samedi 6 décembre 2008

ThéOdor Bellecour, encore un coup de coeur, et d'autres choses curieuses

C’est dans le train qui me ramène au pays que je rédige le billet du jour. Courte mais belle matinée. Au programme, aller, ou plutôt retourner chez ThéOdor, j’avais précédemment découvert avec stupeur cette superbe boutique tout à fait par hasard… en me trompant de rue. J'ai atterri rue du Plat et c'est au n°6 que j'ai découvert ce lieu improbable. J’y avais fait la connaissance de Marie-Pierre, la Maîtresse des lieux qui m’avait accueillie avec tant de chaleur que j’avais hâte de la revoir ainsi que sa magnifique bonbonnière. J’ai beaucoup aimé la sobriété de l’étalage : la décoration de Noël n’écrase pas le thé mais le met au contraire en valeur. Et ces boîtes suspendues comme autant de cadeaux venus du ciel. Déjà ce qui m’avait le plus frappé étaient les étagères où sont rangées les grandes boîtes à trésors, nichées chacune dans leur alcôve, prêtes à sortir pour les faire découvrir. Et sur un des murs de petites étagères regorgent de gâteries et d’idées cadeau. Nous avons longtemps discuté de notre sujet préféré en dégustant un Sencha de Noël et c’est également à regret que je quitte cet endroit chaleureux, mais l’heure tourne et je veux achever le tour du marché de Noël. Entre autres aller photographier l’endroit peu banal où j’ai acheté mon capteur de rêve. J’aime la symbolique de cet objet qui aurait pourtant dû me faire fuir, la toile fait trop penser à la seule bête au monde qui me révulse … Dans la mythologie indienne ce capteur de rêve fait passer les beaux rêves, les rêves heureux et emprisonnent pour la nuit les mauvais rêves ou les cauchemars qui sont brûlés par les premiers rayons du soleil, joli, non ? Je me suis également laissée tenter par cet étrange objet qui, sur le crâne, provoque d’agréables sensations. L’Happy Zen qu’il se nomme. Sur le papier on le dit instrument thérapeutique: il "stimule les énergies positives (…) favorise la production d’endorphines(…), réduit le stress (…)", j’en passe et des meilleures. Je ne sais si je crois à tout cela mais ce que j’affirme c’est que cela provoque chez moi de délicieux frissons et que cela me détend. Et le jour où il ne me fera plus d’effet, il pourrait être recyclé, vous voyez en quoi ? Je voulais terminer mon séjour par où je l’avais commencé, Long Jing, pas l’habituel mais celui de la place Carnot. Et là, l’inconnue d’hier, c’est-à-dire la sœur d’Olivier, m’a servi un thé de Noël, la boucle était ainsi bouclée. Maintenant j’ai hâte de rentrer, de retrouver mon "petit" mari qui m’a fait un superbe cadeau de saint Nicolas, il m’emmène fêter Noël dans un lieu dont je reparlerai certainement. En effet, j’amène tout mon attirail pour préparer mes thés… Vous ne me croyez pas… attendez les photos. Et ce dimanche sera également une journée très thé, n’est-on pas le 1er dimanche du mois ?

Thé et Bouddhisme à Lyon, le 1er jour de la fête des Lumières

Etre à Lyon à l’époque de la fête des Lumières est un vrai bonheur pour les yeux, d’autant qu’il faisait très doux ! Malheureusement je n’y suis restée qu’une nuit, plus aucune place dans les hôtels, du moins ceux situés entre la Place Carnot et la Pace Bellecour, alors que j’ai réservé fin septembre. Je me suis consolée en me disant que je ne venais pas pour cela et que cette fête a lieu chaque année. En arrivant, je suis allée chez Long Jing, un incontournable pour moi ici. La façade avait revêtu ses atours d’hiver, elle m’a fait penser à une grande bonbonnière anglaise ou à une petite maison du nord, très froide à l’extérieur mais tellement chaleureuse à l’intérieur qu’on n’a qu’une envie, s’y engouffrer. Accueil toujours aussi aimable de Jean-Christophe, pourtant très occupé par le déballage des colis pour Noël. J’ai rapidement fait mes achats et l’ai laissé un peu à regret, les clients se succédaient ce qui lui laissait peu de temps pour échanger sur notre passion commune, il a quand même trouvé le temps de m’offrir un thé de Noël. Il me restait du temps avant la conférence, j’ai décidé d’aller faire un tour au marché de Noël de la Place Carnot malgré la foule que je fuis d’habitude et j’ai bien fait ! Voici ce que j’ai découvert ; et cela m’a permis de faire la connaissance d’Olivier, le 3e larron impliqué dans la belle aventure de Long Jing et qui s’occupe des relations publiques. Rencontre chaleureuse mais très courte, LA conférence va bientôt commencer aussi ai-je décidé d’y revenir demain au lieu d’aller cours Vitton pour une fois. Mais qui est le 2e personnage de la photo ? Patience. La conférence maintenant. Je suis encore trop dedans pour pouvoir en parler, j’ai été vraiment impressionnée par l’enseignement de ce Lama français qui, d’une voix calme et avec des mots très simples, nous a tracé la genèse du Bouddhisme, j’ai acheté son livre, j’en parlerai peut-être plus tard. Il s’agit de "Vie et enseignement d’un moine bouddhiste occidental" du Lama Namgyal. Pour pouvoir compléter mon blog dès que je rentrerai, j’ai pris cette photo dans le train et comme vous le voyez j’ai une de mes théières. (J’en ai déjà parlé, j’emmène toujours avec moi une de mes petites Yixing comme porte-bonheur, elle change à chaque voyage…) En sortant de là, je suis allée me promener le long de la Saône pour digérer un peu tout cela, ce que j’ai entendu a vraiment résonné en moi, cela correspond tellement à mes questions actuelles. J’aurais voulu aller dans ce merveilleux parc de la Tête d’or mais il fermait ce 5 décembre à 18h. C’est un petit vent frisquet, il était quand même 23h, qui m’a fait regagner mon hôtel où je prends encore le temps de rédiger ce petit billet avant de rejoindre les bras de Morphée et faire de beaux rêves, j’ai en effet acheté un capteur de rêve dont je vous parlerai demain, j’ai de la peine à garder les yeux ouverts.

jeudi 4 décembre 2008

Petit rappel

Je viens de découvrir dans les commentaires des 2 derniers billets 2 messages étonnants et anonymes disant que ce blog était de la pub déguisée. S’ils n’avaient pas été anonymes, je les aurais laissés et j’y aurais répondu simplement, chacun a le droit de dire ce qu’il pense mais je ne supporte pas l’anonymat, je respecte ceux qui ont le courage de leurs opinions mais pas ceux qui se cachent. Je voudrais donc redire ce que j’avais écrit tout au début de cette aventure. Voici ce que j’écrivais le 11 mai dernier : "Tout ce qui va suivre parlera du chemin que je parcours depuis, inlassablement : ma voie du thé, forcément personnelle, évidemment subjective mais authentique, que je veux très vraie. Chemin fait de lectures, beaucoup de lectures sur ce sujet qui m’était totalement inconnu ; de rencontres qui, pour la plupart, m’ont enrichie mais aussi de lieux où ma boisson-passion est célébrée. Je serai donc amenée à citer des livres, des personnages qui ont été des maîtres pour la novice ignorante mais avide d’apprendre que j’étais, et aussi des lieux qui m’ont marquée. Ce sera ma façon de leur rendre hommage, de les remercier pour tout ce qu’ils m’ont apporté, la plupart sans le savoir d’ailleurs. Des personnes passionnées et compétentes mais modestes qui, loin d'étaler leur savoir, avaient envie de le partager. Mais, et j’insiste sur ce point, je ne ferai la pub de personne, d'aucune marque; j’en parlerai parce qu’ils ont été pour moi comme de petits cailloux lumineux sur le chemin de ma quête, mon Cha Dao et non LE Cha Dao. Ce préambule serait incomplet si je n’ajoutais pas que j’ai également fait des rencontres, fréquenté des lieux qui étaient très loin de cet esprit du thé que j’ai perçu très vite, même s'ils s'en revendiquaient (trop) haut et (trop) fort... je n’en parlerai pas, je n’ai pas envie de m’écarter de cette voie qui est devenue mienne pour emprunter un sentier jonché de ronces, il se condamne lui-même, personne n'y cheminera ". Il ne s’agit pas d’une justification, je suis très loin de cela, mais du rappel de ma démarche. Demain je m’en vais à Lyon assister à une conférence chez Cha Yuan : Thé et Bouddhisme : les 4 qualités infinies du chemin spirituel : l’Amour, la Compassion, la Joie et l’Equanimité, j’ai hâte d’y être et de me balader dans cette si belle ville à l’heure de la Fête des Lumières. A bientôt.

mercredi 3 décembre 2008

J'aime et je cuisine au thé: Compotée de pommes et poires en vapeur de thé

Voici donc la recette annoncée, elle est très facile à réaliser, même par un enfant, hyper rapide et excellente. Vous aurez besoin de 6 pommes golden, 6 poires louise-bonne (j’ai employé des doyennés du Comice), 2 cuillères à café de thé noir au pamplemousse...... j’ai employé du 1842 de chez ThéOdor : un thé vert avec comme notes dominantes de la fleur d’oranger et citron vert, amande et pétales de rose (et j’ai mis une grosse cuillère à soupe). Eplucher et couper pommes et poires en dés. Verser ½ litre d’eau dans un cuit-vapeur ou un autocuiseur et porter à frémissement. Y verser le thé, mettre les morceaux de fruits dans le panier, faire cuire 5’ dès que la soupape chuchote (ou 10’ au cuit-vapeur). Je ne vous dis pas comme la cuisine embaume après quelques minutes seulement. Servir tiède après avoir grossièrement écrasé les fruits à la fourchette (je ne l’ai pas fait, je préfère garder un certain croquant). Et, en attendant les mirabelles... ... voici le résultat, un délice simple et très goûteux, d’autant qu’on peut varier et les fruits et le thé. Les vacances approchent, n’hésitez pas à entraîner vos enfants dans la cuisine.

mardi 2 décembre 2008

Inventaire d'un petit carré compressé...

Ce soir, j’ai eu envie de découvrir dans les détails le cadeau qui m’a été offert par Guillaume lors de mon passage chez ThéOdor. Et bien sûr d’abord choisir un thé. Et ce fut très vite fait : un carré de Pu Er vert que Nadia m’a fait découvrir, je n’avais pas encore vu cette forme-là. Elle m’explique qu’il a été pensé pour être préparé dans un mug, ce que j’ai fait, celui-ci vient de chez Tea for two. Les feuilles sèches sont foncées, et d’un beau camaïeu de bruns ce qui me fait d’abord penser que ce serait plutôt un Pu Er cuit. Mais la première infusion me confirme qu’il s’agit bien d’un Pu Er vert, les feuilles qui commencent à s’épanouir sont bien vertes, le liquide par contre est ambré et la saveur est d’abord légèrement fumée et boisée puis tout de suite après apparait ce fameux goût de réglisse, cela me rappelle une autre dégustation. Mais j’y ai aussi perçu une saveur à la fois puissante et très douce, celle de l’amitié et de l’admiration que j’ai pour ce jeune couple passionné et si créatif. Tout en savourant ce breuvage je parcours avec délice cet inventaire présenté en 3 langues, français, anglais et espagnol. Il répertorie tout ce qu’on peut découvrir dans cette maison de passion mais il donne aussi des informations sur le thé sous différents aspects entre autres l’histoire de cette maison, la santé, et même des idées de recettes. Et à ce propos, j’ai repéré un cake que je présenterai bientôt. Ce que j’apprécie particulièrement aussi, c’est la diversité des boîtes à thé qui enchante la collectionneuse que je suis.

Un petit nid particulier, le Nuo Mi Cha

Je poursuis la lecture des livres ramenés de Paris. Ce matin, J’aime et je cuisine le thé, d’A. Laglantine paru chez Rustica en 2007. Et comme chaque fois, je me prépare d’abord un thé. Aujourd’hui, c’est un Nuo Mi Cha, je l’ai acheté à Strasbourg chez Esprit ethnique, renseigné dans A l’heure du thé. C’est en fait une boutique de décoration (artisanat) mais celui qui m’a accueillie, Renaud Amou, est un passionné, et de thé en particulier. C’est lui qui m’a fait découvrir ces mystérieux petits nids enroulés dans du papier de soie. Il m’a également très gentiment dédicacé mon ancienne bible. Je rêve de retourner dans ce lieu où l'accueil est très dans l'esprit du thé, cela me permettra aussi de retourner dans d'autres salons, entre autres Au fond du Jardin... ce sera pour bientôt j'espère, j'ai tant à faire encore.C'est en fait un petit Tuo Cha de thé vert compressé. Et même déjà dans son emballage, il embaume, la paille (on dirait d’ailleurs qu’il y en a dedans) et le riz, c’est surprenant. Et la saveur de l’infusion est exactement pareille avec un arrière goût fumé. La théière est un cadeau de ma sœur, un dimanche à l’Heure bleue, elle a une contenance de 50cl, ce qui convient exactement pour un petit nid. Déjà à peine l'eau versée, le nid commence à s'ouvrir. J’en prépare 2 infusions dans une eau à 95° pendant 3 minutes. Puis je mélange les feuilles dans l’eau du riz… Après ces 2 infusions, le nid s’est complètement ouvert, laissant voir les feuilles coupées en trés petits morceaux, et cela sent toujours aussi bon ! La couleur, très chaude, est ambrée, un peu plus sombre à la 2e infusion.Quant au livre, à part les brochettes de rollmops (que je n'aime pas) et granité au Lapsang Souchong, tout me tente… Ce qui est intéressant également c’est que chaque page est plastifiée, et donc lavable ! Sur ce, je vais me préparer cette compotée, en attendant le retour des mirabelles pour les pocher au thé aux agrumes…

lundi 1 décembre 2008

Entre lecture et fabuleuse dégustation

Commencé hier matin, j’achève aujourd’hui la lecture d’un petit livre assez instructif déjà cité: "Les thés bio, plaisir, réconfort et bien-être", de B. Brissaud, publié à Genève par Minerva (2007).
J’avais aussi envie d’employer une de mes théières coups de cœur, dénichée chez Cha Yuan à Lyon il y a près de 2 ans. Je ne l'ai jamais vue nulle part ailleurs depuis.J’ai été séduite par sa forme, qui m’a fait penser à ces gourdes anglaises qu’à l’époque, du moins je l'imagine, les Lords et les vieilles anglaises sortaient subrepticement de leur poche pour en mettre quelques gouttes dans leur café, l’alcool à l’époque étant encore interdit… Les motifs des 2 faces ont achevé de me convaincre qu’elle serait très bien chez moi. J’y ai fait infuser un thé vert extraordinaire dont je n’avais jamais entendu parler il y a encore moins d’un mois, je l’avais découvert le 9 novembre dernier à l’Heure bleue, Olivier venait de le recevoir. Je l’ai immédiatement adopté et bien qu’en ayant acheté 250 g, je n’en avais plus quand en allant chez Terre de Chine ce dimanche matin je me suis souvenue que c’est de là qu’il venait. Je me suis empressée d’en racheter. Que dire de ce thé ? Son nom est Dao Ren Mao Feng, il provient d’une entreprise familiale dans la montagne Dao au Zhejiang, il est traité à la main de la cueillette jusqu’à la transformation et il n’y a aucun mélange de lots. Les feuilles sèches sont très fines, d’un vert assez foncé et forment comme de petites vagues. La première infusion (10g pour ½ l 2’ à 85°) est très pâle et douce comme saveur, plutôt marine légèrement poivrée. Le vert sombre des feuilles sèches a maintenant fait place à une jolie palette de verts mais les feuilles sont encore assez enroulées en jolies torsades.Comme conseillé je l’ai infusé une 2e fois et là, ce sont plus des arômes de fleurs (mais lesquelles?) qui sont ressortis ainsi qu’une amertume très douce; c'est un thé très désaltérant aussi. Les feuilles se sont à présent complètement déroulées et une fois encore j'admire la diversité des verts.Concernant le livre, j’ai particulièrement apprécié les pages 24 à 36 qui, pour chaque catégorie de thé (et 4 plantes), en font une brève description, parlent des nutriments, du lien avec la santé, des saveurs et accords et de la dégustation ainsi que certaines recettes comme le bouillon au tofu et thé vert (p. 42), le rôti de porc saveur coco et Oolong (p. 44), qui seront très bientôt au menu… un peu de patience.