est si paisible, la température est très douce, mes neurones se gorgent de soleil.. 
Sur ma terrasse, il fait 19°, bientôt 20, c'est le moment d'un thé froid, Sans doute fruité où dominent des notes de fraises. 
Je ne suis pas du tout BD (j'en suis restée à Tintin, Alix l'intrépide et Blake et Mortimer...) et j'ai eu beaucoup de mal à apprécier les dessins, je me suis donc intéressée au texte qui raconte la rencontre avec Marie-Madeleine, la jeune pied-noire qui a partagé les dernières années d'Alexandra. Plusieurs fois j'ai interrompu cette lecture de peur d'abîmer l'image de celle qui m'a tellement fait rêver... Le soleil qui a caressé mon dos, mon visage et mes bras m'y a aidée, j'ai finalement terminé le premier tome. Ceci dit, cela m'a donné envie d'aller visiter sa demeure à Digne… 
J'ai par contre beaucoup aimé le récit de son histoire illustrée par des photos, ici jeune fille,
puis avec son fils adoptif qui mourra avant elle, 
et la photo d'elle et de Marie-Madeleine, très loin de la caricature de la BD. J'aborderai plus tard les 2 autres tomes, j'ai d'abord envie de relire certaines de ses œuvres qui reposent dans une des bibliothèques du grenier. 
Un thé de lecture, du Hojicha pour commencer Les dames de Kimoto, un livre conseillé par ma libraire. 
De la quatrième de couverture, je n'ai retenu que cette main de petite-fille serrant celle de sa grand-mère, j'ai hâte de découvrir la relation qui les unit, elle me rappelle des souvenirs très heureux, la mienne a rejoint les étoiles il y a près de 45 ans mais vit toujours en moi, tout ce que je possède de pur et de bon vient d'elle. J'ai commencé la lecture mais ne suis pas allée très loin, mon mari voulait qu'on passe du temps ensemble, je ne pouvais pas le lui refuser.... Une merveilleuse journée, pleine de douceur et de sérénité s'achève, un plan B très réussi !

mardi 19 février 2019

Quinzième jour du premier mois lunaire

Aujourd'hui, c'est la pleine lune…  
Cette Belle de la nuit a toujours exercé sur moi une infinie fascination, 
je pourrais la regarder des heures tant je la sens vivante, sinon d'où viendrait cette énergie qui pénètre en moi chaque fois? Après une heure de contemplation, les bras de Morphée m'appellent, compréhensible, il est près de 2 heures… 
C'est aussi
Yuanqiaojie, la fête des lanternes, sa lumière, très proche mais plus blafarde, semble répondre à celle de la Lune protégée par quelques nuages, j'en ai déjà parlé ici entre autres : http://la-theiere-nomade.blogspot.com/2012/02/aujourdhui-cest-la-fete-des-lanternes.html. Cette fête marque la fin des festivités du nouvel an chinois et j'ai envie d'y participer à ma façon. 
C'est toujours avec une certaine émotion que je prépare mon matériel tant chaque objet est lié à de belles rencontres, celle de Vivien pour la mer à thé, ma première et pour la théière qui fait partie d'un coffret réalisé pour le 10 ans de
Thés de Chine. J'en avais acheté 3 à l'époque, un pour les thés rouges, un pour les noirs et un pour les bleu-vert, ce dernier a malheureusement été victime de ma main droite... Le set de dégustation et le pot de justice viennent du Musée du Thé à Mucha où j'ai été tellement bien accueillie grâce à mon amie Ling ling qui a dit que j'étais une passionnée belge de thé, j'ai donc eu droit a une visite guidée privée de ce lieu magique. 
Dans la théière de 150ml ébouillantée, je dépose 3g de
Wild Purple découvert, émerveillée chez Biochi https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/02/en-verite-je-vous-le-dis-le-paradis.html . On dirait que la lune se reflète dans la théière...
Premier passage instantané pour réveiller les feuilles, saveur très discrète mais prometteuse. Je n'ai finalement pas utilisé le pot de justice prévu, je voulais voir la couleur de l'infusion. 
Par contre le parfum des feuilles est révélateur : notes plus boisées que fleuries, je suppose que c'est la terre de Yixing qui donne cela. 
Infusion après infusion, la saveur évolue, 
plus de rondeur qu'avec les infusions en verre (https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/02/ce-week-end-jai-encore-tutoye-les.html ), plus de corps aussi. 
Envie d'aller me faire caresser la peau par le soleil printanier, je laisse les vieilles dames se reposer, je les réveillerai ce soir pour aller admirer la super lune. 
En rentrant de cette vivifiante promenade, je relis l'histoire de
La demoiselle d'honneur Yuan Xiao. Bien des légendes sont liées à cette fête mais c'est l'histoire de cette humble servante qui me touche le plus. Cette jolie histoire explique aussi l'rigine des boulettes sucrées de riz gluant, encore de rigueur aujourd'hui. 

Avant le souper, je suis allée admirer le spectacle d'un ciel embrasé, on aurait du un incendie dégageant une épaisse fumée, sauf que c'était un nuage assez menaçant me faisant craindre de ne pas pouvoir admirer mon amie la Lune. 
Il est plus de 22 heures, c'est à travers les branches du chêne et entourée de nuages mais d'aucune étoile que la super lune s'est montrée, énergie de l'Astre plus celle de l'Arbre... j'aurais aimé l'observer plus longtemps mais le marchand de sable est passé, je sens leur énergie me pénétrer même de loin. Par contre, je ne me sens plus assez éveillée pour continuer les infusions de ce fabuleux Wild Purple, ce sera pour demain!

dimanche 17 février 2019

En attendant la fête des lanternes...

Encore dix jours de folies, et je ne m'en lasse pas ! Entre découverte d'un nouveau restaurant chinois et balades dans la nature, j'en ai PRESQUE oublié ma drogue.
C'est pourtant en pleine ville, 
Rue Crespel, 10 https://confucius.be/fr mais dès l'entrée, nous pénétrons dans un autre monde, 
accueillies par le mondialement connu petit reporter. Mais surtout par Jean-Marc, chaleureux et souriant qui avec son épouse chinoise sont les maîtres des lieux, 
MDR et pas difficile à exécuter ! 
Un havre de détente, 
d'un calme absolu 
plein de charme, je pourrais même y vivre... en été. Les lanternes m'évoquent cette grande fête qui clôture les festivités du nouvel an et de la fête du printemps… 
Le revoilà. 
La première page de la carte nous proposent un peu de méditation, nourriture spirituelle d'abord, Confucius oblige. 
MERCI ma Puce de m'avoir fait découvrir ce lieu, on y retourne quand ?... Merci aussi pour les photos, superbes!
C'est sous un soleil radieux que mon mari m'emmène au lac de Genval, saint Valentin "oblige" ! 
et plus précisément ici :je mangerais asiatique tous les jours ! Surprise, le restaurant est plein, ce qui n'était encore jamais arrivé un midi. Si les entrées sont arrivées très vite, ce ne fut pas le cas des plats : plus de 50 minutes d'attente. ! Et seulement 2 serveurs, complètement surchargés qui sont restés souriants et très professionnels, je les admire, je trouve scandaleux de les traiter ainsi. Je suppose qu'en cuisine, ils étaient tout aussi peu nombreux ce qui explique l'interminable attente ! J'ai écrit ma déception et mon mécontentement, le responsable a intérêt à me répondre… 
Heureusement le cadre est magnifique et le spectacle enchanteur : 
l fait très doux ce qui a inspiré ces 2 beaux grèbes qui ont aussi fêté la fête des amoureux, quelle grâce ! 
les cygnes n'étaient pas en reste... Une fin de semaine très printanière m'a tenue éloignée de mon cocon, la nature explose, les oiseaux sont en folie et me promener me donne une énergie impressionnante. Et au week-end, ce fut l'apothéose, hier jardinage sous le soleil et 17° ! Aujourd'hui, après une grasse matinée réparatrice, je suis encore toute courbaturée par mes excès,
l'Astre généreux fait encore grimper le thermomètre 
et donne au ciel une couleur étincelante. 
C'est le moment d'un apéritif au thé froid. 
Où que mes yeux se portent, des signes évidents 
d'un printemps très en avance, ce qui n'est pas pour me déplaire ! 
Après avoir médité sur le bonheur d'habiter un tel lieu, mes jumelles me permettent de voir de plus près le comportement de certains oiseaux, de deux écureuils gambadant dans les tuyas et même le vol majestueux d'une buse ! Mon mari aurait voulu m'emmener au restaurant mais j'ai décliné l'invitation, je suis trop bien ici. 
Pendant que je réchauffe mon dîner, je vais m'aérer. J'aurais voulu manger sur la terrasse mais je dois rester prudente, hier j'ai exagéré, je ne voulais pas m'arrêter -le jardinage est aussi une drogue – j'étais en nage et je n'ai pas voulu rentrer avant de finir ce que je m'étais fixé. 
Je suis impressionnée par l'abondance des crocus, 
Ils se sont beaucoup reproduits 
et je constate avec surprise qu'une abeille et un bourdon sont déjà à l'œuvre, cela me réjouit d'autant que j'ai lu un reportage catastrophique sur la disparition très inquiétante des insectes, ici, ils ne risquent rien, pas de pesticides, pas d'engrais chimique ! Je pourrais donc peut-être me lancer dans la culture du safran… 
Un petit vent frisquet m'empêche de savourer mon thé sur la terrasse, retour dans mon cocon avec dans la tasse, le reste d'un délicieux Darjeeling, et ce livre de contes dans lequel j'ai trouvé l'histoire du petit Bouyei, 
il y est question de petits cochons... Je collationne tous ce qui parle de ces petites bêtes, c'est leur année, ce sera pour partager avec mon petit Dragon qui se débrouille très bien en lecture et qui aime cela. La théière est vide comme l'écrin qui a contenu les feuilles... J'attendrai donc les nouvelles récoltes avec une pensée toujours émue et reconnaissante pour les cueilleuses. 
Mais que vois-je dans le ciel ? Vient-elle aussi profiter des rayons du soleil... La nuit, elle resplendit déjà mais sera à son apogée, le 19, jour de la fête des lanternes… Je l'attends avec impatience!