Ces
longs moments passés dans mon salon bleu-thé me manquent, j'en ai
besoin. Me retrouver dans ce lieu à l'ambiance si particulière
m'est devenu indispensable. Bien sûr, préparer les feuilles peut se
faire partout où il y a de l'eau et le matériel adéquat mais si
les parfums des infusions sont les mêmes, la saveur, elle... Ce
lieu est le seul endroit où, la porte refermée, je peux vivre
intensément l'instant, l'esprit libéré des mille choses qui
l'encombrent. Ah le poids du quotidien, cette routine qui quand on ne
peut s'en éloigner devient vite un fardeau. Je ne me plains pas, je
suis une privilégiée, je vis dans un cadre enchanteur, la Nature,
elle, reste avec l'énergie qu'elle dégage et le renouveau qui
chaque année est là comme un cadeau perpétuel.

Au
rez-de-chaussée,
je suis quasi de plein-pied dans ce jardin qui
change d'un jour à l'autre pour ne pas dire à chaque instant à
cette période de l'année.
Comme ce parterre. Je suis certaine
que si je restais assise devant suffisamment longtemps, je verrais
pousser les pivoines et les delphiniums.
Ici, les voilà enfin,
les bourgeons se sont épanouis et offrent leurs trésors, de belles
fleurs lumineuses, je peux rester des heures à les admirer,
émerveillée comme si c'était la première fois. Avant même de
connaître Hanami, je pratiquais déjà...
En face du parterre
des azalées, cet énorme massif de rhododendrons se réveille aussi,
des centaines de boutons sont prêts à exploser, vivement dimanche
prochain !
S'il fait suffisamment bon pour se promener
dehors, le fond de l'air reste frais.
Un bref moment dans mon
cocon avec de Mount
Fuji griffé
Postcard's.
En savourant ce nectar, des souvenirs émus me reviennent, une
escapade londonienne en compagnie d'un phénomène...
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2011/10/suite-et-deja-fin-de-cette-escapade.html.
On en a parlé la dernière fois qu'on s'est vues, il faudrait passer
aux actes maintenant = message pas du tout codé, Paris c'est bien
aussi ma Puce ! Une deuxième infusion de ce nectar en pensant à
mon copain Bernard, mon dealer... C'est lui qui m'avait
réapprovisionnée. Dimanche prochain, je reçois des invités de
marque, je me suis donc replongée dans mes bouquins végétariens et
j'ai testé de nouvelles recettes pendant tout ce week-end, je n'en
parlerai pas encore, je veux leur laisser la surprise.
Par
contre, j'ai trouvé ce cocktail sur FB (merci à celui / celle qui a
eu cette excellente idée, j'ai essayé de la (le) retrouver pour la
(le) citer nommément mais en vain), simplissime à réaliser mais
succulent ! Ingrédients : 1 kiwi, 1 pomme, 30g d'épinards
frais équeutés, 2 à 3 CS de sirop d'agave, 280 ml d'eau, 1 CC de
cannelle, 1 CS de Matcha.
Peler le kiwi et la pomme, les couper en dés et les mettre dans
le blender avec le reste des ingrédients.
Mixer le tout (la
touche smoothie donne une plus grande onctuosité). J'y ai rajouté
quelques glaçons, ce fut notre apéritif, j'ai adoré mais pas
Xavier, je ne le referai donc pas dimanche prochain, déjà que le
pauvre devra se "farcir" un repas végétarien... Mais
je le referai certainement pour moi, c'est un véritable concentré
de vitamines ! Peut-être ne mettrai-je plus de cannelle parce
qu'elle était à peine perceptible, je ne l'avais sans doute pas
bien dosée. A revoir donc.
Ce matin après le petit-déjeuner
un bref passage dans mon cocon. Envie d'un thé blanc, j'ai
l'embarras du choix, il s'est arrêté sur le Ye
Shen Be Ya,
un thé blanc sauvage du Yunnan griffé Neo-T.
Et un peu de nostalgie en écoutant ce CD, cadeau de ma chère
Chantal...
La saveur de l'infusion répond harmonieusement au
parfum des muguets et aux notes des instruments de musique. Notes
gustatives et musicales qui me font penser à cette phrase lue un
jour je ne sais plus où : "Il
existe des notes qui s'aiment et engendrent l'harmonie".
La saveur douce de la paille fraîche et la délicatesse de ce thé
particulier me donnent des frissons, j'aurais aimé prolonger ces
moments magiques mais le devoir... Après avoir soigné mon mari,
retour en cuisine pour continuer mes essais. J'ai retrouvé l'envie
de créer des plats même si j'ai toujours besoin au départ d'une
recette surtout pour des produits nouveaux pour moi. Je me rappelle
mon dégoût (le mot n'est pas trop fort) quand j'ai découvert
l'aspect du tempeh
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2014/08/chose-promise.html
que j'ai fini par apprivoiser cependant. Il n'en est pas de même
pour le seitan par contre : sa texture, son aspect ne
m'inspirent pas, je n'ai donc aucune créativité pour le préparer,
mais j'espère que ce matin j'y arriverai, j'en ai l'envie c'est un
bon début. Mais ce ne sera pas pour aujourd'hui, mon mari est venu
aux nouvelles pour le repas de midi et quand il a vu "ces
steaks bizarres" (le seitan),
il m'a invitée au restaurant, "c'est
un jour particulier"...
Même si je pense que ce "jour particulier" était un
prétexte, j'ai accepté et pas n'importe où, chez Yannis,
et comme son nom l'indique ce n'est pas un chinois, dans ma folle
jeunesse j'ai adoré ce pays où j'ai des souvenirs plus que
délirants, j'y suis allée 21 fois, même pour des week-ends, à
l'époque le billet d'avion à condition de ne pas avoir de
bagages-soute ne coûtait quasi rien. J'ai même appris la langue
alors qu'après 2 ans d'Humanités gréco-latines, j'ai bifurqué
vers les Modernes (je n'ai à vrai dire pas eu le choix mais c'est
une autre histoire...), la preuve qu'il y a un temps pour tout et
que quand la motivation est là... et pourtant je détestais les
langues! Malheureusement, faute de pratique, j'ai quasi tout oublié.
Ambiance comme là-bas, et repas surréaliste : moi qui ne bois
jamais de vin, j'ai accompagné le mezzé royal pantagruélique d'un
verre de retsina ! Il faut savoir que dès que je bois une
gorgée de vin, je deviens rouge écarlate, et qu'après un verre je
ne sais plus trop qui je suis. Comme c'est moi qui conduis pour le
moment, mon mari avait des craintes et a même parlé de prendre un
taxi pour rentrer... Mais ce n'est pas tout, après le dessert il
avait envie d'un capuccino, "prends
un thé si tu veux",
j'aime ce genre d'humour, on sait que les Grecs sont de grands
amateurs de ce breuvage...
Par contre pour cela ! Voilà avec quoi j'ai terminé ce magnifique repas ensoleillé. Nous sommes rentrés entiers à la maison, et là deuxième surprise : "tu
ne m'inviterais pas à boire un thé sur ta terrasse, d'en haut le
jardin doit être tout beau à cette époque".
Je n'en reviens pas mais je m'empresse de préparer un Daehsen
Nokcha griffé
ThéÔdor.
Je me disais bien qu'il y avait un problème, pour le moment il doit
encore porter des verres fumés même à l'intérieur et donc dès
qu'il est arrivé sur cette terrasse inondée de soleil, il a fait
demi-tour,
après avoir admiré le jardin cependant,
C'est
vrai qu'il est de toute beauté, et ce sera bien mieux encore les
jours prochains.
Je reste sur la terrasse pour profiter de ce
soleil estival et je cherche l'inspiration pour réaménager les
jardinières tout en savourant ce nectar, entre Chine et Japon.
Puis retour vers les recettes, sur les cinq testées, deux revisitées
sont vraiment très bonnes, la troisième est bonne sans plus ;
par contre les deux autres manquent d'équilibre gustatif, il faut
que je les retravaille.
Mais pas pour le moment, temps de
farniente avant les Saints de glace qui se pointent demain, s'ils
pouvaient oublier... J'aime ce dicton très vrai que je peux vérifier aujourd'hui. Moments de méditation aussi face à cette
Nature dont je ne peux me passer, elle me ressource, me détend,
enchante mes yeux par ses cadeaux qui changent jour après jour, me
chatouille le nez par ses parfums subtils. Comment ne pas l'aimer, ce
faisant, elle fait tant de bien à mon âme, un vrai havre de paix.
J'ai savouré chaque moment de ce beau week-end, toutes ces
sensations positives me donneront la force dans les jours moins
lumineux, Albert Camus a dit : "Il
n'y a pas de honte à préférer le bonheur»,
j'adhère, évidemment...
IMPOSSIBLE DE PLACER CORRECTEMENT CETTE PHOTO, KESAKO?
Hier
toute la journée, j'étais à Paris... en pensées, et cela m'a
coûté cher ! Après avoir passé une partie de la nuit
précédent ce grand jour à infuser la mythique brique 1980, et
avoir lu le dossier de presse qui m'a fait rêver, je n'ai pas pu
dormir, le bonheur tenant lieu de repos pour l'âme en tous cas.
J'avais du mal à rester éveillée quand même - je n'ai plus 20
ans, ni même 40 -j'ai donc choisi un thé costaud, le Parisian
breakfast. Et
pourtant ma première expérience avec ce blend a été plutôt
négative :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2011/11/ou-cela-va-t-il-sarreter.html!
Comme je n'aime pas rester sur une désillusion, je me suis accrochée
et je l'ai apprivoisé, ce ne sera jamais pour moi un thé plaisir
mais bien un thé coup de fouet, et là il remplit sa tâche !
Et je ne me voyais pas en ce jour particulier où je voulais être en
contact même lointain avec l'Insolent parisien, choisir un autre
thé, et j'avais besoin de quelque chose qui me tienne éveillé.
Puis la tête et le coeur Place d'Iéna, direction le jardin pour
cercler les pivoines parce que quand le vent souffle, il y a comme un
tourbillon à la hauteur du parterre, je n'ai jamais vraiment compris
cela ; il faudra aussi tuteurer les delphiniums. Après cela,
arrosage et c'est là qu'à eu lieu le drame : j'ai raté une
marche avec l'arrosoir ancien en métal à la main, ce qui m'a
empêchée de me retrouver par terre mais mon épaule a trinqué, je
n'ai plus pu bouger mon bras droit et même en me servant du gauche,
le mal irradiait. Résultat impossible de préparer le moindre thé,
un comble en ce jour particulier ! Cela ne m'a pas empêchée de
penser à tout ce que m'évoque cette jeune maison, ses trésors et
son Créateur, une belle histoire d'Amour et d'Amitié.

Avant
d'aller dormir, j'ai regardé ce qui est dit du 30 avril, no
comment... Fini avril, bienvenue mai !
Ce vendredi matin,
pas question de me passer de thé, je choisis donc du matériel
adapté à mon épaule encore déficiente... La mer à thé est un
peu lourde mais me rappelle des moments hors du temps à l'Institut
du Thé avec ma famille du thé :
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2009/03/encore-un-we-fabuleux.html.
Ces rencontres me manquent, j'espère que je pourrai encore y
participer, malheureusement cela ne dépend pas de moi, il me reste
les souvenirs.
Cet écrin vintage contient du Gui
Fei 2007,
cadeau de la maman de ma chère belle-fille.
Je pense que c'est
la première version des boîtes ThéÔdor,
le texte explique pourquoi je suis tombée en amour pour cette
maison...
Ces billes ont simplement été déposées dans la
petite théière chauffée mais dégagent déjà un parfum gourmand
de brioche grillée.
Infusion immédiate pour réveiller les
belles.
Et pour préparer mon palais, saveur très atténuée
avec une note douce et sucrée.
Après un seul passage, explosion
de parfums où domine le caramel. Et les feuilles sont crantées,
travail des sauterelles locales.
Au contact de l'eau les feuilles
prennent toute la place dans cette petite théière.
Les parfums
sont de plus en plus présents, entre miel, brioche grillée et ...
noisette, bizarre. Les saveurs sont de plus en plus subtiles, de plus
en plus douces.
Les passages se suivent, avec la musique qui
crée une ambiance envoutante et propice à la méditation. En fixant
les objets, je vois les visages de ceux et celles qui y sont liés,
je me dis que je suis bien entourée. Me vient alors un très vieux
slogan qui n'a rien à voir ici : Jamais
seul à fumer une Belga !
Le cerveau a parfois de ces idées saugrenues... Mais il y a une
certaine logique là dedans :
ce pot de réserve,
comme les
ustensiles,
viennent du Musée du thé à Mucha, belle rencontre avec
son propriétaire qui nous as préparé une magnifique Tie
Kwan Yin,
je n'ai pas osé prendre de photo mais son visage si avenant et sa
voix chaude et passionnée se sont imprimés dans ma tête et mon
cœur.
Les feuilles ont encore bien des choses à dire, mais
j'attendrai cet après-midi, mon mari m'invite au restaurant, cela
tombe bien je n'ai pas été faire les courses... quand on est en
vacances perpétuelles, les jours fériés ne veulent plus rien dire.
Très bons moments et un sujet de conversation improbable après un
coup de fil dont je ne suis pas encore remise, je ne m'y attendais
pas.
Retour au bercail et une balade digestive à la recherche
du bonheur, mais cette année les clochettes ne sont pas au
rendez-vous.
Un coup d'œil à ces pauvres plantes assoiffées, mais plus
pour longtemps, on annonce de la pluie pour cette nuit, ouf.
L'azalée japonica s'est réveillée en un coup, elle sera magnifique
pour le 17 prochain;
à ses pieds, les fraisiers sauvages sont
déjà en fleurs.
Et tout à côté un autre beau tableau printanier.
Un ciel engageant,
C'est ici qu'elle devrait se trouver! et même s'il ne fait pas très chaud,
la tentation est trop forte, un Daehsen
Nokcha et
une pensée particulière pour celui qui se reconnaîtra.
Je ne
risque plus rien, il servira à arroser les bacs à fleurs, il n'y a
pas de marche sur la terrasse. Tout à coup des cris typiques très
proches, ce sont des choucas mais que font-ils si près? Les pauvres
n'ont plus de cheminée pour faire leur nid, mais nous n'avions pas
le choix malheureusement:
http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/04/.
Si je les entends, je ne les vois pas, j'espère qu'ils trouveront un
endroit pour faire leur nid.
C'était trop beau, le vent s'est
levé, les choucas ne se manifestent plus, je n'ai plus soif pour
l'instant mais envie de musique. Après le souper, retour dans mon
cocon.
Les notes évoluent à présent vers des saveurs
fruitées et une légère astringence. Où vont-elles donc s'arrêter?
Je retrouve maintenant des saveurs plus boisées et des notes de
noix.
En continuant à savourer ce nectar, je me rappelle celui
que j'ai découvert chez les parents de ma belle-fille, il y a près
de 8 ans maintenant, à l'époque il était tout jeune. Emotions
gustatives intenses tout au long de ces nombreux passages, une
passion qui renaît à chaque infusion,
comme le disent Ségolène et Patrick auteurs de ce magnifique blog
que je vous invite à visiter : Thé – Tea – Cha
http://the-tea-cha.blogspot.be/.
Ces vieilles dames ont tout donné maintenant, je les arrose une
dernière fois, je verrai demain ce qu'elles ont encore à dire.
Un dernier regard vers le ciel avant une soirée télé avec mon
mari, au programme Koh Lanta.
Et avant d'aller dormir, un salut
à la reine de la Nuit auréolée de nuages.
Premier geste ce
dimanche matin, gouter ce breuvage infusé depuis la veille. Ce Gui
Fei n'a
plus rien à voir avec les moments hors du temps d'hier, plus aucun
parfum, ce qui semble normal après autant d'infusions et les saveurs
ne ressemblent en rien non plus, des notes minérales comme si les
feuilles avaient été infusées dans une théière en pierre mais
aussi une amertume prononcée.
Beau camaïeu de bruns et verts,
avec à l'avant-plan cette énorme feuille verte,
déjà
repérée avant même qu'elle se déploie. Une manière comme une autre de se faire remarquer...
Il fait un peu
frisquet ce matin, un thé
rouge du Yunnan
me réchauffera.
Pendant que l'eau chauffe, des notes venues
d'ailleurs et une pensée à ma chère Ling-Ling qui m'a offert ce
beau cadeau dont je ne me lasse pas.
Belle couleur ambrée dans la tasse, les saveurs
chaudes typiques de la région : notes boisées, dominantes
mais aussi un arrière-goût de miel et de caramel.
Reste à en
choisir un qui guidera ma journée : "Ne
craignez pas d'être lent, craignez seulement d'être à l'arrêt".
Gonflée à bloc, en route pour les courses alimentaires. Plus jamais
de courses un samedi matin ! Partie enjouée et détendue, je
reviens hors de mes gongs. Si je ne devais pas faire des provisions
pour la semaine prochaine, j'aurais tout laisser là ...
Après
28 LONGUES minutes d'attente à la caisse, j'ai urgemment besoin de retrouver
mon calme, avec ce Morimoto
Shincha.
Petit à petit la musique zen opère sur moi et me détend
complètement.
Gorgée après gorgée, ce nectar me fait le même
effet, je suis prête à aller préparer le diner. J'aurais dû aller
à Waterloo cet après-midi mais dès lundi je revês à nouveau mon
uniforme d'infirmière, je veux m'avancer en cuisine. Puis une
petite pause avant de conyinuer en lisant mes journaux, que je
dépuoille toujours sur mon lit. Sauf que je me suis endormie !
Faut croire que j'en avais besoin. Le mois de mai a très bien
commencé, je me sens très en forme pour aborder les jours qui vont
suivre. La vie est pleine de petits et grands bonheurs, j'en redemande !