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samedi 18 avril 2020

Beaucoup d'émotions...

Après une magnifique journée de Pâques, lumineuse, douce, sereine, le reste de la semaine a été plus dure... Le confinementjusqu'ici ne me posait pas de problème, mes seules sorties consistaient à faire les courses pour ne pas laisser mon petit mari seul trop longtemps. Malheureusement j'ai à nouveau été confrontée à cette impuissance contre laquelle on ne peut rien. 
Un beau ciel qui devait annoncer une journée ensoleillée malgré une température très fraîche. 
J'étais en pleine forme, j'ai pas mal cuisiné, et en particulier ce plat aux couleurs de l'Italie, certains arborent leur drapeau à côté du belge, ce fut ma façon à moi de penser à leur souffrance... Saumon, ail des ours, panais et sauce tomates bien relevées, un vrai délice que je referai quand je pourrai revoir une amie chère qui, pendant cette période spéciale en apprend la langue ! 
La journée avait très bien commencé, au programme, des courses et une envie très forte de cuisiner, ma liste était donc assez longue et c'est chargée comme une mule que je reviens. Je mets mes sacs dans l'ascenseur, je pousse sur le bouton du 1er étage, un déclic et rien ne se passe, j'ai cru d'abord que c'était quelqu'un qui l'avait appelé entretemps avant de constater avec effroi qu'il était bloqué, il s'ouvrait sur même pas 10 cm et plus rien... panique à bord pour la claustrophobe que je suis, je m'apprêtais à hurler mais rien ne sortait de mon gosier desséché, j'étais tétanisée, impossible de bouger, j'avais l'impression que mon cœur allait exploser ! J'ai pourtant essayé de rester calme en pensant à mon mari qui devait s'en faire autant que moi. Au prix d'un énorme effort, j'ai fini par téléphoner au dépannage, j'ai dû m'y prendre à 3 fois me trompant de numéro tellement je tremblais. J'ai laissé tomber mon GSM et je ne parvenais pas à le remonter. Finalement notre adorable voisin du dessus, contacté je suppose par mon mari anxieux à son tour, est venu me délivrer en tirant très fort sur la porte. Il s'est écoulé exactement 54 minutes entre mon entrée et ma sortie de cet engin. J'ai pensé à mes amies Catherine et Marie-Urielle qui ont connu cette même mésaventure mais qui ont finalement trouvé cela très drôle 
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/10/the-amitie-et-style-louis-caisse.html! Et moi, je suis restée toute seule 9 minutes de plus... je n'en reviens pas encore ! Il m'a fallu tout l'après-midi pour me remettre en partie, j'avais mal partout, c'est comme si j'avais été rouée de coups et je tremblais dès que je prenais quoi que ce soit en mains, oubliées mes envies de cuisine, d'autant que le réparateur de cet engin maudit nous a annoncé que le moteur était à remplacer et qu'il n'était pas sûr de l'avoir en stock... Cela risquait alors de durer "un certain temps" cela m'était égal, j'ai de quoi tenir jusqu'à mardi en étant chiche sur les fruits et les légumes frais. Et pour clôturer cette journée noire, ma filleule m'annonce que son cher papa a rejoint les étoiles… 
Le soir sur ma terrasse, 
en regardant l'astre ; 
j'ai beaucoup pensé à elle, 
à mon beau-frère aussi. 
nous en avons parlé avec Xavier 
il s'est remémoré leur sortie 
les soirs de saint V... Je ne commenterai pas plus ! 
Adieu Maître (il était avocat, tous l'appelaient Pierrot sauf moi...) 
Tu vas retrouver là-haut entre autres Steeve Mc Queen à qui tu ressemblais tant, vous aviez la même passion pour la moto, à deux vous pourriez refaire la dernière scène de la grande évasion ! 
Un beau soleil à mon lever -je ne peux pas parler de réveil, je n'ai pas dormi- je suis encore tout ankylosée et si triste de ne pouvoir être près de ma filleule... C'est machinalement que je prépare le petit-déjeuner, la gentillesse de mon mari me met un peu de baume au cœur heureusement MERCI Doudou... J'erre comme une âme en peine dans cet appartement, ne me fixant sur rien quand la sonnette retentit, je décroche le cornet du parlophone et là, les cloches ne sont pas passées dimanche mais aujourd'hui : "J'ai un colis pour vous, madame". Et là, c'est pour moi comme une résurrection ! 
Il est ENFIN arrivé à destination, il était bloqué quelque part en République depuis le 2 avril ! C'est Guillaume, monsieur Theodor qui a débloqué la situation en demandant à la poste de faire une enquête, cela a porté ses fruits. 
Je tremble en l'ouvrant, mais de bonheur cette fois, que cache cet emballage cadeau ? 
Voilà ma commande, des thés rouges principalement dont je n'avais plus une seule feuille, du Matcha Yuzu que j'ai hâte de découvrir, quelques petits cadeaux et un grand : le JC Origine que je ne connais pas (encore) ! MERCI mon cher Guillaume, grâce à toi les cloches sont passées et MERCI aussi pour le petit mot qui accompagne tous ces plaisirs! L'émotion est très (trop) forte, je chiale comme une gamine, mélange de tristesse et de joie... Avant même de remplir mes boites, je veux découvrir ce fameux Matcha yuzu
Malgré un petit vent frisquet, je m'installe sur la terrasse. 
Je tremble un peu en déposant cette poudre verte tirant un peu sur le jaune dans le chawan, 
Le chasen et un peu d'huile de coude donnent une très belle mousse 
que je porte à mes lèvres avec émotion. Et à chaque gorgée, je vois apparaitre des visages qui me manquent : Anne-Marie, Carine, Cathy, Chris et Staf, qu'il me tarde de vous revoir
ICHI GO ICHI E... 
Préparation à froid d'un Jour J pour 4 heures. 
Frugal repas de midi : fromage blanc fines herbes, radis, pain de fleur à l'oignon et lait avoine-amande. 
A l'heure du gouter, j'ai voulu relire
La voie des quatre vertus mais la fatigue d'une nuit blanche me tombe dessus, je me contente de savourer ce doux breuvage ; belle harmonie feuilles – fruit. 
Des nuages laiteux font tout à coup écran au soleil, un petit vent frais me fait frissonner, il est temps de rentrer pour préparer le souper. 
Je tombe de sommeil, je vais imiter le soleil… 
"Il est 5 heures, Paris s'éveille" et moi aussi après une longue nuit réparatrice, je me sens bien. 
Mon premier thé rouge depuis un certain temps, un fabuleux
Yunnan golden pearls. Dès l'ouverture du sachet, je reconnais le parfum puissant caractéristique de ce thé avec des notes de cuir et de... tabac. 
Dans la tasse, les feuilles infusées donnent une liqueur ambre et brillante, la saveur est complexe, on y retrouve le cuir, mais pas de tabac, des notes légèrement sucrées mais aussi de feu de bois. Emotion gustative évidente, il m'a tellement manqué ! Sa puissance et sa longueur en bouche m'accompagneront un certain temps... jusqu'au petit-déjeuner que je prends toujours salé. Je pense aux cueilleuses aux doigts si agiles qui là-bas par leur dur travail nous offre ce bonheur ! 
Les feuilles infusées ont ce même parfum puissant. Si je n'avais que ce thé, je m'amuserais à l'infuser de plusieurs manières comme ici :
https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2013/03/un-seul-plusieurs-manieres-de-linfuser.html mais j'ai hâte de découvrir un mystérieux cadeau trouvé dans mon colis, le J.E. Mélange Origine
De quoi est composé ce mélange ? Je crois reconnaitre du thé blanc, quelques feuilles de thé vert et du thé rouge. Parfum complexe que je ne parviens pas à détailler. 
Les feuilles infusées se partagent entre le brun et le vert mais que cela va-t-il donner dans la tasse ? 
Un beau ciel bleu me décide à aller sur ma terrasse. 
Dans la tasse une liqueur brillante et ambrée, Saveur à la fois douce et puissante sans aucune amertume mais j'ai du mal à préciser ce que je goute, mon palais n'est pas assez fin malheureusement, je le ferai gouter à mon amie Carine qui pourra l'analyser avec précision, mais quand ?... 
La théière me rappelle une escapade à Luzern et la visite dans cette boutique élégante,
L'art du thé. Merci à mon généreux donateur pour ce thé d'excellence, voyons ce que l'on en dit sur https://www.theodor.fr/fr/ : "Un thé blanc de Chine, le Yin Zhen, un Oolong de Formose, un thé noir de Ceylan, jardin de Kenilworth et un thé vert du Japon, un Sencha wazuka". Il faut être fort pour créer une telle harmonie gustative avec ce mélange improbable, bravo l'artiste! 
Il fait estival, avec un beau ciel bleu envahi par des moutons blancs. 
Voici la panacotta au
Matcha yuzu préparée ce midi, rapide et facile à réaliser, ce qui prend le plus de temps, c'est de la gélifier au frigo... Ce sera mon gouter, j'ai hâte. 
Mais là, déception : si la saveur est vraiment subtile, délicieuse, la texture est trop compacte, je n'avais pas de crème liquide, j'ai donc employé du lait végétal en augmentant la dose d'agar agar, je n'aurais pas dû. 
Ce soir de gros nuages ont envahi le ciel, 
le coucher de l'Astre du jour est moins flamboyant, il pourrait pleuvoir... les jardins en ont besoin. Le thé, une fois encore, a eu un effet bénéfique, la tristesse et l'impuissance sont toujours là mais je suis plus sereine... Merci le thé ! Au moment où je m'apprête à transférer ce billet sur mon blog, le téléphone sonne, c'est mon amie Voula qui m'annonce le décès brutal de son mari emporté par une crise cardiaque, c'était un grand sportif, plusieurs marathons à son actif, du vélo, de la natation, c'est incompréhensible. Je suis d'autant plus bouleversée que je l'avais eu dimanche par Skype pour me souhaiter une bonne fête de Pâques, nous avions évoqué la Pâque grecque de dimanche prochain et reparlé de celles vécues ensemble à Parikia, j'en avais parlé l'année dernière : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2019/04/blog-post_28.html . Il était comme toujours très enjoué mais m'a sorti une phrase qui résonne en moi de façon sinistre, il m'a dit qu'il sentait la mort autour de lui... Adieu mon Stelios, tu resteras à jamais dans mon cœur où tu prenais déjà une grande place, kalo taxidi... 

vendredi 10 avril 2020

Entre sérénité (beaucoup) et pétage de câble (un)

Les jours s'écoulent sereinement la plupart du temps 
L' air est doux, le ciel très bleu 
je suis le plus souvent sur ma terrasse avec un thé infusé à froid et de quoi trouver l'inspiration. 
Au même endroit, un ciel strié de blanc mais je me rends compte que j'ai un problème, je deviens confuse ou que je perds la notion du temps : 
est-on en avril ou en juillet avec ces 26°très inhabituels à cette époque ?... 
J'achève la re-relecture de
Au plaisir de Dieu de cet immortel qui m'a fait rougir pour la première et dernière fois de ma vie: https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2020/03/un-premier-jour-de-printemps-tres.html
En attendant la pleine lune, 
je rêve en admirant la Belle de nuit déjà très brillante ce soir… 
Le lendemain, je prépare un thé préparé à froid pour mon retour 
sous un beau ciel. 
Pour ce soir, c'est Baudelaire que j'invite à ma table avec cette fois un
J.C. Absolu Oolong en attendant Cette Lune rose, 
sauf que si elle est brillante, elle est blanche… 
très blanche.  Et la voilà enfin qui a changé de couleur. 
"Toute la splendeur d'un soir 
Captée ici par un œil 
Est-ce nous qui cherchons à la voir ? 
Est-ce elle qui cherche à être vue ? 
Toute la splendeur de l'univers, 
Espace d'un soir, a ému", François Cheng... 
Jour suivant, celui des courses, et journée noire, j'ai "pété un câble". Je fais la file dehors devant la boucherie (on ne peut rentrer qu'un(e) à la fois). Trois personnes devant moi, la dame qui me précède tousse très fort, éternue, j'ai mal pour elle quand celle qui me suit passe devant moi en me bousculant et commence à insulter cette pauvre dame : "vieille folle, partez, vous avez l'âge de crever, ne nous contaminez pas" Mon sang n'a fait qu'un tour en entendant vociférer cette pétasse, connasse une couche de maquillage certainement mise à la truelle, quant aux cheveux... Quand j'ai entendu la vieille dame commencer à s'excuser, furieuse, je me suis intercalée entre elle et cette P... la repoussant avec ma canne en lui disant mon mépris et mon dégout. Je suppose que vous avez compris que la dame était allergique aux pollens, je l'ai consolée en disant haut et fort que le virus disparaitrait par contre la connerie, c'est à vie et sans espoir de guérir. J'étais hors de ma peau, j'ai dû me retenir pour ne pas lui cracher à la figure parce que la gifler, j'aurais eu peur que ma main reste collée sur sa face. Il m'a fallu toute la journée pour retrouver mon calme, j'ai même raté mon thé. 
Ce soir, c'est la nature qui a achevé de me permettre de retrouver la sérénité. 
Comme chaque jour, 
je ne me lasse pas 
d'assister au coucher du soleil. 
qui lentement 
disparait au loin 
faisant place à l'Astre de la nuit qui a achevé de me calmer, j'ai malheureusement mal dormi... Heureusement c'est la première et, je l'espère, la dernière fois que je me mets dans un tel état ! 
Il fait déjà doux ce matin, les oiseaux chantent 
notamment cette merlette observée aux jumelles. 
Mais au sol, le spectacle vaut aussi la peine, Et pour la première fois, j'ai aperçu un papillon... Avant de prendre ma collation, je vais voir mes courriels et LA bonne nouvelle, un mail m'annonçant la venue aujourd'hui même d'un des deux colis que j'attends avec impatience, et avec une fourchette d'heure, waw ! 
La théière est toute trouvée, celle avec les papillons, le thé,
Jour J, et un livre de circonstance ! 
Le même thé infusé à froid et LE colis dans les temps, bravo la poste ! Je parlerai de son très précieux contenu dans le billet suivant, mais déjà MERCI à toi ma chère Carine ! Ce vendredi saint, je l'ai célébré à ma façon : lessives, ménage et ce soir, divine récompense que je te dédie, ma chère Cathy (ainsi que tous les autres…) :