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jeudi 7 janvier 2016

En attendant samedi

La belle tradition de la galette des Rois clôture la période de Noël. 
Nous n’y avons pas dérogé sauf que cette année nous n’étions que nous deux. Mais la prochaine fois, c’est avec un petit Dragon d’eau que nous tirerons les Rois… 
Jusqu’à cette année, c’est avec Sans complexe, Tribute ou même Scandale, (et parfois un thé nature) que j’accompagnais cette gâterie. Mais maintenant il y a un "petit" nouveau, le fabuleux Phœnix les remplacera, j’espère que mon mari appréciera... Moi, j'ai déjà la tête dans les étoiles à défaut de celle du Berger.
C’est gagné, il a adoré, j’ai même préparé une 2ème théière. Quant à la galette, il en aura bien mangé plus, me demandant même si on n’en achèterait une autre ! Un peu perfidement, je lui ai répondu que j’aurais été en chercher une autre si j’avais eu la fève… Ce n’est pas comme l’année dernière où on en a mangé trois… mais nous n’étions pas seuls ! Un coup de fil de ma pauvre amie m’annonce qu’on doit reporter notre escapade anversoise, elle est au fond de son lit avec une grippe carabinée. Mais HEUREUSEMENT pour moi, un plan "S2" s’est mis en place, je boirai du thé à sa santé chez Azumaya, à suivre. Courage ma Belle, je te rapporterai le Kyo-Bancha ! Ce matin, réveil aux aurores, il y a encore des problèmes de connections électriques qui ont déclenché cette fichue alarme… Ah, si j’étais seule il n’y en aurait plus et à jamais. 
Au moment où je m’apprête à boire autrement ces 3 nectars, l’électricien  frappe dans mon cocon pour essayer de comprendre ce qui se passe avec cet engin dont un des boitiers se trouve dans mon salon, il a été installé quand j’étais à Strasbourg sinon…
C’est sous les yeux quasi exorbités de Marc que je prépare cette dégustation particulière : 3g de Sencha Chiran, Sencha Yakushima et de Kamairichi Gokase, eau à 70° pour les deux premiers, 85 pour le dernier, il n’a jamais bu de thé japonais (et quasi pas de thé noir)... Si les feuilles sèches des 2 Sencha se ressemblent assez, c’est le parfum profond du Yakushima qui saute à ses narines. Les feuilles du Kamairicha sont plus grandes. 
Manifestement, ces sets de dégustation ne sont pas appropriés aux thés japonais, surtout pour le Chiran. Mais par contre, les saveurs sont exactement les mêmes que dans la Kyusu qui a une contenance quasi 4 fois plus importante (mais en plus prononcé pour le Chiran, et pour cause) Et en les savourant, je pense à ce concept d’Ichi-go  Ichi-e, chaque partage du thé est une expérience unique. J’ai pu infuser 4 fois chaque thé dans cette plénitude de l’instant que me procure cette manière de faire, loin du bruit du monde… Je suis enfin à nouveau complètement sereine, prête à aller "cuisiner". 
Cet après-midi, je veux rester très zen, cette musique m’aide à méditer sur le bonheur d’être sur cette Voie du Thé, parsemée de tous les visages de celles et ceux qui m’y ont initiée. 
Je veux achever ce Thé au Pomelo 2006, j’ai besoin de l’alcôve qui abrite cette superbe jarre, dont les parois poreuses sont imprégnées de ce pomelo, beaucoup moins des feuilles. Je ne sais pas encore quel sera son avenir, mais elle ne contiendra certainement plus de thé, son couvercle en tissu lui fait perdre ses arômes. En déposant les feuilles, j’ai constaté qu’il y avait énormément de « poussières », mais le parfum est si fort que je pense qu’elles vont me réserver de belles surprises…
Dans le zhong, le breuvage est opaque, mais la saveur est surprenante, très amère d’abord, violent et tout de suite après celle, légèrement sucrée du pomelo. La troisième infusion, un peu plus transparente, donnait plus des notes de citron vert, de même pour le quatrième passage, mais je n’ai pas été plus loin, j’avais l’impression que la liqueur me restait sur l’estomac. 
Un dernier regard sur ce qui ressemble à du marc de café avant de quitter mon cocon, mon devoir de femme d’intérieur m’appelle… Après le souper, j’ai toujours mal à l’estomac, ce qui ne m’est jamais arrivé, est-ce l’Elixir de jeunesse éternelle ou le stress lié aux problèmes récurrents provoqué par les travaux ? Sans doute les deux. 
Ce soir, je vais infuser la Tisane de l’Abbaye qui contient un mélange d’Herbes fines aux multiples propriétés bénéfique. 
Et ces chants grégoriens, eux aussi très apaisants. 
La couleur jaune soleil compense l’absence de lumière que je ressens depuis quelques jours malgré la relative douceur de l’air. Petit à petit, elle me réchauffe le corps, apaise mon âme, et les voix des moines de Solesmes m’offre une dernière fois cette belle lumière de Noël, demain, je rangerai les décorations et les CD jusqu’au +/- 20 décembre. J’ai aussi une pensée spéciale pour ma chère Fanou dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, nous fêterons cela très bientôt… Et une autre pour ma Lili qui est en plein examen, bon courage ma chérie, nous fêterons ta réussite dès que ces festivités seront terminées !

dimanche 15 novembre 2015

En dents de scie...

Rétrospectivement, j’ai eu du mal à positiver ce week-end… jusqu’à ce midi, un beau coup de fil m’a permis de me remettre les idées en place. Tandis que bien au chaud dans mon cocon à savourer cette drogue qui me fait vivre et me fait oublier le bruit du monde, d’autres perdaient la leur dans un fracas monstrueux. J’ai été impressionnée quand mon mari me l’a annoncé le lendemain et je me suis réfugiée dans mon salon bleu-thé, non pas pour oublier mais pour atténuer la colère qui montait mais aussi d’autres sentiments moins nobles que je sentais poindre en moi. Le thé, la méditation et la musique m’y ont aidée.
Pour deux jours j’avais à nouveau accès à ma cuisine 
ou du moins ce qu’il en reste, j’en ai profité pour préparer des potages que je peux surgeler parce que pendant la semaine, je n’aurai plus pour "cuisiner" que le micro-ondes et la taque électrique dont je me sers pour chauffer le houjiki, le poêlon à Hojicha (
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/11/bapteme-dun-poelon-mais-pas-que.html). Je l’ai découvert à Paris chez Tamayura il y a 2 ans exactement, cela venait de rentrer et Olivier m’a fait l’amitié de le tester (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/11/eh-oui-jai-encore-tutoye-les-etoiles-ce.html , j’ai été séduite et depuis, je l’utilise régulièrement, je vous le recommande d’ailleurs, outre le plaisir de voir se torréfier les feuilles, c’est un parfum entêtant qui se dégage du houjiki. 
J’ai peine à croire que ce lieu sera terminé pour saint Nicolas, 
j’ai donc voulu apporter ma pierre à l’édifice (façon de parler…) sauf que cet engin est insoulevable, mon dos n’a pas aimé du tout et mon mari m’a traitée de folle, il n’a pas tort et à ce propos, j’’ai eu un fou rire parce que vendredi j’ai dit à mon dentiste que je préférais encore être chez lui que chez moi pour le moment… Et Xavier n’a pas manqué de me le rappeler, eh oui, j’en suis là. Samedi soir, il a souhaité qu’on regarde les journaux télévisés ensemble : la RTBF et Fr2 comme souvent, sauf que cela a duré une bonne partie de la soirée, toutes les chaînes y sont passées et c’est là que tout a basculé pour moi : j’en ai eu des nausées : entre reportages racoleurs, répétitions morbides des scènes les plus dures, où s’arrête l’information, où commence le voyeurisme malsain? Quand le commentaire parle de carnage, toute personne qui connaît le vocabulaire sait que ce n’est pas joli, joli alors pourquoi montrer des baskets ensanglantées, des cadavres recouverts de couvertures (fussent-elles d’or), des rescapés maculés de sang, pas le leur, celui des victimes qu’ils ont dû enjamber pour sortir, je ne supporte pas cette surenchère où la forme prime sur le fond. Par contre, pas d’explication sur l’expression médecine de guerre qui signifie en clair, vu le nombre impressionnant de blessés graves et pas assez de chirurgiens, ils ont donc la lourde tâche de choisir dans l’urgence ceux qu’ils vont choisir d’opérer parce qu’ils ont une petite chance d’en sortir. Je n’ai pas pu dormir, des tas de questions sans réponse me trottaient en tête de manière lancinante. Et une en particulier, avant de devenir des monstres quels enfants ont-ils été ? Le vent soufflait très fort cette nuit, je suis allée sur ma terrasse où les bourrasques m’ont fait beaucoup de bien, assez curieusement sa force m’a apaisée. J’ai passé le reste de la nuit à écouter de la musique en buvant tasse sur tasse de cette boisson de vie jusqu’à ce que Morphée vienne me chercher. Ce dimanche, mon affreux mari m’a réveillée à 10 heures croyant que je n’étais pas bien, et en effet, à ce moment-là je ne l’étais pas : 4 heures de sommeil c’est trop peu, mais il ne pouvait pas savoir.  Il m’a fallu du temps pour émerger mais un long coup de fil à midi a réveillé mes neurones. 
Le vent n’a pas cessé, j’aime cela. Il fait danser les branches de ce bouleau cette fois complètement dénudé.
Je laisse la fenêtre ouverte pour l’écouter chanter tandis que je prépare mes rituels, ce magnifique objet et la calligraphie symbolique ichi go, ichi e, cadeaux de Staf. 
Et dans le chawan, le Matcha cuvée spéciale de la cave de Guillaume, mon généreux donateur qui revient de ce pays qu’il aime tant. Il va tomber de haut, la France aujourd’hui n’est pas à son avantage. Promenade apéritive dans le jardin. 
Après le dîner, retour dans mon cocon, je choisis ce thé au Pomelo 2006, l’élixir de jeunesse éternelle griffé Source de Lumière
De la jarre bien entamée, s’échappent des parfums d’agrumes pour éveiller mes papilles. 
Infusé en gong fu, les arômes sont bien présents, par contre les saveurs sont comme atténuées. La jarre a pour toute fermeture un tissu, Jing m’a dit que ce n’était pas un problème mais je constate que ce n’est plus vrai, il faudra que je trouve une solution ou alors, je ne bois plus que cela jusqu’à plus soif... 
Pour cette fois, je l’ai infusé plus longtemps. Retour en cuisine, flans de courgettes pour ce soir, et gratin de cabillaud pour demain. Ce dimanche un peu particulier va se terminer dans mon cocon, 
avec une tisane de fleurs de camomille griffée ThéÔdor
Dans l’écrin, comme de petits soleils odorants. 
Et de la lecture pour concocter de nouveaux menus pour inaugurer la cuisine... quand elle sera terminée. 
Ces desserts particuliers qui ne sont pas ma tasse de thé mais que mes petites-filles adorent, préparer de la pâte sans œuf, ce sera pour moi une grande première. 
Tout en savourant cette bonne tisane couleur soleil, je salive en dévorant les recettes de ma nouvelle grande bible, à la fois assez simples et raffinées, j’ai hâte de tester ces plats d’hiver.  Quant aux cupcakes, c’est une autre histoire : si la pâte de base semble assez simple à réaliser, les garnitures utilisent des ingrédients que je ne connais pas. Et un fou rire en découvrant le nom de famille de l’auteure : Veganpower… Nom réel ou pseudonyme?... Je vais aller très vite me blottir dans les bras de Morphée, mes yeux se ferment.

vendredi 28 juin 2013

Une journée mémorable !

Depuis hier, j’ai passé plus de temps dans la cuisine que dans mon salon bleu-thé, ce n’était pas vraiment prévu ainsi mais vu le temps, les plats froids seront remplacés par des plats d’automne, mijotés et bien meilleurs réchauffés, ce qui me permettra de ne pas passer trop de temps en cuisine. Bu peu de thé aussi hier.
J’ai cependant goûté avec intérêt le Pomelo du lendemain. Rien qu’en retirant le couvercle du zhong, je savais qu’il avait bien travaillé pendant la nuit : un parfum prononcé d’agrumes chatouillait déjà mes narines. Emotion intense en portant ce breuvage à mes lèvres, saveur prononcée d’agrume confit et un quelque chose en plus sur lequel je n’ai pu mettre de mots. Que du bonheur ! D’autres parfums émanent de la cuisine qui se développeront plus encore les jours suivants. Levée aux aurores, je m’attaque maintenant à la blanquette de veau qui doit elle aussi mijoter des heures. Le thé commence à me manquer mais je veux d’abord m’occuper du repas de ce soir.
La récompense maintenant, je me pose enfin et prépare un thé de circonstance, celui du Jardin des Cœurs heureux, le fabuleux Tumsong griffé ThéÔdor. Je le savoure à petites gorgées, pensant toujours avec autant d’émotions à cette chaîne humaine qui a amené ce breuvage dans ma tasse. Et que dire de la Nature sans qui rien ne serait possible.
Un peu de lecture pour peut-être trouver quelque chose de nouveau pour la cuisine. J’ai beaucoup aimé le chapitre traitant des Affinités électives  (pages 69 à 80) : "Marier les thés et les aliments pour créer un feu d’artifice de saveurs à secouer les papilles n’est pas une science exacte mais un art délicat régit par quelques règles de base – transgressables, rassurez-vous – et surtout par la sensibilité gustative de chacun."
Des tableaux résument bien ce qui est dit dans ce chapitre. Un bref retour en cuisine pour réaliser un cake chocolat / Matcha.
Et comme apéritif, un Matcha également.
J’en admire la couleur avant de savourer ce breuvage signe l’espérance.
Je suis en pensées avec Maria et cet évènement surprenant au pays du Maté…
Le temps s’égrène très lentement quand on est dans l’attente, tout est prêt, très bientôt maintenant un petit Dragon prendra la place du petit singe. Mais il se fait attendre...
 Le voilà enfin ce petit Dragon, le tout premier contact et déjà un sourire à sa Nanny…
Très intéressé par ce livre pour bébé, ce sera un intellectuel cet enfant, je suis toujours très impressionnée par le sérieux de ces petits d’homme quand ils découvrent des choses nouvelles, j’ai l’impression qu’il se demande où il va classer tout cela dans son cerveau.
 N’a-t-il pas l’air fasciné par celle qu’il regarde intensément ?... Sa maman m’a dit qu’il m’adorait et c’est évidemment réciproque.
 Et une petite dernière pour terminer ce billet. Ce sera le dernier jusqu’au 2 juillet, si j’aurai bien sûr le temps de boire du thé, je pense que je mettrai mon PC en vacances. Quelle merveilleuse journée, et ce n’est que le début !

mardi 25 juin 2013

A propos d'un pomelo et d'un Elixir de jeunesse éternelle

Beaucoup de choses à faire ce matin pour préparer la venue du petit Dragon et de ses parents qui n’arriveront finalement que vendredi.
Malgré un beau ciel, il fait vraiment trop frais pour la saison, ce sera donc un petit-déjeuner adapté : œufs à la coque et Pu Er.
Cet après-midi, malgré la lumière, il fait un temps à boire du thé rouge.
Ce sera un Sichuan Hong Mao Feng de chez Cha Yuan. Il accompagnera la lecture de ce petit livre un peu touche-à-tout. Intermède avant de continuer les courses. Après le souper, retour dans mon cocon pour passer la soirée avec un pomelo dont j’ai parlé ici : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/06/un-long-week-end-comme-je-les-aime.html .
Voilà celui que je conservais avec soin, attendant d'oser l'attaquer au marteau.
Et les informations qui l'accompagnent...
Ce n’est plus nécessaire… Je prépare donc tout le matériel pour infuser ce nectar.
 3 morceaux d’écorce et +/- 4 g de Bu Lao Dan, ce fameux Elixir de jeunesse éternelle. Déjà un parfum s’échappe du zhong préchauffé.
La première infusion, immédiate, (en fait un rinçage) a une saveur très douce d’agrume.
 La première infusion donne un goût plus prononcé où dominent les notes d’agrume.
 Ici aussi, le parfum est envoûtant.
Les infusions se suivent sous le regard attentif de Lu Yu, un bol à la main, sa théière et son Cha jing.
 La couleur du breuvage devient plus soutenue et les parfums toujours aussi subtils.
 En savourant ce "parfum qui se boit", j’écoute cette musique propice à la méditation.
Je pense à cette Voie du Thé que je m’efforce de suivre avec modestie et reconnaissance envers tous ceux qui m’y ont guidée. Et particulièrement à Source de Lumière qui y apporté une dimension supplémentaire, plus authentique, plus spirituelle aussi.
 La musique s’est arrêtée, je verse une dernière fois de l’eau dans le zhong, je verrai si la nuit a encore bonifié la saveur de ce beau mélange, même après plus de 10 passages ce soir, déjà une heure après, l’eau est joliment colorée ... Je me sens si bien, détendue. Et je mesure le bonheur que j’ai d’avoir cette passion qui me met dans un tel état de sérénité.