dimanche 3 novembre 2013

Aujourd'hui, j'ai encore tutoyé les étoiles!


Première activité de ce dimanche,  le thé-santé, ce rituel quotidien. 
Et première lecture, je ne sais ce que ce verbe a de désuet, sauf qu’il n’est pas vraiment d’actualité, 
dehors, le vent qui souffle dans ce ciel menaçant suffira à m’éventer, pas besoin d’éventail aujourd’hui. 
Deuxième acte, vital aussi, mon premier thé, un Matcha, pas choisi au hasard, je ne suis pas encore tout à fait réveillée, j’ai besoin d’un coup de fouet. 
Mais il y a une deuxième raison, en admirant la couleur fluo de la poudre battue, j’ai repensé à ce que j’ai vu sur le site de Tamayura www.tamayura.fr 
un chawan noir dont j’ai copié la photo, et comme entre voir et avoir il n’y a qu’une lettre de différence, s’il me fait le même effet en vrai, je crois bien qu’il changera de maison… L’occasion aussi de revoir Olivier, un de mes chouchous… il faut bien que je meuble mes cinq journées à Paris ! C’est lui qui m’a initiée à cette préparation particulière (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2008/10/je-lai-prpar-moi-mme-mais-quoi.html ), je suis encore très loin d’avoir sa dextérité mais je m’applique. 
Un arrêt sur ma terrasse pour m’aérer mais sans y rester, il fait frisquet, 8° à peine, et puis je commence à être en manque. 
Bien au chaud, avec mes activités favorites. 
Avec ce Hong Yu, je plonge avec émotion dans la nostalgie, celle de ce lieu fabuleux, chez Zen Zoo Thesaurus (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2011/11/cette-fois-cest-la-fin.html ). J’y donnais rendez-vous à Vanessa lors de mes escapades parisiennes, nous avions le bonheur d’être initiées par Yu hsin qui savait si bien parler de ces Feuilles et dont les gestes lents et harmonieux amenaient cette sérénité intense comme un havre de tranquillité dans l’agitation de la ville.  
Rien que le titre me parle, le rouge et le noir vont si bien ensemble et j’aime l’auteur... Je me nourris de ses paroles en savourant ce thé fabuleux dont il ne me reste quasi rien et je n’en ai jamais retrouvé ailleurs. 
Trois théières plus tard, je vais faire sécher ces belles avant qu’elles ne hantent mes nuits. Et c’est sans regret pour cette fois que je quitte mon cocon, je vais chercher la lumière… et des thés d’exceptions… pour changer ! Au programme : "Nous commencerons par un Roi du Tie Guanyin, le Rosé Céleste, connu aussi sous le nom Une feuille de Tathagata - la production de cette année 2013 est de seulement 26 kg. Nous terminerons par une célèbre galette de Pu'er de 1970 : 70 Jian Ti Zi Tie Bing". 
Je ne précise pas le lieu, à vous de deviner. Jing infuse d’abord ce Tie Guan Yin au nom mystérieux de Rosée céleste, je comprendrai très vite pourquoi ! 
Mais avant cela, j’observe les visages et les gestes de mes compagnons du thé… 
La couleur du breuvage pourrai faire penser à un jeune Tie Guan Yin, encore vert. 
Saveur beurrée, très douce et fleurie, texture grasse, émotion gustative intense, quasi l’extase… déjà. 
Source de Lumière nous raconte son histoire. Comme annoncé dans le programme de cet après-midi, c’est véritablement un roi, presque inaccessible : après être arrivés à Anxi, les aventuriers de l’extrême doivent rouler en voiture pendant 7 heures, ce qui n’est pas insurmontable malgré une route très difficile mais après cela, il faut encore 2 heures de marche pour arriver dans le lieu céleste où se trouve la plantation, inutile de préciser qu’il est d’une grande rareté et que peu de théinomanes ont pu y goûter. 
Les passages se poursuivent 
et encore et toujours les mêmes gestes 
la même concentration aussi. 
Déjà ce que Jing nous a appris sur ce thé céleste est très surprenant. 
Mais le plus incroyable reste à venir : les premières infusions ont été réalisées à LA fête du thé à Taiwan vers le 27 octobre et servis à 60 personnes. Le record a été de 76 infusions ! 
Et Cha Hua a eu la grande chance d’en être. Dans le civil, il s’agit bien sûr d’Anne-Marie mais là-bas, elle  a reçu son nom de thé : Fleur de Thé.
Les feuilles n’ont pas encore tout donné et après avoir séduit nos palais, enchantent nos nez. 
Source de Lumière nous propose à présent, un Ali Shan cultivé à mille mètres d’altitude, bio parce que l’engrais est composé de vieilles feuilles uniquement. 
Que va-t-il nous offrir ce "simple" oolong bio. 
Déjà au nez, il dégage des notes sucrées. 
Il est plus "fougueux" que le précédent, vraiment plus "fougueux", ce petit jeune. 
Au fur et à mesure des passages, un parfum de vanille titille nos narines. 
 Et que dire des feuilles infusées ? 
Qu’elles sont loin d’avoir encore tout donné ! 
Changement de famille avec ce Pu Er cuit.
Les feuilles sont d’un beau camaïeu de bruns et semblent assez grandes. 
Les parfums sont plus faciles à déterminer, 
de même que le breuvage faits de sous-bois et de feuilles après la pluie. 
Ici aussi les passages se suivent, toujours cette même élégance des gestes. Par contre, ce qui m’étonne, c’est que je n’aurais jamais cru boire un Pu Er shu : ni la couleur, beaucoup plus claire, ni les saveurs, beaucoup plus subtiles ne m’y faut penser, il ressemble beaucoup plus à un Pu Er sheng. Mais peu importe, c’est un vrai bonheur ! 
Cha Hua examine les belles avec attention. 
Parmi elle, une très grande feuille. 
Elles sont encore bien loin d’avoir tout donné. Mais j’en dirai plus demain, elles ont changé de main… Je dois malheureusement quitter ce lieu magique pendant la pause, je "raterai donc le meilleur" me dit Jing. Je suppose qu’elle voulait dire le meilleur des meilleurs ! 
Bloquée un long moment à un feu rouge, je jette un œil sur ce beau ciel et me remémore ce que je viens de vivre : des thés d’excellence dans ce lieu hors du temps, des sourires, des rires et ces partages si riches avec mes compagnons de thé. Merci à vous tous pour ces instants magiques qui me font dire que Les gens du thé sont une même famille
Je ne suis une fois de plus pas revenue les mains vides, le Pu Er aux grandes feuilles, de l’Essence de Pu Er et des feuilles qui ont tout donné 
Elles ont rejoint celles que je conserve avec soin. 
Le sac pèse de plus en plus lourd, merci chère Jing. 
Quant à l’Essence de Pu Er, ce sera pour après le 28 novembre, si je tiens jusque-là… 
Et celles qui ont changé de main, elles ne perdent rien pour attendre, elles me donneront très bientôt d’intenses rétrolfactions, merci chère Jing et à vendredi... avec deux autres folles de thé qui se reconnaîtront!

vendredi 1 novembre 2013

Le mois de novembre commence très fort!

Depuis quelques heures, novembre a pointé le bout de son nez. 
Le programme de cette matinée. 
Côté boisson : un Tumsong griffé ThéÔdor. 
Et pour l’accompagner, Bach et son Oratorio de Noël et l’éphéméride perpétuelle. 
Je m’attendais à trouver l’expression de circonstance relative au temps mais que nenni et j’ai eu mon premier fou rire, imaginer la densité de population en enfer !... 
La musique est terminée, la première théière aussi, un peu de lecture maintenant et toujours le Thé du jardin des cœurs heureux comme une douce gourmandise si évocatrice dont je ne me lasse pas. Comme je ne me lasse pas des "Mots de ma Vie" avec un regret de constater que le thé n’en fait pas partie... Ni d’ailleurs le café ni surtout le vin avec lequel il a une relation spéciale au point d’en écrire un Dictionnaire amoureux. 
Par contre, la mère du thé y figure. Je crois l’avoir déjà, Bernard Pivot est un homme qui m’a marquée, et continue à le faire. J’ai adoré Apostrophes dont je deviens accro mais un peu moins Bouillon de culture, je ne sais trop pourquoi. Chaque fois que je me plonge dans un de ses livres, admirative et conquise à l’avance, j’ai la chair de poule et me sens toute petite. Et je me fais chaque fois la même réflexion, depuis la première primaire, nous avons tous appris les 26 lettres de l’alphabet, nous avons appris qu’en les combinant on accédait à la lecture et à l’écriture. Mais lui a un art consommé de les associer de cette manière, à la fois érudite pleine d’humour et si simple qui me charme tant.  Merci Monsieur Bernard, vous êtes un grand ! La théière est vide à nouveau, il est temps que je me prépare pour vivre d’autres moments forts à … Bruxelles ! 
Il fait très gris ici, 
pas grave je vais trouver la lumière. 
Premier thé, un thé de rocher vieux de 30 ans déjà infusé à de nombreuses reprises avant mon arrivée, 
partagé avec Adeline et Eric, les concepteurs de Tea Garage, ce lieu improbable mais incroyable (ici: http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/05/un-fabuleux-dimanche-passe-bruxelles.html , là http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/05/retour-vers-le-bonheur-bruxelles-dans.html http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2012/05/retour-vers-le-bonheur-bruxelles-dans.html et encore ici http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/06/le-bonheur-se-prolonge-bruxelles-dans.html ). Et ils remettent cela très bientôt, un peu de patience pour les dates, j’attends l’e-annonce. 
Concentration intense, comme chaque fois. 
Une dernière infusion 
avant d’admirer ces vieilles si belles. 
Un Pu Er sheng de 90 en vrac. 
Entre chocolat et caramel avec en plus la saveur intense de nos échanges. 
Les yeux brillent. 
Encore un Pu Er, shu cette fois. 
le Yu Long ou Dragon de Jade 
Issu de théiers sauvages au processus d’étuvage tout à fait particulier : à l’aide d’eau de glacier. 
Saveur de tronc d’arbre mouillé, épais en bouche. Parfum prononcé de terre sortant de ces feuilles. 
Et à nouveau un Pu Er sheng, le Liao Fu San Cha appelé thé de frontière. Liao Fu est le nom du marchand vietnamien d’origine chinoise qui le commercialise, il est d’abord apprêté et stocké au Vietnam puis à Taiwan, 
très puissant en Qi, dont j'aurai grandement besoin à la fin du mois... 
Les infusions se poursuivent 
les émotions gustatives aussi. 
Vous avez dit extase du thé ? Je confirme ! 
A la rencontre de l’âme du thé… 
Tandis que j’admire ces belles, j’aperçois de l’eau qui bout et ma stupeur est grande quand je vois des feuilles qui, soumises à ce  traitement semblent se débattre. 
Et voilà ce que j’en apprends : son nom d’abord, un Pu Er Song Pin de … 1940 ! Les premières infusions datent de la fête du thé à Taïwan le  19 octobre, ramené en Belgique et re-bouilli le 27 octobre au moment où j’ai dû quitter le lieu (http://la-theiere-nomade.blogspot.be/2013/10/un-beau-dimanche-de-saison.html ). Et depuis lors re-bouilli 3 fois par jour jusqu’aujourd’hui. 
J’ai hâte de tremper mes lèvres dans ce breuvage. Et là, une incroyable saveur de compote d’abricots, très fruitée comme certains … Oolong. C’est ici que se termine cet après-midi riche en échanges d'âme à âme et en dégustations d’exception. Merci à vous trois pour ces moments quasi indicibles, je suis repartie pleine d’énergie 
et avec de quoi la retrouver. A très vite pour d’autres moments hors du temps.