Cette
nuit le ciel est tombé sur la terre avec fracas : des éclairs
transperçaient le ciel accompagnés du tonnerre et d'une pluie
torrentielle pour le bonheur de la végétation. Beau spectacle que
ce son et lumière avant de rejoindre les bras de Morphée.
Ce
matin, le ciel garde la trace de cette nuit agitée, brumeux, il fait
grise mine.
Le thé est tout choisi, ce sera le Millikthong
griffé ThéÔdor distribué par Cha-Hû-Thé. C'est le troisième
que Timothée m'a fait découvrir à Louvain-la-Neuve il y a deux
mois déjà, dans mes souvenirs, c'est comme si c'était hier !
Tandis qu'infuse ce nectar, retour en arrière :
Dès
l'ouverture de la boite, le parfum typique des Darjeeling de
printemps me donne envie de connaître ce que ce thé dont je n'ai
jamais entendu parlé a dans les feuilles...
J'ai suivi les
conseils de dégustation indiqués sur le sachet : 90° pendant
3 à 4 minutes, les paramètres d'infusion et la grandeur de la
théière sont différents. Vais-je retrouver les émotions
gustatives ressenties lors de ma première fois ? Si la couleur
est plus prononcée et la saveur plus puissante, j'ai des frissons de
bonheur en savourant cette première tasse. Retour à Louvain-la-
Neuve.
La liqueur est brillante, d'un bel oranger
Après une
première infusion dans 20cl d'eau à 80° pendant 50 secondes, les
belles se sont déjà bien ouvertes.
Deuxième passage, une
légère astringence pique le bout de la langue,
les suivantes
ont des notes de raisins blancs (pour mon palais du moins), et
toujours cette agréable astringence.
Bonheur de ce beau
partage, MERCI cher Timothée.
Même les meilleures choses ont
une fin...
J'emporte avec moi ces trois nouveautés, et les
souvenirs émus de notre rencontre. Je n'ai pas choisi ce thé au
hasard, c'est avec une intense émotion que je veux célébrer
l'anniversaire de cette maison d'excellence, fondée il y a 14 ans
cette année, en juillet si ma mémoire ne me fait pas défaut... Je
l'ai découverte en avril 2003, ce fut un coup de foudre et le début
d'une belle histoire. Coup de foudre pour le lieu, cette vieille
crèmerie dont j'ai déjà abondamment parlé, devenu un
incontournable lors de mes séjours à Paris. (A l'époque, les
autres étaient Thé de Chine, Terre de Chine, Chajin, L'artisan de
Saveurs, et Mariage, là où à commencé ma passion. C'est mon mari
qui m'a fait découvrir cette maison au retour d'une visite à
Giverny
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2008/05/la-rvlation-au-retour-de-giverny.html
Je
ne savais pas alors que des années plus tard, c'est tout près de ce
village que mes pas éblouis me conduiraient :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/08/debuts-flamboyants-de-ce-periple-si.html
Comme je ne peux malheureusement plus aller aussi souvent à Paris,
je pensais aller fêter cet anniversaire au Fossé fleuri mais
Planckendael a encore laissé des traces, je revisiterai donc ces
souvenirs ici pendant tout le week-end.
C'est avec ce Sencha Uraka que
je vais terminer cette matinée
aux sons mélodieux de cette
musique zen dont je ne me lasse pas, moment de méditation sur le bonheur de cette rencontre
qui m'a fait découvrir quelqu'un qui a pris une grande place dans ma
vie de passionnée de thé.
Mon gentil mari, "inquiet de
voir mon état de fatigue physique" (fatigue, oui mais pas inquiétant...) m'invite au restaurant.
De notre table, nous admirons ce beau lac, si reposant
sous
un ciel assez menaçant.
Le ciel semble s'éclaircir à présent, ouf.
Malgré de très bons moments dans ce lieu que nous aimons, j'ai hâte
de rentrer... j'ai soif !
Préparation de Petite Ourse en
thé glacé. Il se marie aussi très bien en cocktail avec des
oranges et des mandarines... mais il faut de la patience, 1 orange à
jus = 4 à 5 mandarines!:
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/09/petite-recreation-la-tete-dans-les.html
. En attendant petit arrêt sur ma terrasse pour constater qu'il fait
très doux, que le soleil semble émerger d'un ciel encore trop gris
à mon goût.
Ces superbes boules de buis de chaque côté de
l'escalier d'en bas qui mène au jardin me font penser à d'autres
que j'ai hâte de découvrir (= message codé...) mais qu'elles ont l'air petites vu d'en haut...
En savourant
"ce parfum qui se boit" , je me remémore d'autres
merveilleux souvenirs, notamment ma première rencontre avec
Guillaume à la crèmerie : au premier regard, le courant est
tout de suite passé entre nous, j'en ai la chair de poule en y
repensant, cela ne se commande pas, c’est instinctif. Et
rarissime ! Depuis chacune de nos rencontres fut magique, j'ai
appris à connaître de tout près ce monde du thé qui remplit ma
vie depuis bien longtemps. Le sien du moins... Une des première
phrases qu'il m'a dite tout au début m'a surprise, intriguée :
"La seule façon de prendre un thé c'est de l'aimer".
Il ne parle pas comme dans les livres, pas de langage formaté mais
bien un amour, une vraie passion, je sentais l'âme de ThéÔdor dans
chacune de ses paroles. La différence entre les grosses entreprises
et l'artisanat ! Cette amitié profonde dure toujours, avec des
moments très forts comme ici :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/08/debuts-flamboyants-de-ce-periple-si.html.
Je n'avais avant visité qu'une seule entreprise, celle d'Olivier
Scala, à l'époque à Croissy dont je garde encore des souvenirs
émus. Chaque année je fête cet anniversaire, comme ici en 2012:
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/07/une-journee-danniversaire.html
.
Ce soir, j'ai envie de Carpe Diem, même si cette mauvaise
herbe est à base de Rooibos (que je n'aime pas nature), je l'ai
choisi pour la description "insolente" qui me plaît
assez et me fait penser à ma chère grand-mère...
http://www.theodor.fr/fr/mauvaises-herbes/4-carpe-diem.html
Très parfumée, cette infusion me chatouille déjà
agréablement les narines.
Dehors, la lumière est belle sous ce
ciel bleu-gris, je sais où je passerai la soirée...
L'amitié
dépasse parfois les océans, MERCI chère Kris pour ce premier beau
cadeau, je bois à toi et à ta générosité, un jour peut-être
partagerons-nous une tasse, ou deux, ou trois !
Belle
lumière, soleil plus présent aujourd'hui, la journée sera belle.
Hier soir, j'ai trouvé sur mon mur FB une superbe photo représentant
une pluie d'étoiles filantes qui traverseront le ciel le 12 août
avec ce gentil message de ma chère Mich : "Je nous vois
bien boire un thé "Perseus de Theodor "en regardant la
pluie d'étoiles ? Bizouille". Elle avait craqué pour
la boîte et son contenu
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2016/07/intenses-retrolfactions-et-beaucoup.html,
c'est la seule qui me manquait mais je ne l'avais pas encore ouverte
c'est chose faite ce matin.
Je bois à nos retrouvailles
chère Mich... au plus tard le 12 août ! Et des souvenirs émus
me reviennent, ceux de trois jours mémorables, et de très belles
rencontres:
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/09/deuxieme-jour-de-revelations-ou-cela-va.html
J'ai choisi David Oistrakh, ce virtuose qui donne une âme à
cet instrument et sublime la musique comme l'Insolent parisien donne
une âme à ses créations... Il illustre très bien cette jolie
phrase vue à Bonnières: "A l'autre bout du monde naît un
jardin de thé. Nous lui offrons parfois un autre visage".
Je redescends sur terre pour marcher pieds nus dans la pelouse
encore imbibée de rosée.
Contrairement aux clématites, les
pois de senteurs sauvages sont très florifères mais ne dégagent
aucun parfum.
Préparation de J'aime à froid, ce sera mon thé
d'après-midi.
C'est sous un beau ciel bleu parsemé de nuages
blancs
que je le sirote avec des baies de gogi que j'ai fait macérer dans ce
même thé, j'ai vraiment hâte de pouvoir à nouveau cuisiner mais
mon bras droit a trinqué jeudi, il n'a pas aimé et me le fait
sentir ! En rangeant la boîte dans son alcôve, je repense à
l'évolution de celles de ThéÔdor dont j'ai parlé ici :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/08/dernier-jour-dun-mois-flamboyant.html
. Je n'ai toujours pas fait réaliser le panneau... Ma Puce, on doit
se voir ! Je vais terminer ici le récit de ce week-end, hommage
à Toi Guillaume et à cette équipe que tu veux humaine et
familiale. A très vite j'espère. Tout ce week-end, j'ai tutoyé les étoiles! La semaine qui s'annonce sera
chargée, il faut que je profite de mon petit Dragon et que je me
prépare à la séparation... Heureusement, j'aurai le thé et les
merveilleux souvenirs...















Et avec ce mystérieux "thé oriental", déjà évoqué dans le dernier billet. Mon premier plaisir après avoir choisi le thé est de choisir le contenant dans lequel je vais infuser les feuilles. Et c’est ce beau sachet orange et jaune qui m’a inspirée.
C’est toujours avec émotion que je me sers de ce matériel : ma première mer à thé, mon premier set de dégustation et, un peu plus tard, ma première théière Yixing avec le pot de réserve. Tous viennent de chez
L’étape suivante, l’observation de ces feuilles non roulées, simplement torsadées et très foncées, ce qui indique une torréfaction poussée, le parfum, bien que très discret, ne trompe pas, nous sommes dans les montagnes du Phoenix.
Avec une certaine impatience, je transvase les feuilles avec ces objets si simples et si sobres, en pensant à ceux qui, par un travail lent et précis, les ont cueillies et transformées. Imaginent-ils seulement le bonheur qu’ils procurent à nous, occidentaux ?
Pendant que les feuilles, bien au chaud, se prélassent, je regarde cette belle carte panoramique et je pense à Ségolène et Patrick, mes généreux donateurs, je vois exactement l’endroit où je planterai ma tente… c’est l’habitat des nomades, non ? Et comme chaque fois, pendant cette infusion, je caresse cette théière à l'aide du pinceau, imaginant déjà ce qui va en sortir…
J’ai répété ce geste de transvasement des dizaines et des dizaines de fois et pourtant j’ai chaque fois un pincement au cœur de peur que la théière, mal placée, se brise.
J’y tiens beaucoup, ce set a été créé pour fêter les 10 ans de
C’est à présent le moment de la dégustation. Dans la tasse à sentir, déjà une explosion de parfums, fruits cuits, caramel. Un vrai bonheur. Et les mêmes saveurs, émotions gustatives assurées. Je déguste cette liqueur en pensant à ceux qui m’ont fait ce beau cadeau, nous nous sommes rencontrés précisément chez Vivien un beau samedi de novembre.
Les infusions se succèdent, faisant évoluer les saveurs, de plus en plus douces. Et comme chaque fois que je prépare le thé en gong fu, je repense à cette Voie sur laquelle je chemine depuis tant d’années déjà, parsemée de si belles rencontres.
Les feuilles infusées se sont bien ouvertes à présent, je n’ai pas compté le nombre d’infusions mais je pense qu’elles n’ont pas encore tout donné… je continue donc.
Cette fois, ces Feuilles ont tout donné, je les admire une dernière fois avant de les rendre à la terre, heureusement celle des jardinières qui entourent mon salon n’est pas encore gelée. Je ressens un vrai bien-être après ces heures passées entièrement dans ce hic et nunc, j’ai profité entièrement du présent non pas pour me retirer du monde mais bien pour mieux être, en harmonie avec ma voie du thé, en pensées avec toutes celles et ceux qui m’ont aidée à la construire, qui cheminent avec moi, partageant cet Esprit du thé, sans frontière et sans œillères. J’ai pensé particulièrement à quelqu’un qui est dans la peine aujourd’hui, elle se reconnaîtra... Et j’ai aussi fait mienne cette belle locution latine Carpe Diem : cueille le présent sans te soucier du lendemain. Après une courte promenade dans ce jardin que j’aime tant, me revoilà, frigorifiée, dans mon salon bleu-thé. Il me faut d’urgence un thé bien chaud mais je veux rester dans l’ambiance de ce matin et en choisir un qui m’évoque ce monde du thé tel que je l’aime, une rencontre, des échanges et une ouverture d’esprit.
Pour cela, je suis redescendue à la salle à manger où je garde d’autres thés, des trésors que j’emploie pour la cuisine et en particulier pour la pâtisserie. Je choisis cette fois le
Je n’ai jamais utilisé cette théière ramenée de New York en juillet 1999, le jour-même de la mort de John John Kennedy…
C’est une théière de collection en édition limitée.
Je ne le savais pas au moment où elle m’a tapée dans l’œil, surtout la bonne bouille du petit Mowgli !
Je ne l’ai jamais utilisée, pas parce qu’elle est de collection mais bien parce que l’orifice est tellement étroit qu’à part mettre les feuilles directement à l’intérieur, il est impossible d’y mettre le moindre filtre.
Je voulais absolument l’étrenner aujourd’hui, j’ai donc infusé le thé dans une autre théière et l’ai transfusé. Et là, surprise, j’ai vraiment aimé même si, contrairement aux feuilles sèches où ce sont les amandes, c’est la saveur de la vanille qui dominait, il ne manquait que les petits gâteaux… Il faudra que je continue à explorer cette 7e famille de thé, comme la nomme Lydia Gautier dont j’ai déjà parlé à de nombreuses reprises. Et ce soir, je récidive avec cette fois
Alors, une théière de petite fille s’impose, c’est un cadeau que m’a offert Géraldine, une de mes anciennes étudiantes pour me remercier de lui avoir "donné le goût d’enseigner surtout en première primaire." C’est vrai que j’ai adoré enseigner la méthodologie des premiers apprentissages et particulièrement celle de la lecture, c’est déjà loin tout cela…
L’infusion est prête maintenant et tout en savourant chaque gorgée de ce breuvage qui dégage un délicieux parfum d’enfance. Je me revois petite fille dans le jardin de cette grand-mère adorée, trottinant derrière elle en admirant toutes ces fleurs aujourd’hui peu fréquentes comme les giroflées ou les gueules de lions (ou de loup, je ne sais plus). Mais aussi les roses trémières, ses fleurs préférées, tellement hautes qu’elle devait me prendre dans ses bras pour que je puisse sentir les fleurs… Cela fait un certain temps que je n’avais plus éprouvé autant d’émotions en voyageant de Chine à Paris pour aboutir dans le jardin de ma grand-mère. Merci à vous qui m’avez permis cela : Ségolène et Patrick, pour leur beau geste d’amitié, Vivien Messavent et Guillaume Leleu pour m’avoir fait découvrir, et de quelle belle manière, ce monde du thé si diversifié, qui est mien à jamais…
