dimanche 17 novembre 2019

Un mois de novembre, entre tristesse, excitation et espérance

Ce billet pourrait s'intituler Balade en novembre, mais quasi rien à voir avec la belle chanson d'Anne Vanderlove, si ce n'est l'allusion à la pluie. Et en fait de balade, ce sont plutôt des allers-retours. 
Le début du mois a vu la disparition d'une grande dame de la chanson qui fut aussi une actrice de talent. 
C'est à la chanteuse à la voix cristalline et aux yeux d'or que j'ai rendu hommage dans ce qui reste de mon cocon... je ne l'avais plus écoutée depuis un certain temps. Emotion forte et douce nostalgie, je connaissais encore par coeur toutes ses chansons qui m'avaient marquée à l'époque et que j'écoutais en boucle, passant celles qui me touchaient moins au point que le vinyl finissait par gratter sauf pour ces dernières ! Une longue pause bienvenue dans ces allers-retours. Emballer, déballer, emballer, déballer... et dire que je m'étais juré de ne plus jamais déménager, passons ! 
Cette nuit, j'ai admiré la Belle si brillante en pensant à une de mes grandes Absentes, ma chère Marie-Aline qui a rejoint les étoiles beaucoup trop tôt mais qui est toujours si présente en moi, peut-être est-ce elle dans l'ombre de la lune... Que de merveilleux moments depuis nos premières rencontres : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2013/06/ce-matin-il-fait-dejamagnifique-3-un.html , instants d'éternité qui restent gravés à jamais dans ma mémoire… 
Je ne parviens pas à détacher mon regard de la Belle tandis que je pense à demain, ou plutôt tantôt… 
Je jette un dernier regard sur ce salon défiguré, 
en route pour un nouveau départ… 
Il me reste mes livres et mes CD, ce seront les derniers à partir, là-bas, ils seront enfermés ! 
Ma cave à Pu er, toute perdue dans ce lieu 
Pareil pour mon meuble coréen et je parviens toujours pas à imaginer un salon dans ce parallélépipède rectangle qui me fait penser à ... une chambre d'hôpital ! MERCI à mes deux déménageurs préférés!
D'autant que je dois me séparer de mes deux fauteuils qui faisaient mon coin lecture dans mon salon bleu-thé, ils prendraient trop de place, encore un deuil à surmonter, c'est également dans ce coin que nous conversions lors de tête-à-tête intimes et théinés. 
Cette grande étagère ne fera pas non plus le voyage, non plus que son contenu, eh oui. J'ai dormi sur ce problème, il me faut absolument un coin lecture-conversations intimes et j'ai trouvé : 
je vais faire recouvrir ces deux bergères Napoléon III, ils sont moins massifs et très confortables, ouf ! 
Dans ce cocon dévasté, je continue à m'adonner à ma passion, préparation de ce thé très simple, un Hojicha à la douce saveur de pain grillé et de noisette. Mais aussi à celle plus émouvante de l'Amitié! Le mug est entouré de deux objets synonymes de ce sentiment fort: le Bouddha 4 visage, cadeau de Cathy : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2012/10/une-journee-inenarrable-ou-presque.html et l'ange protecteur de Marie-Aline... Merci à vous deux, j'ai tellement de chance de vous avoir dans ma vie ! Et samedi, autre gros morceau : la cuisine ! 
Les caisses sont prêtes, merci à mon neveu de les avoir gardées et à sa soeur de les avoir montées… 
La rapidité et l'organisation de mon amie Catherine sont confondantes, 
et tout cela sans une goutte de thé, " après, quand ce sera fini", j'aurai tout entendu ! Rires et bons mots l'ont remplacé ... Travailler dans une telle ambiance est un réel plaisir, et aucun état d'âme lors du tri, je ne recevrai plus jamais de la même manière, adieu les grands dîners, garden party en grand, tout sera plus intime. Fin de journée, fin des festivités, parce qu'elle aime cela Catherine, une vraie tornade ! 
Et enfin, la récompense, un Hojicha dans un cadre très spécial, loin du raffinement de mon ex cocon, dans un living tout aussi dénudé. Je ne te remercierai jamais assez chère Catherine et Xavier, venu admirer un moment le travail, n'a pas tari d'éloges à ton sujet... Je quitte une amie toute frétillante à l'idée d'aménager la nouvelle cuisine avant son excapade annuelle en Alsace, la veinarde ! Son sens aigu de l'organisation fera merveille ! Suite des aventures la semaine prochaine, ce dimanche c'est repos, je bois du thé parce que je ne peux m'en passer mais mes rituels me manquent, choir un thé, le récipient qui accueillera les feuilles, entendre chanter la bouilloire, observer le réveil des belles, humer leur parfum avant d'en savourer les subtiles saveurs avec reconnaissance envers les lointaines cueilleuses aux doigts de fée, mais ce sera pour bientôt ! 

vendredi 18 octobre 2019

Thé, Amitié, et style Louis Caisse!

Me revoilà ici pour donner des nouvelles de mon changement de vie : c'est clair que les déménageurs s'occuperont de l'emballage et du transport des choses « communes », ce qui exclut évidemment ce qui meuble mon salon bleu-thé ! Pas que je les crois incapables, mais tout ce qui s'y trouve est sacré et ne peut être touché que par quelqu'un qui sent l'âme de ces objets, qui comprend leur valeur spirituelle et qui a, comme moi, le culte des Feuilles. Cette opération a eu lieu cette semaine. 
A commencer par cette étagère en choisissant d'abord les réceptacles dont je devrai, la mort dans l'âme, me séparer. 
Evidemment pas les chawans. Je tremblais tellement que je n'ai pas osé trop y toucher, je regardais, les larmes aux yeux, faire mon amie Catherine mais j'étais tellement émue que toutes les photos sont ratées... Il reste sa grande gentillesse et ses encouragements. Nous nous connaissons depuis la fin du siècle passé, nous avons vécu quelques aventures théinées, à Londres et à Paris entre autres ! Elle est la première à pénétrer dans cet autre lieu et son exclamation quand j'ai ouvert la porte fut la même que celle de mon mari : « Que c'est grand et si lumineux !» Son enthousiasme sincère comme un cri du cœur m'a fait du bien, c'est vrai qu'il est très bien conçu mais il me manque les coins et les recoins des vieux immeubles dans lesquels j'ai toujours vécu, et que dire des plafonds, beaucoup trop bas pour moi qui suis claustrophobe ! 
Et voilà ces objets pas du tout inanimés qui vont bientôt découvrir leur nouvelle demeure, vont-ils s'y plaire ? 
En attendant de retrouver leurs alcôves, 
direction le placard, MERCI ma chère Catherine, grâce à toi je pense que je finirai pas m'y habituer, je le vois déjà d'un autre œil… 
Les caisses sont vides, pas pour longtemps ! Mais d'abord une petite pause diner dans une brasserie du coin pendant lequel nous avons évoqué de doux souvenirs, cela fait tant de bien ! 
Avec elle, tout va tellement vite qu'elles sont à nouveau remplies. 
les alcoves sont vides, 
ma filleule viendra s'en occuper quand elle rentrera du Portugal... En les contemplant, j'ai cette impression désagréable de vide, heureusement momentané parce que j'arrive un peu à me projeter dans cette autre pièce qui les accueillera bientôt. Dans un premier temps, j'avais envie de recréer mon salon bleu-thé à l'identique pour y retrouver l'âme de ce lieu intime mais c'est impossible vu la configuration de la pièce, un rectangle lisse, sans recoin, avec une seule fenêtre donnant sur une vue banale, inintéressante, qui ne fait pas rêver, aux antipodes de mon paradis. 
Deux jours de douce chaleur sur cette belle terrasse, sans doute les derniers. Heureusement j'en ai une assez belle de l'autre côté , par contre le paysage même si je n'ai pas de vis-à-vis... Il faudra m'y faire, je ne suis plus au paradis ! 
Je suis certaine que c'est ce coin-ci qui va me manquer le plus, mon nouveau salon est un parallélépipède rectangle blanc tout lisse, je ne pense pas que je pourrai y mettre ma biblio-thé, il faudra sans doute que j'enferme mes livre dans un placard... Tantôt tout sera vide grâce à mes très efficaces amies, Catherine et Marie-Urielle. C'est du moins ce que je pensais... Après avoir savouré un Liao Fu san Cha 1970, en papotant comme on sait si bien le faire, 
les voilà à l'œuvre, les grandes théières en terre d'abord 
puis mes précieuses petites merveilles. 
Les livres resteront encore à leur place, la voiture est plus que pleine, et Catherine s'y connait pour rentabiliser au maximum le coffre. 
Même Marie-Urielle avait une caisse sur les genoux ! 
Arrivées à l'appartement, les 8 premières caisses n'attendent plus qu'à être vidées, et c'est ici que "l'aventure" - ou plutôt la mésaventure - commence ! Mon GSM sonne, Marie-Urielle, est redescendue aider Catherine à charger le reste dans l'ascenseur, sauf que celui-ci tombe en panne, elles deux à l'intérieur : la porte s'ouvre de quelques cm et se referme, elles ont beau pousser sur les boutons ad hoc, rien n'y fait ! Elles sont restées 3/4 d'heure dans cet engin maudit, heureusement qu'elles ne sont pas claustrophobes, si j'avais été de la partie, j'aurais tout cassé pour sortir de cet enfermement ! Catherine m'a envoyé des photos de leur prison mais je ne suis pas parvenue à les transférer… Elles n'ont pas eu l'air de trop s'embêter, mais elles avaient chaud!
Très ennuyée pour elles, entre deux déballages, je suis allée sur ma terrasse pour admirer ce ciel aussi tourmenté que moi... Le temps passait, et un des problèmes est que mon sac contenant le matériel pour me piquer était enfermé, j'ai commencé à me sentir mal, Catherine a retéléphoné au service technique en leur signalant la chose, ils avaient la solution, envoyer les ... pompiers ! Heureusement, le technicien est arrivé à ce moment, il a donc décommandé la grosse artillerie… Je n'ose imaginer ce que cela aurait donné!
Tout est bien qui finit bien, un passage sur cette agréable terrasse, avant de quitter les lieux. 
Au programme, le Bois-Savane, qui se trouvait à Rhodes-Saint-Genèse avant de déménager. J'y allais régulièrement, entre autres avec ma filleule qui, comme moi, adore la cuisine thaï... Encore de très bons moments. MERCI les filles pour votre aide si précieuse, je vous revaudrai cela ! 
Ciel plombé, forte averse dont je n'ai cure, 
je vais rejoindre mon petit mari qui veut absolument que je découvre son nouveau jouet… 
Il est comme un gosse le 6 décembre, cela fait plaisir à voir ; et que sera-ce quand elle sera raccordée ! 
Pendant qu'il la contemple, je continue à déballer… 
J'espère que mes Belles ne sont pas claustrophobes parce que pour le moment je n'ai à leur offrir que les placards ! 
Mon Doudou a faim, retour dans nos pénates sous un beau ciel bleu et blanc. 
J'admire au passage mon cerisier du Japon qui se développe très bien, il doit aimer l'eau! Les nouveaux propriétaires m'ont gentiment proposé de passer quand je le souhaiterais, cela m'a beaucoup touchée et je n'y manquerai pas, au printemps ! 
Le vent s'est levé, le ciel est menaçant, retour dans mon cocon, les caisses attendent de se remplir ! Et cette fois, je suis seule, cela n'ira donc pas aussi promptement mais avec un bon Pu Er ... préparé avec passion mais savouré sur un coin de table, mon cocon n'est plus ce qu'il était ! J'ai voulu commencer par les livres, et ce qui devait arriver arriva, j'ai délaissé les caisses pour me replonger dans le quatrième et dernier tome des aventures du Juge Ti! 

lundi 23 septembre 2019

Adieu l'été, bonjour l'automne

Dernier week-end d'été, chaud et ensoleillé qui a fait mentir le dicton : Quand vient la saint Matthieu, à l'été on dit adieu… 
Il est encore bien présent 
et offre une belle lumière 
dans un ciel comme je les aime. 
Déjà 26° et la matinée est loin d'être terminée. 
Moments de détente en savourant un délicieux Gao shan d'Alishan, cadeau de ma chère belle-fille et en écoutant la gente ailée et son concert dominical. 
Le ciel s'obscurcit tout à coup, devient d'un gris uniforme et triste pour me rappeler sans doute que l'heure d'aller préparer le dîner est dépassée... Ce "midi", ce sera un plat froid que nous savourons en observant le va-et-vient incessant au restaurant des oiseaux, l'écureuil ne s'est pas montré aujourd'hui et le faisan picore les graines tombées au sol. 
Pendant que mon mari se repose, je retourne sur ma terrasse, il fait 28° mais une légère brise rend l'atmosphère très supportable. 
Et propice à la lecture. Dans la carafe, infusé à froid, le même Alishan. Je relis avec plaisir Les aventures du Juge Ti de Robert van Gulick qui me replonge dans cette époque si riche que fut la dynastie des Tang, le thé y joue un grand rôle... j'en ai déjà parlé entre autres ici : https://la-theiere-nomade.blogspot.com/2009/05/des-aventures-du-juge-ti-paris-lheure.html. Je ne m'en lasse pas, en lisant, je vis vraiment la vie de cette époque... Puis tout à coup, je dois enlever mes lunettes solaires tant on se croirait en début de soirée! 
les 3 photos qui suivent 
ont été prises exactement au même endroit 
que celles de ce matin. Le contraste est étonnant, le vent se lève et les premières gouttes tombent redonnant à la Nature assoiffée des couleurs plus vives. Il a enfin beaucoup plu mais pas encore assez pour cette Nature en souffrance depuis des mois... Ce matin, premier jour du dernier automne au Paradis... Eh oui, je peux enfin mettre des mots sur ce que j'ai vécu depuis plus de trois mois. La santé de mon mari ne lui permet plus de rester dans cette maison devenue trop inconfortable pour lui malgré les nombreux aménagements, nous devons donc quitter le paradis pour rejoindre la ville qui l'a vu naître, où il a exercé sa profession et qu'il retrouve avec plaisir... ce qui est très loin d'être mon cas, ce qui explique mon état même si je ferais n'importe quoi pour qu'il se sente bien et en sécurité! Quand nous avons trouvé l'appartement de ses rêves, son moral est revenu de plus en plus fort, le mien suivait le chemin inverse. Reste à vider la maison, se séparer de souvenirs qui ont fait notre vie commune depuis si longtemps, c'est un vrai déchirement... Je commence à sortir de mon état de sidération, la maison se vide lentement, un nouveau style apparait, le Louis Caisse, pas mon style du tout ! Je demande pardon à celles et ceux, nombreux, à qui je n'ai rien dit, que j'ai même envoyé promener, qui vont découvrir aujourd'hui la raison de mon long silence. Mon chagrin était trop fort et je ne supporte pas me donner en spectacle, j'avais même délaissé le thé qui n'avait plus de saveur, c'est dire. 
Ciel gris et triste ce matin. 
Il y a peu de place dans mon cocon, mais mes cochons mignons ont gardé la leur. 
Avant de continuer à lui donner le style Louis Caisse, je savoure un Kyo-Bancha me rappelant de superbes moments passés dans un petit coin du Japon... Et bien sûr, je voudrais remercier les quelques amis à qui j'ai dit mon désespoir parce qu'ils s'inquiétaient trop de mon silence, je vous suis tellement reconnaissante, et c'est promis, on se reverra bientôt ! Je termine ici ce billet, je ne sais pas encore quand je reviendrai mais vous êtes dans mon coeur, n'en doutez pas !