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vendredi 20 octobre 2017

Thé, Amitié, Eternité...

Une journée particulière aujourd'hui, la famille et les amis de Marie-Aline se réunissent pour lui dire adieu. Je ne pourrai y être mais je veux être être en pensée avec eux. Et surtout me rappeler les moments hors du temps passés avec elle. J'ai rencontré celle qui deviendra mon Amie à Strasbourg lors d'un atelier chez Nikosan en 2011, c'est mon Amie Fabienne qui me l'a présentée. Il y en a eu beaucoup d'autres qui restent très présentes dans mon coeur... Nous avons immédiatement sympathisé et une correspondance suivie s'est établie entre nous autour d'une de nos passions communes, le thé. 
Un beau ciel que tu aurais aimé, bleu et blanc comme tes superbes toiles... J'ai eu le bonheur de les admirer lors de notre première rencontre en tête-à-tête à Strasbourg : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/06/ce-matin-il-fait-dejamagnifique-3-un.html... 
Mise en place d'une ambiance pour évoquer tous ces souvenirs... 
Dans la tasse un
Balasun. Le Darjeeling est un thé qu'elle aimait, particulièrement le Tumsong à l'époque. 
Au pays des
Pu Er, avant une soirée folle, nous partageons un goûter dans mon salon bleu-thé : des muffins au Pu Er et un bol de ces feuilles si particulières qui sentent la terre et qui goûtent les sous-bois après la pluie. Et de la pluie, nous en avons eue! Merci le GPS d'avoir induit en erreur Fabienne qui, même si y voir grand chose, nous a emmenées à bon port!
Avant une soirée très arrosée avec Olivier Schneider qui nous a emmenées dans le Yunnan, berceau de ces thés noirs surprenants. 
Le lendemain, nous continuons notre formation, quelle concentration ! 
et cette fois Eric nous a rejoint. 
Avant de regagner l'Alsace, petit détour par la Flandre pour partager un repas au thé 
et une dernière tasse de
Pu Er Sheng 2008 dans mon salon... 
accompagnée d'un autre rituel, immortaliser ces moments hors du temps... De cœur à cœur, cette expression très TOI chère lumineuse Marie-Aline... Il est 14h30, la cérémonie va commencer à Saint-Pierre, je suis en pensée là-bas, 
c'est avec une intense émotion que je prépare Perseus,  ce thé si symbolique : 
c'est grâce à toi que j'ai pu l'apprivoiser, 
moi je préférais
Petite Ourse
... 
Tandis que je le savoure, je repense à ces 3 jours de septembre 2015 à Paris, à nos échanges, intimes, si vrais, si riches, à nos rires, à cette Amitié que nous cultivons si bien toutes les deux. C'était à Révélations
tu avais tant aimé la rencontre avec Guillaume dont tu buvais déjà les thés, deux artistes, 
normal donc que vos échanges furent si riches... http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2015/09/deuxieme-jour-de-revelations-ou-cela-va.html. Ce fut notre dernière rencontre, mais quelle intensité ! Les aléas de la vie n'en ont pas permis d'autres, mais il reste notre belle correspondance, aussi riche que nos rencontres, puis l'annonce de cette infame maladie, tu as lutté, tu t'es battue. Chaque soir, en savourant mon dernier thé, je pensais à toi en priant les Anges, nos amis... Je continuerai bien sûr. Aujourd'hui, tu ne souffres plus, tu laisses un vide dans ce monde mais tu as rejoint les étoiles paisiblement, entourée de ta famille... Bien sûr je ne te verrai plus, physiquement mais tu es tellement présente autrement par tout ce que tu m'as apporté que je te suis infiniment reconnaissante, comme je l'ai déjà écrit, tu fais partie de mes Grands Absents, votre place est dans mon coeur à jamais... Je voudrais aussi remercier ma chère Fabienne, sans elle je ne t'aurais sans doute jamais rencontrée.
 

jeudi 25 mai 2017

Dimanches d'août... fin mai

Levée aux aurores, le silence de la nature m'impressionne. D'habitude les oiseaux m'offrent leur concert matinal, que se passe-t-il ?
Est-ce ce ciel qui les perturbe ou la lumière n'est pas encore assez présente, allez savoir. 
Cela ne me préoccupe pas, j'ai un devoir à faire, terminer ce livre aujourd'hui. Mais quel rapport avec le
Gyokuro ? Absolument aucun, sauf pour moi... Mon histoire avec les thés japonais a très mal commencée (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2008/05/mon-premier-cha-no-yu.html ) Si j'en étais restée à cette première impression, j'aurais fait une grossière erreur, c'est vrai que commencer par cette poudre de jade est un vrai choc ! Certains thés ont été de vrais coups de cœur, je pense au Bi Lo Chun, à l'Oriental Beauty, au Yunnan et au Pu Er. Par contre, certains demandent à être apprivoisés, c'est le cas du Matcha. Et voilà le rapport avec Modiano, je n'avais jamais lu qu'un seul ouvrage de lui, choisi pour son tire, Place de l’Étoile qui m'avait laissé une horrible impression... Entre oppression et dégoût. Je pensais que plus jamais je ne lirais quoi que ce soit de cet auteur. Je suis passionnée par les livres mais il y a tellement d'autres auteurs... Jusqu'au jour, pas très lointain, que j'apprends que ma soeur du thé non seulement les as tous lus mais en est folle ! Elle veut me convertir, c'est elle qui m'a offert Dimanches d'août dimanche passé avec comme mission de le lire pour pouvoir en discuter dès qu'on se reverra. Et ses désirs sont des ordres... 
Préparation de mon prochain thé de lecture, méditation sur cette phrase profonde :
"C'est dans l'invisible que l'on trouve la meilleure des matières" tout en arrosant les jardinières de ma terrasse, les fleurs ont très soif. 
Ô surprise, les delphiniums donnent une note bleue au paysage 
et aussi la toute première pivoine, et à y regarder de plus près, il y en aura beaucoup d'autres, cela tombe bien, les rhododendrons commencent à fatiguer... 
Le ciel est devenu uniformément bleu et le soleil très généreux, 
Je continue ma lecture, mais je dois m'accrocher, le fantôme de Raphaël me perturbe encore des années plus tard. 
Un tour de jardin 
pour admirer 
ces trésors de la généreuse nature 
qui m'entoure
où que j'aille. 
Cela fait des années que cela dure, tous les jours de beau temps, je fais le tour du jardin matin et soir 
et je suis toujours aussi émerveillée par tant de beauté. 
Ce soir sur ma terrasse avec une théière de
Légende indienne. Et bien sûr LE livre, je veux le terminer ce soir, plus que 28 pages.
Mais que se passe-t-il : c'est au moins le huitième qui survole ce havre de paix, j'espère que c'est exceptionnel parce que c'est insupportable ! A tel point que si je veux achever le livre, je dois aller dans mon cocon, fenêtres fermées. Et voilà, mon devoir est terminé, ouf. Il en faudra encore quelques-uns pour que je sois apprivoisée, j'en connais une qui va avoir du boulot! (= message codé...) 
En écoutant la musique du Silence, j'admire le paysage, apaisée.

dimanche 25 septembre 2016

Voyage, voyage encore et toujours

Après ces voyages de vendredi d'où j'ai ramené des trésors, après une matinée de corvées de tous ordres, je me pose enfin dans ce paradis où s'attarde l'été. 
Bleu, bleu, le ciel est bleu-soleil,
et sur ma terrasse, il fait chaud, 
c'est le temps de la découverte de ce
Lapacho griffé Le Fossé fleuri infusé à froid depuis hier. Avant même d'y goûter un parfum prononcé d'agrumes chatouille mes narines, la saveur est acidulée avec des notes de vanille, c'est très agréable en bouche, si en plus c'est thérapeutique... 
C'est l'intérieur de l'écorce qu'on gratte si j'ai bien compris, les morceaux d'orange lui donne un plus aromatique, je ne sais pas si les "copeaux" nature dégage la moindre odeur. 
La température continue à grimper mais une très légère brise empêche d'âtre accablé, de toute manière je supporte la chaleur quand il y a de l'air. Et j'en profite au maximum, tant pis pour ma main... 
Infusé à froid également
Petite Ourse dont j'ai pu remplir à nouveau l'écrin vendredi ! 
Et pour accompagner ce nectar, des douceurs aux agrumes 
à la texture assez particulière, ils sont bons, s'accordent bien avec
Petite Ourse mais ils sont trop sucrés pour moi. 
Ce soir, retour dans mon salon bleu-thé pour préparer un autre trésor : le
Oolong au lotus dont le procédé de fabrication est décrit ici : http://www.theodor.fr/fr/thes-verts-parfumes/209-blue-oolong-lotus.html , est cela faisait aussi un bail que je n'en avais plus, j'ai hâte d'être transportée... 
aux accents reposants de cette douce musique.
Infusion dans cette jolie théière vietnamienne, temps conseillé 2 à 3 minutes à 80°. Je retrouve bien les saveurs que j'aime, mais elles sont comme atténuées, même la couleur n'est pas aussi jaune soleil comme dans mes souvenirs, j'attribue cette différence aux paramètres conseillés 
et je prépare une deuxième infusion à 85° pendant 4 minutes. Et là, c'est parfait pour moi, et je retrouve cette belle couleur or : émotion gustative intense, le bonheur est dans le thé ! Et je repense à ce si patient processus de fabrication, j'imagine les doigts de fée des cueilleuses qui vont déposer précautionneusement les bourgeons dans ces magnifiques fleurs de lotus si symboliques là-bas : "
Un "Jardin retiré" dans la campagne vietnamienne d’une beauté extraordinaire. Il s’agit d’un Blue Oolong, un Wulong du Vietnam qui porte dans ses origines la protection évidente des cieux.
A l’instar de nombreux autres thés, (...) les bourgeons sont récoltés dans les premières heures de la journée et préservés ainsi jusqu’au soir où ils sont déposés, poignée par poignée, dans chaque fleur de Lotus qui embellissent les lacs de la plantation.
Au matin, à la rosée, refermées sur elles-mêmes durant la nuit, les fleurs se redressent fièrement, et rendent aux cueilleurs le thé qui s’est ainsi laissé parfumer de leurs fragrances, après avoir été conservées comme un trésor. Délicat, long en bouche, d’une douceur absolue, ces parfums associés à la noblesse d’un Oolong offrent un nectar que l’on se doit de déguster".
Je me souviens aussi avec émotion de la première fois que j'ai découvert ce thé si particulier, je l'avais à l'époque préparé en zhong : http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/06/moments-forts-et-surprenants-dans-la.html
J'avais été très étonnée par la différence de couleur entre les feuilles sèches, torsadées et d'un vert très foncé, ma laissant pensé à un degré important de fermentation, et celle des feuilles infusées, d'un vert beaucoup plus intense qui fait penser à une oxydation plus faible. Mais ce soir je pense surtout au bonheur profond que j'éprouve à chacune de mes préparations, un cérémonial, un rituel qui ont permis de faire découvrir à l'hyperkinétique que j'étais alors les bienfaits de se poser et de se recentrer sur l'essentiel. 
Ce dimanche matin, je me suis réveillée aux aurores, presque en même temps que le soleil, l'âme en paix après un merveilleux rêve réunissant les deux êtres que je chéris le plus au monde, c'est cela le mystère de ce monde onirique et fascinant : ils ne se sont jamais rencontrés mais ils marchaient main dans la main comme un enfant et son papa dans le désert, je les suivais des larmes de bonheur dans les yeux en pensant au petit Prince... 
C'est tout naturellement que j'ai choisi ce
Thé des Princes
et cette musique, d'une autre voie celle du thé, commencée il y a bien longtemps déjà et qui ne finira jamais. 
Infusé ce matin dans cette petite théière si symbolique qui me fait penser à d'autres Dragons... J'aime la saveur particulière de cette infusion que je ne peux pas vraiment définir, mais l’important c'est d'aimer... J'avais rendez-vous avec mon amie Catherine dans un lieu improbable que je fuis d'habitude, le bruit, les odeurs nauséabondes de malbouffe, les objets hideux exposés à la vente, très peu, j'ai horreur de cela pour moi mais c'était la seule manière de se voir vu ses horaires surchargés ! Surprise et plaisir aussi de rencontrer Pascal G., un (très) ancien étudiant... 
Je ne suis cependant pas revenue les mains vides, quelques spécialités provençales et surtout ces épices, je sens qu'elles n'arriveront pas à leur date de péremption ? 
surtout celles-ci...! 
Malgré ce ciel très menaçant, j'ai encore espoir de m'installer sur ma terrasse. 
Malheureusement, le temps d'infuser à chaud cette fois le
Lapacho,     
une pluie battante a contrecarrer mes plans, 
J'ai eu juste le temps de ramener le plateau et son contenu mais pas le thermomètre, tant pis, il prendra son bain. 
Je ne prends pas le temps d'essuyer le plateau, j'ai envie de goûter ce mélange chaud. Délicieux, je vais en commander et demander à Martine de me l'amener mercredi si "on" (oui je sais c'est un pronom indéfini et impoli comme on me l'a appris mais les noms qui s'y cachent sont une surprise)  n'a pas le temps de passer d'abord dans ce lieu de perdition choisie !
Pour accompagner ma lecture, ces fameux chocolats tellement différents de ceux que nous connaissons ici, épicés, noirs et pourtant je les aime ! 
Et à propos de ce livre, petit par la taille mais grand par son contenu : érudit et drôle à la fois ! J'en reparlerai lors d'une longue journée d'hiver quand, à part me livrer à ma drogue liquide, je le reprendrai page par page pour vous livrer ce qui m'a étonné, fait réfléchir, beaucoup rire aussi. Le sujet, mille fois traité, l'a été ici de manière très personnelle, originale, j'ai encore appris, et en profondeur... 
La pluie a cessé
mais le ciel n'a pas encore tout donné, la nature lui dit merci, moi pas 
  d'autant que la température a dégringolé sous les 10° et il est à peine 18heures. J'aurais bien passé la soirée avec le
Nanmei Ye Sheng Bai Ya un Pu Er, l'un de mes trésors ramenés vendredi mais mon mari souhaite que nous passions la soirée ensemble, au programme La grande vadrouille que je connais par cœur mais le spectacle sera dans la salle ! Un très beau premier week-end d'automne avec ces voyages au pays de l'excellence, des saveurs subtiles et des belles rencontres !